Carrie, un incontournable de l’horreur… ou pas!

Stephen King, forcément, ce nom, vous le connaissez. Qui n’a jamais entendu parler de ce maître de l’horreur? Eh bien! En ce mois d’octobre, j’ai décidé de lire la première œuvre de cet auteur, publiée en 1976 aux Éditions Gallimard. C’est un roman de 283 pages qui appartient au genre de l’horreur.

L’horreur est sans aucun doute LE genre à lire à ce temps-ci de l’année. Les récits d’horreur cherchent à créer la peur, l’effroi et l’angoisse chez le lecteur avec des romans à suspense tournant autour de la peur. L’horreur est souvent associée au fantastique dû au fait qu’on y retrouve, la plupart du temps, des phénomènes surnaturels ou paranormaux. Stephen King est de loin l’auteur le plus connu de ce genre et son roman Carrie figure parmi les classiques.

Carrie, c’est l’histoire d’une adolescente victime de l’intimidation de ses pairs et du fanatisme religieux de sa mère. C’est l’histoire d’une adolescente possédant de mystérieux pouvoirs de télékinésie. C’est l’histoire d’une tragédie commise par une victime réclamant vengeance. Carrie, c’est l’histoire d’une fille seule et désespérée. Bon, je n’en dis pas plus, je ne voudrais pas gâcher la fin après tout! Il s’agit d’un livre assez simple à lire du fait de sa longueur et de la manière générale dont il est rédigé. Par contre, les thèmes abordés peuvent être plus délicats pour certaines personnes. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique de Carrie

Tout d’abord, commençons par le positif. Ce qui m’a le plus plu de ce roman, c’est la manière générale dont il est écrit. En effet, la trame narrative est ponctuée d’articles de journaux, d’entrevues, de parties de la commission d’enquête et de nombreux « flashbacks ». Cette chronologie brisée contribue à créer un effet de suspense. Bon, suspense, c’est peut-être un peu fort, disons simplement que cela nous rend curieux d’en savoir plus sur les événements de la fin. Par contre, je dois avouer que je connaissais déjà le dénouement de l’histoire et je pense que le suspense peut être davantage au rendez-vous pour quelqu’un qui serait peu familier avec l’intrigue. Il n’en reste pas moins que cette structure m’a beaucoup plu et a rendu ma lecture moins pénible. Je n’ai pas lu énormément de romans écrits de cette façon et je serais tentée d’en lire d’autres dans le futur.

Ensuite, nous passons au négatif, car, hélas, je ne peux dire que j’ai été charmée par Carrie au‑delà de l’aspect précédent. Je ne doute pas non plus que King est un grand auteur et je ne renonce pas à lire autre chose écrit par lui, seulement, avec ce livre, l’effet « King » n’a pas été au rendez-vous. Une des grandes lacunes de l’œuvre, à mon avis, réside dans sa simplicité et tout simplement son manque d’originalité. Carrie, pour moi, c’est la même histoire d’adolescente maltraitée que l’on a vue des millions de fois. Le livre enchaîne cliché après cliché et aborde chaque thème avec une simplicité déconcertante. Le pire dans tout cela, c’est que l’histoire et les thèmes abordés ont du potentiel. Le roman aurait pu être, à mon avis, beaucoup mieux si l’auteur avait réellement pris la peine de les élaborer et de les traiter en profondeur. Carrie avait le potentiel de me faire réfléchir sur des aspects sociétaux importants, mais ceux-ci ont été, selon moi, uniquement effleurés et non approfondis comme ils auraient dû l’être. Par contre, redonnons à César ce qui revient à César et admettons qu’au moment de sa sortie, l’œuvre de King ne manquait pas d’originalité. Je reproche donc à l’auteur de ne pas avoir su écrire un livre sachant vieillir et traverser les époques.

Un autre élément m’ayant déplu chez Carrie est l’ensemble des personnages pour lesquels je n’ai éprouvé aucune émotion. Je n’ai pas réussi à m’attacher à aucun d’eux. Alors que certains personnages vivaient l’enfer, je restais indifférente et poursuivais ma lecture sans sourciller. J’attribue ce phénomène au fait que le style d’écriture de l’auteur pourrait être qualifié de froid et distant. En effet, on ne ressent pas d’attachement particulier avec les personnages, car ceux-ci ne semblent pas en avoir pour eux-mêmes. L’auteur écrit d’une telle manière qu’il ne fait qu’exposer les faits de l’histoire. C’est une écriture plutôt explicative et pas assez littéraire à mon goût.

Finalement, si je devais vous recommander un roman pour Halloween, ce ne serait certainement pas Carrie. Cela ne vous empêche en rien de le lire pour vous en faire votre propre opinion et je ne regrette pas de l’avoir lu, car cela m’a permis de découvrir un nouveau genre, soit l’horreur. Je vais sans doute relire du King à l’avenir, malgré cette déception littéraire, car je suis convaincue qu’il s’agit d’un bon auteur. Carrie étant son premier livre, je suis persuadée que le reste de son répertoire va en s’améliorant. Je vous rappelle également, pour les cinéphiles, qu’il existe une version cinématographique de Carrie. Sur ce, je vous souhaite de bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

 

Par virginie Lessard

 

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