L’énigme du canal, un roman policier pour les jeunes!

 

 

 

 

Virginie Lessard, critique littéraire

 

Comme vous l’avez sans doute remarqué dans le titre, le livre dont nous allons traiter relève de la littérature jeunesse. Écrit par Laurent Chabin, L’énigme du canal, publié en 2012, est un des nombreux romans de l’auteur. Ce livre de 132 pages, publié aux Éditions Hachette, est accessible à tous les lecteurs, peu importe leur niveau. Comme la majorité des œuvres de l’auteur, celle-ci fait partie du genre policier.

Si vous désirez en apprendre davantage sur le genre policier, je vous invite à lire ma précédente critique sur Le crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie.

L’énigme du canal raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents qui, en allant jouer où il ne fallait pas, découvrent un cadavre. Afin d’éviter de se faire accuser, ils se sauvent des lieux et décident de n’en parler à personne. Par contre, rien n’est si simple et l’histoire semble les poursuivre. Un objet ramassé sur la scène de crime les mènera sur la piste de résolution du mystère. Bon, j’arrête ici pour ne pas gâcher votre lecture. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique de L’énigme du canal.

Tout d’abord, je me dois de spécifier que le niveau de l’œuvre n’est pas des plus élevés. Le public cible étant clairement des adolescents plus jeunes que moi, je n’ai pas été très emballée par ma lecture. Toutefois, bien qu’il ne m’ait pas plu plus qu’il le faut, ce roman demeure un excellent moyen pour initier un lecteur moins expérimenté au genre policier. Alors, il va de soi que mon premier point traite de la simplicité de l’œuvre. Pour avoir lu d’autres livres de cet auteur dans le passé, je m’attendais à une histoire comportant une énigme complexe me tenant en haleine. J’ai été déçue de découvrir à la place une histoire plutôt ordinaire comportant une énigme moins élaborée que les autres. Il suffit d’un minimum d’esprit logique pour percer à jour ce qui est censé être le grand mystère du livre. Loin de nous fournir une once de suspense, le roman est répétitif et sans rebondissements. Le langage n’était pas non plus recherché, bien qu’il y eût ici et là des mots plus riches qui détonnaient avec le reste du vocabulaire employé. J’aurais aimé qu’il y ait, au moins, quelques révélations menant sur différentes pistes suscitant, par le fait même, la curiosité du lecteur. Il serait facile de reprocher ce manque de profondeur et de complexité à la longueur du roman, mais il existe des livres très courts et qui n’en demeurent pas moins élaborés. Bref, j’ai été peu captivée par le récit en raison de sa simplicité.

Ensuite, bien que cela soit une manière employée par l’auteur pour que le lecteur s’identifie davantage, je ne trouve pas judicieux de mettre des jeunes au cœur d’un roman policier. Je m’explique : à mon avis, il est peu probable qu’un adolescent parvienne à résoudre une enquête avant des policiers qualifiés et pleins de ressources. Cela enlève, à mon sens, du réalisme à l’histoire. Dans le cas de L’énigme du canal, la façon dont les jeunes se ramassent au centre de l’intrigue est justifiée et la simplicité de l’enquête permet de comprendre facilement pourquoi ils ont réussi à la résoudre. Il n’en reste pas moins que, selon moi, le récit manque de réalisme et fait preuve de trop d’incohérences pour me plaire. Cela ne demeure que mon opinion, mais je pense que le récit aurait gagné à être raconté par un enquêteur et non par un jeune garçon.

Un autre point qui a contribué au fait que ce roman m’a déplu réside dans le fait que la lecture semble être interminable. L’auteur va se perdre en descriptions peu pertinentes ou en accrochant sur des détails qui n’apportent rien à l’histoire. Cela aura pour effet de désintéresser le lecteur qui souhaite uniquement voir l’histoire avancer. Il n’est pas normal qu’un livre si court semble si long à lire, tant la narration n’avance pas rapidement. Je suis une amatrice de descriptions, de détails et de longs récits, tant et aussi longtemps qu’ils sont pertinents et contribuent à l’histoire. Si je devais utiliser un mot pour qualifier ce roman, je dirais stagnant, car rien ne s’y passe qui n’aurait pu être dit en moins de dix pages. Bref, je n’ai pas été charmée du tout par ce livre.

Avant de conclure, toutefois, je dois mentionner que j’ai observé tous ces aspects négatifs avant tout, car je n’étais pas le public cible. Je suis convaincue que des adolescents qui débutent en lecture pourraient très facilement être satisfaits par ce roman, ce n’est juste pas mon cas.

Finalement, je crois que je n’ai tout simplement pas choisi le bon roman de Laurent Chabin et je ne peux le juger par cette œuvre. Par contre, je peux vous conseiller de lire un autre de ses livres plutôt que celui-ci, par exemple La nuit sort les dents. Malheureusement, il n’existe pas de version cinématographique de ce roman. Il vous faudra donc obligatoirement le lire si vous voulez connaitre l’histoire. Sur ce, je vous souhaite de très bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

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