L’industrie de la mode et la pollution ne font qu’un…

En ce 22 avril, jour de la Terre, j’ai décidé de vous parler des dessous de l’industrie de la mode qui ne sont pas toujours aussi beaux qu’on le prétend… Non seulement je vous ferai réfléchir (du moins je l’espère!) aux impacts de cette industrie sur la planète, mais je vous donnerai aussi quelques petits conseils pour vous aider à diminuer votre impact au niveau de votre habillement. C’est le premier article d’une série que je veux faire sur l’environnement puisque c’est un sujet qui me passionne.

 

 Le «fast fashion», la norme

Pour commencer, mais qu’est-ce que le «fast fashion» ? En fait, on le définit par le renouvellement extrêmement rapide et sans interruption des collections de vêtements pour «suivre» la mode qui n’est qu’éphémère. C’est la manière de fonctionner pour les grandes multinationales comme H&M, Forever XXI, Zara, etc. Cette dernière rime avec des prix bas assez accessibles, un inventaire plus qu’énorme et des profits encore plus gros pour les dirigeants. Quand je parle de grandes quantités, je veux dire que «dans le monde, il se produit 150 milliards de pièces de vêtements par année». Malgré le fait que ce soit la norme, ce n’est pas vraiment normal qu’autant de vêtements soient produits surtout quand la plupart sont fabriqués par des personnes sous-payées dans des conditions misérables.

 

L’industrie de la mode est la deuxième industrie la plus polluante sur Terre, après celle du pétrole
— The True Cost Documentary

 

 

La réalité derrière la production de masse

Chaque action pour fabriquer un morceau de vêtement a d’énormes conséquences! Seulement si on parle du coton, un matériel très utilisé, il y a déjà d’énormes impacts comme le débalancement de l’environnement par l’utilisation de grandes quantités pesticides pour le faire pousser. Aussi, on dit que «pour produire 1 kg de fibres de coton, l’irrigation requiert entre 6 000 et 27 000 litres d’eau» et c’est juste énorme! Pour ce qui est de la fabrication et des étapes qui y sont reliées comme la teinture du tissu, «près de 2,5 milliards de tonnes d’eaux usées ont été produites en 2010, en Chine, par l’industrie textile». L’industrie du textile de la Chine a pollué et contaminé un grand nombre de cours d’eau présents au pays.

Pour continuer, il est important de savoir que l’industrie textile contribue aux coupes forestières et qu’elle est donc aussi responsable du fait que la forêt boréale et la forêt tropicale indonésienne (entre autres) sont menacées. Ce ne sont pas seulement les forêts qui sont menacées, il y a aussi les animaux qui y vivent comme les orangs-outangs dont on entend beaucoup parler à cause de l’industrie de l’huile de palme, mais pas à cause de celle du textile.

La pollution des eaux et la déforestation ne sont qu’une petite partie des problèmes créés par le monde de la mode. En effet, il y a la pollution de l’air par les usines qui contribue au changement climatique (à cause du dioxyde de carbone). Il ne faut pas oublier le transport des textiles un peu partout dans le monde par différents moyens de transports pas vraiment écologiques. De plus, il y a la pollution des sols par les engrais chimiques et les pesticides, l’irrigation des champs, l’assèchement de certains cours d’eau et tout cela ne fait qu’empirer la situation critique de la planète.

Après l’achat, qu’arrive-t-il ?

Bon nombre de vêtements ne trouvent pas un acheteur, mais même lorsqu’un vêtement est acheté, cela ne veut pas dire que les dommages sont terminés. En effet, «les Québécois achètent en moyenne 26 kg de textiles par année et en jettent 23 kg durant la même année». Cela est très dommageable pour l’environnement, car les vêtements se retrouvent dans des sites d’enfouissement ou dans d’autres pays pour s’en «débarrasser». Enfouir des déchets crée une grande quantité de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. De leur côté, les tonnes de vêtements déportées de l’autre côté de l’Atlantique polluent à cause de leur transport très long.

Sinon, même si on garde nos vêtements, on pollue sans le savoir. En effet, les tissus synthétiques sont faits surtout à partir de pétrole et quand on les lave, des microparticules s’en vont dans l’eau et polluent. On sait très bien que le plastique prend un temps énorme à se décomposer et c’est pour cela que c’est nocif pour l’environnement.

 

Mais existent-ils des solutions réalistes…?

Il en existe plusieurs! Voici quelques conseils que j’essaie d’appliquer pour consommer de façon responsable.

Mon premier truc est de transformer vos vêtements s’ils ne peuvent pas être donnés et s’il y a «seulement» la poubelle comme avenue. Par exemple, parce que je m’assois d’une certaine manière, mes pantalons ont tendance à déchirer au niveau de la cuisse du côté droit. Alors, j’ai décidé de les transformer en shorts. C’est vraiment simple, on a seulement à couper la bonne longueur et à replier le bord pour ne pas voir les coups de ciseaux. En plus, vous savez que le morceau vous fait déjà et ça ne coûte rien! Il est aussi possible de transformer un vieux chandail en sac, bref il y a plein de possibilités. Je vous conseille de fouiller sur Pinterest, de suivre des personnes sur YouTube comme Kristen Leo qui vient justement de sortir une nouvelle vidéo à ce sujet.

Mon deuxième truc est de magasiner dans les friperies! C’est une façon accessible de trouver de beaux morceaux uniques ou « vintage » à moindre coût. En plus, il y en de plus en plus un peu partout. Personnellement, j’aime bien aller au Village des Valeurs parce que je suis sûre de trouver au moins un  morceau que j’aime et parce que c’est bien classé. L’autre que j’aime est Eva B et elle est située sur le boulevard St-Laurent. Dans son cas, il faut plus chercher, mais les morceaux que vous trouverez seront nécessairement uniques. Si vous voulez rester dans le confort de votre maison, il existe des friperies en ligne comme Kapara Vintage ou des applications comme Depop.

Mon troisième truc est le plus accessible, et ce, surtout au niveau économique (c’est souvent ce côté-là qui nous convainc). Je vous propose d’organiser un échange de vêtements entre amis ou même avec des membres de votre famille. Le concept est assez simple : chacun apporte les vêtements dont il veut se débarrasser et tout le monde peut partir avec les morceaux des autres! Vous seriez surpris des trouvailles que vous pourriez faire! Si vous ne voulez pas apporter certains morceaux à l’échange, s’il vous plaît, ne jetez pas vos vêtements, mais donnez-les à des organismes!

Mon quatrième truc est d’acheter de compagnies locales et/ou écoresponsables. Parfois, cela coûte un peu plus cher, mais ça en vaut le coup : les vêtements sont plus durables et de meilleure qualité. J’ai fait un petit exercice: j’ai comparé le prix d’un legging de la compagnie girlfriend collective au prix d’un de la marque Nike. Le résultat fut assez surprenant quand on sait que girlfriend collective est une compagnie qui utilise des matériaux recyclés et qui est équitable.Pour 68$ US, vous pouvez avoir une paire de legging de girlfriend collective et, oui aussi, pour le même prix une de Nike, mais il y en a beaucoup au-dessus de ce prix. J’ai, en effet, vu, sur le site de Nike, des modèles au prix de 95$ US, 105$ US et même 135$ US! Il y a tellement de compagnies québécoises et canadiennes à encourager comme Mimi et August, Dailystory, June Swimwear, Yoga JeansOÖM, etc.

Mon cinquième truc et non le moindre est de diminuer sa consommation. De nos jours, il est facile d’acheter plein de vêtements en peu de temps puisque c’est si accessible. Remettez en question vos choix et demandez-vous si vous en avez vraiment besoin. Cela peut paraître bien bête, mais ça vous challengera, je vous le garantis.

 

Bref, faites ce que vous pouvez pour changer les choses et pour diminuer votre empreinte écologique. Je sais que j’ai parlé des côtés plus néfastes par rapport à l’environnement, mais il en existe aussi d’autres comme ceux par rapport aux conditions des travailleurs qui sont affreuses. Avez-vous appris de nouvelles choses en lisant mon article? Faites-le-moi savoir dans les commentaires et dites-moi ce que vous faites de votre côté.

 

Psst… Quelles sont vos friperies préférées? J’adore en découvrir de nouvelles!
Psst… Cliquez sur les images pour savoir d’où elles viennent!

 

Par Élodye Barré

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