Cyrano de Bergerac, 400 ans de théâtre

Prod DB © Hachette Premiere - DD Production / DR CYRANO DE BERGERAC de Jean-Paul Rappeneau 1990 FRA avec Gerard Depardieu d'apres la piece d'Edmond Rostand

Cyrano de Bergerac, 400 ans de théâtre

 

« C’est un pic! C’est un roc! C’est un cap! Que dis-je, c’est un cap… C’est une péninsule! » Vous avez peut-être déjà entendu cette réplique, tirée de Cyrano de Bergerac, écrit par Edmond Rostand, en 1897. L’histoire de ce célèbre personnage de théâtre remonte à quelques siècles… Je vous invite à la revisiter dans cet article qui comprend le résumé de la pièce et une appréciation de son adaptation contemporaine, jouée par la troupe La comédie humaine, au Théâtre du Vieux-Terrebonne, le 20 février.à

 

 

Résumé

Cyrano de Bergerac (Hugo Giroux), homme au physique peu avantageux et poète à ses heures, entretient un amour à voie unique pour sa belle cousine Roxane (Mélanie Pilon), elle-même amoureuse du baron Christian de Neuvillette (Guillaume Champoux). Christian est beau et Cyrano est convaincu qu’il n’a pas sa chance. Il aide donc le baron à conquérir Roxane. Hélas, peu après le début de leur idylle, Christian meurt à la guerre, comprenant que ce n’est pas de lui que Roxane est amoureuse, mais de Cyrano. Quinze ans après le décès de Christian, Cyrano meurt heureux dans les bras de Roxane, alors qu’elle comprend que ce sont les mots de son cousin dont elle est tombée amoureuse, et non du baron.

 

 

Appréciation

Un des points positifs de cette pièce de théâtre est, sans aucun doute, les personnages. Si, au  début, ils semblent simples, ils sont en réalité complexes. Par exemple, au début, on croit que Roxane n’est qu’une charmeuse et une manipulatrice, qu’elle utilise sa beauté et sa grâce pour obtenir ce qu’elle veut, mais elle se révèle remplie d’amour et sincère. Elle prend même le risque de se faire arrêter et tuer en allant rejoindre l’escadron dont Cyrano est le sergent et Christian, le cadet, car le baron lui manque malgré toutes les lettres d’amour que Cyrano lui envoie deux fois par jour, se faisant passer pour son amant. Les choix effectués par les personnages sont, selon moi, basés sur leur personnalité et leur caractère profonds et dont l’étude est poussée.

 

Un autre point positif est la morale qui s’en dégage : que l’on soit beau ou laid, on peut toujours trouver l’amour et l’esprit est plus fort que le physique. Après tout, mieux vaut être intelligent que beau, n’est-ce pas ? Le physique, avec le temps, perd ses attraits, mais on gardera notre esprit toute notre vie.

 

J’ai également apprécié le jeu des comédiens. Malgré les 2900 alexandrins qui composent Cyrano de Bergerac, dont plus de la moitié sont déclamés par le personnage principal, les comédiens ont, à mon avis, su représenter cette pièce de théâtre d’une façon plus moderne, plus contemporaine, comme était leur but. Leur jeu, tant durant les batailles à l’épée jusqu’aux moments les plus mièvres, nous faisait sentir comme si l’on était sur la scène. Je crois que c’est véritablement grâce aux comédiens que la pièce a pris vie sous nos yeux.

 

Finalement, il y a le langage à évaluer et sur ce point, les opinions divergent grandement. Le texte étant composé de vers dans presque toute son entièreté et le vocabulaire étant de très haut niveau, cela pouvait nuire à la compréhension du public. Pour ma part, je n’ai eu que quelques difficultés, à certains passages, puisque je connais un peu la façon de parler de l’époque, mais pour la majorité des gens, et j’en suis consciente, les termes «fiel» et «pleutre» ne font pas partie du langage familier ni même populaire.

 

Était-ce donc une pièce appropriée aux jeunes de PEI secondaire 1 à 3 ? Je crois que le thème abordé, l’époque et le langage ont nui à plusieurs. Cependant, cela n’était pas le choix des comédiens, mais celui du personnel de l’école. Pour ma part, bien que j’aie apprécié, j’ai préféré la pièce de théâtre de l’an dernier, soit Anne, la maison aux pignons verts.

Selon moi, Cyrano de Bergerac rejoignait peu les élèves et pouvait être, sur certains passages, long et éternisé, voire ennuyeux. Bref, j’ai apprécié cette pièce de théâtre malgré certains désavantages liés au public qu’elle présentait.

 

Par Amélia Gélineau

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