Dans l’œil de Claire Poulin

Dans l’œil de Claire Poulin

Claire Poulin

Ancienne ambassadeure du Canada, ex-coopératrice internationale, trilingue, grande voyageuse : âgée de 64 ans, cette femme possède une histoire des plus captivantes. J’ai eu la chance de m’entretenir avec elle via l’application Skype la veille de son départ en Indochine.

Études avant tout

Dès son plus jeune âge, elle accorda une grande importance à son éducation. Agathe, sa mère, lui enseigna la lecture et l’écriture avant son entrée à l’école. Étudiante modèle, elle refusa le rôle de femme au foyer auquel elle était destinée et poursuivit ses études jusqu’au cégep. Une passion grandissante pour les nouvelles connaissances l’entraina à l’université. Elle mit ses études en priorité pendant l’entièreté de sa scolarité.

Amour avec un grand « A »

Claire a toujours su, au plus profond d’elle, que son but ultime dans la vie était de voyager. C’est alors qu’elle rencontra Gaston Gauvin. Non seulement partageaient-ils le besoin vital d’explorer le monde, mais aussi un sentiment spécifique : l’amour. Ensemble, ils virent énormément de paysages. D’abord, ils firent un petit voyage en Europe. Par la suite, un road trip en Amérique du Sud. Puis, ils firent le tour du monde pour leurs thèses de doctorat en cinéma et en littérature en 1982. On compte à ce jour plus de 100 pays où ils ont posé pieds. Ayant une vie de globe-trotteurs, ils n’ont jamais désiré agrandir leur duo et vivent très bien avec ce choix.

Claire Poulin, exerçant son métier d’ambassadeure du Canada

Coopération internationale

Pendant quatre ans et demi, le couple a été posté en tant que coopérants internationaux pour l’ACDI (Agence Canadienne de Développement International), en République Dominicaine, en Tunisie ainsi qu’au Pakistan. Cet emploi consiste, entre autres, à instruire, par le biais de documentaires, les habitants de pays en voie de développement sur des enjeux locaux (hygiène, ITSS, etc.). Au bout de quatre ans, un concours attira particulièrement son attention. Il lui permettrait d’entrer au Ministère des affaires étrangères du Canada.

Ministère des affaires étrangères 

Elle fut sélectionnée en 1991 pour représenter son pays. Sa mission était, en partie, de démontrer une image positive du Canada à travers le monde. Durant ses 25 années de carrière, elle eut cinq postes à l’étranger. Elle a d’abord été agent politique en Argentine et en France, puis fut nommée ambassadeure dans les pays Baltes, au El Salvador et finalement en Uruguay. Lors de l’entrevue, elle me confia que le danger pouvait parfois se faire ressentir. C’était le cas au El Salvador, en 2008, en raison du taux de criminalité élevée. « Pour faire partie d’un gang de rue, à l’époque où j’étais là, il fallait qu’une personne tue trois [autres] personnes. Alors, disons que si tu es à un feu rouge et que la personne décide que c’est toi qu’il tue… », raconte-t-elle.

Ambassadeur e

Claire m’affirma que le mot ambassadeur ne possède pas de e. Elle demande tout de même cet usage à son égard. Mais pourquoi ce souhait ? La raison est simple : le féminin d’ambassadeur est ambassadrice. Sauf que les définitions sont différentes. Une ambassadrice est l’accompagnatrice de l’ambassadeur. C’est pour ces raisons que Claire créa son propre mot. Elle avait pris conscience qu’à cet époque, très peu de femmes exerçaient ce métier hors du commun et que c’était de son devoir de changer les choses. 

Rencontres marquantes

Sa carrière fut des plus enrichissantes au niveau relationnel. Elle fit la connaissance de diverses personnes, de leurs langues, de leurs cultures ainsi que de leur histoire unique. Une rencontre plus mémorable pour celle-ci fut en 2002, lorsqu’elle rencontra le Pape Jean-Paul II.

Retraite 

Elle quitta son poste en 2017, la tête haute. 

« Les 20 premières années de ma vie, je les ai faites avec ma famille […]. Les 20 autres années de ma vie ,[…] je les ai passées à voyager. Je me disais : il me reste plus ou moins 20 autres années… Qu’est-ce que je veux en faire ? »

 

Elle m’avoue un désir de se consacrer à de nouvelles occupations. Elle parle d’une envie d’écrire un roman, de recommencer l’aquarelle et, bien sûr, de voyager avec son fidèle compagnon. 

10 mars 2019

Rosalie Poulin, élève d’Armand Corbeil

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