Le Jeu, bien plus qu’une télésérie : une réalité

Cette année, sur la chaîne TVA, une télésérie québécoise a fait son entrée : Le Jeu. Cette émission de télévision raconte l’histoire de Marianne, une conceptrice de jeux vidéo incarnée par Laurence Leboeuf, qui travaille pour la compagnie Arcade Games.

Suite à sa nomination aux prestigieux prix Ludix, elle reçoit des messages, des menaces de trolls, comme on les appelle dans le milieu. Le soir de la remise des prix, elle se fait droguer, blesser gravement et voler. Au matin, elle ne se souvient de rien. Bien vite, les menaces seront mises à exécution, la mettant en danger, elle et ses proches. Et tandis qu’elle tente de se tenir debout sans vaciller dans la tempête qui fait rage autour d’elle, elle tente également de se tailler une place dans ce monde masculin qu’est l’industrie des jeux vidéo.

 

Si un des buts de cette émission est de nous divertir, un autre est certainement de nous faire réfléchir. Bien qu’une enquête et un certain suspense soient au cœur de l’histoire, autre chose nous pousse à continuer pour suivre Marianne : on veut en savoir plus sur la place qu’occupent les femmes dans des industries généralement plus masculines.

C’est le cas de la conception des jeux vidéo, des voitures et de plusieurs autres domaines. Nos sociétés ont beaucoup avancé vers l’égalité des sexes depuis les années 1920, mais l’égalité parfaite n’est pas tout à fait acquise. Le pouvoir et les droits des femmes ont fait de grands progrès, c’est vrai, et il ne reste que quelque temps de peaufinage à effectuer.

Cependant, ce qu’il faut changer maintenant est la perception, le mode de pensée des gens. La majorité reconnait que les femmes ont la même valeur que les hommes culturellement parlant, mais il en reste toujours d’autres qui les réduisent, principalement des hommes, mais aussi des femmes. Cette situation est similaire à celle de la Terre : malgré les preuves, certains individus continuent de croire que la Terre est plate et s’accrochent à cette fausse conviction.

Tout est une question d’estime de soi. Si une femme ne croit pas qu’elle et ses semblables méritent le pouvoir politique, ou l’individualité, comment les autres pourraient-ils y croire ?

En fait, des études ont prouvé que les filles et les femmes ont plutôt tendance à se sous-estimer alors que les garçons et les hommes se surestiment généralement. Quand on veut, on peut.

Mais qu’arrive-t-il quand on n’y croit pas ?

Une autre étude a démontré ces différences d’estime de soi entre les sexes. On a demandé à des filles si, généralement, les filles étaient plus, moins ou également intelligentes que les garçons.

Évidemment, sur le plan intellectuel, le sexe de la personne n’affecte rien. Mais la plupart des filles ont répondu «moins» et peu ont répondu «égal». Chez les garçons, on observait une autre situation : la majorité répondait «plus» et le reste «égal». On ne peut pas banaliser une preuve de ce genre : se sous-estimer est aussi grave que de se surestimer, et les deux peuvent causer, à long terme, des problèmes d’estime de soi et la remise en question de ses choix et de sa personne.

La mentalité des gens est bien sûr touchée par les stéréotypes de l’époque qui, bien plus qu’on ne le pense, peuvent avoir une influence sur la vie. Oui, il est rare de voir une femme dans le milieu des jeux vidéo. Et si cette différence indiquait plutôt que les femmes sont capables d’occuper un rôle plus important dans la société? Rare n’est pas synonyme de mal. La majorité des femmes sont brillantes mais sensibles, ce qui peut les empêcher de faire un choix pour elles et non pour les autres. Combien d’entre elles n’ont jamais rêvé d’être, par exemple, concessionnaire automobile et de renoncer à cause de la pression des stéréotypes ?

De même que le bleu et le rose, les voitures et les poupées, le sport et le maquillage. Un garçon pourrait être coiffeur et une femme policière. La vérité, c’est qu’il n’y a pas de couleur, de métier, de jouets différents pour les filles et pour les garçons. On ne cible pas une clientèle par un sexe, et les pionnières, comme Marie Curie et Lucille Teasdale, l’avaient compris.

La place de la femme a évolué à travers les époques. On ne peut pas réduire son importance : sans elle, qui est devenue la main-d’œuvre durant la Seconde Guerre mondiale, qui a perpétué les lignées des familles, aucun de nous ne vivrait aujourd’hui.

Elles ont droit à la même place que les hommes. Car si certains voient les femmes comme des objets, il n’en est rien.

Par Amélia Gélineau

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