La LNI s’attaque aux classiques: l’impro réinventée

C’est en 2015 que La LNI s’attaque aux classiques donne sa première représentation. Dès lors naît un concept innovateur et très prometteur. L’idée? 60 minutes dites d’exploration où Alexandre Cadieux (animateur) nous parle de l’auteur choisi et où François-Étienne Paré (idéateur et metteur en scène) donne des défis aux improvisateurs* afin d’appuyer les propos d’Alexandre. Par la suite, 30 minutes d’improvisation sont jouées à la manière de l’auteur où interviennent un éclairagiste et un musicien.

Les improvisateurs ont accès à trois praticables (cubes noirs) ainsi qu’à un éventail de costumes et d’accessoires rouges. Un gros défi que de représenter, par exemple, Michel Tremblay ou encore Robert Lepage en seulement 1h30. Pourtant, c’est ce qu’ils font, parfois même en invitant ledit auteur. Au côté jardin, un musicien observe attentivement et s’applique à improviser en même temps que les acteurs une trame sonore pour les soutenir. Un éclairagiste intervient également aux moments qu’il juge opportuns, sans même consulter les acteurs!

C’est une des plus belles manières, selon moi, d’en apprendre davantage sur le style d’écriture d’auteurs parfois déjà connus – comme Molière ou Shakespeare – ou encore d’en découvrir d’autres dont nous, étudiants, entendons moins parler, comme Anton Tchekhov ou encore Bertolt Brecht.

Le plus fascinant pour moi a été de voir à quel point l’improvisation de 30 minutes avait presque l’air préparée. De la musique en passant par l’éclairage jusqu’au jeu des acteurs: tout fonctionnait. Évidemment, les improvisateurs doivent adapter leur niveau de langage, lequel sera différent s’ils réécrivent Michel Tremblay ou Molière. Le temps est aussi très important, car l’histoire doit rester intéressante et vivante pendant très longtemps, ils doivent également inventer un début, un milieu et idéalement une fin. La facilité avec laquelle les comédiens tissent l’improvisation est désarmante.

Après chaque représentation, l’équipe offre la possibilité aux spectateurs de poser des questions ou d’émettre certains commentaires. Comme je suis allée à deux représentations de suite, j’ai pu remarquer un changement positif dans le jeu des acteurs grâce aux critiques reçues. J’ai également eu la chance de discuter avec l’animateur et dramaturge, Alexandre Cadieux, qui me parlait de certains défis rencontrés. Par exemple, lorsque qu’est venu le temps de faire Jean Racine, les acteurs devaient parler en alexandrins (vers de 12 syllabes) tout au long du spectacle!

Bref, si l’envie vous prenait d’assister à un bon spectacle, dans une ambiance intime et simple, je vous recommande celui-ci. En allant sur le site de La LNI s’attaque aux classiques, vous pourrez avoir plus de renseignements pour vous procurer des billets. Familial, innovateur, intéressant… encore longue est la liste des qualificatifs positifs que je pourrais employer pour décrire ce concept!

 

 

 

Par Emmanuelle Beauchamp

 

*Saison 2019 : Joëlle Paré-Beaulieu, Simon Rousseau et Amélie Geoffroy.

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