Il y a environ un mois, nous avons accueilli une tortue à la maison; un mâle de trois ans que nous avons appelé Tam-Tam.

Ma mère m’a raconté au début de la quarantaine, alors que nous lavions l’espace de vie de notre cher animal, qu’elle se demandait comment c’était de rester encabané toute la journée dans un aquarium, comme le faisait Tam-Tam. Dès son arrivée, elle s’est questionnée sur le sujet. Elle trouvait que c’était une drôle de coïncidence qu’un mois après son questionnement, nous, ses enfants, puissions tenter l’expérience.

 

 

Au moment où elle me disait ça, je me sentais triste et en colère; je n’avais plus le droit de voir mes amis et toute ma routine qui me semblait idéale s’écroulait. L’école me manquait, mes intégrations sociales me manquaient, et même mes devoirs me manquaient tant l’ennui s’était emparé de moi.

Je ne trouvais pas ça drôle du tout et j’ai couru jusqu’à ma chambre pour aller m’y réfugier. Une fois un peu calmée, je me suis plongée dans une réflexion des plus profondes à propos de cette histoire de tortue et de question… J’en suis finalement arrivée à comprendre un message, une métaphore.

Tout comme nous avons lavé l’habitat de Tam-Tam, je devais nettoyer ma vie. C’est alors que j’ai compris qu’épousseter mon stress, jeter mes problèmes à la poubelle, trier mes mauvaises habitudes pour qu’elles se transforment en de bonnes choses pour moi et balayer mes pensées négatives étaient un projet dans lequel je voulais m’investir pendant tout ce temps. J’étais fière d’avoir réalisé tout ça, mais il restait encore un petit bémol; j’ignorais comment procéder.

J’ai donc fait le point de la situation afin d’y voir plus clair; je passais tout mon temps livrée à moi-même et à l’énergie débordante de mon petit frère. J’avais quelques activités qui auraient des chances de m’occuper comme tricoter, écouter de la musique, parler à ma grand-mère au téléphone, cuisiner, et bien sûr, ramasser ma chambre.

J’ai finalement trouvé la solution: tenter de développer des qualités en pratiquant ces occupations!

Par exemple, en tricotant, j’essaie d’être très attentive et minutieuse pour éviter les erreurs, et donc de recommencer. Écouter de la musique m’inspire et m’aide à rester concentrée, alors j’en ai écouté le plus souvent possible. Cuisiner me donne le sourire, car ma famille adore mes gâteaux et voir les gens que j’aime de bonne humeur me remonte le moral. En ramassant ma chambre, je développe ma patience, parce qu’honnêtement, c’est long et très ennuyeux de faire le ménage dans une pièce aussi bordélique que la mienne.

À présent, je vois le confinement comme une opportunité de prendre du temps pour moi et de me détendre. Je tire le meilleur de chaque situation et je reste positive et sereine. Est-ce que mes amis, l’école et les devoirs me manquent toujours? Bien sûr… Cependant, ça ne m’empêche pas de m’ouvrir à de nouvelles activités et de rester le plus heureuse possible.

 

Par Marianne Lachance

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1 thought on “La quarantaine pour moi

  1. Bravo Marianne, tu as un réel talent d’écriture et une grande sagesse. Ta famille doit être très fière de toi.

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