Les jupes à Armand-Corbeil

Students dressed with a skirt as part of the so called "Ce que souleve la jupe" ( "What raises the skirt?") event in high schools wait, on May 16, 2014, in front of the Clemenceau high school in Nantes, western France. For the "What raises the skirt" event, the academic administration responsable for high schools in the Nantes' region invited "girls, boys, highschool students and staff to go to school on May 16, 2014 wearing a skirt or a pin reading 'I fight sexism, what about you?' to fight against all forms of sexism". AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Dans les dernières semaines, vous avez probablement vu plusieurs garçons se promener en jupe dans l’école. Vous avez peut-être même entendu ou lu dans les médias à propos de ce mouvement. En effet, à travers le Québec, des adolescents ont porté des jupes à l’école. Ils n’ont pas fait cela seulement pour le plaisir, mais pour dénoncer des pensées et des actes.

 Tout a commencé lorsque, le 2 octobre 2020, Tom Ducret-Hillman a publié une vidéo et des photos sur Instagram à ce sujet. Dans sa publication, on pouvait voir Tom et son ami portant des jupes. En lisant les commentaires qu’il avait écrits en dessous de la vidéo et des photos, on peut comprendre que Tom a réalisé cet acte pour prouver que le code vestimentaire ne fait aucun sens. De plus, on peut comprendre qu’il souhaite prouver que les vêtements n’ont pas de genres et pour dénoncer l’hypersexualisation des femmes.

 Par la suite, le mouvement est devenu populaire lorsque, le 4 octobre 2020, Guillaume Déry a publié une photo de lui et de plusieurs garçons portant des jupes. Cette photo a fait le tour du Québec et a récolté plus de 87 000 mentions « j’aime »! Dans les commentaires de sa publication, il dénonce l’hypersexualisation des femmes. Il affirme aussi que ce n’est pas de la faute des filles si les garçons passent des commentaires ou exécutent des actions inappropriées.

 À Armand-Corbeil, plusieurs personnes se sont mises en jupe ou en robe le 7 octobre 2020. Lorsque j’ai parlé à des garçons qui s’étaient vêtus de la sorte, j’ai été très étonnée, car la plupart des actions ou paroles négatives qu’ils avaient reçus venaient des élèves. Les finissants à qui j’ai parlé se sont fait dire par les surveillantes qu’ils étaient beaux et qu’ils étaient gentils de s’être mis en jupe. Cependant, lorsqu’on entend ce qu’ils se sont fait dire par leurs camarades, on retrouve plus d’aspects néfastes. Ils ont reçu des commentaires négatifs et déplacés, ils se sont sentis jugés par des regards et, le pire de tout, ils ont entendu qu’ils n’étaient pas des vrais hommes. C’est la preuve que ce mouvement n’est pas seulement à propos de changer le code vestimentaire, mais aussi de changer les mentalités.

De droite à gauche : William Chérard-Pham – Édouart Dalphond – Noah Legault

Cela était pour les garçons. C’est important de préciser cela, car certaines filles ont aussi pris la décision de se mettre en jupe ou en robe cette journée-là. Cependant, elles ont reçu une réponse tout à fait différente des surveillantes. Une d’entre elles raconte son expérience sur Instagram. Alors que Marie-Jeanne Ouellette, élève de secondaire 5, marchait dans les corridors sur l’heure du midi, elle s’est fait avertir. Vous pourrez le deviner, parce que sa jupe était trop courte. Elle raconte que malgré le fait que sa jupe lui arrivait à la mi-cuisse, ce qui est conforme au code vestimentaire, une surveillante a insisté qu’elle était trop courte. En parlant aux garçons, ces derniers m’ont assuré qu’ils ne s’étaient pas fait avertir. Preuve que nous avons encore du chemin à faire.

 Pour en revenir à Tom Ducret-Hillman, le 7 octobre, il a publié une photo à propos du mouvement sur son compte Instagram. En commentaire, Tom demande à tout le monde de ne pas traiter ce mouvement comme une tendance. Et de continuer à porter la jupe. Il précise qu’il ne demande pas aux gens de la porter à tous les jours, mais de seulement incorporer la jupe dans leur garde-robe. Il continue en disant que nous devons éduquer les autres à avoir un esprit plus ouvert et à tous se respecter peu importe qui nous sommes. Il finit en mentionnant que nous devons continuer à nous battre pour changer les mentalités.

Tout cela signifie que c’était bien de porter la jupe, mais que si nous voulons faire un changement concret, nous devons continuer à poser des actions. Nous devons continuer à montrer que ces injustices et ces mentalités n’ont pas leur place. Nous devons continuer à nous battre pour ce en quoi nous croyons.

Éliza Nadeau

Source :

https://www.lesacdechips.com/2020/10/06/des-garcons-quebecois-mettent-une-jupe-pour-aller-a-lecole-pour-protester-contre-des-mesures-sexistes 

Marie-Jeanne Ouellette, Thomas Lahaie, Mika Daoust, Alexandre Tremblay, Felix Parent, Mathieu Lapointe, Zachary Hébert

Le compte Instagram de Tom Ducret-Hillman et de Guillaume Déry

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