Archives 2017-2018

L’Académie, une série à voir absolument!

 

 

 

 

 

Ophélie Rancourt, journaliste

 

L’Académie est une nouvelle série québécoise qui a fait son apparition sur les ondes de Club Illico en octobre dernier. Elle met l’emphase sur des problèmes de la vie quotidienne vécus par une adolescente, tels que l’amour, l’amitié, l’orientation sexuelle et ainsi de suite.

Les personnages principaux sont Agathe (Léa Roy), Marie (Juliette Gosselin) et Wendy (Sabrina Bégin Tejeda). Par leur merveilleux jeu, elles réussissent à nous faire ressentir des tonnes d’émotions qui nous donnent tout simplement encore plus l’envie de rester ‘’scotché’’ sur le sofa pour poursuivre leurs péripéties. On ne peut plus s’arrêter!

En voici un petit résumé :

Trois amies (Agathe, Marie et Wendy) font un pacte, celui consistant à ne pas avoir de ‘’chum’’, ne pas texter de gars ou rien d’autre du genre jusqu’à la fin de l’année scolaire … Ce pacte va causer plusieurs problèmes et disputes, car un nouveau programme est instauré à l’école et il y aura maintenant des gars à l’Académie. Les filles devront se serrer les coudes pour surmonter les épreuves que cette réalité leur imposera. Une série pleine de rebondissements et de suspense!

J’apprécie beaucoup cette émission et j’espère que c’est le cas d’autres jeunes filles à travers le Québec. Une chose que j’apprécie, c’est le fait qu’il y ait une morale: cette émission nous en apprend plus sur la vie et nous donne des conseils. Pour ma part, il n’y avait aucun défaut, tout était parfait! Du style jusqu’à l’histoire, c’était une excellente idée de la part de l’auteure jeunesse Sarah-Maude Beauchesne!

Alors, qu’est-ce que vous attendez pour l’écouter?

 

L’énigme du canal, un roman policier pour les jeunes!

 

 

 

 

Virginie Lessard, critique littéraire

 

Comme vous l’avez sans doute remarqué dans le titre, le livre dont nous allons traiter relève de la littérature jeunesse. Écrit par Laurent Chabin, L’énigme du canal, publié en 2012, est un des nombreux romans de l’auteur. Ce livre de 132 pages, publié aux Éditions Hachette, est accessible à tous les lecteurs, peu importe leur niveau. Comme la majorité des œuvres de l’auteur, celle-ci fait partie du genre policier.

Si vous désirez en apprendre davantage sur le genre policier, je vous invite à lire ma précédente critique sur Le crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie.

L’énigme du canal raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents qui, en allant jouer où il ne fallait pas, découvrent un cadavre. Afin d’éviter de se faire accuser, ils se sauvent des lieux et décident de n’en parler à personne. Par contre, rien n’est si simple et l’histoire semble les poursuivre. Un objet ramassé sur la scène de crime les mènera sur la piste de résolution du mystère. Bon, j’arrête ici pour ne pas gâcher votre lecture. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique de L’énigme du canal.

Tout d’abord, je me dois de spécifier que le niveau de l’œuvre n’est pas des plus élevés. Le public cible étant clairement des adolescents plus jeunes que moi, je n’ai pas été très emballée par ma lecture. Toutefois, bien qu’il ne m’ait pas plu plus qu’il le faut, ce roman demeure un excellent moyen pour initier un lecteur moins expérimenté au genre policier. Alors, il va de soi que mon premier point traite de la simplicité de l’œuvre. Pour avoir lu d’autres livres de cet auteur dans le passé, je m’attendais à une histoire comportant une énigme complexe me tenant en haleine. J’ai été déçue de découvrir à la place une histoire plutôt ordinaire comportant une énigme moins élaborée que les autres. Il suffit d’un minimum d’esprit logique pour percer à jour ce qui est censé être le grand mystère du livre. Loin de nous fournir une once de suspense, le roman est répétitif et sans rebondissements. Le langage n’était pas non plus recherché, bien qu’il y eût ici et là des mots plus riches qui détonnaient avec le reste du vocabulaire employé. J’aurais aimé qu’il y ait, au moins, quelques révélations menant sur différentes pistes suscitant, par le fait même, la curiosité du lecteur. Il serait facile de reprocher ce manque de profondeur et de complexité à la longueur du roman, mais il existe des livres très courts et qui n’en demeurent pas moins élaborés. Bref, j’ai été peu captivée par le récit en raison de sa simplicité.

Ensuite, bien que cela soit une manière employée par l’auteur pour que le lecteur s’identifie davantage, je ne trouve pas judicieux de mettre des jeunes au cœur d’un roman policier. Je m’explique : à mon avis, il est peu probable qu’un adolescent parvienne à résoudre une enquête avant des policiers qualifiés et pleins de ressources. Cela enlève, à mon sens, du réalisme à l’histoire. Dans le cas de L’énigme du canal, la façon dont les jeunes se ramassent au centre de l’intrigue est justifiée et la simplicité de l’enquête permet de comprendre facilement pourquoi ils ont réussi à la résoudre. Il n’en reste pas moins que, selon moi, le récit manque de réalisme et fait preuve de trop d’incohérences pour me plaire. Cela ne demeure que mon opinion, mais je pense que le récit aurait gagné à être raconté par un enquêteur et non par un jeune garçon.

Un autre point qui a contribué au fait que ce roman m’a déplu réside dans le fait que la lecture semble être interminable. L’auteur va se perdre en descriptions peu pertinentes ou en accrochant sur des détails qui n’apportent rien à l’histoire. Cela aura pour effet de désintéresser le lecteur qui souhaite uniquement voir l’histoire avancer. Il n’est pas normal qu’un livre si court semble si long à lire, tant la narration n’avance pas rapidement. Je suis une amatrice de descriptions, de détails et de longs récits, tant et aussi longtemps qu’ils sont pertinents et contribuent à l’histoire. Si je devais utiliser un mot pour qualifier ce roman, je dirais stagnant, car rien ne s’y passe qui n’aurait pu être dit en moins de dix pages. Bref, je n’ai pas été charmée du tout par ce livre.

Avant de conclure, toutefois, je dois mentionner que j’ai observé tous ces aspects négatifs avant tout, car je n’étais pas le public cible. Je suis convaincue que des adolescents qui débutent en lecture pourraient très facilement être satisfaits par ce roman, ce n’est juste pas mon cas.

Finalement, je crois que je n’ai tout simplement pas choisi le bon roman de Laurent Chabin et je ne peux le juger par cette œuvre. Par contre, je peux vous conseiller de lire un autre de ses livres plutôt que celui-ci, par exemple La nuit sort les dents. Malheureusement, il n’existe pas de version cinématographique de ce roman. Il vous faudra donc obligatoirement le lire si vous voulez connaitre l’histoire. Sur ce, je vous souhaite de très bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

Le journal d’une «wannabe» écolo

 

 

 

 

Gabrielle Hurteau, journaliste

 

On essaie tous un peu de s’inspirer des gens qui nous entourent pour faire en sorte de devenir juste un peu meilleur en tant qu’humain, moi y compris. J’aime ça me mettre au défi, apprendre des autres et travailler sur moi-même, de plus en plus. Récemment, dans cet ordre d’idées, j’ai essayé d’être végétarienne, ne serait-ce que pour un mois. J’ai peu de choses à dire sur le sujet, sauf peut-être que de ne pas manger de viande, c’est vraiment simple. C’est de se motiver à chaque jour qui fait que ce n’est pas facile. Pour une panoplie de raisons, c’est difficile, présentement dans ma vie, de devenir végétarienne. L’effort reste constant, mais par chez nous, ça nécessite un temps d’adaptation plus long parce que la consommation animale est profondément imprégnée dans mon alimentation familiale. C’est pour ça que je ne peux pas et que je ne vais pas écrire sur le végétarisme. Je vais plutôt écrire sur toutes les autres manières de réduire mon empreinte écologique parce que c’est présentement là où je mobilise mon énergie, c’est présentement ça, ma motivation. J’en ai beaucoup à dire sur le mode de vie «zéro déchet» parce que finalement, c’est tellement facile. Même plus que le végétarisme.

Regarder autour de soi

Un projet, ça a besoin de préparation, surtout quand ça implique un changement d’habitudes et des dépenses. De se préparer, ça signifie surtout une chose : l’observation. C’est de voir où nous perdons notre but de vue, quels gestes peuvent être facilement modifiés pour être plus écologiques et regarder nos habitudes qui nous permet d’identifier ce qui fait que nous ne sommes pas encore là où nous voulons être sur notre échelle d’objectif. C’est juste ça, la clé du secret. En faisant ça, j’ai pu trouver cinq choses faciles à faire pour devenir de plus en plus à l’écoute de la nature.

 

Les déchets inutiles

Premièrement, j’ai remplacé mes déchets par des objets réutilisables. Je me suis acheté une bouteille d’eau 100% recyclable et garantie à vie que je pourrai amener avec moi pour au moins les dix prochaines années. Une fois désuète, je sais qu’elle n’ira pas dans un dépotoir, qu’elle sera transformée et réutilisée. Je garde aussi une fourchette, un couteau, une cuillère, une paille et un petit pot en acier inoxydable dans mon sac à dos pour éviter les déchets inutiles comme les pailles de plastique ou les ustensiles jetables. Également, des rasoirs réutilisables, des lingettes humides lavables et un paquet de quatre brosses à dents en bambou 100% biodégradable et faites de manière équitable, ce sont tous des changements peu dispendieux qui valent la peine à la longue. Encore là, ce sont de petits gestes et ça se fait facilement. La compagnie OlaBamboo est équitable, locale et écologique et se spécialise dans les brosses à dents biodégradables. C’est ma recommandation personnelle, mais il y en a à la tonne, des options écologiques.  On dit souvent que ça coûte cher d’être respectueux de l’environnement, mais à bien y penser, c’est un investissement pas si important qui rapporte beaucoup à long terme. Juste de changer le moteur de recherche pour Écosia, un site de gratuit pareil à Google, ça a un impact positif. Écosia plante des arbres à chaque quarante cinq recherches effectuées et la compagnie est 100% transparente avec ses clients. Elle te montre où les arbres sont plantés, par qui et à quelle fréquence.

Le paradis de l’épicerie

Deuxièmement, j’ai changé mon carnet d’épicerie. Mon épicerie locale est un peu limitée sur les options non emballées, alors j’ai fait un petit changement de routine, et pour quelques minutes de plus, je réduis ma consommation de déchets tellement facilement. Bulk Barn est le temple du «zéro déchet» parce que tu peux tout acheter en vrac pour une fraction du prix du même produit en épicerie parce qu’ils n’incluent pas le prix de l’emballage dans la somme totale. Tu pèses tes pots à l’entrée, tu les remplis et tu paies vachement moins cher au final. Si tu achètes des pots Masson pour 15$ chez Walmart (tu peux même recycler la boite de carton dans laquelle viennent les pots), après, tu peux passer des mois sans avoir besoin de retourner là-bas. Tu prends tes légumes dans des sacs en tissu au lieu de dans un sac en plastique et encore là, un autre déchet que tu ne produis pas. Change ton sac de plastique par un fait de tissu réutilisable et déjà, tu sauves dix sous de plus chaque fois que tu vas faire l’épicerie. Évidemment, c’est probablement pas dans ton portefeuille que ça va faire du bien, mais si commence ça maintenant, tu vas même pas avoir envie de prendre un sac une fois rendu tout seul dans ta vie d’adulte.

crédit photo : André Massé

 

«En as-tu vraiment besoin?»

Troisièmement, j’ai arrêté de surconsommer. C’est facile à dire qu’on consomme trop, mais c’est plus difficile de s’admettre qu’on aime un peu trop notre pouvoir d’achat, qu’on comble des besoins vides. On achète de la mode rapide, des vêtements faits de tissus un peu moyens et on le jette dès qu’on y fait un trou. Si t’apprends à coudre, déjà là, tu te sauves tellement de temps et tu uses tes vêtements jusqu’à leur pleine capacité avant de t’en départir. Si t’es du genre à jeter ton chandail pour un trou, considère plutôt de le donner. Les centres d’entraide ont des couturiers qui vont les réparer, tes vêtements, avant de les revendre aux gens qui n’ont pas le luxe de pouvoir s’habiller chez Forever 21. J’ai adopté la devise du cher économiste Pierre-Yves McSween «En as-tu vraiment besoin ?» et depuis, ça a grandement allégé mon quotidien. Mon grand défaut, c’est les vêtements. À défaut de ne pas avoir un style vestimentaire très à la mode, j’ai une tonne de vêtements pour au moins être capable de varier mes looks si jamais ça me tentait. Au bout d’un moment, je me suis rendue compte que sur les 128 hauts que je possédais, je portais en boucle les même 20 sans jamais même tenter d’essayer autre chose.  C’est donc là que j’ai principalement coupé. J’ai réduit la quantité de vêtements dans mon armoire d’un peu plus de 50%, vêtements que j’ai ensuite donnés à l’entraide diabétique.  Des bénévoles ont fait le voyage jusque devant ma porte pour prendre mes vêtements et eux, ensuite, les ont envoyés là où le besoin était le plus grand.  Ça m’a pris deux heures sans même avoir besoin de me déplacer pour faire tout le ménage dans mes vêtements et après j’ai pu redonner à ma communauté. En plus de ça, je magasine presque exclusivement dans des friperies pour éviter qu’on jette des vêtements en parfaite condition.

Crédit photo : André Massé

 

Bleu, c’est mieux

Quatrièmement, je recycle. J’ai appris dans les dernières semaines qu’il y avait tellement de trucs recyclables, on a presque même plus besoin de la poubelle. Le carton se recycle, même s’il est plein de gras comme pour une pizza, par exemple. D’ailleurs, le bac de compost s’en vient à Terrebonne et Mascouche d’ici le printemps 2018, selon leurs sites internet respectifs, ce qui est une excellente nouvelle parce que ta pizza aussi, tu vas pouvoir la mettre dans un bac (brun, cette fois). Je laisse ici la liste des matières que la ville de Terrebonne (http://www.ville.terrebonne.qc.ca/fr/126/Collectes_municipales) accepte dans son bac de recyclage, en plus du lien pour la ville de Mascouche (https://ville.mascouche.qc.ca/services-aux-citoyens/collectes-et-recyclage/). C’est tellement plus facile qu’on ne le pense honnêtement. Pour la mention du «plastique numéro 6», sachez que chaque morceau de plastique a un petit numéro indiqué à quelque part. Spécialement, le plastique numéro 6, lui, est obligatoirement identifié puisqu’il est le seul qui ne se recycle toujours pas. Si ce n’est pas indiqué, les responsables du centre de tri vont identifier le type de plastique au besoin. De regarder avant, ça rend juste les choses plus simples pour le centre de tri, alors ce n’est définitivement pas quelque chose à négliger.

Pas de trafic, pas de panique

Dernier point, je le promets : je marche. C’est si simple, mais juste de marcher, de prendre le bus, de prendre le vélo, ça réduit la quantité de déchets produits par les voitures. Un autobus, c’est une vingtaine de voitures de moins. Chaque fois que quelqu’un prend le vélo, on réduit la quantité de pétrole dépensé. À Terrebonne, Mascouche et Montréal, les gens peuvent même amener leur vélo dans l’autobus et ne pas nécessairement avoir à marcher continuellement. Le service URBIS offre des tarifs étudiant vraiment pas chers et ils ont des rabais où les jeunes peuvent se déplacer partout où les autobus mènent pour un coût de 50$ durant les vacances scolaires. En présentant la carte d’été illimitée, on peut voyager gratuitement n’importe où. C’est accessible de se déplacer en transport en commun. C’est un choix simple, pas si coûteux et qui fait vraiment toute la différence.

Après mille quatre cent cinquante et un mots sur l’environnement, je ne crois pas nécessairement avoir grand-chose à rajouter. Ma conclusion, c’est juste que si on veut profiter de la terre, il y a des changements tellement faciles qu’on peut tous, collectivement, faire dans notre vie et peut-être qu’on passera d’une production de 20 tonnes de déchets à la minutes à quelque chose comme 19.9 tonnes. C’est 0.1 tonne de moins et déjà, ça rend la tâche de la planète juste un peu plus facile.

T’es-tu raciste ?

 

Au début de l’année, je suis allée voir les responsables du journal pour leur parler de l’article que tu as présentement sous les yeux. Ça devait parler de la tuerie raciste de Charlottesville à la base. Sérieusement, cet événement-là m’avait chamboulée à un point où je ne pouvais juste pas ne pas en parler. J’ai écrit le texte pour finalement me rendre compte que c’était plus que ça, le problème. La tuerie de Charlottesville, c’est le résultat d’un problème encore plus grand. C’est du racisme, tout simplement. Je trouvais pas ça correct de mentionner le geste sans parler des causes, sans mentionner que c’est le résultat de plusieurs décennies de négativité non justifiée. Les causes, elles-mêmes, méritaient un article, selon moi. Je me devais d’apprendre et ensuite, de partager les raisons qui poussent une société à tuer ses membres sous prétexte que la valeur de leur vie est basée sur la quantité de mélanine présente dans leurs corps. En faisant mes recherches, je me suis rendu compte que le racisme était tellement imprégné dans le système de pensée des pays développés qu’on avait même bâti la société autour de ce concept-là. C’est ce qu’on appelle le « racisme systémique ».

En juillet dernier, Kathleen Weil, la ministre québécoise de l’immigration présente durant cette période, annonçait haut et fort la venue d’une consultation sur la discrimination systémique et le racisme vers le mois de septembre 2017. Cette consultation, en bref, servait à étudier le comportement de la société québécoise pour pouvoir identifier où la population a des biais raciaux pour, ensuite, trouver comment on les détruit. C’est sur ça que j’ai basé mes recherches. La manière subtile dont la société fait preuve de son racisme au travers de ses citoyens.

 

Une définition qui complique les choses

Lorsqu’on recherche sur Internet le terme «racisme systémique au Québec», on tombe en tout premier lieu sur le site web de la Coalition pour l’Égalité et Contre le Racisme Systémique. Là-dessus, on peut lire la définition du racisme systémique selon le barreau du Québec. «Nous entendons par racisme systémique la production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés. L’inégalité raciale est le résultat de l’organisation de la vie économique, culturelle et politique d’une société». Déjà là, si t’as pas un doctorat en la matière, ça sonne pas mal compliqué à comprendre et c’est très facile de penser que ça accuse tous les Québécois blancs de racistes. Cela dit, c’est pas exactement ça. Ça accuse plus la société, qui elle, privilégie les Québécois blancs dans pas mal toutes les sphères de la société. Toi, dans ton salon, tu n’es pas nécessairement responsable de la discrimination au Québec, ne t’en fais pas.

 

crédit: Arielle Goudreault

Ne pas reconnaître son privilège

C’est «cool» de savoir qu’au Québec, tu as plus de chance de te faire engager comme directeur d’une compagnie si ton nom c’est Bolduc, Tremblay, ou n’importe quel autre nom en lien avec l’idée du Québécois «pure laine». Pire que ça, le site de la CÉCRS dit même que des noms dans le genre ont 60% plus de chances de se faire inviter à un entretien d’embauche qu’une personne à compétences égales qui se nomme Traoré ou Ben Saïd ou toute autre variation d’un nom de famille qu’on qualifie d’«exotique». Le taux d’incarcération des jeunes autochtones a augmenté de 40,6% dans les dix dernières années et près de 90% quant à celui des jeunes Afro-américains. Celui des blancs, lui ? Il a baissé, malgré un taux de criminalité qui, lui, ne baisse pas.  Selon les années, les communautés noires et maghrébines sont affligées par un taux de chômage de deux à trois fois plus élevé que la moyenne. On a du mal à mettre des personnes de couleurs dans des positions de pouvoir. Les minorités visibles occupent 2,6 % des postes de haute direction et de conseils d’administration. Pour les femmes racisées, c’est 0,4 %, alors que c’est 15,1 % pour les femmes non racisées. C’est quand même pas mal choquant tout ça. On continue sans cesse de  promouvoir une société raciste sans même comprendre pourquoi. Le racisme systémique est compliqué à comprendre parce chacune des personnes vivant au Québec participe à l’instauration d’un système qui favorise les Québécois blancs.

 

La psychologie du racisme

Le docteur en sociologie de l’éducation Noumane Rahouti écrivait dans le Huffington Post, le 22 février 2015, un article expliquant la psychologie du racisme. Sa thèse explique que le racisme naît de la manière dont le cerveau apprend le langage. Avouons-le, dit de même, ça sonne zéro logique. Quand on entend Dr. Rahouti s’expliquer, par contre, on le comprend, je le jure. Ce qu’il explique, en bref, c’est qu’à l’enfance, le cerveau assimile le langage en se servant des mots qu’il entend autour de lui, en écoutant la manière dont les gens parlent. C’est ce qui permet aux enfants de dire des phrases qu’ils n’ont jamais entendues dans le genre «une chaise, des chaises, un journal, des journals». Le fait que les enfants soient capables d’associer «un journal, des journals» sans n’avoir jamais entendu que le terme correct pour «journal» au pluriel est «journaux», ça prouve qu’ils apprennent le langage en assimilant les informations qui leur sont données par le monde extérieur. Comment ça, ça se traduit au racisme? Ben, tout simplement, la manière dont le cerveau assimile des informations en lien avec le langage qu’ils reçoivent sans que ce soit dit explicitement, ça se développe et peut, ensuite, s’appliquer sur des gens, des situations et des comportements. C’est comme ça qu’on développe des stéréotypes, pis avec ces stéréotypes-là, on développe une constante négative à l’égard d’un groupe en particulier, pis ça, ben c’est du racisme. Merci, Dr. Rahouti!

 

 

J’écris cet article-là parce que j’ai peur. J’ai peur qu’on oublie que notre société est encore loin d’être parfaite. J’ai peur qu’on oublie qu’il n’y a qu’un seul mois dans l’année consacré à l’histoire de la culture noire au Canada. J’ai peur qu’on ne se fie uniquement à ce qu’on nous a enseigné dans les livres d’histoire et qu’on voit les migrants, les «non blancs», comme des «frustrés irrationnels», comme si malgré qu’on ait aboli l’esclavage en 1834, on continuait, collectivement, à encourager le racisme. J’ai peur qu’on oublie la différence, qu’on «ne voie plus la couleur», qu’on se cache derrière des phrases préconçues pour justifier notre petite pointe de crainte personnelle. J’ai peur qu’on ne prenne plus au sérieux le «mais» dans le terme «j’suis pas raciste, mais…». Si tu vois du racisme, parles-en. Dénonce les préjugés et les préjudices. Tu vas peut-être entrer dans une discussion pénible sur l’importance des mots et la puissance des préjugés, mais au moins, tu vas avoir parlé. Tu vas avoir mis ton pied à terre pour faire en sorte que tout le monde se sente un petit peu plus heureux au Québec et partout ailleurs.

 

Gabrielle Hurteau, éditorialiste

Semaine de la prévention des dépendances

 

Du 19 au 26 novembre se tient la semaine québécoise de la prévention des dépendances. Cette année, le thème est le choix de solutions gagnantes pour demeurer en contrôle. Bien qu’il soit conseillé de ne pas consommer à l’adolescence, parce qu’à cette période le cerveau n’a pas encore terminé son développement et qu’il peut être sensible aux substances psychoactives comme l’alcool et les autres drogues, plusieurs stratégies peuvent permettre de diminuer les risques si on décide de consommer.

Il a été démontré que les jeunes qui disposent d’un plus vaste répertoire de stratégies d’adaptation vivent moins d’expériences négatives lorsqu’ils expérimentent des difficultés ou des situations de vie stressantes.

De plus, un bon répertoire de stratégies positives évite que la consommation devienne un mode d’adaptation et un moyen pour faire face aux difficultés de la vie.

Stratégies pour éviter ou réduire les risques et les conséquences liés à la consommation :

-Choisis de ne pas consommer ou de consommer des boissons non alcoolisées.

-Apporte tes propres consommations et alterne avec des consommations sans alcool.

-Décide à l’avance de limiter ta consommation et d’identifier les substances que tu ne veux pas consommer.

-Évite de consommer le ventre vide.

-Évite de mélanger différentes substances.

-Entends-toi avec un ami afin de vous soutenir mutuellement.

-Évite de faire des activités ou sports potentiellement dangereux si tu as consommé de l’alcool ou une autre drogue.

-Prévois le moyen pour te déplacer de façon sécuritaire, et prévois un plan B.

Des influenceurs Web connus des jeunes leur livrent un message de sensibilisation sur les solutions gagnantes pour faire face aux défis ainsi que sur les risques et les conséquences liés à la consommation d’alcool ou d’autres drogues et à la pratique des jeux de hasard et d’argent. Cette capsule vidéo, destinée aux jeunes de 13 à 24 ans, est produite dans le cadre de la Semaine de prévention des dépendances 2017.

Si tu as des questions ou besoin d’aide, n’hésite pas à consulter un intervenant de l’école.

Tu peux également communiquer avec les ressources disponibles :

-Uniatox : 450-968-0363 www.uniatox.org

-Accès Liaison Jeunesse (service social du CLSC): 450-471-2851

-Centre de réadaptation en dépendance de Lanaudière : 450-492-7444 www.crdlanaudiere.ca

-Tel-Jeunes : 1-800-263-2266 www.teljeunes.com

-Jeunesse J’écoute : 1-800-668-6868 www.jeunessejecoute.ca

Cahier de notes destiné aux jeunes de 10 à 12 ans, produit dans le cadre de la Semaine de prévention des dépendances 2017.

Choisis des solutions gagnantes (Vrai ou faux)

 

 

Bouffer « dins » couloirs

Par Mylène Charland, journaliste

Crédit: Rosalie Poulin

 

 

Les cafétérias débordantes, les micro-ondes remplis chaque midi de montagnes de repas, les récupérations qui nous laissent peu de temps pour manger… Quoi de mieux que de manger vite fait bien fait à son casier? C’est facile, rapide et moins compliqué que d’essayer de trouver une place à la café.

 

Je n’irai pas par quatre chemins. Nous sommes deux mille élèves et les places où manger sont restreintes. Sommes-nous obligés d’inventer une récupération midi pour pouvoir manger à une table? La seule raison qui pousse les surveillants à nous interdire de manger dans les couloirs est que les jeunes ne respectent pas leur environnement et laissent des déchets partout dans les corridors. Je comprends que cette règle ait été mise en place si personne ne fait attention à ce qu’il laisse derrière lui.

 

Cependant, ce serait intéressant que nous fassions un compromis. Arrêtons de fixer notre nombril et pensons à ceux qui doivent passer derrière nous pour ramasser nos cochonneries. Faire deux pas de plus pour jeter nos déchets dans la poubelle ou la récupération la plus proche ne tuera personne. Cela aiderait seulement notre école à avoir un environnement sain et propre. Les surveillants réaliseraient que nous pouvons être responsables et c’est comme ça qu’on pourrait hériter de ce privilège avantageux pour ceux qui ont des midis chargés.

 

Prouvons au personnel de l’école que nous sommes des étudiants responsables qui regardent plus loin que leur propre univers.

 

 

La chaise musicale

Mohamed Adam Kamal

« Voici ma première tentative d’écriture en langage populaire… et c’est franchement plus difficile que ça en a l’air ! À l’origine, je ne parle pas de cette manière (en plus d’être un fervent défenseur du «parfait» franco-français), et c’est d’autant plus compliqué d’assembler des rimes en jouant ce rôle de « paysan-semi-riche-et-homme-lambda »… Malgré tout, j’espère que le texte vous plaira ! »

Monsieur James Largent et Phill Ograndcoeur sont en voyage d’une semaine dans un hôtel en Haïti. Après un grand repas, les touristes sont invités à jouer à la chaise musicale avec les habitants. Comme c’est beau ! Un jeu où, l’espace de quelques minutes, tous sont au même niveau… ou presque.

« C’est simple : prends la chaise d’un autre, et tu gagnes ! »

J’aime pas trop ce jeu…
Regarde donc l’pauvre homme là-bas, celui en pagne :
Ça fait un an qu’y attend que l’gros bouge un peu sa montagne… !
T’vois pas l’enjeu ?

« On manque pas tant d’espace ! Pourquoi il s’assoit pas ici ?… »

Mais c’est pas une question d’place ! C’est qu’les bons sièges, y sont déjà pris !

« Si c’est que pour s’asseoir, y’a toujours de la paillasse…
C’est pas très classe, j’en conviens… »

C’est déjà trop crasse pour un chien !…

« … Et y’en a qui ont deux chaises, c’est vrai, ils prennent de la place…
Mais y’a pas à se révolter…
Si ces cochons sont à leur aise, ils ont dû le mériter ! »

Ah bon ? J’pense pas que ç’a été très corsé d’pousser les maigrichons à côté…

« Faut dire qu’ils l’ont un peu cherché… Ils ont qu’à se forcer un peu plus ! »

Mais tu t’es vu ? T’arrives à rester d’glace sur un siège chauffant !

« C’est la chaise musicale, l’oublie pas !
Y’en a qui ont d’la chance,
Et d’autre qui tombent sur un banc… »

À l’entrée, y’ont dit qu’chacun aurait sa part.
C’était rien qu’un mensonge… et y’est aussi gros que l’autre porc !

« Il faut bien qu’ils commencent quelque part !
Et s’ils travaillent, ils pourraient finir entourés d’or… »

Ouais, ça j’te l’fais pas dire,
Ils bossent ! Et l’or, y s’en voient partout…
Mais jamais dans leurs poches !
Faut pas s’étonner après, quand y viennent nous maudire…
C’est parce qu’y savent très bien qu’on les cross !

« On essaie quand même de les aider !… »

Bah alors fallait pas s’en mêler !
Maintenant, y font qu’entrevoir la mort à chaque foulée !

« Sans remords, on les conduit au trépas… »

Ben oui ! Pis pendant ce temps, on fait les beaux avec nos paniers repas !

« Ah non ! Tout de même, le buffet était plutôt bon ! »

Bordel, t’as pas vu la file qu’y avait ?! Tu crois que c’était pour les bonbons ?
Tu veux que j’te montre tout c’qui a dans les poubelles, aux cuisines ?
Ils viennent juste piquer des restes dans les chaudrons, et après ils retournent à l’usine !
Pendant ce temps, nous, on est assis là, comme des cons… à se plaindre de « la routine »…

« Tu crois que quelqu’un serait prêt à donner sa place ?
Toi, tu donnerais la tienne«pour le bien d’autrui» comme tu… essaies de le dire ? »

Moi, Monsieur James Largent, je lui laisserai au moins la sienne !
Et si un truc lui revient de droit, je lui rendrai avec joie !

« Même si tu y perds… ? Il y aura personne pour t’aider, pas même moi ! Tu connais le jeu… »

T’inquiète, mon p’tit père, mon grand vieux !
J’ai pas besoin des hommes et de leur « générosité », moi, j’ai la foi.
Dieu m’a donné les règles d’un jeu, et c’est le plus cool d’ici bas !
La paix, l’amour, le combat « contre soi »… J’crois qu’c’est comme ça qu’on l’dit…
Ben, ça, c’est l’jeu d’la « Vie » ! Et j’te dis qu’on est dans ‘a merde !
Parce que, si tu l’connais toi aussi…
Tu sais qu’on est pas mal tous en train d’perdre !

Islam, synonyme de peur?

Anabelle Alary, collaboratrice

De nos jours, de plus en plus de gens ont des peurs irrationnelles. De l’arachnophobie à l’homophobie, les phobies ou les peurs touchent tout le monde, petits et grands. Cependant, un phénomène inquiétant a fait son entrée au cours des dernières années. Il s’agit de l’islamophobie, une phobie qui consiste à avoir peur de l’Islam et de ses pratiquants. Certains utiliseront l’excuse des attentats terroristes qui se sont produits durant les années passées, d’autres se baseront sur les actions cruelles posées au nom de la religion, alors que d’autres ne connaitront rien à son sujet sauf les images choc qui sont véhiculées dans les médias et qui auront peur de l’assimilation vue aux importantes arrivées de réfugiés aux quatre coins du monde.

Pour commencer, il est vrai que les attentats terroristes dont nous avons ont été témoins ont été atroces et ébranlants. Le 9/11(l’attentat du World Trade Center, NY) où près de 3000 personnes ont été tuées, l’attentat qui a eu lieu en Allemagne, au marché de Noël de Berlin ou bien un des plus récents qui a eu lieu durant un concert de Ariana Grande sont des exemples. Il est vrai que ces actes sont de nature infâme et que ceux qui les ont perpétrés sont d’horribles personnes, mais il est faux de dire que c’est la faute de l’islam ou des musulmans. Les personnes qui ont commis ces actes étaient des terroristes qui croyaient que le djihadisme était la solution. Il est tout aussi faux de dire que, parce que cette religion est quelque peu liée à l’Islam, tous ses pratiquants sont des musulmans fous. Un catholique pourrait tout aussi bien se joindre au rang de l’enfer des djihadistes. Vous ne pouvez donc plus vous cacher derrière la peur du terrorisme afin de justifier votre peur des musulmans ou de l’Islam puisqu’un pratiquant de n’importe quelle religion pourrait se radicaliser et devenir un terroriste.

Pour poursuivre, je ne banalise pas les actions posées au nom de la religion, mais un groupe d’infects et d’abjects tortionnaires tuant des personnes n’est en aucun cas représentatif de la population musulmane du monde. Bien sûr, personne ne peut nier que le père de la «religion» du djihad était à la base un musulman, mais cela ne veut pas dire que tous les musulmans se radicaliseront et se mettront à commettre des assassinats au nom de Allah. Si vous croyez toujours que oui, je vais vous faire voir la situation sous un autre angle. Dire qu’un musulman est automatiquement un terroriste et qu’il croit que dans le djihadisme se trouve la vérité, c’est dire que tous les blancs font partie du groupe créé par des catholiques, celui du Klu Klux Klan, qui affirme que la vérité se trouve dans la suprématie blanche et dans l’infériorité de la race noire. Stupide, non? Vous ne pouvez donc plus vous baser sur la religion afin d’avoir une raison de maudire l’Islam.
Pour continuer, il y a nos médias, nos très chers médias qui véhiculent des messages haineux à propos de la religion et qui forgent la pensée des gens influençables. Les médias, que ce soit au travers de la radio, de la télévision ou des journaux, n’ont qu’un seul objectif : avoir le plus d’auditeurs ou de lecteurs possible afin que leur message se répandent. Désolée de vous l’apprendre, mais ce que vous entendez ou lisez ne provient pas toujours de sources très fiables… Les médias sont soumis à la règle des SSS : Sang, Sexe et Scandale. C’est avec ces trois gros titres qu’ils attirent leur public et qu’ils contaminent la pensée de leur auditoire. C’est en partie à cause de ça que vous nourrissez la haine de l’Islam et des musulmans et qu’il y a des crimes islamophobes qui sont commis.

Pour conclure, avant de juger, renseignez-vous! Ce n’est pas en écoutant ou en lisant des nouvelles déformées que vous pouvez vous créer une opinion, mais bien en essayant et en cherchant à comprendre. Bien sûr, peut-être que malgré vos recherches, votre opinion restera la même. Cependant, au moins, après vos lectures et interrogations, votre opinion se basera sur des faits réels et non sur des suppositions ou sur les ouï-dires de la grande tante du cousin de l’ami d’untel. Nous sommes en train d’élever une génération qui n’acceptera pas les différences et qui méprisera une population, et ce, seulement à cause d’une religion… Ne vous rappelez-vous donc pas ce qui est arrivé la dernière fois qu’une population a décidé d’inférioriser une autre population à cause d’une religion jugée problématique par les idéologies, les peurs et la médiatisation de fausses et de tordues nouvelles? Est-ce vraiment ce que vous souhaitez? Si la réponse à la dernière question est non, alors il est peut-être temps que les choses changent pour le mieux.

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