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JE NE SAIS PAS PAR OÙ COMMENCER

Dernièrement, un mouvement de solidarité a gagné en popularité dans la région de Montréal: mettre des jupes, plus ou moins courtes, pour dénoncer l’hypersexualisation des corps adolescents causée par le code vestimentaire au secondaire. Mon problème? C’est ce que je vais essayer de t’expliquer.

Bon.

Si tu as vu les images passer, tu sais de quoi je parle. Des gars, majoritairement cisgenres, se vêtissent de jupes en ce moment. Je crois que ce mouvement partait d’une bonne intention (du moins, je l’espère): dénoncer le code vestimentaire qui est hypersexualisant. Ça, c’est bien. C’est même super. Le journal Montreal Gazette en a fait un article, Xavier Dolan a reposté les faits à ses collègues américains, qui se sont empressés de faire part de leur admiration envers ces jeunes hommes.

 

Si brave, si intelligent, tellement woke!

Puis après, ça arrive jusqu’à nous, à notre école.

Oui, Armand-Corbeil a eu droit à son moment de gloire, elle aussi.

Puis, encore une fois: ce sont les applaudissements, les acclamations et la reconnaissance qui les entourent.

Vraiment bien, hein?

Sais-tu ce qui est encore mieux?

 

Le Carré Jaune. Est-ce que tu t’en souviens?

 

Deux membres du mouvement des carrés jaunes de l’école Joseph-François-Perrault.
PHOTO : RADIO-CANADA
Le mouvement des carrés jaunes a récemment vu le jour à l’école secondaire Joseph-François-Perrault à Québec. À travers ce symbole, des étudiantes cherchent à exprimer leur « ras-le-bol » du code vestimentaire qu’on leur impose.

 

 

Le Carré Jaune, c’est une initiative qui exposait les mêmes convictions que les jupes: mettre fin à l’hypersexualisation de nos corps à tous.tes dans le milieu scolaire. Ce mouvement était mené par plusieurs élèves, majoritairement des filles, partout dans Montréal et Lanaudière. Le groupe a fait plusieurs journées de contestation, enfreignant le code vestimentaire, pour se faire entendre.

Maintenant, je vais te poser quelques questions:

· Est-ce que le journal Montreal Gazette a fait un article sur le carré jaune?

· Est-ce que Xavier Dolan a reposté le mouvement sur ses réseaux?

· Est-ce que les personnes qui ont participé au mouvement ont été acclamés.es avec autant d’admiration que les garçons en jupe?

 

Non.

Non.

Encore non.

Iels ont tous.tes été renvoyés.es chez eux.elles, sans justification.

 

 

 

AMPLIFIER LES VOIX DES CONCERNÉS.ÉES

 

Mon problème, c’est qu’on perd un peu de vue notre but de départ: désexualiser nos corps en milieu scolaire. Car en ce moment, la lumière brille seulement sur ces garçons. Bien que le dialogue soit important, les principaux.ales concernés.es ne sont pas plus écoutés.es qu’avant (ces personnes étant celle.eux qui ont des corps “passant” pour une femme.

Étant une personne non-binaire très fem-passing, mon corps fait partie de ceux qui sont hypersexualisés en milieu scolaire par le code vestimentaire.

Mais bon, on ne sait pas trop où me caser, donc on me garde dans la boite “femme”.

Personnellement, ça ne fait que m’indigner encore plus.

Je crois que notre colère est justifiée, amplement.

 

OÙ ÉTAIT CETTE ÉNERGIE-LÀ?

 

Il y a un truc qui me titille un petit peu dans toute cette histoire-là.

Tsé là, les personnes LGBTQIA2S+?

Ça te dit quelque chose?

Moi, oui.

Ça me parle un peu, beaucoup.

 

J’ai une autre question pour toi (oui, encore, je sais, ça commence à ressembler à La Classe de 5e tout ça, mais je te jure que c’est pertinent): j’ai un bon ami à moi. Ses pronoms sont il/lui.

 

Il est ouvertement gai depuis plusieurs années. Il porte souvent des crop tops et des jupes.

Mais détrompe-toi. Lui, on ne l’acclame pas.

On le hue.

On le regarde mal.

On le juge à haute voix.

Mon ami ne se sent pas en sécurité quand il s’exprime à travers sa tenue.

Mon ami, un homme gai, en 2020, n’est pas en sécurité quand il porte sa jupe.

Ton ami, cisgenre et hétéro, obtient un article dans le journal quand il porte sa jupe.

Je ne sais pas toi, mais moi, ça me titille. Un peu, beaucoup.

Donc, mes questions:

· Quand vous allez parler à la place des corps sexualisés, chers garçons en jupe, allez-vous nous laisser la parole?

· Allez-vous inclure les personnes LGBTQIA2S+ dans votre lutte?

· Qui allez-vous accuser?

· Allez-vous consulter les concernés.ées?

· Allez-vous décortiquer toutes les couches du problème ou en rester à la surface.

· Êtes-vous prêts à ne pas assumer le genre de quelqu’un sur son apparence?

· Êtes-vous prêts à désexualiser tous les corps?

· Êtes-vous prêts à nous écouter?

 

 

PUIS L’AUTORITÉ DANS TOUT ÇA?

 

L’autorité, dans une société, sert à désigner ce qui est acceptable ou non de poser comme geste.

Par exemple, le meurtre, c’est mal. Le vol, c’est mal. La pédophilie, c’est mal. Je crois que tu sais où je veux en venir. Donc, naturellement, on s’attend à ce que l’autorité condamne ce genre de comportements.

Quand on dit à une jeune fille de retourner chez elle à cause de sa tenue, on implique beaucoup de choses.

Sa tenue pose un problème, puisque qu’on l’a interpellée pour cette raison.

Pourquoi? La figure d’autorité présente dira sûrement quelque chose du genre “ce genre de vêtement déconcentre la clientèle masculine qui fréquente notre école”. Or, extrêmement rares sont les cas où un garçon a proclamé haut et fort à une personne en position d’autorité son inconfort face à la tenue d’une autre personne.

Alors, pourquoi est-ce qu’on avertit quand même?

La réponse, cher.ère, elle est un peu fâcheuse.

Donc.

Quand ma tenue n’est pas adéquate, c’est parce que cette dite autorité y a vu un problème. Le problème, c’est que c’est trop vulgaire. C’est trop sexy. C’est trop provocant. Le problème, c’est l’image que cette tenue renvoie.

L’image que les gens voient.

Est-ce que cela veut dire que cette figure d’autorité me voit, moi, jeune adolescent de 15 ans, comme étant sexuel? Mon corps est-il dérangeant pour cette autorité? Me pense-t-il comme étant sexy, du haut de mes 15 ans?

Est-ce que mon corps dérange ces adultes qui sont censés me protéger?

Car la pédophilie, c’est mal.

Mais les comportements normalisés qui découlent de cette pathologie, ce n’est pas mieux.

L’hypersexualisation des adolescents.es, ce n’est pas correct. Ça doit s’arrêter. Tout de suite.

 

Cordialement, Jo Brouillet (il/iel/lui)

La quarantaine pour moi

Il y a environ un mois, nous avons accueilli une tortue à la maison; un mâle de trois ans que nous avons appelé Tam-Tam.

Ma mère m’a raconté au début de la quarantaine, alors que nous lavions l’espace de vie de notre cher animal, qu’elle se demandait comment c’était de rester encabané toute la journée dans un aquarium, comme le faisait Tam-Tam. Dès son arrivée, elle s’est questionnée sur le sujet. Elle trouvait que c’était une drôle de coïncidence qu’un mois après son questionnement, nous, ses enfants, puissions tenter l’expérience.

 

 

Au moment où elle me disait ça, je me sentais triste et en colère; je n’avais plus le droit de voir mes amis et toute ma routine qui me semblait idéale s’écroulait. L’école me manquait, mes intégrations sociales me manquaient, et même mes devoirs me manquaient tant l’ennui s’était emparé de moi.

Je ne trouvais pas ça drôle du tout et j’ai couru jusqu’à ma chambre pour aller m’y réfugier. Une fois un peu calmée, je me suis plongée dans une réflexion des plus profondes à propos de cette histoire de tortue et de question… J’en suis finalement arrivée à comprendre un message, une métaphore.

Tout comme nous avons lavé l’habitat de Tam-Tam, je devais nettoyer ma vie. C’est alors que j’ai compris qu’épousseter mon stress, jeter mes problèmes à la poubelle, trier mes mauvaises habitudes pour qu’elles se transforment en de bonnes choses pour moi et balayer mes pensées négatives étaient un projet dans lequel je voulais m’investir pendant tout ce temps. J’étais fière d’avoir réalisé tout ça, mais il restait encore un petit bémol; j’ignorais comment procéder.

J’ai donc fait le point de la situation afin d’y voir plus clair; je passais tout mon temps livrée à moi-même et à l’énergie débordante de mon petit frère. J’avais quelques activités qui auraient des chances de m’occuper comme tricoter, écouter de la musique, parler à ma grand-mère au téléphone, cuisiner, et bien sûr, ramasser ma chambre.

J’ai finalement trouvé la solution: tenter de développer des qualités en pratiquant ces occupations!

Par exemple, en tricotant, j’essaie d’être très attentive et minutieuse pour éviter les erreurs, et donc de recommencer. Écouter de la musique m’inspire et m’aide à rester concentrée, alors j’en ai écouté le plus souvent possible. Cuisiner me donne le sourire, car ma famille adore mes gâteaux et voir les gens que j’aime de bonne humeur me remonte le moral. En ramassant ma chambre, je développe ma patience, parce qu’honnêtement, c’est long et très ennuyeux de faire le ménage dans une pièce aussi bordélique que la mienne.

À présent, je vois le confinement comme une opportunité de prendre du temps pour moi et de me détendre. Je tire le meilleur de chaque situation et je reste positive et sereine. Est-ce que mes amis, l’école et les devoirs me manquent toujours? Bien sûr… Cependant, ça ne m’empêche pas de m’ouvrir à de nouvelles activités et de rester le plus heureuse possible.

 

Par Marianne Lachance

Notre garde-manger en danger! Le déclin de la population d’abeilles

Présente sur Terre depuis environ 60 millions d’années, l’Apis mellifera, notre abeille domestique, a évolué pour devenir une des pollinisatrices les plus efficaces qui soient. Elle côtoie l’homme moderne depuis des millénaires, mais depuis quelques années, l’insecte connaît de gros problèmes : partout dans le monde, et pour différentes raisons, les colonies d’abeilles déclinent, si elles ne disparaissent pas carrément. Puisque l’abeille domestique est une puissante bio-indicatrice et qu’elle contribue à la production alimentaire mondiale, il semble impératif de chercher à comprendre le phénomène. Au moins, certains plans d’action pour les sauver ont été mis en place comme #RamenonsLesAbeilles par Cheerios, qui consiste à semer des graines de tournesols pour aider nos abeilles.

 

Tout d’abord, qui dit abeille domestique dit généralement miel, cependant, sa production de miel est un rôle bien secondaire si l’on songe que l’abeille contribue à la pollinisation des deux tiers des 3000 denrées alimentaires agricoles de la planète. Nous sommes portés à croire que le miel est la principale raison d’être de l’apiculture, mais il a été démontré que la valeur du service de pollinisation vaut environ 150 fois plus que du miel et de la cire. Des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) ont estimé, en 2005, sa valeur à environ 231 milliards de dollars canadiens, soit 9,5 % de la valeur de l’ensemble de la production alimentaire mondiale. La pollinisation touche plusieurs catégories de cultures : les fruits, les légumes, les oléagineux (soja, tournesol, etc.), les stimulants (cacao et café), la production de semences légumières et autres. Il faut mentionner que l’agriculture occupe 38 % de la surface du globe et ces superficies cultivables sont situées dans les pays développés qui utilisent les services de pollinisation loués, Apis mellifera dans 90 % des cas. C’est alors une grande part de notre garde-manger qui repose sur ces frêles épaules! Ensuite, le miel, outre son goût sucré, présente d’autres propriétés intéressantes : antibactérien, anti-inflammatoire, cicatrisant, etc. Cependant, ce n’est pas le seul produit de la ruche ayant certaines propriétés médicales, il y a aussi la propolis, une substance aux vertus cicatrisantes, antibiotiques et immunostimulantes. Elle est aussi composée de diverses résines végétales, mélangées à de la cire et de la salive, et constitue un excellent antiseptique naturel. C’est d’ailleurs l’usage qu’en font les abeilles: elles en tapissent les murs intérieurs de la ruche afin de la stériliser. Le pollen, lui, est très riche en protéines, minéraux et vitamines, il est utilisé comme fortifiant du système immunitaire. Le dernier produit utilisé par l’humain comme immunostimulant, énergisant et substance nutritive est la gelée royale qui, pour l’abeille, sert à nourrir les œufs au cours des trois premiers jours de vie, ainsi que la reine durant toute son existence.

 

Cependant, même si l’abeille disparaissait, l’humanité ne mourrait pas de faim parce que les denrées comme le maïs, le blé et le riz, qui représentent 60 % des cultures dont se nourrit l’humanité, sont anémophiles, c’est-à-dire pollinisées par le vent. En revanche, la diversité alimentaire serait plutôt médiocre, mais l’importance de la pollinisation va au-delà d’une simple question de variété. Sans tomber dans l’équation simple « Pas d’abeilles = pas de pollinisation = disparition de certaines espèces végétales = disparition de certaines espèces animales… », il faut songer à tous les services écologiques découlant de la pollinisation. Les services écosystémiques sont généralement classés en quatre groupes: d’approvisionnement, de régulation, culturel et de support.

Du reste, ils sont tous interreliés, car la pollinisation ne se limite pas à l’agriculture, mais s’étend aussi aux plantes sauvages et aux arbres, assurant non seulement l’inspiration à l’artiste, mais aussi la séquestration du carbone, la qualité de la filtration de l’eau, la conservation de la fertilité des sols, de même que le recyclage des nutriments et bien plus. En fait, qui dit pollinisation dit biodiversité et tout ce que cela sous-entend. Même en sachant que la pollinisation permet d’augmenter de 10 % la qualité germinative des semences, ainsi qu’un accroissement de la production de l’ordre de 5 à 50 % de la majorité des cultures. Même en prenant en considération la dépendance de l’humain et du bétail à certaines cultures pollinisées par les abeilles. Même en sachant que ces cultures ont une valeur économique plus importante que d’autres, qui n’ont pas besoin d’insectes pour les polliniser. Même si de nombreuses études ont démontré que ces dernières profitent également des pollinisateurs en produisant des fruits plus gros, plus symétriques et plus sucrés. Même en prenant tous ces faits en compte, il est à peu près impossible d’accorder une valeur monétaire réelle et justifiée au service de pollinisation. La seule chose qu’il soit possible d’affirmer, c’est que toute cette chaîne d’interrelations est le fruit d’une longue évolution. Il est donc permis de supposer qu’en ne brisant qu’un seul de ses maillons, le système risque de s’écrouler, faute de pouvoir s’adapter.

En conclusion, il faut garder en mémoire qu’Apis mellifera n’est pas un insecte banal. Elle côtoie les humains depuis des millénaires et leur rend de précieux services, en leur permettant non seulement d’avoir une diète riche et variée, mais aussi en leur offrant plusieurs produits utiles et appréciés. Elle semble indiquer que quelque chose ne va pas dans la relation qu’entretiennent les humains avec leur environnement. Si tout, dans la nature, est une question d’équilibre, alors on ne peut que constater que nous sommes face à un grave déséquilibre, peu importent les causes ou les synergies de facteurs dont il est question.

P.S : Abeilles VS guêpes

Contrairement à ce que tout le monde hurle pendant un repas à l’extérieur, l’abeille n’est pas celle qui vient fouiller dans notre nourriture, c’est la guêpe.  Les abeilles se distinguent des guêpes par leur corps plus trapu et nettement duveteux. Leur comportement aussi est différent: elles prêtent peu d’attention aux humains et se contentent d’aller de fleur en fleur. Elles font souvent un bruit en volant: le bourdonnement. Les abeilles sont inoffensives et piquent très rarement. Les guêpes appartiennent à différents genres et espèces. Elles sont plus longues que les abeilles, avec un net rétrécissement au milieu de leur corps, et paraissent sans poils. Aussi, leur vol est silencieux. Elles ne meurent pas après avoir piqué et peuvent ainsi piquer plusieurs fois. Les guêpes sont très agressives et piquent sans beaucoup de provocation. Leur présence près des humains ne doit pas être encouragée.

Par Auralie Goudreault

sources:

Chronique d’une carnivore devenue végétarienne

Depuis toute petite, j’ai été tiraillée entre deux choses que j’aimais : la viande et les animaux. Oui, c’est contradictoire, mais dans ma tête, ces deux choses avaient beau être opposées, elles pouvaient fonctionner ensemble. Aujourd’hui et depuis peu, je suis végétarienne. Comme quoi tout est possible, n’est-ce pas? Je sais cependant qu’il y a des gens qui se trouvent dans la même situation que celle dans laquelle je me trouvais il y a peu de temps, et c’est d’ailleurs à vous que je m’adresse. Oui, vous qui lisez ce texte. Non, je ne cherche pas à vous convertir au culte du végétarisme ou à vous faire sentir mal parce que la viande est encore une part de votre alimentation, mais plutôt à vous dire que même si vous croyez être incapable de devenir végétarien, vous pouvez le faire.

 

Tout commence lorsque nous sommes enfants. Nos parents incorporent graduellement de la nourriture à notre alimentation et à moins d’avoir des parents dont l’alimentation diffère de celle dite « normale », la viande vient éventuellement. Ensuite, elle devient incorporée à notre alimentation quotidienne et on y prend goût, enfin, généralement, parce que certains n’aimeront jamais la viande, pour quelque raison que ce soit. Pour ma part, j’ai toujours adoré la viande : si mon frère ne finissait pas son poulet ou encore mieux, son steak, je ne me gênais pas pour le finir à sa place. Ma mère m’a toujours appelée affectueusement sa « petite carnivore », car il faut l’avouer, la viande a toujours été ce que je préfère dans une assiette. Cependant, je me suis très vite retrouvée avec un autre combat sur les bras : la cause animale. Oui, j’étais celle qui pleurait quand elle voyait un camion transportant des cochons vers l’abattoir sur l’autoroute et un homard entier dans son assiette parce qu’il lui rappelait qu’à une époque, il avait été un animal bien vivant. Mais c’est à l’adolescence que j’ai fait mes choix.

On le sait, à cette période de notre vie, on cherche un peu qui on est. Nos convictions personnelles et nos valeurs commencent à se séparer de celles de nos parents et on commence à s’affirmer de plus en plus. Suivant de près la cause environnementale, j’ai fait des recherches sur les impacts du végétarisme sur soi-même et sur l’environnement, pour arriver à cette conclusion : non seulement la réduction de la consommation de viande, voire l’éradication, est bénéfique pour l’environnement, mais de plus, s’il est bien géré et qu’aucune carence de protéines ou de quoi que ce soit d’autre n’est présente, alors oui, c’est positif. Comme Aidan Gallagher, acteur, végétalien, adolescent âgé de 15 ans et militant de la cause environnementale l’a dit: « à nul stade dans sa vie un être humain n’a besoin de viande ». Pour moi, cette décision était basée à la fois sur des raisons éthiques et environnementales. Lorsque j’ai annoncé à ma famille que je souhaitais devenir végétarienne, elle a d’abord cru que je plaisantais ou que c’était une simple idée jetée en l’air. Mais non, pour moi, c’était un objectif que je souhaitais réellement atteindre. J’ai beaucoup parlé avec eux, des avantages, des inconvénients, de leurs conditions, de mes motivations. Ils avaient beau ne pas me comprendre, ils ont peu à peu accepté cela et je les en remercie.

Alors, pas à pas, étape par étape, je me suis rendue à mon but. J’ai d’abord tenté d’incorporer un repas végétarien par semaine, puis de plus en plus. J’ai cessé de manger du bœuf, puis du porc, puis finalement du poulet. Y aller graduellement m’a beaucoup aidé : j’ai eu le temps de trouver des alternatives plutôt que de me retrouver du jour au lendemain avec une absence de ressources, me constituant un autre problème sur les bras. Vraiment, selon moi, c’est la meilleure façon d’y arriver.

Aujourd’hui, la viande ne me manque pas du tout, étonnamment. Je suis la seule végétarienne de ma famille, bien que tous ses membres tentent de réduire leur consommation de viande. Je suis fière d’avoir pu arriver à me détacher de cet aliment. Tout le monde est capable, ça nécessite seulement un peu de volonté. J’ai appris à aimer des aliments auxquels je n’aurais jamais goûté et j’ai dû faire un effort pour trouver des alternatives, comme le tofu et les edamames. C’est certain, il y aura toujours à dire sur les possibles inconvénients du végétarisme, mais l’important, selon moi, c’est de saluer l’effort que chacun fait. Non, nous ne sommes pas tous végétaliens ou nous n’avons pas tous un mode de vie zéro déchet, mais on essaie de faire un effort et c’est ce qui compte. Et changer son alimentation, ça nécessite des efforts et de la volonté. C’est sûr, ça ne se fait pas en claquant des doigts ou en criant « ciseaux! », mais quand on atteint notre but, la réussite n’en est que plus satisfaisante. On est tous capable de fournir un effort, qu’on adore la viande ou qu’on la déteste. Pour ma part, j’aimerais éventuellement devenir végétalienne ou, à tout le moins, diminuer le plus possible ma consommation de produits d’origine animale. Et à ceux qui diront que se priver de quelque chose n’est jamais bien, je répondrai que toute décision d’une certaine envergure nécessite des sacrifices. Mais à mes yeux, ne plus manger de viande, ce n’est vraiment pas grand chose pour faire ma petite part environnementale.

 

Par Amelia Gélineau

1°C, l’effet papillon

C’est quoi, un degré Celsius de différence ? Ça change quoi, 28 ou 29 degrés à l’extérieur ? C’est quoi le changement entre 32 et 33 degrés Celsius à la piscine ? En fait, ça semble être une différence des plus minimes. Le corps humain ne la perçoit même pas. Seuls certains animaux, comme le serpent, le peuvent. Alors un degré… on s’en soucie peu, nous qui ne sommes pas des scientifiques. Mais pour eux, que la température planétaire augmente d’un degré, c’est grave. Qu’aux pôles, la température se rapproche un degré à la fois du point d’accélération de la fonte, c’est majeur.

 

À bien y penser, un degré devient très important.

 

Cette situation démontre l’effet papillon. Comme le battement d’ailes d’un papillon peut tout changer, un degré Celsius peut faire fondre les glaciers et nous faire perdre une source qui pourrait fournir de l’eau douce, faire monter le niveau de la mer, engloutir des villes, décimer des populations, créer des tsunamis et des typhons… De fil en aiguille, tous ces phénomènes peuvent s’enchaîner, et ce, parce que la température planétaire a augmenté d’un degré. Parce que l’on n’aura rien fait.

Réveillons-nous!

Bien sûr, ça n’a aucune importance pour nous que le petit village côtier en Inde dont on n’entend jamais parler soit submergé ou que la petite ville à proximité de l’Océan Boréal, en Norvège, où vivent quelques centaines de gens, soit englouti par l’eau. Ce à quoi on ne pense pas, c’est que Montréal pourrait très bien disparaître si le niveau du fleuve St-Laurent montait avec importance. Ou encore Terrebonne.

Rappelons-nous que notre planète n’est pas surnommée la planète bleue pour rien. Il y a plus d’eau que de terre, et cette eau pourrait tout submerger. Nous ne serions qu’épaves, que cités englouties, que souvenirs fanés et oubliés au fond d’une mer infinie, entourés par les poissons, les mammifères marins, les planctons et les végétaux aquatiques, bibelots éternels trônants dans les fonds et témoignant d’un passé où l’on n’a pas su agir à temps, où nos réflexes étaient gravement en retard.

 

Des mesures ont déjà été mises en place, et continuent de l’être.

Les voitures électriques, l’énergie renouvelable, le compostage, le recyclage, la récupération… Le club environnemental organise même des collectes de piles, de stylos, de goupilles et plus. On tente de dire « Go ! C’est maintenant qu’on arrête la pollution. C’est maintenant qu’on se mobilise tous », mais le départ tarde malgré le signal qu’on fait entendre. On hésite, on se demande si on peut faire plus sans vouloir trop en faire. On ne sait plus, avec tous les changements, ce qui est bon, ce qui ne l’est pas, ce qui ne l’est plus.

On en parle et on en entend tellement parler qu’on se perd. Qui doit-on écouter ? Les scientifiques ? Entre eux, ils se contredisent, ne s’entendent pas, démontrent des résultats basés sur des études qui vont à l’encontre de celles de leurs collègues… On en vient à se demander si l’on est impuissant devant une si grande lutte. La vérité, c’est que l’on a toujours le choix. En s’informant, on constate que oui, on peut aider, on peut contribuer. Les repas végétariens, le covoiturage, ça fait une différence.

Carburer à l’énergie électrique, ou même se déplacer avec une voiture hybride, ça fait partie des moyens. Réduire son empreinte écologique, sa consommation de produits dérivés du pétrole, privilégier les produits biologiques et locaux, c’est bon pour l’environnement. Deux minutes par jour, pour trier les restants de son assiette, ce n’est pas beaucoup comme prix pour permettre à une autre génération de vivre dans un environnement propre, sain, beau. 5 dollars de plus pour des fraises du Québec biologiques, ce n’est pas très cher pour que les futurs enfants, nos enfants, puissent respirer l’air frais et non pollué du dehors, pour qu’ils puissent voir un champ recouvert de fleurs ou une forêt où on retrouve des écureuils, des castors, des ours, des renards et des loups. Qu’ils puissent observer un cerf broutant, aux aguets, et non pas mort intoxiqué.

 

Le signal, c’est maintenant.

À présent, le départ.

 

Par Amélia Gélineau

3 semaines de diète végétalienne

Ce mois-ci, j’ai poursuivi mon expérience en mangeant selon la diète végétalienne pendant 3 semaines. J’ai essayé de comprendre pourquoi vouloir faire ça, les difficultés, la popularité et apprendre tout ce qu’il y a à savoir sur la diète. 

 

Trois semaines de diète cétogène

Pendant 3 semaines, j’ai testé le végétalisme, c’est-à-dire de ne manger aucun aliment d’origine animale, à ne pas confondre avec le végétarisme qui consiste seulement à ne pas manger de viande.  Beaucoup de végétaliens utilisent aussi des produits (hygiène et beauté) non testés sur les animaux et mangent biologique, mais je m’en suis tenue à la diète uniquement, car ces produits coutent très cher. J’ai tout de même beaucoup de respect pour ceux qui le font. Aussi, je tiens à préciser, même si tous mes commentaires peuvent sembler négatifs, j’ai énormément de respect et d’admiration pour les végétaliens à temps plein.

 

 

Beaucoup trop de toasts…

Je vais vous avouer qu’au début, je ne savais pas trop quoi manger. Alors, la solution facile m’a semblé de manger des toasts et du gruau au diner et au déjeuner… oups. Pour ma défense, je ne pouvais pas en manger lorsque j’étais Keto, alors j’en ai profité. La plus grosse différence que j’ai remarqué entre la diète cétogène et le végétalisme, hormis la consommation de viande, c’est le temps passé à cuisiner. J’explique.

Dans la diète cétogène, faire un repas prend peu de temps. On fait simplement cuire un steak et on l’accompagne de quelques légumes faibles en glucides. Si on y tient, on peut cuisiner des à-côtés comme du pain par exemple.

Dans la diète végétalienne, à peu près tous les accompagnements sont permis (pain, pâtes, riz…). Par contre, sans viande, il faut vraiment cuisiner pour  faire un repas qui se respecte. Cela prend un certain temps, surtout si l’on n’est pas un expert en la matière. Il est donc très facile de tomber dans la facilité et de manger plein de tartines au beurre d’arachide.

Je n’aime pas YouTube

Demandez à n’importe quel vegan, il vous répondra que tous les trucs pour réussir la transition au végétalisme sont sur YouTube. Je suis donc allée sur cette application naïvement, sans m’imaginer que quelque chose pourrait mal tourner. Je ne comprends pas l’algorithme de YouTube. Il ne m’a jamais proposé de recette, alors pourquoi maintenant? En tous cas, elle aurait été parfaitement bienvenue, car il faut le dire, cette recette était très alléchante, mais elle était destinée aux amoureux de fromage! J’ai regardé la vidéo… pourquoi me suis-je infligé ça à moi-même? Sincèrement, le pire, ce n’est pas le fait que je ne puisse plus manger de viande, c’est assez facile en vrai.

Le pire, c’est de se priver des œufs et du fromage.

 

La quête pour un resto

Je suis allée à l’opéra pendant mon expérience et j’ai bien évidemment dû manger. C’est après avoir bien cherché (pas vraiment) que j’ai désespérément pris la décision de manger une grosse frite au McDonald, ne trouvant rien d’autre.

Après mon souper très nutritif, j’ai eu un mal de cœur…

 

et j’ai eu encore plus mal au cœur quand j’ai vu qu’il y avait un restaurant vegan un peu plus loin…

 

 

Mes observations

Contrairement à la diète cétogène, je n’ai ressenti aucun symptôme. En fait, je n’ai remarqué aucun changement physique particulier. J’ai plutôt vécu un manque d’inspiration pour savoir quoi manger. Une autre grosse différence avec la diète cétogène, c’est le temps d’adaptation. Après une semaine, j’étais complètement adapté à la diète Keto.

Par contre, pour le végan, ça a été une toute autre histoire. J’ai commencé à être efficace et à me préparer des repas à base de tofu, de noix et de légumineuses seulement vers la fin de mes trois semaines. Mes amis me trouvaient courageuse de tenter cette expérience, mais en fait, ce n’était pas trop difficile sur le moral.

 

– Il faut avouer que les recettes végétaliennes ont beaucoup de goût quand on s’y met et toute diète qui permet les croustilles me semble parfaitement sympathique!

Aussi, j’aime beaucoup les graines de sésame PARTOUT. Saviez-vous que c’est une excellente source de protéine et que c’est bon dans tout? Ce n’est pas si compliqué! Si vous voulez tenter l’expérience, ne vous découragez pas, car à mon avis, les deux premières semaines sont les plus difficiles. D’ailleurs, j’ai lu que le meilleur truc pour continuer à s’alimenter selon les principes du végétalisme est de se rappeler pourquoi on le fait. Se dire qu’on le fait pour le bien-être des animaux et pour la protection de l’environnement, c’est vraiment inspirant.

 

Dans mon cas, je l’ai fait pour l’amour du journalisme… on a trouvé plus motivant!

 

 

Après l’expérience

Pas de réhabilitation à la consommation de viande, ça, je vous le dis. Les ailes de poulet que j’ai dégustées me semblaient être les meilleures que j’ai mangées de ma vie. Probablement qu’il faudrait un plus grand temps où l’on ne consomme pas de viande pour avoir besoin d’y réhabituer son corps.

 

En conclusion, j’ai appris beaucoup de cette diète, mais je ne reproduirais pas l’expérience. Par contre, un repas végan par semaine ne me ferait pas de mal. Ce que je vais retenir, c’est que lorsque l’on se donne, il est très possible de manger uniquement des aliments d’origine végétale. La prochaine étape est le paléo, la diète des chasseurs-cueilleurs, qui est très différente du végétalisme.

 

Par Sandrine Jean

 

 

La gentrification : qu’est-ce que c’est?

 

Le terme «gentrification» fait son apparition pour la première fois en 1964 lorsque Ruth Glass, sociologue allemande, s’en sert pour définir l’invasion de la classe moyenne dans les quartiers résidentiels de la classe plus pauvre. Le dictionnaire Larousse qualifie la gentrification d’une «tendance à l’embourgeoisement d’un quartier résidentiel». Ces deux concepts vont bien de pair. En gros, la gentrification est un terme qui explique quelque chose de simple : l’investissement financier.

 

Par exemple, tu arrives dans un quartier moins fortuné de Montréal. Souvent, les propriétaires des appartements et des immeubles s’y étant installés vont demander un loyer moins cher, étant donné la pauvreté des gens habitant le quartier. On appelle ça, en terme actuel, un «ghetto». Une espèce de communauté appauvrie, vivant à l’écart du reste du monde. Les écoles sont moins bonnes, les hôpitaux sont plus éloignés, on n’y retrouve aucune grande compagnie, pas même une épicerie de nom. Les gens se forment une mini communauté avec des dépanneurs locaux, des épiceries gérées par des gens de la région ainsi que de petites entreprises de vêtements. Aucun magasin de grande surface à proximité. Cette inexistence de grandes compagnies à proximité du quartier a pour effet de diminuer la valeur des maisons, car elles sont toutes dépourvues d’avantages urbains, qui ajoutent à la qualité de vie d’un résident. C’est à ce moment que la gentrification fait son apparition. Les maisons ne valent pas grand chose, donc pour un acheteur, c’est facile de faire l’acquisition de la propriété et de la rénover. Par exemple, l’acheteur d’un immeuble d’appartements peut offrir un montant supérieur à la valeur de la maison pour inciter le propriétaire à vendre. Une fois que celui-ci aura accepté, l’acheteur pourra rénover tous les appartements, ce qui ne lui coûtera pas si cher, étant donné que la propriété lui a coûté une fraction du prix normal. Dès que les appartements sont rénovés, le nouveau propriétaire peut mettre sur Kijiji l’annonce de son immeuble parfaitement rénové, avec un loyer moins cher que celui d’un immeuble compétiteur se trouvant sur le Plateau. Par contre, si le prix du loyer des locataires environnant peut être de 500$ par mois, celui de l’immeuble rénové sera plus cher, peut-être 700$ par mois. C’est moins cher que sur le Plateau, mais plus cher que partout ailleurs dans le quartier.

Plus les acheteurs investissent dans un quartier avec une faible valeur immobilière, plus le quartier sera sujet à l’urbanisation. L’arrivée d’un Starbucks permettra l’augmentation de la valeur du quartier tandis qu’un  investissement dans l’école permet une meilleure scolarisation. L’ajout de membres plus fortunés à une communauté appauvrie crée une stimulation économique du secteur, ce qui permet aux propriétés de prendre de la valeur, étant donné que les immeubles sont rénovés. La valeur est d’autant plus haussée que de grandes entreprises se sont installées à l’intérieur du quartier.

Par contre, ça crée aussi une «ghettoïsation», chez les membres de la communauté qui sont déjà peu fortunés. L’augmentation de la valeur du quartier signifie une chose : tout coûte plus cher. Un propriétaire d’un immeuble dans un quartier gentrifié sera obligé d’augmenter le loyer de ses locataires, étant donné que la valeur de la propriété, même si personne ne l’a rénovée, va augmenter. Cette augmentation est due au fait qu’elle côtoie des propriétés valant plus cher, et comme le propriétaire n’a pas les moyens de couvrir l’augmentation de la valeur immobilière, il va répartir celle-ci entre ses locataires. Un loyer qui valait 500$ par mois peut monter à 575$, malgré que les gens résidant à l’intérieur des appartements n’ont pas le 75$ supplémentaire par mois.   Un épisode de la saison 5 de l’émission américaine «Shameless» parle de gentrification sous l’angle des membres d’un quartier pauvre au sud de Chicago. Malgré le langage vulgaire présenté, cet épisode présente la réalité de ce qui se passe avec les gens moins fortunés lorsque le phénomène de gentrification se présente. En bref, quand le loyer augmente, les gens originaires du ghetto ne peuvent soudainement plus payer, donc ils sont obligés de déménager dans des ghettos encore plus éloignés, encore moins salubres et encore moins urbains. L’arrivée d’un Maxi anéantit les épiceries locales, les gens perdent leur gagne-pain, même chose si Couche-Tard remplace le dépanneur du coin. Les gens qui habitaient le ghetto sont expulsés de chez eux.

 

 

Finalement, la gentrification, autant ça permet à un quartier de fleurir économiquement, autant ce ne sont pas les membres originaires du quartier qui bénéficient des avantages de cette floraison. Lorsque viendra le temps pour vous de vous trouver un appartement, soyez bien conscients des effets de la gentrification sur les communautés qui vous entourent. Encouragez les entrepreneurs locaux, que ce soit des épiceries, de la vente de biens et services, des dépanneurs, des équipes de soccer qui ne sont pas associées à Tim Hortons. En stimulant l’économie locale, peut-être pourriez-vous contribuer au ralentissement d’un phénomène ayant comme effet la diminution de la qualité de vie de vos voisins.

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