Critique littéraire

Dans chacun de mes mots, un incontournable

 

Dans chacun de mes mots est un roman écrit par Tamara Ireland Stone qui raconte l’histoire de Sam, sujette à de la névrose obsessionnelle. Entourée d’amies qui ne se soucient pas d’elle et qui ne connaissent pas son trouble mental, elle rencontre un jour Caroline Madsen, une jeune fille qui lui fait découvrir le Coin des Poètes, un groupe de jeunes où chacun peut partager ses créations. C’est lorsque Sam commence à se sentir «normale» qu’elle replonge dans son passé, sa névrose et réalise que finalement, elle devra peut-être à nouveau tout remettre en question.

 

 

Appréciation

Parmi les aspects que j’ai aimés se trouvent les thèmes abordés. D’abord, celui de la névrose obsessionnelle, un trouble mental peu connu. À travers le roman, on découvre les pensées de Sam et les effets de sa névrose sur sa vie, sa perception des choses et ses interactions avec les autres. Par exemple, elle fait souvent de crises d’angoisse et est obsédée par le chiffre 3. De plus, elle décrit souvent ses amours précédentes comme des «fixettes unilatérales». Dans ce thème, on retrouve également du réalisme, et on voit vraiment que l’auteure s’est basée sur de véritables sujets à la névrose obsessionnelle et qu’elle a fait des recherches sur ce trouble mental.

Ensuite, il y a le thème de l’appartenance : la jeune fille est entourée d’amies qui sont négatives avec elle jusqu’au moment où elle entre au Coin des Poètes. Peu à peu, elle se défait des Huit, comme elle les appelle, ces filles qui ne sont pas de réelles amies, et s’intègre au groupe de poètes. Sam aimerait tellement être «normale» !

 

Il se dégage du récit une force incroyable, qui, une fois que Sam découvre, lui permet de se défaire de nombreuses relations négatives et de ressentir, pour une fois, le bien-être qu’elle n’a jamais vécu. Elle comprend petit à petit qu’il n’en tient qu’à elle d’oser se lâcher pour vivre sa vie et ne plus être perçue comme une névrotique, mais une personne «normale».

 

– On peut toujours trouver la force de faire ce que l’on veut, ce dont on a besoin, au fond de nous-mêmes.

 

Un autre aspect du roman que j’ai apprécié est la fin du roman. Sans en dire trop, une révélation à la fois troublante et incroyable parvient aux oreilles de Sam comme une bombe et bouleversera sa vie, à la fois d’un bon et d’un mauvais côté. Malgré tout, une énorme leçon de vie se cache derrière ce roman aux allures douces et peu profondes : on peut toujours trouver la force de faire ce que l’on veut, ce dont on a besoin, au fond de nous-mêmes. Tamara Ireland Stone a écrit beaucoup plus qu’un roman : elle a écrit une histoire de vie.

 

Par Amélia Gélineau

Notre Secret, un pouvoir inconnu

Le monde est régi par des lois et principes scientifiques : la gravité, la relativité… Il y en a tellement que nous ne connaissons pas tous leur existence. Et si une loi parfaitement scientifique nous permettait d’obtenir ce que l’on veut? C’est ce que le livre Le Secret du pouvoir des ados nous propose.

Cela semble beaucoup trop beau. Mais nous avons bel et bien un pouvoir, un Secret, dont nous ne soupçonnons pas l’existence et qui, étrangement, produit tout ce qui nous arrive. Il faut simplement le connaître et le maîtriser pour pouvoir choisir et avancer. Et ce Secret, nous le possédons tous, jeunes ou âgés, fille ou garçon, de toutes les nationalités, sans discrimination. Il suffit de le découvrir pour observer ses miraculeux effets sur sa vie. Or, l’adolescence peut être une période de vie ardue : on perd des repères, et surtout, c’est l’âge où le monde des adultes et sa dure réalité commence à faire son emprise autour de nous, nous empêchant parfois d’accomplir nos rêves de jeunesse, que ce soit en carrière, en réalisations ou en projets de vie, alors c’est un très bon moment pour apprivoiser cet atout. Voulez-vous connaître un Secret ?

Le Secret est simple : il s’agit de la loi de l’attraction. Surprenant, n’est-ce pas ? Et s’il semble insignifiant et décevant au début, on se rend compte bien vite de ses effets sur notre vie quotidienne. Des études ont prouvé l’incroyable force dégagée par nos pensées, comme des ondes. Ces ondes, positives ou négatives, attirent des choses sur nous. Ainsi, un échec, un désagrément ou une mauvaise nouvelle est attiré vers nous par une pensée négative, et vice-versa. Pour maîtriser le Secret, il faut savoir penser positif. Non pas de contrôler TOUTES nos pensées, mais de voir le positif, de souhaiter du positif et de vivre du positif, cela ne peut apporter que du bien.

Si on pense que l’on est stupide, nul ou que l’on n’a aucune chance, c’est ce qui va arriver. On va couler cet examen, on va perdre cette partie et on va effectivement échouer. La nature nous a donné ce pouvoir : utilisons-le. À force de répéter, de croire et d’être convaincu, on ne renoncera pas : on redoublera d’efforts pour parvenir à notre but. Et c’est comme ça qu’on réussit. Vous avez une chance. Vous pouvez y arriver. Soyez-en convaincus, et ce sera vrai. Mais avant que ça le devienne pour tout le monde, il faut d’abord que ce soit vrai pour vous.

Si le concept vous séduit, sachez qu’il y a des œuvres littéraires et cinématographiques qui traitent de ce sujet : Le Secret du pouvoir des ados, un livre, et Le Secret, un documentaire. L’idée elle-même est venue de Rhonda Byrne, une auteure. Par la suite, des ouvrages sur sa théorie sont parus. Toujours sceptiques? Vous pouvez quand même lire ou visionner à ce propos. Le manuscrit contient des citations inspirantes et des exemples véridiques sur l’impact que cette découverte a eu sur la vie de nombreux jeunes de partout à travers le monde.

 

« Tout ce que tu peux imaginer est possible. »

 

Le libre arbitre existe. Nous sommes maîtres de notre destin, nous le traçons comme on trace une ligne, nous le fabriquons comme on fabrique une courtepointe : fil après fil, pour des liens résistants, lentement mais sûrement. Le Secret le prouve : nous pouvons choisir. Avec le Secret, aucune limite. Comme l’a dit Walt Disney, « tout ce que tu peux imaginer est possible ». Et comme nous le possédons tous, adieu, restrictions, influences néfastes sur la société de demain et impossibilité. Désormais, nous le connaissons. Désormais, c’est à nous de choisir ce que nous en feront.

 

 

Par Amélia Gélineau

La diversité en lecture

Le 17 mai a lieu la journée contre l’homophobie et pour cette occasion, j’ai décidé de vous présenter une sélection de cinq livres traitant de l’homosexualité et prônant l’égalité pour tous. Il s’agit bien entendu d’une liste non-exhaustive et les romans que je vous présente ne sont pas classés dans aucun ordre précis.

 

Premièrement, je vous propose un roman de Becky Albertalli paru en 2015 et intitulé Moi, Simon, Homo Sapiens. Le livre raconte l’histoire de Simon qui homosexuel, mais n’ose l’avouer à personne, sauf à Blue, un garçon avec lequel il échange en ligne. Malheureusement, un camarade de classe du jeune homme découvre ses courriels et décide de faire du chantage à Simon qui se retrouve au milieu d’un dilemme. Il s’agit d’une histoire qui traite très bien la difficulté que peut représenter un « coming-out » et le fait de subir de l’homophobie, tout cela en restant une lecture assez légère. Le livre a été adapté au cinéma en 2018 sous le titre Avec amour, Simon.

 

 

Deuxièmement, je vous propose une bande-dessinée française de Julie Maroh parue en 2010 et intitulée Le bleu est une couleur chaude.  Dans ce récit de 152 pages, on découvre la relation entre Emma et Clémentine, alors qu’Emma lit le journal intime de cette dernière suite à sa mort. Elle y raconte leur première rencontre et explore le reste de leur histoire jusqu’à son décès. Le roman aborde les questionnements de Clémentine sur son orientation sexuelle et le regard des autres face à son homosexualité. Le livre a été adapté au cinéma en 2013 sous le titre La vie d’Adèle et a gagné la Palme d’or au festival de Cannes la même année.

 

Troisièmement, je vous propose un roman de John Green et David Levithan paru en 2010 et intitulé Will et Will. Il est resté trois semaines dans la liste des best-sellers pour enfant du New York Times et il s’agit du premier roman jeunesse LGBT à être entré dans cette liste. On y raconte l’histoire de deux garçons ayant le même nom qui se rencontrent lors d’un concours de circonstances. L’un d’eux est hétérosexuel et l’autre est homosexuel, ce qui permet de briser à la fois des stéréotypes sur les différentes orientations sexuelles, mais de montrer le rôle des alliés de la communauté LGBT. En plus, le livre vient aussi traiter de plusieurs autres thèmes, comme celui de l’anxiété.

 

 

Quatrièmement, je vous propose un roman de Patricia Highsmith paru en 1952 et intitulé Carol ou Les eaux dérobées. On y raconte l’histoire de Thérèse et Carol qui sont amoureuses l’une de l’autre, mais sont séparées par plusieurs obstacles. Pour qu’elles puissent vivre leur amour, Carol amène Thérèse dans un « road-trip » ou les deux femmes seront complètement libres. Il s’agit d’un roman ayant une fin heureuse, ce qui était plutôt rare à l’époque où les livres traitant de ce thème étaient souvent pessimistes et montraient une représentation négative. Le roman a été adapté au cinéma en 2015 par Todd Haynes.

 

 

Cinquièmement, le dernier roman que je vous propose est un livre de Benjamin Alire Sáenz paru en 2015 et intitulé Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers. On y raconte l’histoire de deux garçons que tout oppose qui se lient d’une profonde amitié l’un pour l’autre. Ensemble, ils découvrent peu à peu leur identité, alors qu’ils apprennent à mieux se connaître. Il s’agit d’un roman bouleversant et attachant qui vous fera découvrir, à travers son récit, «les secrets de l’univers».

 

 

Finalement, il existe plusieurs livres qui traitent de la cause LGBT+ et je vous invite, pour la journée contre l’homophobie, à partager votre propre liste de romans traitant de ce sujet sur les médias sociaux.

 

 Par Virginie Lessard

Au-delà des rêves, la relève littéraire

Comme certains d’entre vous le savez probablement déjà, dans le cadre du Programme d’éducation internationale ou PEI, les élèves de cinquième secondaire doivent effectuer ce qu’on appelle un projet personnel. Il peut s’agir de presque n’importe quoi: une présentation, une danse ou encore un livre, comme l’a fait un de nos journalistes, Mohamed Adam Kamal. Bien entendu, j’ai décidé de lire son roman, intitulé Au-delà des rêves. Ce livre de 243 pages est une dystopie fantastique et n’est malheureusement pas encore publié. Aux dires de l’auteur, c’est le premier tome d’une série. Pour en apprendre davantage sur les genres dystopique et fantastique, je vous invite également à lire mes précédentes critiques de 1984 et de Lady Helen.

Au-delà des rêves raconte l’histoire de Joshua et de Lizbeth, qui se rencontrent alors qu’ils ont tous deux reçu la même lettre étrange. Leurs aventures commencent lorsqu’ils se retrouvent dans une mystérieuse école où les rêves semblent se mêler à la réalité. Je n’en dis pas plus et je vous laisse découvrir par vous-même cet univers complexe. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique d’Au-delà des rêves.

Tout d’abord, j’ai beaucoup apprécié la grande complexité de l’œuvre. C’est un roman comme on en voit peu, une perle rare au niveau des détails qui rendent une histoire si agréablement complexe. Tout a été recherché et mis en place pour créer un univers qui comporte plusieurs niveaux de compréhension. J’ai été forcée de retourner lire des passages, car je venais de réaliser leur importance et de les lier avec d’autres. Il faut vraiment, à mon avis, considérer le livre dans son ensemble, comme un tout, car tout est lié et pour bien comprendre, il nous faut une vue d’ensemble du récit. On ne peut, selon moi, considérer le roman par partie, il faut le considérer pour ce qu’il est avec ses nombreux liens et son infinie complexité. La connexion entre les éléments de l’histoire est fluide et on sent que, malgré son jeune âge, l’auteur a sa place parmi les grands. J’ai rarement lu des œuvres comme celle-là et je n’ai pu m’empêcher de la lire en une soirée. Au-delà des rêves est unique et on ressent tout l’investissement et le travail qui y ont été consacrés. Bref, pour citer mon propre commentaire sur 1984 : « C’est un jeu de maître que de rendre la fiction presque réelle [de par sa complexité] pour celui qui la lit ».

Ensuite, parlons du réalisme et de la façon extraordinaire dont l’auteur a su en apporter à un monde qui, ma foi, ne l’est en rien. Dans un univers où tout est rêve, mystère et confusion, l’auteur parvient à nous faire croire à son monde. On y croit grâce à ses personnages qui sont extrêmement humains. J’ai souvent lu des livres dans lesquels les personnages avaient la qualité d’être humains, mais rarement à ce point. Je parle des deux protagonistes qui vont nous faire vivre toutes les émotions, de la peur à l’angoisse, en passant par la tristesse, la colère et la joie, sans oublier la confusion. Je vous assure que toutes ces émotions, on les ressent. On est instantanément transporté dans l’univers du livre. Il y a quelque chose de tellement vrai à propos des personnages, cela en est troublant. Bref, malgré la nature fantastique de l’histoire, on y croit et on la trouve crédible en raison des personnages qui semblent tout droit tirés de notre monde.

Un autre point qui vient immanquablement me rejoindre et me faire apprécier ce roman est son style d’écriture. Tout dans la façon d’écrire de l’auteur est impeccable. Ceux ayant déjà lu ses articles le sauront, il a une façon d’écrire qui est à la fois poétique et enlevante. On est happé par les mots et on ne peut s’empêcher de lire ce qui est écrit tant l’œuvre est d’une beauté naturelle. Le registre de langue soutenue lance le ton du roman, dès les premières pages, et l’écriture est comparable, selon moi, à un excellent morceau de musique classique. C’est pur et riche avec un vocabulaire des plus recherchés. J’ai rarement vu une écriture de la sorte. C’est nouveau. C’est la relève et quelle relève! Si le futur de la littérature ressemble à cela, alors il est entre bonnes mains. L’auteur a une compréhension de la langue qui s’exprime dans ce roman par la manière dont il est écrit. C’est vraiment difficile pour moi de parler du style d’écriture, car je ne trouve pas les mots pour le décrire. Rien n’est représentatif et à la hauteur de ce que c’est vraiment. Le style d’écriture de l’auteur est une expérience à lui seul, en plus de celle de l’histoire.

Sur une autre note, je pense, et ce, malgré tous les éloges que j’ai pu en faire, qu’Au-delà des rêves n’est pas un roman qui peut plaire à tout le monde. C’est, à mon avis, le genre de livre que tu aimes à la folie ou que tu détestes. Pour ma part, j’ai accroché, mais je suis bien consciente que c’est tout un univers dans lequel on doit embarquer. Ses forces sont ses faiblesses et c’est un style qu’il faut adopter. Personnellement, j’adhère totalement et je ne peux que le couvrir d’éloges, tant j’ai aimé.

Finalement, puisqu’il me le rappelle énormément, je vais dire d’Au-delà des rêves, comme je l’ai dit de 1984, qu’il s’agit d’un roman d’exception comme il s’en fait peu. Je suis extrêmement choyée d’avoir pu le lire et j’espère de tout cœur qu’un jour, il soit publié et devienne accessible à tous. Adam, je te félicite pour ton travail et je souhaite vivement une suite à ce premier chef-d’œuvre. Évidemment, comme vous avez sans doute deviné, il n’existe pas de version cinématographique, il n’existe même pas théoriquement de version papier accessible à tous. Sur ce, je vous souhaite de bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

La littérature au féminin

Le 8 mars a lieu la journée de la femme et pour cette occasion,  j’ai décidé de vous présenter une sélection de cinq livres féministes qui prônent l’égalité pour tous. Il s’agit bien entendu d’une liste non-exhaustive et les romans que je vous présente ne sont pas classés dans aucun ordre précis.

 

Premièrement, je vous propose un classique de la dystopie écrit par Margaret Atwood et intitulé La servante écarlate. Ce livre de 1985 fait réfléchir sur la place de la femme dans la société et se penche sur des thèmes importants, comme le contrôle des naissances, l’égalité, le pouvoir décisionnel et bien d’autres. Il s’agit d’un roman bouleversant et qui fait énormément réfléchir. Il existe une série télévisée inspirée de l’oeuvre.

 

Deuxièmement, je vous propose le roman «La couleur pourpre» écrit par Alice Walker. Ce dernier traite de la condition des femmes afro-américaines durant les années 30 et incite à se questionner sur la notion d’égalité et de féminisme. Les thèmes sont abordés de manière crue et réaliste de sorte à représenter fidèlement la réalité de l’époque qui reste d’actualité de nos jours. Ce roman ayant remporté un pric Pulitzer a été adapté au cinéma par Steven Spielberg.

Troisièmement, je vous propose un essai de la célèbre auteure Virginia Woolf qui s’intitule Une chambre à soi. Ce récit de 1929 explore le rôle que tient la femme dans le monde de la littérature et les raisons pour lesquelles il s’agit d’un milieu majoritairement masculin. Bien que le nombre d’auteures ait augmenté depuis l’époque où fut rédigé cet essai, ce dernier demeure pertinent, car il encourage l’égalité des sexes et expose un pan d’histoire sur la réalité des femmes écrivaines de ces années-là. Il s’agit d’un livre considéré comme référence du féminisme littéraire.

 

Quatrièmement, je vous propose un roman considéré comme un pionnier de la littérature féministe. Il s’agit du livre L’autre Sexe de Simone de Beauvoir qui est un essai divisé en deux tomes traitant du féminisme.  Cet ouvrage de 1949 se veut encyclopédique et autobiographique. En effet, l’auteure se sert de sa vie pour explorer différents thèmes, comme l’émancipation des femmes au niveau des naissances et du monde du travail, ainsi que le sexisme systématique présent dans la société. Cet essai plutôt philosophique se veut également informatif et invite les gens à prendre conscience d’un enjeu important, soit la cause des femmes.

Cinquièmement, le dernier roman que je vous propose est Pourquoi les filles ont mal au ventre de  Lucile de Pesloüan. Ce roman graphique tente de dénoncer plusieurs préjugés et normes sociales qui contraignent les filles, comme les inégalités salariales. Le livre s’adresse aux adolescentes et cherche à créer chez elles une piste de réflexion et de discussion ouverte au féminisme. L’auteure dénonce franchement des problématiques qui accablent les femmes et leur permet d’ouvrir les yeux sur le problème. On cherche à faire tomber les préjugés en illustrant la réalité de façon directe, ce qui ouvre plusieurs pistes de réflexions sur le féminisme.

 

Finalement, il existe plusieurs livres qui traitent de la cause des femmes et je vous invite, pour la journée de la femme, à partager votre propre liste de romans féministes sur les médias sociaux.

 

Did I mention I love you, le phénomène wattpad!

En ce mois de la Saint-Valentin, j’ai décidé de lire Did I mention I love you, un roman d’amour pour adolescents écrit par Estelle Maskame. Ce premier tome d’une trilogie a été publié en 2015 aux Éditions Pocket Jeunesse. Ce roman de 410 pages a reçu des millions de « hits » sur wattpad. Pour en apprendre plus sur cette plateforme, je vous invite à lire l’article ayant été écrit par un de nos journalistes à ce sujet.

Les romans d’amour représentent le genre le plus populaire. Ces œuvres présentent des histoires à l’eau de rose et abordent des sentiments amoureux. La romance, au niveau de la littérature jeunesse, traite de relations contemporaines auxquelles les jeunes peuvent s’identifier. L’histoire de Roméo et Juliette est considérée comme le plus grand classique de ce genre.

Dans le roman d’Estelle Maskame, on raconte l’histoire d’Eden, 16 ans, qui va vivre dans la famille recomposée de son père pour l’été. Alors qu’elle profite de l’été californien en compagnie de ses nouveaux amis, la jeune femme ne pourra s’empêcher de craquer pour Tyler, son demi-frère rebelle au lourd passé. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir vous-même la suite de cette histoire d’amour atypique. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique de Did I mention I love you.

Tout d’abord, je dois avouer avoir été agréablement surprise par ce roman. Présenté comme une histoire d’adolescente typique et vue des centaines de fois, le livre d’Estelle Maskame est en réalité une œuvre très élaborée. On retrouve une histoire bien détaillée et riche en profondeur. Le passé des personnages est recherché et apporte une complexité qui caractérise l’histoire. L’auteure n’entre jamais dans les clichés et tisse son propre récit en créant plusieurs événements hautement réalistes et élaborés. On vit une histoire qui est complexe, car on dévoile de nouveaux éléments qui viennent la rehausser. On découvre les personnages à petits pas, comme dans la vie, et l’auteure a su faire un univers qui est réaliste et très recherché. Je m’attendais à un roman cliché et vide, mais j’ai été surprise par un livre fort intéressant et unique.

Ensuite, j’ai beaucoup apprécié le rythme du récit. En effet, le tout n’est livré ni trop lentement ni trop rapidement. On garde une constance qui rend la lecture agréable. Les événements ne sont pas racontés trop lentement et cela permet de susciter l’intérêt du lecteur sans l’ennuyer. De plus, il n’est pas non plus raconté à la hâte et on garde une lecture qui n’est pas étourdissante. Cela permet une meilleure compréhension des faits et permet au lecteur de savourer le roman. La lecture est fluide et on peut facilement lire plusieurs chapitres sans même s’en rendre compte. Un bon rythme est, selon moi, gage d’une lecture agréable.

Un autre point m’ayant plu dans Did I mention I love you est les personnages élaborés par l’auteure. Comme tout le reste, ceux-ci sont travaillés, riches et profonds. Chacun d’eux est unique et possède son propre caractère bien distinct. J’ai adoré découvrir leur univers et leur personnalité éclatée et variée. Avec l’éventail de personnages qui nous est présenté, il est impossible de ne pas en trouver un auquel on peut s’identifier. Pour ma part, j’ai été touchée par plusieurs d’entre eux et j’ai été éblouie par toutes les nuances qu’ils renferment. Je dois mentionner Tyler qui, pour moi, est un des personnages les plus réussis en terme de nuances. On le voit d’abord comme le mauvais garçon typique, avant de découvrir qu’il y a tellement, mais tellement plus que cela à sa personnalité. J’ai trouvé le travail d’écriture de l’auteure tout à fait brillant et je dois avouer que je ne m’attendais pas à accrocher sur ce personnage au départ. Voilà la force de l’auteure: créer pour tous les personnages des nuances, des récits tragiques et réalistes qui, en fin de compte, vont contribuer à rendre les personnages plus humains. Ils ne sont pas parfaits, ils le savent, ils sont humains. Bref, beau travail d’Estelle Maskame pour la création de personnages complexes et uniques.

Finalement, j’ai vraiment adoré ma lecture qui a été tout à fait rafraîchissante. J’ai été surprise par ce roman qui m’a fait renouer avec la romance, un genre que j’affectionne peu. Je suis contente de m’être lancée dans cette lecture que je recommande pour les amoureux d’amour et les autres également. Si j’ai bien appris une chose de mon exploration des différents genres romanesques, c’est qu’on peut être agréablement surprise par des genres qu’on croyait ne pas aimer. Malheureusement pour les cinéphiles, il n’existe pas de version cinématographique de l’œuvre. Sur ce, je vous souhaite de bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

Hate List, la vie après un drame

Virginie Lessard, critique littéraire

Récemment, j’ai eu la chance de lire le roman Hate List de Jennifer Brown. Ce livre de 390 pages, publié aux Éditions Albin Michel, traite d’un lourd thème. Ce roman psychologique aborde le sujet des tueries dans les écoles et leurs multiples impacts.

Si vous désirez en apprendre plus sur le genre psychologique, je vous invite à lire ma précédente critique sur le roman L’emprise.

Imaginez que vous êtes en couple et que votre copain se serve d’une liste, comportant les noms de ceux vous ayant fait du tort et que vous haïssez, pour commettre une tuerie dans votre école, à votre insu. Imaginez qu’il se suicide ensuite et que vous, vous êtes vivante, mais accusée par tous d’être également responsable. Imaginez comment serait votre retour en classe après un tel drame. Difficile à vous imaginer, vous ne trouvez pas? Pourtant, c’est exactement ce que vit Valérie dans Hate List. Le livre vous invite à comprendre ce qui a pu mener à ce drame, qui semble inexplicable, à l’aide de « flashbacks » et nous invite à suivre Valérie dans sa vie, suite à la tuerie. Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse découvrir par vous-même ce récit touchant. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique de Hate List.

Tout d’abord, j’ai beaucoup apprécié le réalisme de l’histoire. En effet, l’auteure tente de tout exposer de façon fidèle à la réalité. On ne romance pas la tragédie qui a eu lieu, on présente autant les victimes et que les coupables comme des humains ayant à la fois des défauts et des qualités. Il y a tout un processus mental qui s’effectue chez chacun des personnages. On est touché par ce qu’ils vivent, et ce, pour chacun d’entre eux, sans exception, le livre entier est touchant, car on pourrait facilement imaginer ces événements se dérouler dans la vraie vie. Rien n’est précipité, tout est expliqué par une logique relevant d’une compréhension extraordinaire de l’esprit humain par l’auteure. En lisant le livre, on réalise que chaque humain a la capacité de faire le bien ou le mal et que le choix nous revient. C’est ce qu’on va explorer et découvrir avec le parcours de Valérie. Parcours qui est réaliste de par son aspect extrêmement humain. Bref, Hate List est un récit poignant du pire et du meilleur de la nature humaine dans son côté le plus réaliste possible.

Ensuite, un autre aspect que j’ai beaucoup apprécié, et qui contribue au poignant de l’œuvre, c’est la construction du roman. En effet, le roman comporte des extraits du passé, avant la tuerie, de moments lors de la tuerie, du présent, post-tuerie, avec l’adaptation des personnages, et des extraits d’articles tirés de reportages sur la tuerie et ses victimes. Tous ces éléments permettent une compréhension optimale des événements du récit. De voir le changement entre l’avant et l’après la tragédie vient chercher le lecteur et donne un sentiment d’attachement avec l’histoire. En lisant les événements sous tous ces différents angles, j’ai été encore plus bouleversée par ceux-ci. Il est impossible de lire les extraits d’articles sans être profondément ébranlé par ces derniers. On a l’impression de connaitre les victimes et on souffre de leur perte. On sympathise avec les épreuves que vivent les personnages, car on connait l’ensemble de leur parcours. Bref, voir une histoire dans son intégralité et avoir accès à tous les détails la composant vient renforcer l’attachement du lecteur pour le récit.

Un autre point que j’ai beaucoup aimé est les thèmes qui sont abordés dans le roman. Au‑delà de celui de la mort qui est assez présent et traité sous différents points de vue. On explore également une multitude d’autres thèmes qui viennent rejoindre les adolescents. Celui qui m’a le plus marquée et qui est, selon moi, le thème principal de l’histoire, est celui de l’acceptation. Il y a l’acceptation des autres et l’acceptation par les autres. Il s’agit de quelque chose de vital chez la plupart des jeunes. On veut être accepté socialement et c’est normal. Si les personnages s’étaient plus acceptés les uns les autres, y aurait-il quand même eu la tuerie? Je ne le sais pas. Par contre, l’acceptation, c’est aussi au niveau de soi. Il faut savoir s’accepter comme on est. Il est difficile d’accepter les autres si on ne s’accepte pas soi-même. Je pense que le responsable de la tuerie avait aussi de la difficulté à s’accepter. L’acceptation est aussi vue dans le roman par le fait qu’il faut accepter de laisser les choses changer si l’on veut pouvoir s’épanouir, car la vie est ainsi faite. Bref, Hate List comporte des thèmes qui font réfléchir sur la vie.

Finalement, j’ai été tout à fait bouleversée par ma lecture dont je me souviendrai longtemps. J’ai beaucoup aimé le récit de Jennifer Brown et je pense que tous devraient le lire. Malheureusement pour les cinéphiles, il n’existe pas de version cinématographique. Sur ce, je vous souhaite de bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

Tarantula, l’obscène poésie

Joël Burri-Rochon, journaliste


« Il n’y a pas d’alcool dans la terre qui puisse empêcher votre cerveau de saigner »

-Tarantula

Bob Dylan est un poète et chanteur américain. Il a contribué au mouvement anti-guerre au début des années 60 avec des chansons d’influences comme Blowin’ in the wind ou The Times they are a Changin’. Ses textes et sa musique furent l’inspiration de nombreux adeptes tels que les Beatles, Neil Young ou Bruce Springsteen. Le magazine Rolling Stones a inscrit Dylan à la 2e postion dans la liste de plus grands artistes et son titre Like a Rolling Stone est inscrit à la première place dans la liste des plus grandes chansons.

En 1965, la voix d’une génération trahit son public en remplaçant sa guitare acoustique par une électrique. Robert Allen Zimmerman, alias Bob Dylan en a marre d’être perçu comme un chanteur engagé et de voir les gens si fermés d’esprit envers le changement de son. Il décide alors d’écrire un mémoire d’une dizaine de pages une fois isolé et loin des journalistes. Ses écrits lui serviront de base pour écrire une chanson légendaire: Like a Rolling Stone. Après que ce titre signe son adieu à la scène folk, Dylan commence à consommer des substances psychotropes et son écriture se tourne naturellement vers le surréalisme. Il décide en 1966 de continuer son mémoire de 10 pages et d’en faire un livre. Bobby affirme à un journaliste avoir écrit ce livre en moins d’une semaine, mais bon, il est épuisé, drogué, au bord de la paranoïa et adore faire marcher les reporters. Cependant, Dylan a un accident de moto après sa tournée mondiale. Notre caniche préféré en profite alors pour se reposer, aller en cure de désintoxication et terminer son livre qu’il publiera seulement en 1971 et intitulera Tarantula.

Tarantula est un livre expérimental de poèmes en prose (littérature n’utilisant pas de rimes comme la poésie traditionnelle). Mélange de surréalisme et de références folkloriques, Bob Dylan, arrogant comme jamais, nous montre sa vision du monde à travers une centaine de pages qu’il a qualifié lui-même de tas de vomi..

La forme

Le livre est séparé en petits chapitres d’une à trois pages chacun raconté par des personnages fictifs. Leurs noms sont la métaphore de ce qu’ils racontent. Pour ce qui est de l’écriture, nous n’aurions aucune misère à croire que Dylan l’a écrit en une seule semaine. Tout est spontané, presque improvisé et semble sorti de son ressenti. Tarantula se lit facilement et ne demande pas aux lecteurs de réfléchir. C’est votre subconscient qui fera le travail à votre place.

Le contenu

Au moment où j’écris cette critique, je suis sûrement en train d’écouter du Bob Dylan, mais ça, ce n’est pas important. Tarantula est une bombe sale, non, un ovni. Qu’est-ce qu’il raconte? La réponse est soufflée dans le vent. On pourrait dire qu’il s’agit d’une vision plutôt obscène du monde, mais la subtilité de son écriture en rend plus d’un perplexe. Je crois que Dylan a trouvé un alcool qui a arrêté de faire saigner son cerveau, son art. Tarantula (son tas de vomi) signe la fin de sa cuite.

Faire le point

Bref, un livre qui n’était pas censé en être un est difficile à critiquer. Je crois que ses points négatifs ne peuvent que le rendre plus intéressant. Si vous êtes une personne qui aime les intrigues et que vous vous posez plein de questions dans la vie de tous les jours, ce livre va se moquer de vous. Toutefois, si les mots « surréalisme » et « expérimental » vous parlent, je vous conseille de tenter l’expérience. Faites confiance à votre subconscient.

Si la musique de Bob vous intrigue, je vous déconseille de chercher ses titres sur YouTube. Vous ne tomberez que sur des reprises amateurs mis à part quelques titres.

-Don’t Think Twice, it’s All Right

-Subterranean Homesick Blues

-Like a Rolling Stone

 

 

L’emprise, un roman de la collection Tabou

Virginie Lessard, critique littéraire

Le roman L’emprise, de Sophie Girard, publié aux Éditions de Mortagne, fait partie de la collection Tabou. Cette dernière comporte une série de romans psychologiques, traitant de sujets difficiles pouvant toucher les adolescents. Dans ce roman de 272 pages, paru en 2011, on explore l’univers dangereux de la violence psychologique en amour.

Le roman psychologique est une œuvre dans laquelle l’emphase est placée sur l’intériorité des personnages. On souhaite représenter dans ce genre de récit des thèmes de la vie quotidienne et souvent considérés comme « lourds » et dramatiques. Les romans de la collection Tabou sont des livres présentant un récit psychologique accessible aux adolescents.

L’emprise raconte l’histoire de Mathilde, une adolescente de secondaire 5, qui trouve l’amour auprès d’un garçon qui lui semble parfait. Tout est si beau et cette première relation amoureuse semble plus qu’idéale pour la jeune fille. Par contre, la suite est tout autre et le rêve de Mathilde vire vite au cauchemar. Je n’en dis pas plus et je vous laisse découvrir vous-même le parcours de l’adolescente contre la violence psychologique. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique de L’emprise.

Tout d’abord, j’ai été très déçue de ma lecture à laquelle je donnais beaucoup de potentiel. Pourtant, le roman, qui avait tout pour plaire, n’a pas su me convaincre. Je ne dis pas que ce dont traite le livre n’est pas important à aborder, mais le fait, justement, qu’il avait tout le potentiel d’être un roman psychologique exceptionnel rend la lecture de ce livre assez décevante. J’ai trouvé que l’auteure laissait échapper le thème en raison d’un manque de réalisme. La violence psychologique et la raison pour laquelle elle fait tant de ravage se situent au niveau de sa subtilité et de sa sournoiserie. Par contre, dans le roman, le thème est abordé de façon très évidente et on voit tout venir dès le début. Cela rend donc, pour le lecteur, le reste de l’histoire plutôt improbable, étant donné qu’on s’explique mal comment Mathilde peut tomber dans le piège. Elle est naïve et en amour, je le veux bien, mais encore ici, l’explication ne me satisfait pas, car l’auteure ne voit la question qu’en surface. Cela enlève au récit beaucoup du réalisme caractéristique et nécessaire des romans psychologiques. Les réactions de la plupart des personnages demeurent, pour la majorité, peu réalistes. Bref, le manque de réalisme de l’histoire empêche de bien diffuser le thème de la violence psychologique.

Ensuite, un autre point m’ayant déplu se trouve au niveau de la simplicité de l’œuvre. S’il y a un thème qui devrait être traité avec complexité, c’est bien celui de la violence psychologique. Pourtant, l’auteure opte pour des formules simples, peu élaborées et sans finesse. Rien n’est vu en profondeur et on reste dans un récit somme toute superficiel. Il y a peu de détails et ce manque de profondeur dans l’histoire fait en sorte que le roman ne marque pas le lecteur. À la fin, cela demeure une histoire quelconque qui sera oubliée. Cela est bien dommage, car au contraire, en raison du sujet qu’elle traite, l’histoire devrait être en mesure d’influencer les gens. Ce n’est malheureusement pas le cas. Le vocabulaire simple et peu recherché contribue à rendre le livre moins intéressant. Bref, le roman perd beaucoup de son potentiel à cause de sa simplicité.

Un autre point que j’ai moins aimé est au niveau de la méthode de narration. On retrouve, en grande partie, des dialogues et peu de descriptions. Pourtant, ces dernières sont primordiales dans le roman psychologique, car c’est à travers elles qu’on peut comprendre l’intériorité des personnages. Bien sûr, les dialogues, dans ce cas-ci, sont assez parlants, j’en conviens, mais j’aurais apprécié davantage de passages descriptifs. L’histoire en serait sortie gagnante et je pense même que plus de descriptions auraient pu améliorer les deux points précédents. De plus, cela aurait permis de mieux comprendre les comportements des personnages. L’auteure aurait aussi dû exploiter plus la narration avec divers points de vue. Des narrateurs multiples auraient enrichi le récit et auraient permis aux lecteurs de mieux saisir les motivations des divers personnages.

Finalement, bien que je n’aie pas apprécié ma lecture, je crois que les romans de la collection Tabou peuvent contribuer à informer sur des sujets importants, et ce, même si le livre est moins bon. Malheureusement pour les cinéphiles, il n’existe pas de version cinématographique de L’emprise. Sur ce, je vous souhaite de bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

 

 

Cœur d’encre, un classique à lire!

Virginie Lessard, critique littéraire

Paru en 2003 aux éditions Hachette, Cœur d’encre, est le premier tome d’une trilogie. Cornelia Funke, l’auteure, a su faire de ce roman de 624 pages un classique de la littérature fantastique jeunesse partout à travers le monde. Je peux affirmer que cet incontournable du genre fantastique a su me charmer.

Si vous désirez en apprendre davantage sur le genre fantastique, je vous invite à lire ma précédente critique sur Lady Helen : le club des mauvais jours d’Alison Goodman.

Cœur d’encre nous plonge dans l’univers merveilleux des livres et de l’amour de la lecture. On y raconte l’histoire de Meggie, une fillette de douze ans, qui sera embarquée dans une folle aventure, comme celles des romans, avec son père, Mo, le soir où un étrange personnage vient cogner à leur porte. Au cœur de ce récit se mélange notre monde avec celui d’un mystérieux livre qui semble être à l’origine de tout. Je n’en dis pas plus et je vous laisse vous-même découvrir le reste de l’histoire. Maintenant, sans plus attendre, voici ma critique de Cœur d’encre.

Tout d’abord, j’ai été charmée par ma lecture dès les premières pages. L’auteure a un style d’écriture doux, simple et harmonieux. On se sent transporté entre les pages du roman et on a l’impression de vivre nous-mêmes les événements du roman. L’auteure sait choisir les bons mots pour rendre la lecture fluide, bien transmettre les émotions et décrire les lieux de façon réaliste. Étant donné qu’il s’agit d’un livre jeunesse, la majorité du vocabulaire employé est simple et permet ainsi une bonne compréhension de l’univers du récit. Il ne faut pas confondre cette simplicité avec un manque de complexité, au contraire. Il s’agit plutôt d’employer des mots efficaces, mais poétiques, tout en étant faciles à comprendre pour tous les lecteurs. Si les mots sont simples, le vocabulaire n’en demeure pas moins riche et varié. Bref, grâce au style d’écriture de l’auteure, il est facile d’être transporté au cœur de l’histoire.

Ensuite, j’ai été enchantée par les personnages que j’ai rencontrés lors de ma lecture. Chacun possède une personnalité distincte et unique qui les pousse à agir comme ils le font. Chacun est différent et tous s’assemblent à merveille pour faire avancer l’histoire. On est en mesure de comprendre leurs problèmes intérieurs et les conflits qui les habitent, ce qui rajoute de la profondeur à leur personnalité. Les relations entre les personnages sont bien exploitées et on ressent les liens qui les unissent. Les méchants sont également traités de façon admirable par l’auteure. Ceux-ci, surtout Capricorne, sont pour moi parmi les meilleurs méchants de la littérature. Je comprends bien la fascination de Fenoglio (un autre personnage) pour Capricorne et ses hommes. Impitoyables, sans pitié, haineux, les méchants de Cœur d’encre ont tout pour faire peur. Pourtant, les héros ne se laissent pas décourager et, alors que cela pourrait être peu réaliste, la manière dont les héros font face à tant de brutalité est amenée de façon plus que réaliste par l’auteure. Bref, j’ai adoré faire la connaissance de ces personnages auxquels je me suis attachée.

Un autre point qui m’a particulièrement plu avec ce roman fut sa mise en page. Je sais que cela peut paraitre plutôt inusité, mais je vous assure que quiconque lit ce roman ne peut s’empêcher de tomber en amour avec la manière dont l’histoire est présentée. En effet, chaque chapitre débute par un extrait d’œuvre littéraire dont le sens est lié aux éléments du chapitre. Cet ajout est pour moi une grande richesse du roman, car j’ai adoré voir le lien entre les morceaux de littérature et l’histoire. Cela collait très bien avec l’ambiance générale du livre puisque celle-ci est centrée autour du monde des livres. Je dois également avouer que la plupart des extraits choisis proviennent d’œuvres que j’affectionne beaucoup. Je pense, entre autres, au Magicien d’Oz, de L. Frank Baum, qui est cité au début du chapitre 27. De plus, un autre aspect fantastique, ce sont les illustrations, faites par l’auteure, peuplant le récit. Loin de rendre le récit enfantin, celles-ci apportent une richesse à l’histoire et la complètent bien.

Finalement, j’ai adoré ma lecture et j’ai hâte de me plonger dans les tomes suivants. Ma lecture fut remarquable et j’ai adoré l’univers de Cœur d’encre. Heureusement pour les cinéphiles, cette fois, il existe une version cinématographique de l’œuvre. Sur ce, je vous souhaite de très bonnes lectures et on se retrouve dans une prochaine critique.

 

https://www.youtube.com/watch?v=AlSidBzLkh8

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