Sofia Pelletier

Une nouvelle menace pour nos océans 

C’est un phénomène méconnu, mais bien réel. En plus de l’acidification, la surpêche et le réchauffement climatique, voici maintenant un nouveau danger pour nos océans: la perte d’oxygène. 

En effet, selon un rapport basé sur 67 travaux d’experts, la désoxygénation, causée par la prolifération de certains végétaux et du réchauffement des eaux océaniques lié aux changements climatiques, constitue une menace grossissante pour la pêche et certains groupes d’espèces tels que les thons, les requins ou les marlins. 

La répercussion de ce nouveau problème de plus en plus inquiétant est que plus les océans se vident de leur oxygène, plus le délicat équilibre de la vie marine toute entière se fragilise. De plus, n’oublions pas que les océans absorbent en partie nos émissions de gaz à effet de serre. 

Entre 1960 et 2010, le taux d’oxygène des océans a diminué d’environ 2%. D’ici 2100, leurs stocks d’oxygène pourraient encore baisser de 3 à 4%, la majeure partie des pertes se focalisant sur les premiers 1000 mètres de la colonne d’eau, exactement où la richesse et l’abondance de la vie marine sont très élevées. Pas de quoi s’inquiéter, dites-vous? Pourtant, les répercussions sont importantes. 

Marie Ducom – Illustratrice scientifique

 

Dans les années 60, 45 sites (généralement des côtes et des mers semi-fermées) souffraient de faible teneur en oxygène,  contre environ 700 sites actuellement. Pendant cette même période, le volume des eaux anoxiques, donc les zones complètement dépourvues d’oxygène, a quadruplé. 

Dans cette périlleuse situation, seules les espèces tolérantes à l’hypoxie (les méduses, les microbes et certains calmars) sont avantagées, mais ce n’est cependant pas le cas pour de nombreuses espèces marines (dont la plupart des poissons).  

Mais, il n’y a pas que des risques pour les océans et la faune marine, il y en a également pour l’humain, ainsi que pour la pêche. En effet, certaines espèces primordiales pour cette dernière (comme les thons, les marlins et les requins) sont aussi particulièrement sensibles à une faible teneur en oxygène, car elles ont une grande taille et des besoins énergétiques élevés. Cela risque donc de les exposer encore plus à la surpêche.  

 

Aucune espèce marine n’est écartée de ce pronostic inquiétant: les varechs, les macroalgues, les coraux, les herbiers marins, les mangroves, les poissons, le plancton et les mammifères marins sont également concernés par tout ce cirque écologique, quoi qu’il soit parfois difficile de mesurer les impacts. 

Bref, tout le monde est exposé aux risques et impacts qu’engendre ce fiasco, que ce soit la grande majorité de la faune marine ou les humains, très dépendants de la pêche, malheureusement aussi menacée. 

Même si les solutions à ce problème ne sont pas infinies, il faut que les gouvernements, et même le monde entier, en trouvent une, et vite, car, que l’on le conçoive ou non, nos océans sont en train de dépérir, petit à petit. 

 

Par Sofia Pelletier

Le Brésil menacé par une marée noire

Il n’y a pas longtemps, des marées noires se sont déclarées le long des plages de l’État de Bahia, au Brésil, et c’est une véritable catastrophe selon bien des scientifiques. Parmi ces gens se trouve Mariana Thevenin, une océanographe, qui a d’ailleurs fondé avec des amis le groupe Gardiens de la côte, mobilisant ainsi plusieurs centaines de bénévoles pour nettoyer le littoral de ses trop nombreuses galettes de pétrole.

 

 

Des milliers de personnes sont venues d’elles-mêmes pour ramasser le pétrole, la plupart ne disposant même pas du matériel de protection nécessaire, ce qui fait que certaines se sont sans doute ramassées à l’hôpital. D’ailleurs, des images-choc ont été dévoilées, dont la photographie d’un jeune garçon sortant de l’eau souillée, les bras et les jambes recouverts de pétrole. Sur une autre photo, on peut y apercevoir un bénévole tentant tant bien que mal de nettoyer le pétrole étendu sur ses jambes.

 

De plus, il est important d’agir pour l’économie de tout le nord-est brésilien, qui est une région pauvre qui dépend grandement du tourisme. Un propriétaire d’auberge s’est même mis à pleurer en voyant tous les dégâts causés par les marées toxiques d’hydrocarbure, dont plus de 1000 tonnes ont été recueillies.

Malgré toutes ces informations troublantes, les galettes de pétrole dans les mers du Brésil ne suscitent pas encore la même émotion internationale que les feux de forêt en Amazonie. Toutefois, certains spécialistes considèrent que c’est tout aussi préoccupant. L’une d’entre eux, Anna Carolina Lobo, responsable du programme de protection des océans du Brésil, estime que les côtes mettront au moins une vingtaine d’années à s’en remettre, donc que l’impact économique pour la pêche et le tourisme est énorme.

Même si le ministre de l’Environnement assure que le gouvernement a pris les mesures adéquates dès le début, il a fallu 41 jours pour que le plan d’urgence national prévu pour cette situation soit mis en place. Cette semaine, environ 5000 militaires ont été mobilisés, mais ce beau déploiement a eu lieu plus de 50 jours après l’apparition des premières galettes sur les plages.

Le ministre de l’Environnement a même insinué qu’un navire de l’ONG pourrait être à l’origine de cette catastrophe, où plusieurs dizaines de tortues, d’oiseaux et de dauphins sont morts. Il pourrait y avoir d’autres mortalités animales, car les marées se dirigent maintenant vers une zone de migration de baleines. En plus de tout cela, il s’agit d’un pétrole à forte densité, ce qui le rend plus difficile à repérer, car il s’écoule au fond de la mer. C’est un désastre environnemental sans précédents, dont l’impact naturel sera visible durant des années encore.

Si l’on veut éviter que cela se reproduise au Brésil ou n’importe où, il est primordial d’agir, et de manière radicale. Ces marées se dirigent maintenant vers une zone de migration de baleines. Nous devons trouver un moyen de substituer le pétrole par un autre carburant avec une empreinte écologique considérablement moins importante, et ce, pour tous les moyens de transport. On doit, partout à travers le monde, apprendre de nos erreurs (de négligence, surtout) pour que cet événement ne se reproduise plus jamais. Chaque pays doit, à sa façon, prendre des initiatives pour éviter toute catastrophe écologique et les graves répercussions qui s’en suivraient. Pour le bien de notre planète et des générations futures, nous nous devons de changer nos habitudes de vie, et rapidement.

 

Par Sofia Pelletier

 

 

 

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