La communauté LGBT, c’est quoi ?

Pour avoir un jour été une personne qui ne savait pas du tout ce que signifiait LGBT, je sais que toutes ces orientations sexuelles se regroupent souvent en un amalgame de lettres, qui peuvent être confondues avec les restants des nouilles alphabits que tu as mangé ce midi, quand on les regarde sans connaître la signification de chacune d’entre elle.  Alors, la communauté LGBT, c’est quoi ? En termes officiels, c’est une communauté qui englobe toutes les personnes qui ne se conforment pas à la norme sexuelle et genrée, soit hétérosexuel et cisgenre. Dit comme ça, ça peut paraître compliqué parce qu’il y a des mots qui ne font pas partie du vocabulaire commun. Combien de fois dans votre vie allez-vous l’utiliser, le terme cisgenre, après votre lecture ? Ce n’est pas un terme qui est nécessairement évident à placer autour de la table, au souper.  Ça te donne l’air intelligent, par exemple. Dans le but de séparer ton dîner et la communauté, voici alors un magnifique petit dictionnaire, un abécédaire pas plus gros que quelques clics d’écran, pour enfin savoir c’est quoi, LGBTQIAP.

Lesbienne : Le ‘L’ de l’acronyme est associé au mot lesbienne. C’est probablement pas un grand choc pour toi, de lire ça. le L, c’est la lettre la plus connue. C’est pas pour rien qu’elle figure à la une des recherches sur les sites de pornographie. Une personne dite lesbienne, c’est une femme qui aime les femmes. Après ça, tous les stéréotypes qui en découlent, ils peuvent être vrais, dépendamment d’à qui tu demandes. Gai: Le ‘G’, c’est pour gai. Un garçon, qui aime les garçons. Encore une fois, il n’y a pas grand monde qui vont se questionner sur cette lettre là, elle est l’effigie même de la communauté. Ça ne sort pas de nulle part, lorsqu’on dit la ‘communauté gaie’, quand on connaît pas les autres lettres qui découlent du mouvement. Historiquement, c’est eux qui ont porté le flambeau de l’égalité sexuelle – et merci tellement, juste de même. Quand le VIH/Sida est apparu dans la société, c’est à eux, qu’on a fait porter le chapeau de la maladie. La communauté gaie, c’est la communauté mère, le bateau de l’homosexualité, qui vogue dans l’océan beaucoup trop étroit d’esprit. Pour les stéréotypes, encore là, ça reste à voir. Il y a des gais efféminés, comme il y en a qui te ferait probablement douter.

Bisexuel(le) : La Bisexualité, c’est ce qui est représenté en troisième, dans l’acronyme. Être bisexuel(le), c’est d’éprouver une attirance envers les deux sexes : hommes et femmes. La société dans laquelle on vit a une fâcheuse tendance à omettre la présence de personne bisexuelle, parce que depuis qu’on est tous enfant, on nous enseigne à voir en noir ou blanc, à choisir le bleu plutôt que le rouge, à se séparer en petites boîtes, et d’y trouver logis. La bisexualité, c’est d’aimer les deux. Autant le noir que le blanc, autant le bleu que le rouge, et de se trouver un petit abris, dans les deux boîtes. La chose qu’il ne faut pas oublier, avec les gens qui se disent bisexuel(le)s, c’est que peu importe ce qu’il y a entre les jambes de leur partenaire actuel, que ce soit un pénis ou un vagin, ils ne sont pas pour autant dégoûtés par l’un des deux, magiquement.

Transgenre : Le T, c’est l’ambigu du groupe, le petit canard noir de la communauté LGBT. On l’aime pour autant, même s’il a tendance à partir de son côté. Ça s’explique par le fait que le ‘T’ englobe toutes les orientations de genres, toutes les personnes qui ne sont pas cisgenres. Autant qu’il y a de manières d’être garçon ou fille, autant il y a de manières d’être ni un ni l’autre. C’est l’adolescent du groupe, parce qu’il apporte un vent de fraîcheur et qu’on a tendance à l’oublier, mais surtout parce qu’il a son propre fardeau de problèmes pressants. Le bathroom bill, aux États-Unis, c’est cette lettre là, qui se voit en souffrir.

Queer : (k-wee-r) Le Q cause le plus de controverse, dans le lot. Pour comprendre son sens, il faut faire un retour dans le temps, mettre nos petites bottes d’historiens, et comprendre l’histoire du mot. Queer, c’est un terme popularisé aux États-Unis, et ça signifie littéralement ‘étrange’. Dans le temps, on utilisait ce terme là pour représenter tout ce qui n’était pas ‘normal’. T’es un gars qui aime le rose ? Queer. Une fille qui aime passer du temps avec son meilleur ami ? Queer. T’en as pas, toi, d’amis ? Queer. Si t’étais pas comme ce qu’on nous montrait dans la boîte à couleur, t’étais Queer. C’est par après, quand les garçons efféminés se sont dit fièrement gais, qu’on a commencé à associer le terme à tout ce qu’il y avait de non-hétérosexuel. C’est pour ça qu’aujourd’hui, le mot Queer a le dos large, dans la communauté. On peut considérer que si tu t’identifies comme Queer, pour faire une brève analogie, c’est comme si tu mettais ton nom sur la liste de présence, mais que tu tenais pas nécessairement à t’asseoir à un bureau. Tu es là, tu es dans la communauté, peu importe ce que ça signifie pour toi.

Intersexe : L’intersexualité, c’est difficile à expliquer, surtout dans un dictionnaire de poche, comme celui là. En termes simples, c’est une situation chromosomique qui fait en sorte que quelqu’un naît avec les deux appareils génitaux. Ici vient donc le moment ou on fait l’avertissement de langage cru ; ce sont des gens qui naissent soit avec un clitoris plus large, ou des testicules et un utérus, ou même n’importe quelles autres variations de pénis-vagin que le corps humain peut créer, durant sa recherche de nouvelles manières de fabriquer un être humain.

Asexualité : On est loin des plantes, ici, les amis. Les gens asexuels – et non pas asexués -, ce sont des gens qui ne ressentent pas le désir d’avoir de relations sexuelles. Ce n’est pas nécessairement un problème de libido ou de partenaire qui sait pas tellement quoi faire, c’est souvent juste comme ça. Comme toi tu n’aimes peut-être pas les cornichons, les gens asexuels n’aiment pas le sexe. Ils ne sont pas pour autant des bêtes de foires, tu peux quand même passer une excellente soirée en compagnie de ton partenaire asexuel. Les ‘dates’, c’est aussi agréable.

Pansexuel(le) : Petit cours d’étymologie des mots ; comme dans pancanadien, le terme ‘pan’ signifie ‘tout’. Une personne pansexuelle est quelqu’un qui ressent une attirance envers une personne, peu importe son genre ou sexe. Si les bisexuels sont ceux qui se font maisons dans les deux boîtes, aiment le bleu et le rouge, le noir et le blanc, les personnes pansexuelles détruisent les boîtes, dorment ou ils le souhaitent, font du bleu et rouge un arc en ciel, et créent du noir et blanc un amas de différents tons de gris.

Finalement, comme toutes bonnes choses, plus il y a d’humain, plus il y a de différences. Aucune lesbienne n’est pareille, aucun vécu trans* n’est le même, et la pansexualité se vit différemment pour tous ceux qui se colle la lettre sur la peau. Au final, la communauté LGBT, elle est remplie de diversité, de couleurs qu’on a tendance à vouloir cacher, et de variété. Autant il y a de gens, autant il pourrait y avoir de lettres. Ces lettres là, elles sont un indicatif d’une réalité, sans en être la définition. Fiez vous à vos amis qui se disent LGBT, pour comprendre leur vision de la chose. Les stéréotypes sont un peu plates et plus tellement actuels, en plus. J’ai beau en connaître, des choses, je ne peux pas parler pour tous ceux qui prêtent leurs voix au mouvement, et je ne peux pas vous dire comment être un bon membre de la communauté LGBT. Si vous êtes hétérosexuels, sentez vous bien à l’aise de marcher à côté de nous dans les parades et de dessiner un petit arc-en-ciel sur votre bras, si ça vous chante. Les alliés, ils sont force intégrale du changement, et c’est aussi par vous, que passe le message.

Gabrielle Hurteau,

Collaboratrice spéciale

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