Bien-être

L’identité de genre est une construction sociale

Oui, le genre n’existe (presque) pas. Tout comme plein d’autres choses : la virginité, la supériorité blanche, l’argent, la hiérarchie sociale. Mais constructions ou non, on vit dans une société (surprise!), donc ces choses semblent très réelles. Ces constructions affectent notre perception des autres et de nous-même, tout en nous faisant douter de notre valeur en tant que citoyen.ne. On rejettera une jeune fille car elle n’est pas vierge, on exclura un couple d’amis de nos soirées car iels n’ont pas beaucoup de sous, on ne trainera pas avec une certaine personne car iel n’est pas populaire et j’en passe. On base nos jugements quotidiens sur des piliers de bois qui sont plus ou moins stables, sans se questionner du pourquoi de leur existence.  

Mais bon.  

Même si beaucoup de personnes non-binaires savent que le genre est une construction sociale, cela ne les empêche pas de se définir hors de la binarité F et M. Pourquoi ? 

Parce qu’au fond, on s’en fout. 

 

And what about it? 

 

Le genre est un spectre, un peu comme un arc-en-ciel. C’est fluide également, il peut varier d’année en année, de mois en mois, de semaines en semaines ou de jours en jours. Les nombreuses personnes non-binaires qui peuplent la Terre, en s’affirmant publiquement, ont laissé le confort que la binarité nous offre tous.tes derrièreJe parle beaucoup des conséquences négatives de cette construction sociale dans mon texte, mais pour certaines personnes, la binarité est un point de repère, quelque chose de familier : cela ne fait pas d’elleux de mauvaises personnes ! Il faut seulement se rappeler que tout le monde n’est pas cis et que tout le monde n’est pas familier avec la communauté LGBTQIA2+ non plus. Je crois que se rappeler que tout le monde ne pense pas comme soi est important, pour ne pas rester pris.e dans une pièce à échos, à toujours entendre des opinions semblables aux nôtres. Cela étant dit, ne te sens jamais obligé de rester silencieux.euse face à un débat dans lequel tu souhaites prendre parole ! Communique ton opinion, haut et fort, même si personne d’autre dans la pièce n’approuve tes idées 

Donc je te comprends, ça peut être un peu dur de suivre tes proches non-binaires si iels sont genderfluidmais je te jure que ce n’est pas compliqué. La communication est la clé ! L’adaptation peut être difficile au début, mais avec le temps, tout se place. Comme le genre est un spectre, ne pas assumer le genre d’une personne en la voyant physiquement va de soi. C’est pour cette raison que demander les pronoms d’une personneen la rencontrant est primordial. Tu apprendras à mieux connaitre cette personne en plus de connaitre son nom sans avoir de small talk qui ne semble plus finir. 

Alors pourquoi n’est-ce pas la norme ? 

Parce qu’il y a tout plein de gens venant de milieux différents qui n’acceptent pas cette réalité. Non, les personnes transphobes ne sont pas juste des mononcles baveux en bedaine avec une bière à la main. Il y a les TERFS, trans exclusionnary radical feminists. Un très bon exemple serait J.K. Rowling, l’autrice de la série Harry Potter. Elle s’est prononcée à multiples reprises publiquement sur son compte Twitter, pour traiter les femmes trans comme « ne représentant pas l’expérience féminine biologique ». Ou encore quand, en partageant une publication sur la précarité menstruelle, elle s’exclama que « seules les femmes peuvent avoir des menstruations, je ne comprends pas pourquoi on dit les personnes ayant des menstruations! »  Si tu ne comprends pas la nuance de ses propos, de la manière inclusive, on dit « les personnes ayant des menstruations » pour inclure les personnes qui menstruent, mais qui ne s’identifient pas comme étant femmes. Par exemple, moi j’ai des menstruations, mais je ne m’identifie pas comme étant femme.  Ce n’est pas aussi transparent comme transphobie que Trump par exemple, mais c’est tout de même de la transphobie. On pourrait décrire J.K. Rowling comme étant une adversaire passive. Elle va avoir des propos transphobes, mais elle ne dira jamais qu’elle est transphobe et fière, par exemple (ce qui peut être le cas d’adversaires plus actifs, comme observé dans des groupes d’extrême droite.). La saga littéraire a une grande valeur sentimentale pour plein de gens dans ma communauté, donc à ce moment-là, on peut se demander si on devrait séparer l’œuvre de l’artiste. Tout cela vaut son propre débat, mais je recommanderais l’article sur le sujet du Journal!

 

Devrait-on dissocier l’œuvre de l’artiste ?

 

Parfois, on peut se sentir comme si nous ne méritions pas d’humanité, comme si nous avions le monde à dos. Mais c’est faux. Nous sommes forts.es, intelligents.es, passionnés.es. Nous méritons nos droits. Nous méritons notre humanité. Nous méritons nos vies. Des vies longues et prospères, remplies de joie et de simplicité. Nous méritons de vieillir, d’enterrer nos adelphes car iels ont été rattrapés par le temps, non par une voiture de police. 

Pis les rôles de genre, eux ? à

Vu qu’on sait à présent que l’identité de genre est une construction sociale, les rôles de genre peuvent sembler encore plus ridicules. Si tu ne le savais pas déjà, les rôles de genre sont des choses qu’on attribue à un côté ou à l’autre de la binarité. Par exemple : les robes c’est pour les filles, les camions c’est pour les garçons, etc. Tu peux comprendre que pour certaines personnes non-binaires, ces choses n’ont aucune importance, vu que notre genre peut être à un bout ou l’autre du spectre, dans le milieu, partout ou pas du tout ! Tu l’auras peut-être deviné, mais les rôles de genre sont également des constructions sociales, ne remontant pas plus loin qu’à la mort de la monarchie française. Effectivement, avant cela, les hommes portaient bien souvent des robes. Marie-Antoinette, étant très influente du côté de la mode en France, a popularisé le rose pour les femmes, trouvant la couleur ravissante et féminine. Plein d’évènements comme celui-ci ont construit peu à peu ces normes sociales. Allant de la tenue vestimentaire jusqu’à la possibilité d’avoir un emploi ou encore un compte de banque. Savais-tu qu’avant la colonisation de l’Amérique, dans plusieurs communautés autochtones, certaines personnes s’identifiaient comme étant 2 spirits ? C’est encore le cas aujourd’hui d’ailleurs, le chiffre 2 dans l’appellation de la communauté LGBTQIA2+ est présent pour cette raison. La binarité des genres n’est apparue en Amérique qu’après la colonisation. C’est également pour cette raison que la solidarité entre les communautés BIPOC (Black, Indigenous and People of coloret la communauté LGBTQIA2+ est primordiale. Sans les communautés BIPOC, les droits civils des personnes faisant partie de ma communauté n’auraient jamais été accordés. Sans Marsha P. Johnson, Sylvia Rivera ou encore Stormé DeLarverie, nous n’aurions pas de droits.  

Quelles sont les conséquences de ces constructions sociales ?             

       

J’en avais déjà parlé dans mon article précédent, mais l’espérance de vie des personnes trans en Amérique est réduite de presque 75%. Le risque de perdre la vie en étant une personne trans BIPOC est encore plus élevé. On peut donc dire qu’une des conséquences de ces constructions sociales est le taux de mortalité beaucoup plus élevé que la moyenne des personnes trans.  La peine de mort pour homosexualité qui est encore présente dans plus de 70 pays, l’itinérance des personnes LGBTQIA2+ rejetés.es par leur communauté et j’en passe. Les conséquences de l’identité de genre et son importance dans nos jugements va au-delà d’un simple vernis à ongles ou d’un hashtag.  

J’avoue aimer le vernis à ongles. J’avoue partager beaucoup (énormément) de publications Instagram sur beaucoup de sujets qui me passionnent. J’avoue partager des hashtags parfois, voulant montrer mon soutien pour une certaine cause, mais n’ayant pas nécessairement les moyens financiers pour aider. Mais je ne pourrai jamais me contenter de cela. 

« Politics doesn’t interest you because you have no interest in changing a world that suits you so well. » 

-Enola Holmes, 2020 

(Le monde politique ne t’intéresse pas, car tu n’as rien à gagner en changeant un monde qui te privilégie.) 

  

Pourquoi est-ce important de respecter les pronoms de quelqu’un ? 

J’ai souvent croisé des personnes qui ne comprenaient pas l’importance de respecter les pronoms d’une personne.  

« Ce ne sont que des pronoms ! Je ne me fâche pas quand quelqu’un me dit monsieur à l’épicerie : ça peut arriver à tout le monde, je ne comprends pas le problème. » 

Si tu es une personne cis, tu ne comprendras probablement jamais le sentiment qui nous habite quand quelqu’un ne respecte pas nos pronoms. Un mélange de colère et de tristesse avec une touche de doute. Cette émotion qui nous submerge dans ces moments nous fait du mal.  

Si tu es une personne cis, on n’a probablement jamais douté de ton identité. On ne t’a jamais demandé si tu étais sûr.e, si ce n’était qu’une passe ou encore si tu n’étais pas possédé.e par un démon (oui, il y a des vraies personnes qui disent ce genre de choses.). Notre identité, notre validité en tant qu’êtres humains respectables est constamment remise en question par des personnes qui ne sont pas concernées. 

On n’a jamais douté de ce qui t’habite, de ce que tu es.  

Alors dis-moi : ce virus, ce n’est pas si le fun hein ? 

Je te comprends. Moi aussi je trouve l’adaptation difficile. 

Mais si tu es capable de faire tes cours sur un ordinateur dans l’ombre d’une pandémie mortelle mondiale, je crois que tu es capable de bien genrer ton ami.e. 

 

Donc voilà, j’espère que tu as appris une chose ou deux. À la prochaine ! 

Jo (iel/il) 

 

 

 

 

 

Pourquoi est-ce que ça siffle dans mes oreilles?

Je me rappelle qu’en troisième secondaire, dans le cours de sciences, nous avons parlé d’acouphènes, des bruits parasites dits inexistants tels des sifflements, des bourdonnements ou des cliquetis. Ce que l’enseignante nous disait était que ces sons fantômes se développent généralement chez les personnes âgées, cependant, à sa grande surprise, plusieurs de mes camarades de classe se sont plaint des mêmes symptômes.  Dans ce texte, vous pouvez trouver les causes, les conséquences et les solutions de ce problème.  

 

Les causes 

Premièrement, il y a la détérioration des mécanismes de l’audition qui touche souvent les personnes âgées. Deuxièmement, la biologie, il est prouvé que les hommes ont plus de chances de souffrir du trouble. Et troisièmement, l’exposition excessive au bruit, c’est pour cela que les personnes les plus à risques sont : 

  • Les travailleurs en milieu industriel, ce n’est pas une coïncidence s’ils portent souvent des coquilles anti-bruit ou des bouchons ; 
  • Les camionneurs, un douze roues, ce n’est pas ce qu’il y a de plus silencieux; 
  • Les soldats en zone de conflit, comme dans les films quand une bombe explose et qu’on entend un sifflement ; 
  • Les musiciens, après avoir été à une pratique de l’harmonie, j’ai cru devoir célébrer les funérailles de mes oreilles ; 
  • Et ceux qui écoutent de la musique ou des vidéos à un volume élevé avec des écouteurs, ces derniers représentent bien notre tranche d’âge, vous ne trouvez pas?  

 

 

Pour la suite, concentrez-vous sur le dernier énoncé. 

Aux États-Unis, en 2013, le nombre de cas d’acouphène est évaluée à 7,5 % chez les 12 à 19 ans, ce qui correspond à environ 2,5 millions de jeunes. La majorité qui en souffrait avaient une audition normale et l’acouphène était souvent augmenté par l’exposition à la musique forte. 

Vous voyez, l’oreille interne est tapissée de milliers de cellules auditives qui sont si fragiles qu’une fois détruites, elles ne se régénèrent pas. Une exposition régulière à un nombre trop élevé de décibels (unité de mesure du niveau sonore) entraîne des dommages permanents aux cellules auditives à la longue. Il peut arriver aussi qu’une exposition unique à un son violent tout près de l’oreille provoque une atteinte irréversible des cellules auditives, comme à l’exemple donné pour les soldats. 

 

Les conséquences 

À part les bruits typiques entendu par ceux touchés, l’acouphène peut occasionner du dérangement, de l’anxiété, de l’irritabilité, des troubles de sommeil. Il peut mener à un diagnostic de trouble émotionnel anxieux ou, rarement, de dépression chez les adolescents. Les difficultés de concentration sont plus fréquentes pour les 14-15 ans (jusqu’à environ 66,9 % des cas). Dans les cas que j’ai pu étudier en secondaire 3, le bruit en continu était si dérangeant que certains essayaient de l’enterrer en écoutant leur musique encore plus fort, ce qui ne peut qu’empirer le trouble. 

 

Les solutions 

Bien sûr, il faut éviter de s’exposer inutilement et trop souvent à des volumes sonores très élevés ou même moyennement élevés. J’ai remarqué que plusieurs compagnies de téléphone intelligent ont ajouté des avertissements concernant les troubles auditifs. Par exemple, LG émet un message disant « l’écoute prolongée à volume élevé peut endommager l’ouïe » tandis que Samsung change la  (voir image ci-dessous) quand le niveau de décibels devient trop grand. En cas où les acouphènes se sont déjà emparés de vous, réduire et gérer son stress et son anxiété serait une bonne idée puisqu’ils sont des éléments aggravants, donc on recommande de pratiquer la relaxation, la méditation, le yoga, une activité physique, etc. 

 

 

Pour conclure, baissez le volume de votre musique et réduisez votre stress, car il est important de prendre soin de soi, surtout quand on est si jeune et qu’il nous reste beaucoup de temps.  J’espère que vous comprenez le message que j’essaie de faire passer en écrivant ce texte. À la prochaine. 

 

 

Par Auralie Goudreault 

 

Bibliographie :  

LE QUEERBATING, C’EST QUOI ?

La semaine dernière, je regardais mon fil d’actualité sur Instagram quand j’ai vu plusieurs personnes partager une photo de Jay Du Temple, ce dernier portant une robe.  

Des mentions, des commentaires admiratifs, il en pleuvait.  

 

“Si innovateur !” 

“Merci de montrer l’exemple à nos enfants.” 

“Le roi de la destruction des rôles de genre !” 

 

J’ai effectué un rictus plutôt agacé, mais me suis retenu.e de faire un commentaire, croyant que je serais le.la seul.e à être frustré.e de la chose. 

Puisles jours suivants, j’ai vu plus d’une publication qui dénonçait son action. J’ai alors compris que mon agacement n’était pas isolé. Un mot est apparu alors : le queerbating. Qu’est-ce que c’est ? C’est ce que je vais essayer de t’expliquer, tout en donnant mon avis aucunement neutre. 

 

C’EST QUOI LE PROBLÈME ? 

Comme je l’ai dit précédemment, Jay Du Temple, animateur d’Occupation Double depuis quelques années maintenant, a pris la décision de mettre une robe pour animer l’émission de téléréalité la semaine dernière. Les acclamations venant du public n’ont pas tardé à suivre sa publication Instagramva voir de toi-même, je t‘en prie 

 

Donc. 

Que Jay porte une robe, ça peut paraitre révolutionnaire d’un point de vue extérieur.  

Le problème, ce n’est pas la robe, le maquillage ou le vernis à ongles. Au contraire, c’est bien que Jay se sente à l’aise dans son milieu pour s’exprimer à travers son habillement. 

Ce qui me dérange, c’est le crédit que les gens lui attribuent, parce que Jay est loin d’être la seule personne à porter des robes, mettre du maquillage et porter du vernis à ongles. 

Non, Jay ne déconstruit pas les rôles de genre à lui seul. 

Non, ce que Jay a fait, ce n’est pas innovant. 

 

C’EST QUOI, LE QUEERBATING ? 

Volontairement ou pas, Jay imite des pratiques inventées et popularisées par la communauté LGBTQIA2S+, dans le but d’attirer, parmi les téléspectateurs, les personnes queers. 

Mais tu t’en doutes bien, Jay n’est pas le seul à utiliser cette technique dans le milieu. 

Le queerbating, c’est quelque chose que nous connaissons tous.tes un peu, mais dont on ne connait pas nécessairement le terme. 

Un très bon exemple de queerbating est quand des séries télés sont vantées pour leur diversité, se disant super inclusives représentant les minorités les plus démunies. Puis tu t’installes confortablement sur ton canapé, ouvre ton téléviseur, regarde un épisode, un autre, encore un autre… Pour découvrir que la représentation, elle dure trente secondes, dans le sixième épisode et que la personne queer, c’est la sœur de l’ami de l’oncle du personnage principal. 

 

Non, ceci n’est pas de la représentation juste, désolé.e de péter ta balloune. 

 

Le but de ces producteurs est alors atteint : attirer les personnes queers vers ces produits, pour capitaliser sur leur manque de représentation dans notre société. Ces séries et films sont, pour la vaste majorité, produits par des personnes qui ne font pas partie de la communauté LGBTQIA2S+. 

 

COMMENT DEVRAIT-ON LE PRENDRE ? 

Personnellement, je n’aime pas être représenté.e dans les médias par des personnes qui ne font pas partie de ma communauté. Je sais que je ne suis pas seul.e, à trouver ce genre de pratiques pathétiques. Par contre, je sais également que plusieurs personnes de ma communauté n’y voient pas de problèmes.  

Des productions faites par les Queers, pour les Queersil y en a. 

Je ne prends pas les actions de Jay Du Temple comme étant vilaines, je crois sincèrement que ce n’était pas son intention. Par contre, que ça ait pris Jay Du Temple, un homme cishétéro et blanc pour “normaliser” ces pratiques, ça me frustre ! 

 

NON, CISGENRE ET HÉTÉRO NE SONT PAS LA NORME 

Quand j’ai aperçu les commentaires de sa publication Instagram, je suis resté.e perplexe face à plusieurs réactions, dont une s’étant inscrite en caractères gras dans ma tête : 

 

 

 

“Merci Jay, de normaliser le vernis à ongles pour les petits gars. La prochaine fois que mon enfant me demandera s’il peut en mettre, je n’hésiterai pas à lui dire oui ! 

 

 

 

Ce commentaire m’a mis la puce à l’oreille, pour être très honnête. 

Donc, quand des personnes LGBTQIA2S+ se mettent du vernis à ongles, des paillettes sur les yeux et des robes, est-ce autant révolutionnaire que quand Jay le fait ?  

Est-ce que tu vas sentir que ça devient plus normal ? Est-ce que tu vas t’exclamer de la même manière que quand Jay l’a fait ? 

Impliquer que ça ne devient normal que quand les personnes cisgenres et hétéro le font, c’est impliquer que ces groupes de personnes sont la norme. 

Je ne vais pas te mentir, c’est encore la norme dans notre société. Mais c’est une norme qu’il faut qu’on déconstruise. Parce quêtre cisgenre et hétéro, c’est le paramètre par défaut qu’on applique à un étranger, jusqu’à preuve du contraire. 

 

DONNER CRÉDIT AUX BONNES PERSONNES 

Il est capital de reconnaitre la communauté d’où viennent ces tendances. Il est capital de donner autant d’importance aux personnes à l’origine de la culture qu’aux personnes qui se l’approprient. Il est capital d’inclure ces communautés invisibilisées, dans toutes les sphères de notre société, qu’il y ait des caméras qui tournent ou pas. 

 

Il est capital de se souvenir de l’histoire de la communauté LGBTQIA2S+, de l’enseigner dans nos écoles, en montrant du respect pour ces personnes. 

 

Au moins 350 personnes transgenres à travers le monde ont été assassinées cette année. En ce 18 novembre, nous en sommes à la 324e journée de cette année 2020. Ceci est sans compter les personnes qui ont survécu aux agressionsen gardant de grandes cicatrices émotionnelles.  

Nous ne pouvons pas nous contenter de porter des robes durant des émissions ou sur des pages couverture de magazines, de mettre des paillettes sur nos yeux durant les tapis rouges et de mettre du vernis à ongles en allant à l’école. 

 

 

QUE FAIRE POUR Y REMÉDIER ? 

En parler autour de soi, c’est la moindre des choses. La prochaine fois que tu rencontres quelqu’un, demande-lui quels sont ses pronoms.

Informe tes amis, ta famille. Informe-toi, lis des articles de journal (comme celui-ci !), des livres écrits par des personnes queers, regarde des documentaires.

Notre meilleure arme contre les LGBTQIA2S+phobies, c’est l’éducation. 

 

Jo Brouillet (iel, il) 

Semaine de la prévention des dépendances

Du 15 au 21 novembre 2020 se tient la semaine québécoise de la prévention des dépendances.

Cette année, l’accent de la campagne est mis sur la capacité d’adaptation. L’être humain est appelé à s’adapter à divers changements ou situations, et ce, depuis toujours. Cela est d’autant plus vrai dans le contexte que nous vivons présentement.

Il importe donc de développer des capacités d’adaptation qui soient positives. En prenant soin de ta santé physique et psychologique, en continuant d’entretenir des relations saines avec ta famille et tes amis, en continuant de te mobiliser pour ta réussite, en ayant des projets.

Face à une difficulté, établis tes priorités et identifie plusieurs solutions possibles. N’hésite pas à demander de l’aide à tes parents, tes amis, tes enseignants, aux intervenants de l’école ou encore ou différentes ressources disponibles.

 

L’important est que tu sois actif dans la recherche de solutions. Ainsi, tu développeras tes compétences personnelles, te rendant ainsi plus apte à faire des choix éclairés notamment en matière de consommation ou de toute autre forme de dépendance.

 

 

Si tu as des questions ou besoin d’aide, n’hésite pas à consulter un intervenant de l’école :

 

· Les TES (locaux : A-134.2, C-175, C-177.1, C-185, N-101.1, N-104)

· Les psychoéducateurs (local C-231)

· L’infirmière (local A-132)

 

Tu peux également communiquer avec les ressources disponibles :

Uniatox : 450-968-0363 www.uniatox.org

 

Services psychosociaux du CLSC:

811

-Centre de réadaptation en dépendance de Lanaudière : 450-492-7444 www.crdlanaudiere.ca

-Tel-Jeunes : 1-800-263-2266 www.teljeunes.com -Jeunesse J’écoute : 1-800-668-6868 www.jeunessejecoute.ca

 

 

 

Yanik Labelle, psychoéducateur

Les jupes à Armand-Corbeil

Dans les dernières semaines, vous avez probablement vu plusieurs garçons se promener en jupe dans l’école. Vous avez peut-être même entendu ou lu dans les médias à propos de ce mouvement. En effet, à travers le Québec, des adolescents ont porté des jupes à l’école. Ils n’ont pas fait cela seulement pour le plaisir, mais pour dénoncer des pensées et des actes.

 Tout a commencé lorsque, le 2 octobre 2020, Tom Ducret-Hillman a publié une vidéo et des photos sur Instagram à ce sujet. Dans sa publication, on pouvait voir Tom et son ami portant des jupes. En lisant les commentaires qu’il avait écrits en dessous de la vidéo et des photos, on peut comprendre que Tom a réalisé cet acte pour prouver que le code vestimentaire ne fait aucun sens. De plus, on peut comprendre qu’il souhaite prouver que les vêtements n’ont pas de genres et pour dénoncer l’hypersexualisation des femmes.

 Par la suite, le mouvement est devenu populaire lorsque, le 4 octobre 2020, Guillaume Déry a publié une photo de lui et de plusieurs garçons portant des jupes. Cette photo a fait le tour du Québec et a récolté plus de 87 000 mentions « j’aime »! Dans les commentaires de sa publication, il dénonce l’hypersexualisation des femmes. Il affirme aussi que ce n’est pas de la faute des filles si les garçons passent des commentaires ou exécutent des actions inappropriées.

 À Armand-Corbeil, plusieurs personnes se sont mises en jupe ou en robe le 7 octobre 2020. Lorsque j’ai parlé à des garçons qui s’étaient vêtus de la sorte, j’ai été très étonnée, car la plupart des actions ou paroles négatives qu’ils avaient reçus venaient des élèves. Les finissants à qui j’ai parlé se sont fait dire par les surveillantes qu’ils étaient beaux et qu’ils étaient gentils de s’être mis en jupe. Cependant, lorsqu’on entend ce qu’ils se sont fait dire par leurs camarades, on retrouve plus d’aspects néfastes. Ils ont reçu des commentaires négatifs et déplacés, ils se sont sentis jugés par des regards et, le pire de tout, ils ont entendu qu’ils n’étaient pas des vrais hommes. C’est la preuve que ce mouvement n’est pas seulement à propos de changer le code vestimentaire, mais aussi de changer les mentalités.

De droite à gauche : William Chérard-Pham – Édouart Dalphond – Noah Legault

Cela était pour les garçons. C’est important de préciser cela, car certaines filles ont aussi pris la décision de se mettre en jupe ou en robe cette journée-là. Cependant, elles ont reçu une réponse tout à fait différente des surveillantes. Une d’entre elles raconte son expérience sur Instagram. Alors que Marie-Jeanne Ouellette, élève de secondaire 5, marchait dans les corridors sur l’heure du midi, elle s’est fait avertir. Vous pourrez le deviner, parce que sa jupe était trop courte. Elle raconte que malgré le fait que sa jupe lui arrivait à la mi-cuisse, ce qui est conforme au code vestimentaire, une surveillante a insisté qu’elle était trop courte. En parlant aux garçons, ces derniers m’ont assuré qu’ils ne s’étaient pas fait avertir. Preuve que nous avons encore du chemin à faire.

 Pour en revenir à Tom Ducret-Hillman, le 7 octobre, il a publié une photo à propos du mouvement sur son compte Instagram. En commentaire, Tom demande à tout le monde de ne pas traiter ce mouvement comme une tendance. Et de continuer à porter la jupe. Il précise qu’il ne demande pas aux gens de la porter à tous les jours, mais de seulement incorporer la jupe dans leur garde-robe. Il continue en disant que nous devons éduquer les autres à avoir un esprit plus ouvert et à tous se respecter peu importe qui nous sommes. Il finit en mentionnant que nous devons continuer à nous battre pour changer les mentalités.

Tout cela signifie que c’était bien de porter la jupe, mais que si nous voulons faire un changement concret, nous devons continuer à poser des actions. Nous devons continuer à montrer que ces injustices et ces mentalités n’ont pas leur place. Nous devons continuer à nous battre pour ce en quoi nous croyons.

Éliza Nadeau

Source :

https://www.lesacdechips.com/2020/10/06/des-garcons-quebecois-mettent-une-jupe-pour-aller-a-lecole-pour-protester-contre-des-mesures-sexistes 

Marie-Jeanne Ouellette, Thomas Lahaie, Mika Daoust, Alexandre Tremblay, Felix Parent, Mathieu Lapointe, Zachary Hébert

Le compte Instagram de Tom Ducret-Hillman et de Guillaume Déry

JE NE SAIS PAS PAR OÙ COMMENCER

Dernièrement, un mouvement de solidarité a gagné en popularité dans la région de Montréal: mettre des jupes, plus ou moins courtes, pour dénoncer l’hypersexualisation des corps adolescents causée par le code vestimentaire au secondaire. Mon problème? C’est ce que je vais essayer de t’expliquer.

Bon.

Si tu as vu les images passer, tu sais de quoi je parle. Des gars, majoritairement cisgenres, se vêtissent de jupes en ce moment. Je crois que ce mouvement partait d’une bonne intention (du moins, je l’espère): dénoncer le code vestimentaire qui est hypersexualisant. Ça, c’est bien. C’est même super. Le journal Montreal Gazette en a fait un article, Xavier Dolan a reposté les faits à ses collègues américains, qui se sont empressés de faire part de leur admiration envers ces jeunes hommes.

 

Si brave, si intelligent, tellement woke!

Puis après, ça arrive jusqu’à nous, à notre école.

Oui, Armand-Corbeil a eu droit à son moment de gloire, elle aussi.

Puis, encore une fois: ce sont les applaudissements, les acclamations et la reconnaissance qui les entourent.

Vraiment bien, hein?

Sais-tu ce qui est encore mieux?

 

Le Carré Jaune. Est-ce que tu t’en souviens?

 

Deux membres du mouvement des carrés jaunes de l’école Joseph-François-Perrault.
PHOTO : RADIO-CANADA
Le mouvement des carrés jaunes a récemment vu le jour à l’école secondaire Joseph-François-Perrault à Québec. À travers ce symbole, des étudiantes cherchent à exprimer leur « ras-le-bol » du code vestimentaire qu’on leur impose.

 

 

Le Carré Jaune, c’est une initiative qui exposait les mêmes convictions que les jupes: mettre fin à l’hypersexualisation de nos corps à tous.tes dans le milieu scolaire. Ce mouvement était mené par plusieurs élèves, majoritairement des filles, partout dans Montréal et Lanaudière. Le groupe a fait plusieurs journées de contestation, enfreignant le code vestimentaire, pour se faire entendre.

Maintenant, je vais te poser quelques questions:

· Est-ce que le journal Montreal Gazette a fait un article sur le carré jaune?

· Est-ce que Xavier Dolan a reposté le mouvement sur ses réseaux?

· Est-ce que les personnes qui ont participé au mouvement ont été acclamés.es avec autant d’admiration que les garçons en jupe?

 

Non.

Non.

Encore non.

Iels ont tous.tes été renvoyés.es chez eux.elles, sans justification.

 

 

 

AMPLIFIER LES VOIX DES CONCERNÉS.ÉES

 

Mon problème, c’est qu’on perd un peu de vue notre but de départ: désexualiser nos corps en milieu scolaire. Car en ce moment, la lumière brille seulement sur ces garçons. Bien que le dialogue soit important, les principaux.ales concernés.es ne sont pas plus écoutés.es qu’avant (ces personnes étant celle.eux qui ont des corps “passant” pour une femme.

Étant une personne non-binaire très fem-passing, mon corps fait partie de ceux qui sont hypersexualisés en milieu scolaire par le code vestimentaire.

Mais bon, on ne sait pas trop où me caser, donc on me garde dans la boite “femme”.

Personnellement, ça ne fait que m’indigner encore plus.

Je crois que notre colère est justifiée, amplement.

 

OÙ ÉTAIT CETTE ÉNERGIE-LÀ?

 

Il y a un truc qui me titille un petit peu dans toute cette histoire-là.

Tsé là, les personnes LGBTQIA2S+?

Ça te dit quelque chose?

Moi, oui.

Ça me parle un peu, beaucoup.

 

J’ai une autre question pour toi (oui, encore, je sais, ça commence à ressembler à La Classe de 5e tout ça, mais je te jure que c’est pertinent): j’ai un bon ami à moi. Ses pronoms sont il/lui.

 

Il est ouvertement gai depuis plusieurs années. Il porte souvent des crop tops et des jupes.

Mais détrompe-toi. Lui, on ne l’acclame pas.

On le hue.

On le regarde mal.

On le juge à haute voix.

Mon ami ne se sent pas en sécurité quand il s’exprime à travers sa tenue.

Mon ami, un homme gai, en 2020, n’est pas en sécurité quand il porte sa jupe.

Ton ami, cisgenre et hétéro, obtient un article dans le journal quand il porte sa jupe.

Je ne sais pas toi, mais moi, ça me titille. Un peu, beaucoup.

Donc, mes questions:

· Quand vous allez parler à la place des corps sexualisés, chers garçons en jupe, allez-vous nous laisser la parole?

· Allez-vous inclure les personnes LGBTQIA2S+ dans votre lutte?

· Qui allez-vous accuser?

· Allez-vous consulter les concernés.ées?

· Allez-vous décortiquer toutes les couches du problème ou en rester à la surface.

· Êtes-vous prêts à ne pas assumer le genre de quelqu’un sur son apparence?

· Êtes-vous prêts à désexualiser tous les corps?

· Êtes-vous prêts à nous écouter?

 

 

PUIS L’AUTORITÉ DANS TOUT ÇA?

 

L’autorité, dans une société, sert à désigner ce qui est acceptable ou non de poser comme geste.

Par exemple, le meurtre, c’est mal. Le vol, c’est mal. La pédophilie, c’est mal. Je crois que tu sais où je veux en venir. Donc, naturellement, on s’attend à ce que l’autorité condamne ce genre de comportements.

Quand on dit à une jeune fille de retourner chez elle à cause de sa tenue, on implique beaucoup de choses.

Sa tenue pose un problème, puisque qu’on l’a interpellée pour cette raison.

Pourquoi? La figure d’autorité présente dira sûrement quelque chose du genre “ce genre de vêtement déconcentre la clientèle masculine qui fréquente notre école”. Or, extrêmement rares sont les cas où un garçon a proclamé haut et fort à une personne en position d’autorité son inconfort face à la tenue d’une autre personne.

Alors, pourquoi est-ce qu’on avertit quand même?

La réponse, cher.ère, elle est un peu fâcheuse.

Donc.

Quand ma tenue n’est pas adéquate, c’est parce que cette dite autorité y a vu un problème. Le problème, c’est que c’est trop vulgaire. C’est trop sexy. C’est trop provocant. Le problème, c’est l’image que cette tenue renvoie.

L’image que les gens voient.

Est-ce que cela veut dire que cette figure d’autorité me voit, moi, jeune adolescent de 15 ans, comme étant sexuel? Mon corps est-il dérangeant pour cette autorité? Me pense-t-il comme étant sexy, du haut de mes 15 ans?

Est-ce que mon corps dérange ces adultes qui sont censés me protéger?

Car la pédophilie, c’est mal.

Mais les comportements normalisés qui découlent de cette pathologie, ce n’est pas mieux.

L’hypersexualisation des adolescents.es, ce n’est pas correct. Ça doit s’arrêter. Tout de suite.

 

Cordialement, Jo Brouillet (il/iel/lui)

Un organisme qui a besoin d’aide

Je m’appelle Anne-Sophie Michel et je suis en 4e secondaire.
Pour commencer, durant le confinement, je me suis renseignée sur les organismes sociaux qui aident les personnes ayant des pensées suicidaires à passer par-dessus. J’ai trouvé le CPSL (Centre de Prévention du Suicide de Lanaudière) et j’ai fait des recherches.
Je voulais faire quelque chose d’utile et qui sauverait des vies; alors, j’ai fait un texte que j’ai publié sur Facebook pour inciter les gens à faire un don pour cet organisme-là. 

Quelques petites statistiques pour vous :

· 3 Québécois se suicident chaque jour

 

· Les trois quarts de ces victimes sont des hommes, malgré que le taux d’hospitalisations après une tentative de suicide est plus élevé chez les femmes de 15 à 19 ans.

 

· Toujours au Québec, les personnes qui sont passées à l’acte sont majoritairement âgées entre 50 et 64 ans.

 

· En 2016, 11,8% des Canadiens disaient avoir déjà eu des pensées suicidaires à un certain moment de leur vie et 3,1% ont fait une tentative au cours de leur vie.

 

Vous le savez peut-être, je suis très touchée par cette cause, car des personnes importantes de mon entourage (sept, pour être plus précise) ont eu des pensées suicidaires et certaines ont failli passer à l’acte. Je ne me verrais pas sans elles et c’est pour cette raison que je voudrais les aider le plus possible.

Il est temps plus que jamais d’aider les personnes qui en ont besoin. Durant la pandémie, nous avons été enfermés à la maison et certaines personnes sont restées seules. Notre niveau de stress a augmenté juste à penser au futur avec le virus. C’est dur et tout le monde le sait. Il ne faut pas oublier qu’il existe des organismes prêts à vous écouter et vous rassurer comme:

Tel-Jeunes: https://www.teljeunes.com/Accueil

Jeunesse, J’écoute: https://jeunessejecoute.ca

Centre d’écoute

LigneParents: 1 800-361-5085

les centres de prévention du suicide: 1 866-APPELLE (1 866 277 3553)

Malgré tout, nous devons rester fort.

Il y a un organisme que j’aimerais vous faire connaître. Vous devez l’avoir deviné avec toutes les statistiques : le Centre de prévention du suicide. Il en existe un dans chaque région, mais j‘aimerais me concentrer sur le CPSL (Centre de prévention du suicide de Lanaudière). C’est un organisme qui aide les individus ayant des pensées suicidaires à s’en sortir et qui pourrait, un jour, venir en aide à quelqu’un de votre famille.

En faisant un don à l’adresse ci-dessous, vous pourriez contribuer à sauver plusieurs vies.

 

L’argent amassé permettra d’organiser des activités et/ou des projets, toujours dans le but de les aider. Selon moi, chaque vie compte.

J’aimerais dire un gros merci à toute l’équipe du CPSL qui m’a aidée dans ma démarche. Ça m’a ouvert les yeux et c’est grâce à vous.

 

Si vous désirez faire un don, il y a plusieurs façons mises en place :

· Don en ligne : https://app.simplyk.io/fr/donation-form/14c81066-d634-4840-ab5d-8582167e57e4?&lng=fr

· Don postal par chèque

· Don in memoriam (en mémoire d’un proche)

Toutes les informations sont disponibles au https://cps-lanaudiere.org/je-veux-mimpliquer/#don

Donc, voilà où j’en suis. 

Au plaisir

Par Anne-Sophie Michel

La discrimination s’installe

« DROITS À L’ÉGALITÉ

Égalité devant la loi, égalité de bénéfice et protection égale de la loi

  1. (1) La loi ne fait exception de personne et s’applique également à tous, et tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment des discriminations fondées sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, la race, l’âge ou les déficiences mentales ou physiques. »

– Extrait de la Charte canadienne des droits et libertés

 

Tous connaissent le mot anticonstitutionnellement puisqu’il s’agit du mot le plus long de la langue française. Mais savons-nous vraiment ce qu’il veut dire? Anticonstitutionnellement signifie « de façon anticonstitutionnelle », donc contraire à la Constitution. La Constitution, c’est l’ensemble des lois qui détermine et garantit les droits de chacun et dont la Charte canadienne des droits et libertés fait partie. Heureusement, elle ne peut pas être suspendue; dans le cas contraire, le dirigeant pourrait obtenir plus d’un pouvoir à la fois, ce que l’on tient absolument à éviter.

Où est-ce que je vais avec ça? Directement vers les fameuses promesses électorales d’Andrew Scheer qui en ont choqué plus d’un. Si vous ne le saviez pas, Scheer avait comme promesse électorale d’interdire l’avortement et le mariage gai. Mais ici, nous allons plus précisément parler de la promesse de bannir le mariage gai.

Comme écrit noir sur blanc dans l’extrait ci-dessus de notre Charte canadienne, les individus canadiens ont droit aux mêmes privilèges, peu importe leur âge, leur ethnie, leur religion, leur couleur, leur sexe, leur race et leur déficiences mentales ou physiques. Bref, ils sont tous jugés égaux. Alors, est-ce qu’Andrew Scheer pourrait bannir le mariage gai? Si on se fie à la Charte, la réponse est non. S’il souhaitait bannir le mariage gai, il lui faudrait bannir le mariage tout court. Et encore là, rien ne garantit que cela serait légal selon notre constitution.

Maintenant, je vous pose la question : selon vous, qu’arriverait-il si quelqu’un d’orientation sexuelle gaie était élu et promettait de bannir le mariage pour les gens non-gais? Voici ce qui arriverait : des protestations, des révoltes et surtout, une grosse, grosse insatisfaction, voire de la peur ou de l’anxiété. Ce qui arrive présentement, c’est que l’on inverse simplement les places et à présent, on vote pour ça? Est-ce que c’est logique? Non. Est-ce que c’est ouvert d’esprit? Absolument pas.

Le plus inquiétant, c’est bien que cela ne se produit pas qu’ici. Par exemple, en Espagne, le groupe politique Vox, ayant comme chef Santiago Abascal à sa tête, est un mouvement ultra-nationaliste, anti-féministe et anti-immigration. Personnellement, ça me rappelle un peu ce qui se passe ici, en plus fermé. Et comme Scheer qui était très soutenu par les provinces de l’Ouest canadien, Vox était crédité par plus de 10% de la population espagnole à ses débuts. Et il continue de rejoindre des électeurs.

La discrimination s’installe dans nos promesses électorales, nous qui clamons être un monde ouvert d’esprit et multiculturel. Chose qui hier était bannie est de retour aujourd’hui. Bref, il est certain qu’on a l’impression qu’un vote parmi les presque 38 millions d’habitants du Canada, ça se perd. Mais c’est la force de la collectivité qui fait une différence. On a tous nos raisons, nos valeurs, nos arguments et nos opinions, et il en est ainsi : ce sont eux qui détermineront le futur.

 

Par Amélia Gélineau

 

 

 

 

Semaine de la prévention des dépendances

Du 17 au 23 novembre 2019 se tient la semaine québécoise de la prévention des dépendances. Cette année, l’accent de la campagne est mis sur la connaissance de soi. En apprenant à mieux te connaître, tu seras en mesure de développer tes compétences personnelles et sociales. Ces compétences sont d’importants facteurs de protection qui peuvent t’aider à faire des choix éclairés dans différentes situations, notamment en matière de consommation et de la pratique des jeux de hasard et d’argent.

Mieux te connaître permet :

  • De faire de meilleurs choix, dans tous les domaines de la vie, par exemple: choisir de faire des activités qui te plaisent, choisir les personnes que tu souhaites fréquenter;
  • D’être capable de t’exprimer et de t’affirmer, comme: partager tes idées, tes opinions, ce que tu penses, communiquer tes besoins, exprimer tes émotions;
  • D’augmenter ton niveau de confiance en toi;
  • De reconnaître les personnes qui partagent les mêmes goûts que toi;
  • De mieux réagir face aux difficultés.

Si tu as des questions ou besoin d’aide, n’hésite pas à consulter un intervenant de l’école :

· Les TES (local C-177) et la TTS (local A-134.2)

· Les psychoéducateurs (local C-231.2 et N-124.2)

· L’infirmière (local A-132)

Tu peux également communiquer avec les ressources disponibles : -Uniatox : 450-968-0363 www.uniatox.org

-Services psychosociaux du CLSC: 811 -Centre de réadaptation en dépendance de Lanaudière : 450-492-7444 www.crdlanaudiere.ca -Tel-Jeunes : 1-800-263-2266 www.teljeunes.com -Jeunesse J’écoute : 1-800-668-6868 www.jeunessejecoute.ca

Yanik Labelle, psychoéducateur

Quand l’humain est à la merci de l’argent

Dans notre société moderne, l’argent occupe une place très importante. Il permet de se procurer tout ce dont on a besoin, contribue à des vies et est l’objet du désir de plusieurs. Mais que fait-on quand l’argent devient le but premier? Quand il passe avant tout? Que fait-on quand l’argent est plus important que des vies, que l’environnement et tous les droits de l’homme? Que fait-on quand l’humain est à la merci de l’argent?

 

Où l’argent entre en jeu

Nous le savons, une importante crise environnementale a lieu partout sur la planète. Des campagnes de sensibilisation sont lancées, des manières de contrer la dégradation de l’environnement sont proposées… Par exemple, en alimentation, on nous suggère d’acheter des aliments locaux, d’éviter la surconsommation et le gaspillage, de faire du compost ou même de devenir végétariens ou végétaliens. Cependant, beaucoup de ces mesures coûtent plus cher que de continuer notre quotidien sans rien changer et cela constitue un dérangement, voir une raison pour ne pas les adopter. Des produits de remplacement sont également créés et pourraient être adoptés eux aussi. Par exemple, le plastique biodégradable à base de maïs. Les gouvernements pourraient bannir le plastique dérivé du pétrole et instaurer celui d’origine végétale. Il existe de multiples façons de faire mieux, mais il faut tous s’y mettre. Le problème, c’est que des gestes d’impact importants comme celui-ci coûtent plus cher que de ne rien faire. On accorde donc plus d’importance à l’argent qu’à notre planète, notre air, notre eau et des milliards de vies, sans compter celles des gens des générations futures? Il faut se souvenir que ces générations futures ne sont pas que des personnes sans importance, mais nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières-petits-enfants. Voulons-nous vraiment accepter qu’ils n’aient pas la chance de vivre sur cette terre à cause de nos mauvais choix? Serions-nous prêts à leur dire : « Si tu es malade à cause de l’air et de l’eau pollués aujourd’hui, c’est parce que je n’ai pas fait l’effort de faire le bon choix »?

Tous faire un effort

«Quand on nous parle du mode de vie « zéro déchet » dans les médias, on le fait toujours en nous présentant l’exemple de Stéphanie, la mère de trois enfants qui réussit à faire entrer tous ses déchets d’une année dans un petit pot d’aspirines. « Ce n’est pas si compliqué » explique-t-elle à la caméra. « J’ai simplement changé toute ma façon de vivre. J’ai un jardin où je fais pousser mon sel et mon poivre, et je consacre tous mes mercredis après-midi à mâcher de vieux journaux pour en faire du papier de toilette maison. Simple simple simple ! » Notre enthousiasme pour le zéro déchet diminue alors à la même vitesse que la quantité d’espèces animales sur la planète. On ne sera jamais assez bons. Pourquoi essayer? La même chose arrive quand on s’imagine devenir végétarien ou même végane. Je sais de quoi je parle, parce que j’ai déjà été complètement végane. Pas d’œufs, pas de lait, pas de poulet frit. Ce régime a tenu deux ans.

Aujourd’hui, je suis végétarienne 50% du temps, végane 35% du temps et j’ai des rechutes de poulet frit le 15% restant. C’est bon le poulet frit, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise?

Ça semble paradoxal, mais mes écarts carnivores m’aident énormément à garder le reste de ma diète végé. Ils m’évitent de voir mon alimentation comme une prison et ça garde du plaisir dans chaque repas. J’ai comme ambition de redevenir végane éventuellement, au moins à 95% (le poulet frit, encore une fois…). En attendant, je refuse de me fouetter pour mes failles. Selon les plus récents calculs, manger de la viande une fois par deux semaines, ça reste mieux que d’en manger tous les jours.

 

Pour citer approximativement Anne-Marie Bonneau, une cuisinière qui se spécialisera dans le zéro déchet : nous n’avons pas besoin d’une poignée de personnes qui vivent parfaitement un style de vie zéro déchet. Nous avons besoin d’un million de personnes qui le font un peu tout croche. Si on compte que sur les plus crinqués capables d’être de parfaits écologistes pour sauver la planète, on n’y arrivera pas. Le « un peu tout croche », tout le monde est capable, et ça risque de faire plus d’adeptes qu’une invitation à lâcher son emploi et ses loisirs pour passer tout son temps à faire pousser son propre tofu.» 

Bref, ce que cet extrait de Mathieu Charlebois, du magazine Curium exprime, c’est qu’on doit tous faire notre part, aussi petite soit-elle, et travailler en équipe. Faire sa part, ça peut être d’être végétalien à tenter de réduire sa consommation de viande. Ça veut dire qu’on peut être végétarien mais manger du poulet, ou encore manger de la viande toutes les deux semaines plutôt que chaque semaine. Et par travailler en équipe, j’entends s’encourager et se féliciter mutuellement plutôt que de réprimander ceux qui ne sont pas parfaits dans leur mode de vie zéro déchet. Notre but n’est pas la perfection, c’est notre mieux. Et ça, tout le monde est capable de le faire, même si parfois, ça coûte un peu plus cher que de se cacher la tête dans le sable et faire semblant qu’il ne se passe rien du tout. C’est notre faute, vaut mieux tout de suite l’assumer et commencer à réparer nos erreurs avant que ce ne soit plus possible.

Par Amélia Gélineau

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