Entrevue

Qu’est-ce qu’une personne DIMS ?

Qui sont-ils? 

Connaissez-vous la définition de l’acronyme DIMS ?  Déficience Intellectuelle Majeure Sévère.  Les DIMS sont, pour certains, des personnes avec des attraits physiques et mentaudifférents des autres, mais ils sont comme nous à l’intérieur. Ils sont gentils, intelligents, attentionnés et ils ont surtout un grand cœur. La plupart en ont même plus que la moyenne des gens. La famille et les amis ont une très grande importance pour euxContrairement à la moyenne des gens en société, ils n’ont aucune once de méchanceté comme malheureusement nous pouvons en avoir envers certainsIls ont donc de la difficulté à comprendre comment des personnes peuvent être méchantes, jalouses, mesquines, égoïstes. Ce sont des humains et des élèves comme nous qui grandissent et qui veulent s’épanouir, mais à une vitesse différente de nous, tout simplementN’oubliez pas, ils fréquentent la même école que nous et ont le même but : apprendre et s’accomplir! Ils aiment l’école et bien souvent plus que la plupart d’entre nous, car pour eux, il est important d’apprendre et de se valoriser. Détrompez-vous, ce n’est pas parce qu’ils ont des attraits physiques différents et des attitudes différentes qu’ils ne sont pas dans la moyenne des gens. Certains ont développé des aptitudes encore plus grandes que plusieurs d’entre nous.  Certains peuvent analyser vos traits physiques et psychologiques en détails en un clin d’œil. D’autres peuvent vous parler avec des mots et un langage très diversifié 

 

Que faisons-nous envers eux qui leur déplait ? 

Malheureusement, la plus grande chose que nous faisons systématiquement, c’est de les ignorer. Imaginez-vous à leur place. Que ressentiriez-vous si à chaque fois que l’on vous voyait dans les corridors, les regards envers vous donnaient l’impression que vous veniez d’une autre planète? Pas vraiment plaisant, non? Certains disent gentiment « bonjour » dans les corridors et on ne leur répond même pas! Pour eux, c’est la pire chose que l’on puisse faire. Bien sûr, ils sont différents, ils le savent! Mais ils prennent quand même le temps de vous parler et de vous sourire. Il serait donc important de leur montrer une certaine gentillesse au lieu de les ignorer et de faire comme si personne ne vous avait parlé. Autre chose que nous faisons et qui leur déplait, ce sont les regards. Les regards pleins de jugement sont inappropriés et demandent réflexion. Ils ne devraient pas avoir lieu. Pour ceux qui prennent le temps et la gentillesse de vous saluer, il serait important de leur renvoyer une salutation avec un sourire courtoisVous verrez, leur regard changera immédiatement et vous remarquerez une lueur d’espoir dans leurs yeux ! Leur confiance en bénéficiera grandement!

 

Félicitations à… 

Pour tous ceux qui prennent le temps de les saluer, bravo, cela vous honore. Aux éducatrices et enseignants qui prennent le temps de leur dire bonjour, félicitations à vous. 

Il ne faudrait surtout pas oublier leurs parents qui se dévouent chaque jour afin qu’ils puissent s’accomplir dans un mode parfois difficile. 

Merci de ne pas les ignorer, c’est très important pour eux. Vous verrez que les DIMS ne sont pas si différents des autres. Apprenez à les connaitre et portez attention à leur langage corporel, il vous en fera le plus grand bien !!! 

Prenez le temps de les découvrir, car ils peuvent vous apprendre à être plus sensible envers ceux qui ont des différences.  

Ils ont besoin de nous et nous avons besoin d’eux ! 

Message des professeurs   

 Les élèves DIMS aspirent, comme tous les adolescents, à socialiser avec les autres et à accomplir des tâches valorisantes.  Ils veulent participer activement et contribuer, selon leurs capacités, à la vie en société.  Pour ce faire, le rôle de tous est de les inclure et de valoriser leurs réalisations.   Il s’agit de les considérer comme nous, tout en s’adaptant à leur rythme.  Il ne faut surtout pas leur mettre des limites, car ils sont déterminés et nous démontrent souvent qu’ils ont de grandes capacités.  Il faut les encourager et les accompagner pour les amener à se dépasser.   En fait, c’est simple, il faut croire en eux. 

 

Voici une vidéo d’une de nos anciennes élèves qui explique ce que les parents peuvent vivre…

 

Par Maria Lessard

 

Mélodie Bonneau, une élève persévérante

Le 27 février dernier, j’ai eu la chance de m’entretenir avec une élève du nom de Mélodie Bonneau et son ancienne enseignante de classe langage, Lucie Maillette. Je dis « ancienne enseignante », car Mélodie ne fait plus partie des classes langage, mais elle fait maintenant partie du programme Leader. Je vais donc vous en apprendre plus sur son incroyable parcours qui lui a permis d’atteindre son but premier, les classes Leader.

Avant de commencer, il faut savoir que Mélodie a un trouble de dysphasie sévère. De ce que j’ai compris, c’est un trouble du langage: elle a de la difficulté à comprendre l’information dite. Mélodie est aussi dyslexique, ce qui veut dire qu’elle a de la difficulté à reconnaitre les lettres.

Dès sa première année au primaire, elle faisait partie des classes langage. Elle a continué d’y être pendant 2 ans au secondaire où elle a fait la rencontre de son enseignante, Lucie. En septembre 2018, Mélodie a atteint les classes ressources et sa nouvelle enseignante était Nadine Girouard. Ce n’est qu’en février dernier qu’elle est entrée au programme Leader.

Lors de ma rencontre, Mélodie m’a affirmé que pour l’aider à y arriver, ses enseignants du secondaire comme du primaire lui ont donné plusieurs trucs pour l’aider à surmonter sa dysphasie. Ils l’ont aussi amenée à se dévouer et à avoir plus confiance en elle. De son côté, Lucie m’a dit que Mélodie n’est pas une élève comme les autres, elle est capable de relever des défis pas toujours facile, mais puisque c’est quelqu’un qui aime apprendre, ça rendait la tâche moins difficile. L’ancienne enseignante de Mélodie la décrirait comme étant persévérante et dit qu’elle fait preuve de rigueur. De ce que je comprends, Mélodie est quelqu’un qui apporte du positif à la classe, c’est pourquoi Lucie aime bien l’appeler Mélodie du Bonheur.

La progression de Mélodie a rendu Mme Maillette très fière. Pour elle, c’est une sorte de réussite, car son but, c’est d’amener les élèves à se surpasser et comme elle a vu que c’était possible avec Mélodie, elle a maintenant de l’espoir pour les autres élèves. Lucie a aussi ajouté que Mélodie est un bon modèle. J’ai également demandé à Mélodie comment elle se sentait face à sa réussite et elle m’a affirmé que le fait d’avoir aussi bien progressé, ça l’a rendue très heureuse, ça lui a amené beaucoup de fierté et de joie.

Entrer au régulier après environ 8 ans dans les classes langages, c’est une grosse adaptation. Mais pendant toutes ces années, Mélodie a appris des bonnes méthodes de travail, elle a appris à être bien organisée et à faire preuve de rigueur. Grâce à ça, elle trouvera le programme Leader moins difficile et réussira ce défi haut la main!

Aujourd’hui, son objectif principal est de réussir toutes ses années au secondaire, d’avoir son secondaire 5 ainsi que son diplôme.

Lucie Maillette, son enseignante de classe langage et Nadine Girouard, son enseignante de classe ressource sont restées vigilantes tout le long de son parcours, ce qui leur a permis de prendre les bonnes décisions sur l’éducation de Mélodie.

 

Par Laurence Drouin

BarCamp – CSDA 2019: Une expérience technologique

Le 25 janvier dernier, j’ai eu la chance d’assister à un événement destiné aux enseignants : le BarCamp de la Commission scolaire des Affluents. Cette rencontre, ayant pour but l’information des technologies en milieu scolaire, m’a permis de rencontrer des personnalités influentes, comme le responsable des communications de la commission scolaire, monsieur Éric Ladouceur ainsi que des enseignants, projets et organismes en lien avec l’usage des technologies en milieu scolaire.

Entrevue avec le responsable des communications de la Commission scolaire des Affluents, monsieur Éric Ladouceur.

Nous sommes arrivés à l’école secondaire Jean-Baptiste-Meilleur peu avant 9 heures. Alors que le kiosque du Journal Armand-Corbeil s’installait, j’ai pu interviewer monsieur Éric Ladouceur. Selon lui, l’usage fréquent des technologies dans le milieu scolaire ne devrait pas pousser les enseignants à abandonner les techniques d’enseignement traditionnelles.

 

« À la commission scolaire, on sait que l’on va vers les technologies. Ça permet l’échange, la motivation, la participation, le travail en équipe… Notre but est la réussite des élèves, et l’emploi des technologies crée de l’intérêt. Utiliser des jeux intéresse les élèves, un peu comme le parascolaire. Ça permet aux élèves de s’accrocher à l’école, déclare-t-il. Ce n’est pas nécessairement aux jeunes de s’adapter à nous, c’est à nous de nous adapter aux jeunes. »

 

Lui et sa jeune stagiaire décrivent que la transition depuis l’avènement des technologies s’est faite avec une rapidité surprenante : surtout avec le partage de l’information, la transmission est beaucoup plus rapide qu’avant. Et il en sera probablement de même pour les générations futures, car les jeunes enfants naissent dans cet environnement technologique. On ne remarque plus le temps que l’on passe sur les écrans tant ils sont intégrés à notre quotidien.

 

«Il y a un juste milieu à faire entre l’usage des technologies et être déconnecté», déclare sa stagiaire. Quand je lui ai demandé si l’utilisation des médias était très présente dans le cadre de son travail, il a affirmé que ce que les technologies ont le plus changé, c’est le contact avec les gens. « On a une base de données pour rejoindre tous les parents, c’est utile. On n’a pas le choix, on s’en va par là », conclut-il.

 

Apple Inc.

Apple Inc. était présent en tant que commanditaire du BarCamp. J’ai pu très brièvement m’entretenir avec un de ses représentants. Malgré qu’ils ne peuvent habituellement pas parler avec les journalistes, j’ai appris que de nouvelles technologies ont été mises au point pour les enseignants : Apple Teacher, en classe et pour les écoles. Ces récentes technologies permettent, par exemple, d’ouvrir un site Internet à l’aide d’une adresse URL, d’ouvrir une application et de bloquer un iPad, et ce, par commande à distance. « On a reçu une invitation par les conseillers pédagogiques des écoles. C’est comme ça qu’on a entendu parler du Barcamp CSDA », nous informe le représentant, Charles Beaulieu. Pour ce qui est des technologies futures destinées aux enseignants, nous ne pouvons pas en savoir plus que prochainement, des nouveautés auxquelles nous n’avons pas encore accès seront disponibles.

Créalab

Par la suite, j’ai assisté à une conférence qui traitait de l’organisme Créalab. Cet organisme, dont les succursales sont situées dans certaines bibliothèques du territoire de Repentigny, met à la disposition des jeunes du matériel technologique récent et ce, gratuitement : on y trouve des imprimantes 3D, des presses chauffantes, des iPad Pro, des fonds verts (greenscreen), matériel et studio de composition de musique et d’enregistrement, table à dessin numérique, studio de captation, matériel pour le montage et la retouche photo et vidéo et plus encore.

Leur but : susciter le goût pour les arts numériques et inciter au développement des compétences informationnelles en favorisant et initiant à l’utilisation des technologies en milieu scolaire.

Leur plus grand défi : le transport des élèves, car si c’est gratuit, le déplacement est nécessaire et non assuré par les écoles, étant donné que Créalab est situé sur le territoire de Repentigny,  Créalab est destiné, en bref, aux jeunes de 12 à 20 ans et aux enseignants. D’ailleurs, certains programmes conçus par cet organisme peuvent être utilisés en classe pour exploiter une matière, comme les devoirs technos. Ceux-ci consistent en travaux scolaires où Créalab est utilisé, que ce soit pour un exposé oral avec un fond vert, la création d’un livre ou l’élaboration d’une fausse nouvelle, les devoirs technos motivent les élèves et leur permettent de se familiariser avec les plus récentes technologies. Ouvert depuis 2017, Créalab est un lieu de vie, de rassemblement.

« Créalab est une métropole de jeunes de tous les horizons, décrète Ismaël Bellil, représentant et conférencier. Les élèves viennent pour utiliser le matériel, faire leurs devoirs ou simplement passer du temps avec leurs amis. »

 

Bref, c’est l’endroit idéal pour passer du temps entre amis, créer, fabriquer ou faire ses devoirs. Créalab est ouvert du mardi au jeudi de 16h à 21h, le vendredi de 9h à 17h et la fin de semaine de 13h à 17h. « Par les ados pour les ados », affirme M. Bellil. Notre plus grand souhait : que Créalab s’installe dans les bibliothèques de Terrebonne afin que nous puissions en profiter comme les écoles secondaires de Repentigny, Jean-Baptiste-Meilleur et Félix-Leclerc.

Seesaw

Après la conférence sur Créalab, j’ai participé à un atelier donné par Isabelle Ducasse, une enseignante de 4e année à l’école primaire La Seigneurie, à Mascouche. Seesaw est une application qui compose un réseautage d’information entre l’enseignant, ses élèves et les parents de ceux-ci. Par exemple, l’enseignant peut publier un travail sur Seesaw, les parents peuvent voir la tâche et la commenter ou déposer un J’aime, et les élèves peuvent voir les commentaires de leurs parents, de leur enseignant et des autres élèves. On peut y déposer un document PDF, des photos, des vidéos, une page de notes, des dessins numériques, des liens URL, des enregistrements audio, etc. C’est une application très utilisée en raison de ses nombreux avantages : Seesaw est facile d’utilisation, implique les parents dans la réussite de leur enfant et permet à l’enseignant de faire des rétroactions et des retours sur les travaux effectués. De plus, on peut avoir jusqu’à dix classes, ce qui permet aux enseignants du secondaire d’en faire un atout.

Mes impressions

J’ai beaucoup apprécié cette journée. C’était avant tout un privilège, car c’est une rencontre destinée aux enseignants où, généralement, les élèves ne sont pas présents. L’organisation du BarCamp était réussie : on avait rassemblé tous les ateliers dans le même couloir pour faciliter les déplacements et nous avons pu profiter d’une salle de presse exclusive au Journal Armand-Corbeil. La présentation des ateliers et conférences se faisait en deux temps : les kiosques et les présentations dans les classes. Les présentations étaient dynamiques, répondaient aux questions et étaient adaptées aux besoins des autres enseignants qui écoutaient la présentation. En résumé, selon moi, le BarCamp CSDA 2019 est une réussite.

 

 

Par Amélia Gélineau

Meurtre et mystère, un projet à ne pas louper

 

Sans doute avez-vous remarqué, dans la vitrine du deuxième étage, près de l’ascenseur, une imitation de cadavre et quelques indices. Si vous ne l’avez pas vu, passez devant, la mise en scène en vaut bien le détour. Il s’agit de la première phase du projet Meurtre et mystère, chapeauté par Nadine Ouellet et destiné aux élèves de secondaire 2, tous programmes confondus.

 

 

 

 

 

 

 

Voici la situation de base :

Belladone Inflorescence

Arthur Légaré, 16 ans, a été empoisonné à la belladone. Presque tout le monde semble avoir une raison de lui en vouloir : il cause de nombreuses disputes avec les habitants, le seigneur lui en veut et la veille, lors d’une fête donnée par le seigneur, il s’est battu avec quelqu’un. Cette enquête, qui se déroule à l’époque de la Nouvelle-France, sera élucidée par les élèves. La victime aurait été retrouvée par un passant, dans une ruelle de Terrebonne, après que sa mère et qu’un ami aient signalé sa disparition aux autorités. Mme Girard, la femme du médecin du village, dit avoir entendu le maire menacer Arthur… Au fil des semaines, des indices seront ajoutés sur la scène du crime et pourront être analysés par les élèves dans les cours de science et technologie.

Parmi la trentaine de suspects, qui est le (la) meurtrier(ière) ?

 

Cette activité, un projet interdisciplinaire en français et en science pour les élèves de PEI, se développera jusqu’à Noël.

Les apprentis détectives pourront même interroger les suspects, incarnés par les élèves de secondaire 5 en art dramatique. Habillés comme les traditions de l’époque, les personnages pourront répondre habilement aux interrogatoires. Lorsque des indices seront placés, les élèves pourront se rendre sur les lieux et mener leur propre enquête. Certains enseignants seront mis à leur disposition, notamment pour confirmer les indices et leur fournir quelques pistes lors de la découverte de ces derniers. Comme mentionné plus tôt, des locaux leur seront disponibles entre midi et treize heures pour analyser les indices.

Bref, ce projet de grande envergure rassemblera bon nombre de gens, élèves comme enseignants.

 

Le projet est accordé avec le sujet abordé par les élèves en français en cette période de l’année : le roman policier. Meurtre et mystère leur permettra de développer leur intuition, leur esprit critique et leur sens de la déduction, mais au-delà du projet lui-même, il y a autre chose. Nadine Ouellet, chapeautant le projet, nous informe sur ses débuts et sur Meurtre et mystère en général.

« C’était un autre prof, d’une autre commission scolaire, qui faisait construire un village à ses élèves en leur faisant créer un personnage. Ensuite, les élèves devaient écrire une histoire. C’est ce qui m’a inspiré le projet. Et puis, ils ont dit qu’ils aimeraient résoudre une enquête plutôt que d’en construire une. J’ai donc créé un projet virtuel, où les personnages étaient en 2018, avec des photos sur ordinateur. Désormais, l’enquête se déroule à l’époque de la Nouvelle-France et on a pu représenter la scène de crime. »

Elle décrète que le projet a pris de l’envergure depuis.

« Au début, ce n’était que ma classe qui faisait Meurtre et mystère, et l’année suivante, les autres profs ont voulu le faire. Maintenant, tous les enseignants, saufs ceux de PEI qui sont trop surchargés dans leur programme, font le projet complet. »

 

Mme Ouellet, qui dirige cette activité, explique que ce projet était d’abord pour ses élèves, en secondaire 2. Elle voulait faire un projet qui pourrait exploiter la matière en roman policier enseignée en français. Elle coordonne également le projet interdisciplinaire OSBL (Organisme Sans But Lucratif), pour les élèves en PEI.

« Avec Meurtre et mystère, on veut développer la compétence à écrire, parce que le but, au départ, était d’écrire un texte narratif et de décrire un suspect, et de revoir les matières vues en science cette année et de les rendre concrètes. De plus, le cadavre a été conçu par des élèves de secondaire 3 en arts plastiques. »

Comme elle nous l’explique, les détectives devront se servir de leurs connaissances acquises en science pour cheminer avec les indices.

«C’est un projet rassembleur », conclut-elle.

En effet, quel projet rassembleur !

S’il est d’abord destiné aux élèeves de secondaire 2, il touche aussi des élèves des autres niveaux en art dramatique et en arts plastiques, ainsi que les enseignants de français, d’art, de science et d’art dramatique.

Espérons par la suite que cette activité originale deviendra une coutume pour notre école et qu’elle persistera encore longtemps, au plaisir des adeptes de Sherlock Holmes et d’Hercule Poirot.

 

Par Amélia Gélineau

Une rencontre touchante avec notre directeur

Lorsque l’on m’a demandé, le 20 septembre dernier, d’écrire au sujet du directeur de l’école, j’ai trouvé que c’était un gros défi. À vrai dire, en cinq ans d’études à l’école Armand-Corbeil, je n’avais jamais eu de discussion avec M. Robitaille. Il était pour moi un homme très accessible et sociable, mais je n’avais jamais eu le plaisir d’échanger avec cet homme.  La rencontre m’était très angoissante et c’est avec une grosse boule dans l’estomac que je suis allée rencontrer le directeur. De manière très accueillante, il m’a offert un caramel pour me mettre en confiance, il a dû sentir que j’étais un peu stressée.

Comme cette année scolaire est ma dernière, on m’a confié l’heureuse responsabilité d’en apprendre plus sur notre capitaine de bateau. Saviez-vous que notre directeur a tout d’abord été enseignant de mathématique?  Il m’a révélé avoir enseigné pendant environ quatre ans à JBM, une école secondaire de Repentigny en plus d’y avoir fait ses études au secondaire.  M. Robitaille m’a même appris qu’au secondaire, il s’est impliqué dans le conseil étudiant, ce qui lui a permis de développer son leadership ainsi que son plaisir d’organiser des évènements.

Il quitte son poste de directeur pour réorienter sa carrière vers de nouveaux défis. Notre directeur m’avoue qu’il va beaucoup s’ennuyer de ses élèves et de toute l’équipe du corps enseignant qui l’entoure.

Écoutez la discussion complète

 

Je vous invite également à lire ou relire l’article de La Presse sur la participation de notre directeur au marathon de Montréal.

https://www.lapresse.ca/suite/201807/12/01-5189255–cest-arrive-au-marathon-.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_5197344_article_POS3

« C’est arrivé au marathon »

 

 

Par Cassandra Verge

 

L’option journalisme débarque à Armand-Corbeil

Dès l’année prochaine, une option journalisme sera offerte aux élèves de secondaire quatre et cinq. Dans le but de vous présenter cette nouveauté, j’ai eu la chance et le bonheur de m’entretenir avec Marc Michaud qui est l’enseignant responsable de cette option. Voici un compte-rendu de notre rencontre.

L’option journalisme a pour objectif de faire découvrir aux élèves le monde des communications numériques en leur permettant de mieux le comprendre. On vise à développer leur sens critique par rapport à l’analyse de l’information et leur permettre de confronter leurs idées dans le but de pouvoir mieux communiquer. Ils pourront se situer dans le monde pour développer une vision critique et éclairée de la culture et des médias contemporains. En fait, l’élève va apprendre à faire du reportage écrit, visuel et auditif destiné aux nouveaux médias. Il arrivera, entre autres, à maitriser l’utilisation professionnelle des réseaux sociaux et à développer ses capacités d’analyse et de réflexion.  Le tout a été réalisé grâce à un des amis de monsieur Michaud, Charles Messier, enseignant au Cégep de Terrebonne où il enseigne le programme de profil communication web.

Le journal en  parascolaire ne va pas disparaître avec l’arrivée de l’option, car il s’agit, selon monsieur Michaud, de la base. C’est là que l’on retrouve la passion qui vient le toucher et qui motive les élèves à s’impliquer. Il souhaite garder cette proximité avec des élèves passionnés, donc il n’y aucun risque de voir le parascolaire s’éteindre. Ce dernier aura toujours son importance, car il permet aux élèves d’écrire sans obligation, comme c’est le cas dans l’option.  Cela permet aux élèves de pouvoir écrire selon leurs intérêts et leurs aptitudes sans avoir de sujets imposés. Par contre, dans l’option, étant donné qu’on est en exploration du monde journalistique, les élèves auront à travailler l’information selon des sujets qui leur seront imposés comme le font les journalistes professionnels.

L’option est uniquement accessible aux élèves de secondaire quatre et cinq, car on souhaite leur donner plus de latitude dans leur choix d’option. De plus, les élèves de ces niveaux sont davantage formés et ont une assiduité plus grande que celle des élèves du premier cycle. Dû à leur plus grande formation, il semblait logique pour monsieur Michaud de faire affaire avec des élèves du deuxième cycle. En l’ouvrant à l’ensemble des élèves de quatre et de cinq, on permettra la création de nouveaux liens entre eux.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles il est avantageux pour un élève de choisir l’option journalisme, en plus du charisme indéniable de l’enseignant.  Si tu t’intéresses au monde des nouveaux médias, si tu veux t’orienter vers les communications,  si tu as une soif de comprendre les dessous du monde journalistique, si tu veux comprendre l’univers de l’information qui t’entoure,  alors l’option journalisme EST POUR TOI. De plus, cela peut être intéressant au niveau du choix de programme au Cégep, si tu t’orientes vers les communications ou les sciences humaines qui sont des domaines associés avec le journalisme. Cela peut te donner un réseau de contacts et t’ouvrir les portes vers la réalisation d’un métier dans cette avenue. Cela permet de s’ouvrir sur le monde et permet aux jeunes de transmettre leurs savoirs. Selon monsieur Michaud, le journalisme est à la base d’une société brillante qui veut avancer.

Souvent perçu comme une branche du cours de français qui permet d’améliorer son écriture, le journalisme est bien plus que cela. Selon Marc Michaud, il est important de prendre en compte l’éthique du journalisme. Il est important d’avoir un regard critique sur la nouvelle et sur le travail de journaliste. Dans le cours, plusieurs enjeux importants seront traités et il est important de garder une approche qui est «éthique». L’importance de noter ses sources et les répercussions que peut avoir un article sont quelques exemples des sujets qui seront traités. En fait, monsieur Michaud mentionne qu’outre l’écriture, il est important de bien comprendre la façon de communiquer. Il pense sincèrement que l’éthique se situe au centre même des questionnements sains et adéquats utiles aux journalistes.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une de ses passions à la base, monsieur Michaud gravite beaucoup dans le monde du journalisme scolaire. Il explique cela par sa passion pour les jeunes qui s’impliquent dans cette activité. Normalement, dans les autres écoles où il a travaillé, il a toujours fait des projets intéressants pour intéresser les jeunes et pour se stimuler lui-même, car une école qui ne vit pas ne l’intéresse pas. Donc, il a vécu pendant longtemps dans le monde de l’improvisation, mais aujourd’hui, ce qui lui ressemble et qui le touche le plus, c’est le journalisme étudiant. À son arrivée à Armand-Corbeil, je l’ai abordé pour lui souffler ma passion pour l’écriture. Il a trouvé que le Journal avait un sens et il s’est laissé transporter par cette folie.

Finalement, j’aimerais conclure sur une touche un peu plus personnelle en disant MERCI de tout mon cœur à Marc Michaud pour le travail exceptionnel qu’il réalise depuis deux ans pour le journal. Je lui souhaite le meilleur dans son option et je peux garantir à tous les élèves qui se sont inscrits que vous ne le regretterez pas. Ceci était mon dernier article pour le JAC et c’est avec un pincement au cœur que je le termine. Mon aventure à Armand-Corbeil a été extraordinaire et je dois cela en majorité au journal. Marc, je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fait et sache que ces deux dernières années ont vraiment été les meilleures de ma vie. Je vous dis au revoir et qui sait, on se reverra peut-être encore dans l’avenir.

 

Frigos généreux, un projet inspirant

Si vous allez vous promener dans l’école, vous remarquerez peut-être un réfrigérateur dans la cafétéria sud. Il s’agit du tout premier frigo généreux de notre école, une initiative débutée par une enseignante d’éthique et culture religieuse, Joan Desnoyers. J’ai eu la chance de m’entretenir avec elle pour qu’elle me parle un peu de son projet. Voici un compte-rendu de notre rencontre.

L’idée de base est partie d’un des ses élèves qui était venu lui demander une collation en classe. Cette demande l’a d’abord surprise, car ils étaient en plein cours et elle ne voyait pas vraiment la raison pour laquelle l’élève lui demandait cela, mais après plusieurs fois où l’élève insistait, elle lui a demandé pourquoi. C’est alors qu’elle a réalisé que son étudiant n’avait pas assez de nourriture dans sa boîte à lunch pour toute la journée. Elle a trouvé cela difficile, comme enseignante, de vivre avec cette réalité-là dans l’école, de savoir que certains jeunes n’ont pas assez à manger ou ne mangent pas du tout. C’est pourquoi elle s’est informée sur la réalité de ces jeunes et a découvert que, bien qu’il existe des accommodations pour les déjeuners, il n’y avait aucune mesure pour s’assurer que ses élèves dînent. Cela lui a donc donné l’idée de faire plus et de partir les frigos généreux.

Il s’agit d’un concept relativement nouveau au niveau scolaire, bien que des choses similaires se soient vues dans le passé. Le fonctionnement se base sur un principe d’échange : les élèves peuvent déposer ou prendre de la nourriture dans le frigo et ce, sans aucune restriction. On peut observer, à Montréal, des restaurateurs qui ont, eux aussi, des réfrigérateurs communautaires en avant de leur bâtisse où ils déposent leur excédent de nourriture. Ce principe encourage le partage et la diminution du gaspillage alimentaire, car les élèves peuvent déposer des aliments qu’ils auraient jetés autrement.

Pour l’instant, le projet fonctionne très bien et le réfrigérateur se vide rapidement. Cependant, étant donné qu’il se situe dans la cafétéria sud, il y a certains élèves des autres cafétérias qui n’osent pas y aller, surtout les plus jeunes. C’est pourquoi, elle aimerait qu’il y ait d’autres frigos à l’avenir dans l’école. Pour s’assurer que le frigo ne manque pas de nourriture, elle a fait appel à des restaurateurs qui lui fournissent leur excédent alimentaire. En effet, au Québec, il est interdit aux commerçants de jeter leur surplus, ce qui les oblige à les donner à une organisation, comme l’école par exemple.

Pour s’assurer que la nourriture déposée dans le frigo est convenable et que l’espace est en bon état, elle a formé une équipe de bénévoles qui viennent vérifier le réfrigérateur à tour de rôle chaque midi. Ils nettoient le frigo, vérifie que la nourriture est bien disposée et se débarrassent des aliments périmés. Habituellement, la nourriture est retirée par les élèves avant de passer la date de péremption. Environ 300 repas sont déposés chaque jour et, à la fin de la journée, il n’en reste pratiquement aucun.

Le fait qu’il y ait un libre accès au réfrigérateur, bien que cela peut encourager les gens à en abuser, permet aux élèves dans le besoin de rester anonymes sans attirer l’attention sur eux, ce qui leur permet d’être plus à l’aise. Cela évite de cibler les jeunes et d’exercer un contrôle sur eux. Le but est vraiment de faire en sorte que tous peuvent manger à leur faim.

Il s’agit d’un très beau projet qui gagne à être connu et espérons que dans l’avenir, ce concept pourra s’exporter dans les autres écoles du Québec. Si vous avez de la nourriture en trop dans votre lunch ou si vous manquez de nourriture, n’hésitez pas à venir consulter le frigo généreux qui, je vous le rappelle, est situé dans la cafétéria sud au côté des machines distributrices.

Destination : Londres

Durant la dernière semaine de congé, plusieurs étudiants ont eu la chance de partir en voyage. Malheureusement, encore une fois, je n’ai pas eu la chance de participer aux destinations proposées par l’école. Je vais tout de même les souligner. Plusieurs d’entre vous auront peut-être la chance d’aller en Europe plus tard. J’ai interrogé une élève, Virginie Lessard, qui a eu la chance d’aller de visiter la merveilleuse ville de Londres. Durant son voyage, elle a été hébergée dans une famille locale et elle est allée apprendre l’anglais dans une école. Donc, voici pour vous un fantastique résumé de ce voyage en 11 questions.

Question 1 : Expliquez-moi, en général, votre voyage; ce que vous avez fait, ce que vous avez visité?

« Tout d’abord, il faut savoir que je suis allée à l’école quatre jours sur sept. J’ai commencé par visiter le London Eye. Nous avions une belle vue sur la ville! Ensuite, nous avons eu la chance d’aller aux Studios Harry Potter. C’était vraiment extraordinaire! On a aussi fait le tour de la ville et visité une galerie d’art, Tate Britain, et le British Museum. C’était très intéressant. J’ai pu aller magasiner à Piccadilly Circus et faire une croisière sur la Tamise. On avait une belle vue sur le fameux Tower Bridge. Nous avons aussi eu la chance de regarder une des meilleures comédies musicales. Un mot : sublime! J’ai visité le Parlement. C’était très intéressant et joli surtout! Pour finir, on a visité la maison secondaire de la royauté; le Windsor Palace. Wow! »

Question 2 : Pourquoi avoir préféré Londres aux autres voyages annoncés cette année?

« Londres est ma ville préférée depuis ma tendre enfance et cela a toujours été mon rêve d’y aller. De plus, toutes les activités proposées m’intéressaient vraiment et le voyage me correspondait beaucoup. »

Question 3 : Pouvez-vous me faire part de votre expérience d’habiter avec une famille locale?

« Au début, c’est stressant, tu ne connais pas la famille, mais plus tu passes de temps avec eux et t’apprends à les connaitre, moins tu es gênée et tu deviens plus à l’aise. Les familles étaient gentilles et à l’écoute. »

Question 4 : Comment est-ce d’apprendre l’anglais dans un autre pays (ici, nous avons aussi des cours d’anglais)?

« Il était très intéressant de remarquer les particularités de l’anglais britannique comparées au nôtre. Les cours étaient très interactifs et la méthode d’apprentissage est différente de celle d’ici. Les classes sont plus petites et on priorise la pratique et les interactions. »

Question 5 : Qu’est-ce que vous avez aimé le plus?

« Tout! Il est sûr que les Studios Harry Potter étaient fantastiques et j’ai vraiment adoré cette activité : c’était un rêve devenu réalité. Donc, oui, c’est sans doute ce que j’ai préféré. Il y a aussi Wicked que j’avais toujours rêvé de voir. »

Question 6 : Qu’est-ce qui vous a marquée?

« Petite anecdote : À toutes les stations de métro (underground), on avertit les gens de “Mind the Gap” entre le train et la plateforme. C’est devenu une blague récurrente entre les gens du voyage, car on l’entendait tout le temps! J’ai même un porte-clés avec cette inscription. Il y a aussi un des gardes en rouge du palais qui a crié “Get Back!” à un de mes amis qui faisait la pose. C’était un moment hilarant! »

Question 7 : Avez-vous rencontré des difficultés?

« Oui, il faut savoir que je n’ai absolument pas de sens de l’orientation et je me perds tout le temps. Alors, à Londres, dans une ville qui m’est inconnue, il était “normal” que je me perde. C’est cela qui est arrivé! Un matin, nous sommes arrivées une heure en retard, car on s’était perdu. En plus, nous n’avions pas de téléphone fonctionnel avec nous. Quelle mésaventure! »

Question 8 : Recommenceriez-vous l’expérience demain matin?

« Absolument! J’ai vraiment adoré et je compte bien retourner à Londres un jour. »

Question 9 : Sortez-vous grandie de ce voyage?

« Oui! Je crois que j’ai un meilleur sens de l’orientation (peut-être!) et je gère mieux les situations stressantes, nouvelles et imprévues. »

Question 10 : Recommanderiez-vous ce voyage à quelqu’un?

« Je le recommande à n’importe qui, qui veut vivre une expérience unique et qui souhaite visiter Londres. »

Question 11 : Quels sont vos conseils pour les futurs voyageurs de cette école?

« Préparez-vous en avance! Étudiez le chemin, cela vous empêchera les retards. »

La journée barcamp, la technologie en milieu scolaire

 

Quand on envoie un groupe d’élèves dans une école inconnue à la recherche d’apprentissages technologiques, la surprise est au rendez-vous, que celle-ci s’avère être bénéfique ou pas. Lors du BarCamp 2018, qui avait lieu à l’école Jean-Baptiste-Meilleur, les élèves membres du JAC furent invités à couvrir l’événement. Armés de nos dictaphones, nous sommes partis, et nous avons visité les lieux, d’une conférence à l’autre, en prenant en note chacun des éléments et détails que nous pouvions apercevoir.

Le barcamp est une journée qui a pour but de « faire la promotion de l’intégration des technologies en situation d’enseignement et d’apprentissage par des acteurs du milieu. C’est aussi de favoriser une intégration des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) dans les pratiques et de favoriser l’engagement scolaire des élèves. » Cette rencontre est réservée aux enseignants et désire les initier aux technologies pédagogiques, afin que leurs jeunes puissent utiliser la technologie pour parfaire leurs connaissances et apprendre davantage. Chaque enseignant inscrit se voit distribuer une liste d’ateliers, séparés en blocs de cinquante minutes, auxquels il doit s’inscrire. Les blocs présentés touchent tous de près ou de loin à la technologie, que ce soit l’usage d’Office 365, la classe inversée, les enjeux de la technologie dans nos salles de classe ou même la robotique. Les enseignants du primaire et du secondaire se rassemblent et assistent aux ateliers qui, selon eux, sauront enrichir la présence de la technologie dans leur milieu scolaire. Le barcamp présentait près de 40 ateliers, dont 26 animés par des enseignants de la Commission Scolaire des Affluents.

« Faire la promotion de l’intégration des technologies en situation d’enseignement et d’apprentissage par des acteurs du milieu. C’est aussi de favoriser une intégration des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) dans les pratiques et de favoriser l’engagement scolaire des élèves. »

Anne-Sophie Letellier

Une des figures importantes présente lors de l’événement est Mme Anne-Sophie Latellier, adjointe de recherche à la Chaire de recherche du Canada en Éducation aux médias et droits humains. Elle fit le mot de bienvenue du barcamp, en plus de présenter un atelier intitulé « Citoyenneté numérique & éducation aux médias », dans lequel elle aborde la définition d’un média en comparaison aux TICE, en plus de la définition de la citoyenneté. Son atelier tournait principalement autour de l’éducation en lien avec les médias, notamment sous l’angle des avantages que l’éducation aux médias peut apporter aux individus en société. En plus de tous les ateliers présentés, sur place se trouvait le « salon des exposants » où se trouvaient près d’une quinzaine d’exposants venant présenter leurs organismes et activités en lien avec la technologie. On pouvait voir entre autres le Créalab et Ma Carrière Techno. Nous avons eu la chance d’effectuer des entrevues avec certains d’entre eux.

Tout d’abord, nous avons pu nous entretenir avec Anne-Sophie Letellier de la Chaire de recherche en Éducation aux médias du Canada. Selon elle, la recherche documentaire et l’éducation aux médias permettent au monde scolaire de mieux se servir des technologies dans l’enseignement. La Chaire travaille pour aider les enseignants et les élèves et vise un renforcement de l’utilisation des médias dans les écoles en permettant un tout qui est formateur. Une journée comme le barcamp va donc dans le sens de ce que la Chaire cherche à promouvoir en leur permettant d’observer la manière dont la technologie est utilisée pour encourager de plus en plus l’utilisation de celle-ci. Elle soutient que la Chaire cherche à valoriser une utilisation responsable des outils multimédias et espère voir les ressources dans ce domaine augmenter dans le futur. Une priorité pour Mme Letellier est le respect des droits de la personne dans son utilisation de la technologie, en offrant une éducation aux jeunes pour qu’ils puissent en faire une utilisation responsable. Au lieu de bannir l’utilisation des téléphones en classe, par exemple, elle expliquait qu’il serait plus logique d’effectuer une sensibilisation auprès des élèves et du personnel enseignant, afin de démontrer la bonne manière de s’en servir. Si le jeune comprend qu’il est préférable d’utiliser la technologie de façon pédagogique en classe, il est beaucoup plus avancé, selon elle, que s’il ne peut pas s’en servir du tout. Elle déplore le fait que les gens ne prennent pas le temps de s’interroger sur les technologies. À son avis, non seulement il faudrait savoir les utiliser, mais également les comprendre pour contrer la désinformation du monde informatique. De plus, une bonne connaissance du monde des médias et de son fonctionnement permet une meilleure cybersécurité pour les utilisateurs. Bref, selon elle, une utilisation responsable de la technologie se trouve dans le questionnement et la distance critique envers celle-ci pour permettre de faire des choix informés et éclairés.

Ensuite, nous avons échangé avec Éric Ladouceur, le coordonateur des services de la commission scolaire. Selon lui, cette deuxième édition du barcamp représente un franc succès, puisque le nombre de participants a doublé et qu’il y a l’ajout du salon des exposants qui n’était pas présent l’an dernier. Il souhaiterait la tenue d’une troisième édition avec une ampleur encore plus grande. Selon lui, cette journée est utile, car les technologies de l’information sont un incontournable dans le monde scolaire et permettent d’augmenter les réussites des jeunes en favorisant un apprentissage dynamique. Cela vient permettre aux enseignants d’en apprendre plus sur cette nouvelle manière d’enseigner et, selon lui, la commission a un retard à ce niveau qu’elle peut rattraper avec un événement comme le barcamp. À son avis, les enseignants qui ont la chance d’échanger entre eux peuvent permettre de plus en plus l’intégration des technologies dans les écoles. Il affirme que la technologie est un domaine qui évolue constamment et que, dans le futur, on pourrait peut-être voir l’apparition de deux barcamp par année, tant ils sont formateurs. Selon lui, les technologies ont leur place dans le monde de l’éducation, car elles augmentent la productivité et facilitent le travail tout en permettant de nouvelles stratégies d’apprentissage. Bien entendu, tout doit se faire de manière pédagogique pour permettre la réussite. Il faut viser à montrer la bonne manière de se servir des outils informatiques aux élèves et non les interdire, à son avis. M. Ladouceur croit que la clé d’une bonne utilisation des médias se trouve dans la sensibilisation et la prise de conscience chez les jeunes. Selon lui, une utilisation responsable de la technologie, c’est une utilisation qui permet de développer des passions et de faire de nouveaux apprentissages sans entrer en conflit avec les droits des hommes. Bref, pour lui, on doit se servir de la technologie pour susciter de nouveaux intérêts chez les gens.

 

 

Nous nous sommes également entretenus avec Daniel Forest, le directeur général adjoint de la commission scolaire et Luc Moisan, directeur adjoint des services éducatifs de la commission scolaire. Selon eux, la journée barcamp est une excellente initiative et l’ajout, pour cette deuxième édition, du salon des exposants est une très bonne idée. Il s’agit d’un événement positif qui permet d’apporter une nouvelle façon de se servir de la technologie dans un cadre éducatif. Ils ne croient pas qu’on devrait interdire l’utilisation des cellulaires en classe, mais plutôt informer les jeunes sur la manière de bien s’en servir. De plus, à leur avis, si on enseigne comment on peut l’utiliser à des fins pédagogiques, les élèves auront moins tendance à s’en servir autrement en classe. Selon eux, une utilisation responsable ne nuit pas aux autres et n’empêche pas d’avoir de bonnes relations avec les gens qui vous entourent. Bref, si vous ne pouvez pas respecter ces principes, vous devriez revoir votre utilisation de la technologie.

Avant d’aller visiter le salon des exposants, nous avons échangé avec Julie Beaupré, conseillère pédagogique en informatique au primaire et une des organisatrices de l’événement avec Steve Létourneau, conseiller pédagogique en informatique au secondaire. Mme Beaupré pense que la journée barcamp est inspirante et permet aux enseignants d’innover dans leurs méthodes en allant chercher de nouvelles idées. La différence avec l’an passé est l’augmentation du nombre d’ateliers et de participants, qui a pratiquement doublé, ainsi que l’ajout du salon des exposants. Elle souhaitait apporter de nouvelles idées aux enseignants pour qu’ils puissent changer leur pratique en y intégrant les technologies, dans le but d’enseigner avec des méthodes modernes aux jeunes. Selon elle, la technologie a sa place dans le monde de l’éducation et les professeurs doivent savoir s’en servir. Bien entendu, le risque que le jeune en fasse une mauvaise utilisation est toujours présent, c’est pourquoi on doit leur montrer comment bien s’en servir pour qu’il puisse l’utiliser pour développer de nouvelles compétences et acquérir de nouvelles connaissances. À son avis, c’est le rôle de l’enseignant de montrer le potentiel pédagogique que peut avoir la technologie à ses élèves. Selon elle, une utilisation responsable de la technologie est possible lorsqu’on utilise le bon outil, au bon moment, de la bonne manière, pour aller chercher l’information qu’on veut pour bien la communiquer, dans le but d’effectuer la tâche qu’on veut accomplir. Bref, pour bien se servir des technologies, il faut d’abord les connaître.

Étant donné qu’il s’agissait de la grande nouveauté de cette deuxième édition, nous ne pouvions pas faire autrement que d’aller visiter le salon des exposants. Nous avons pu rencontrer plusieurs personnes et visiter divers kiosques tous fort intéressants. Voici le compte-rendu de trois de nos visites.

De gauche à droite : Virginie Lessard Renaud Boisjoly et Marc Michaud

Tout d’abord, nous avons visité le kiosque de Studyo qui était tenu par Renaud Boisjoly. Studyo est une compagnie qu’il a fondée pour aider les élèves à s’organiser. Il s’agit d’un gestionnaire de tâches et de temps, supportant n’importe quel horaire, qui permet à l’élève de prendre ses propres décisions et de planifier lui-même son emploi du temps. Cela lui permet une bonne organisation de leur temps, tout en ayant le contrôle de son temps. Contrairement à l’agenda papier, Studyo permet aux jeunes de voir tous les travaux qu’ils doivent effectuer à long terme sur une ligne du temps interactive. Grâce aux notifications, il est facile de se souvenir de tout ce qui doit être effectué, en diminuant les risques d’oublier de faire quoi que ce soit. Les enseignants peuvent eux aussi bénéficier de cet agenda en ligne, puisqu’il existe un module conçu pour eux. Un autre avantage se trouve dans le fait que n’importe qui, consultant votre agenda, pourra le comprendre, car il est toujours bien organisé, bien écrit et soigné. Visuellement, étant donné que chaque tâche correspond à une icône, il est facile pour les utilisateurs de se repérer pour savoir quoi effectuer. Selon M. Boisjoly, une utilisation responsable de la technologie permet d’accomplir quelque chose d’une façon motivante sans faire de tort à quiconque durant le processus.

Ensuite, nous sommes allés voir le kiosque de GénieMob tenu par Évelyne Drouin. Il s’agit d’une association d’artistes et d’ingénieurs collaborant avec des adolescents pour réaliser des ateliers de création pour des enfants du primaire. Prenant pour intermédiaire la technologie, notamment par l’assemblage de circuits électroniques, ils cherchent à faire ressortir l’inventivité des petits participants, allant jusqu’à leur offrir une aide pour créer et faire aboutir leurs propres projets. Si cette belle organisation vise à susciter l’intérêt des plus jeunes pour la création et les technologies, elle permet surtout à des enfants trop souvent marginalisés (possédant, par exemple, des troubles de comportement ou d’apprentissage) d’évoluer et de communiquer avec des jeunes de leur âge dans un milieu sécuritaire et sain, prompt à leur développement. Mme Drouin, une artiste connue dans le milieu sous le pseudonyme de « Dj Mini », est la fondatrice de GénieMob. Nous avons eu la chance de lui poser quelques questions afin de découvrir quel regard elle pouvait bien porter sur la technologie et sur ce qu’elle pouvait apporter à la jeunesse et à la société en général. Elle nous a répondu qu’une utilisation responsable de la technologie était écologique et créative, qu’il fallait donc promouvoir la réutilisation de pièces, que ce soit à des fins utilitaires ou artistiques. Toujours selon elle, l’existence sur le marché d’appareils entièrement préconçus ne devrait pas rendre réticents à l’apprentissage et à la découverte par expérimentation.

Dans la même suite d’idées, cette fois visant directement les jeunes adultes, nous avons visité le kiosque du Créalab tenu par Ismaël Bellil. Cette organisation a pour objectif, comme GénieMob, d’encourager la créativité et le développement personnel en exploitant les possibilités offertes par les nouvelles technologies. En plus de cela, les adolescents ont la possibilité de se rejoindre dans ce centre de création numérique pour socialiser, discuter ou simplement passer du bon temps. Le Créalab est autant un lieu de divertissement, d’interaction et d’échanges, qu’un milieu favorisant l’apprentissage et la découverte. Concrètement, l’endroit offre un service public d’« assistance à la création » et met des outils numériques à la disposition des adolescents qui souhaitent, par exemple, faire du montage vidéo, programmer (ou même jouer) à un jeu vidéo, réaliser une composition musicale, un film, tout cela sans dépenser le moindre sou! Des frais n’entrent en ligne de compte que lorsque l’utilisateur repart avec un produit dit « consommable » : l’utilisation de l’imprimante 3D, notamment, ne demandera rien de plus que de couvrir le coût du plastique ayant servi à l’impression de l’objet voulu. Lorsque nous avons questionné M. Bellil, qui est chef de section au Créalab, sur ce qu’était, selon lui, une utilisation responsable de la technologie, il nous a répondu qu’il fallait garder en tête l’impact environnemental de ce que nous produisons, en prenant pour exemple l’imprimante 3D utilisant du plastique pour fabriquer des objets. En plus de cela, il a affirmé qu’il y avait toute une réflexion éthique et sociale à avoir durant la réalisation de certaines créations. Cela serait, en effet, nécessaire si l’on souhaite veiller au respect des autres et à la propagation d’idées saines pour, au final, avoir un impact aussi positif que possible sur la société moderne.

Finalement, la journée barcamp est une bonne manière pour les enseignants de s’informer sur les technologies et la façon dont ils peuvent s’en servir en classe. Il s’agit d’un événement bénéfique pour eux dans le sens où il permet de faire avancer le monde de l’enseignement pour le rendre plus moderne.

 

Les dessous du monde journalistique

 

L’équipe du JAC a eu la chance de faire une visite au journal La Presse le 23 février dernier. Pour l’occasion, les journalistes de l’école ont pu s’entretenir avec Éric Trottier, le rédacteur en chef et vice-président du célèbre journal, pour lui poser des questions.

Journal Armand-Corbeil (JAC) : Est-ce que, dans le milieu du journalisme, une source nommée est plus puissante que plusieurs sources anonymes?

Éric Trottier (É.T.) : « Cela va dépendre des sources anonymes. Des fois, si la source anonyme qui nous donne de l’information est directement impliquée dans l’histoire qu’elle rapporte, alors là, c’est suffisant. Tout dépend toujours de la gravité de l’histoire et de qui est la source, par exemple, dans l’affaire Salvail, cinq sources anonymes n’auraient sans doute pas été suffisantes, il nous en fallait au moins une publique. »

JAC : Qu’est-ce qu’on fait dans le cas où nos journalistes sont surveillés par la police comme ce fut le cas de M. Lagacé?

É.T. : « Quand on a découvert que le téléphone de Patrick Lagacé avait été mis sous écoute par la police, on s’est bien battu en menant une bataille légale. Très rapidement, cela nous a permis de démontrer que sans source, eh bien, il n’y en a pas d’histoire, il n’y a pas d’informations. Moi, je ne me réveille pas le matin pour les inventer, les histoires, elles viennent de quelque part et c’est pour ça que je dis que la première qualité d’un journaliste, c’est de développer ses sources. À la base, c’est nos sources qui nous parlent et nous rapportent des histoires, alors, quand la police se met à espionner des journalistes, le message que ça envoie à toutes les sources, c’est de ne plus parler aux journalistes. Vraiment, les gens se sont tus pendant un bout, les sources ont arrêté de nous appeler, car elles avaient peur de se faire découvrir et de perdre leur emploi. Pour conclure, on a mené cette bataille et les politiciens, autant à Québec qu’à Ottawa, se sont dit: » Si la police a le culot d’espionner les journalistes, ça veut dire qu’ils doivent avoir le culot de nous espionner aussi. » Ç’a été un dossier où ils ont agi très vite et publiquement, ils ont dit qu’ils voulaient protéger l’information et les journalistes. Ottawa a adopté un projet de loi qui empêche maintenant la police d’espionner les journalistes comme ils l’ont fait. »

JAC : Quand vous avez commencé le métier de journaliste, est-ce que vous aviez une idée de tout ce qui allait découler de cela?

É.T. : « Non, tu découvres cela en le faisant. C’est certain qu’à l’université, quand on t’apprend la base du métier, on va faire une session complète sur la notion d’intérêt public, car on est là pour défendre l’intérêt public. On se pose des questions sur ça, à l’université, alors, quand tu arrives après ça dans une salle de rédaction, tu sais pourquoi tu veux faire ce métier-là, tu veux défendre l’intérêt public. »

JAC : Donc, qu’est-ce que l’intérêt public?

É.T. : « L’intérêt public, c’est l’intérêt de tous les publics. C’est l’intérêt le plus large dans la société. Alors, admettons que toi, ton intérêt, ta passion, ce soit le tennis et tu veux juste parler de tennis. Encore mieux, tu veux juste parler du club de tennis où tu t’entraines. Là, tu commences à t’approcher de ton intérêt privé quand tu fais cela. Parler d’intérêt public, c’est parler des choses qui ne t’intéresseny pas nécessairement toi, mais qui vont être importantes pour la plus large portion de la population. On n’est pas là à faire ce métier-là pour nos intérêts personnels. Je ne suis pas là pour défendre mes intérêts à moi, ailleurs, on a des règles d’éthique qui nous empêchent, qui nous disent qu’on ne doit jamais défendre nos intérêts personnels. Il faut trouver l’intérêt public d’une question et on s’attaque à ça, on essaie de défendre ces principes-là. »

JAC : À défaut de s’ultra-spécialiser dans un sujet qui nous tient à cœur, il y a sûrement des journalistes qui vont se spécialiser dans un domaine, par exemple le sport, parce qu’ils aiment ça tout en présentant des nouvelles qui vont défendre l’intérêt public?

É.T. : « Complètement, c’est beaucoup comme ça. C’est certain qu’on n’empêche pas les journalistes de le faire, par exemple, je prends les gens du cahier des arts: s’il y a un journaliste parmi eux qui s’intéresse au cinéma et veut devenir critique de cinéma, bien il risque d’être bon, car il est passionné par le cinéma. Par contre, si lui, tout ce qui l’intéresse, c’est le cinéma d’action ou le cinéma-vérité des années 70 ou un segment très pointu du cinéma, moi, à un moment donné, mon travail, ça va être de lui dire que la population n’aime pas nécessairement ça et qu’il doit aussi parler des grands films hollywoodiens. Je vais l’obliger à considérer l‘intérêt public en faisant en sorte qu’il aborde le cinéma sans y mêler ses intérêts personnels. »

JAC : Est-ce que c’est difficile de se tailler une place stable dans le monde du journalisme quand tu commences?

É.T. : « Il y a deux façons de commencer le métier, il y a à la pige où vous pouvez aller travailler déjà même à votre âge. Généralement, la plupart des gens vont commencer en faisant de la pige et après ça, si vous avez la chance de vous trouver du travail dans n’importe quelle salle de rédaction, c’est là que vous allez apprendre et avancer le plus. Il y en a beaucoup, de salles de rédaction au Québec; il y a Le Devoir, Le Journal de Montréal, nous, à La Presse, Radio-Canada, TVA, LCN et il y a aussi des sites web, comme Huffington Post. Une fois que tu es dans une salle de rédaction, cela dépend de toi et de ce qu’on recherche. »

JAC : Donc, qu’est-ce qu’on recherche chez les journalistes?

É.T. : « On recherche des journalistes qui ont des défauts importants. Le premier défaut, c’est d’être “tête de cochon”. Si vous l’êtes, ça peut vous aider à être journaliste, parce qu’il faut s’acharner. Il faut qu’on trouve les bons arguments pour convaincre les gens de nous parler et on ne peut pas les obliger, on n’est pas des policiers. C’est pourquoi il faut avoir des journalistes qui sont “tête de cochon” et qui vont s’acharner jusqu’à ce que ça marche. Ensuite, on recherche des gens qui sont un peu TDAH et impulsifs parce que c’est un métier où il faut être super vite. Être impulsif, c’est vu comme un défaut, mais pour nous, c’est une grande qualité en journalisme. Ce n’est pas un métier où on prend six mois à bâtir un produit, il y a un événement qui arrive à huit heures le matin, envoie-moi ton premier texte à neuf heures. Alors, entre huit heures et neuf heures, il faut que tu aies ramassé de l’information, que tu ailles sur le terrain, que tu interroges les témoins, que tu reviennes et que tu écrives ton histoire, tout cela en une heure. Ça prend du monde vite, on n’a pas le temps de penser trop et de se creuser la tête dans ce métier-là. C’est pourquoi je dis souvent qu’être impulsif ça devient une grande qualité pour nous et le côté TDAH peut nous aider aussi, car dans une journée, on peut te demander de travailler sur trois histoires différentes. Il faut que tu sois capable de passer d’une histoire à l’autre sans trop t’énerver et te casser la tête. Ensuite, on recherche des gens un petit peu légèrement obsessifs parce qu’il faut être obsessif du détail. C’est dans le détail qu’on se fait souvent avoir. Il faut avoir la qualité de poser toujours plus de questions pour avoir plus de détails. Évidemment, un bon français, c’est quand même une pas pire qualité. Il faut aussi avoir le sens de la nouvelle, c’est-à-dire être capable de trouver des histoires uniques dont personne n’a parlé encore. Quand on se rend compte que des gens ont toutes ces qualités-là, on les garde. »

JAC : Comment vient-on à juger de l’importance d’une nouvelle?

É.T. : « Chaque patron de section vient défendre ses histoires chaque jour et nous choisissons celles qui vont faire la une. Souvent, celui qui tranche, c’est le directeur de l’information ou moi. On se base sur l’originalité de la nouvelle, alors amenez-nous des histoires dont personne n’a parlé avant. Ensuite, l’importance de l’intérêt public, tout le temps, tous les jours, on se pose la question de l’intérêt public dans une histoire. Si c’est une histoire qui touche une personne, ce n’est pas certain que ça va être à la une, mais si ça touche beaucoup de monde, c’est différent. L’intérêt public et le caractère d’exclusivité, ce sont les deux critères qu’on regarde le plus pour décider de la une. »

JAC : Au bout du compte, une nouvelle négative va faire beaucoup plus de réactions qu’une nouvelle positive et les gens se plaignent souvent qu’il n’y a pas beaucoup de positif qui sort des médias, est-ce qu’il n’y aurait pas une priorisation de tout ce qui est un peu plus négatif?

É.T. : « On nous dit souvent qu’on fait trop de nouvelles négatives, nous, les journalistes et que ce n’est pas assez positif. On est très sensible à cela, si vous lisez La Presse+, on a développé une section qui s’appelle Pause et qui parle de la vie de tous les jours. Ça se veut quelque chose de plus positif et c’est pour répondre à cela qu’on a fait ça. Maintenant, dans les autres sections on est sensible à l’idée qu’il faut mettre du positif, donc on en met. On parle des succès des entreprises québécoises jour après jour dans la section affaires, dans les sports, on met en évidence chaque victoire, donc ce n’est pas vrai qu’on est si négatif que ça. Maintenant, je reviens avec l’idée de l’intérêt public, c’est certain que si on se mettait dans le cahier A à dire que tout ce que le gouvernement fait c’est bon et qu’il faut arrêter de le critiquer, on se ferait nous-mêmes dire qu’on ne fait pas notre travail. Comment je vous dis ça, c’est que si on écrit des articles plus positifs, ils sont moins lus que les articles négatifs. Les gens disent souvent ça, qu’on ne fait pas assez d’articles positifs, mais les articles positifs ne sont pas si lus que ça. Ce qui est vraiment lu, c’est quand on dénonce une situation qui est inacceptable, ça les gens vont vouloir la connaître, cette histoire-là. »

JAC : Donc, est-ce que c’est représentatif de la réalité, parce que souvent on va se baser sur les médias pour juger notre réalité, alors est-ce que ça signifie qu’il y a moins de bonnes nouvelles à traiter ou fait-on une discrimination?

É.T. : « Comme je disais, notre rôle, c’est d’abord de dénoncer ce qui ne marche pas, c’est ça notre rôle premier et on le fait. On reste tout de même sensible au fait, qu’effectivement, est-ce qu’on trompe la réalité? En lisant La Presse, est-ce qu’on a l’impression que tout va mal au Québec? Moi, je pense que non parce qu’on a vraiment sensibilisé nos équipes à parler aussi des choses qui vont bien. »

JAC : Tantôt, on parlait des enquêtes qui étaient réalisées justement par les journalistes comme nous, par exemple, à plus petite échelle. On ne peut pas se permettre de partir pendant des semaines pour faire des entrevues, alors comment est-ce qu’on peut au moins s’assurer qu’on a des sources fiables?

É.T. : « Une source fiable, c’est quelqu’un qui va te donner plus d’informations que juste te dire quelque chose à l’oreille. Tu vas demander des preuves, comme des documents ou encore demande à voir un deuxième témoin pour corroborer ce que la première personne va te dire à tout le moins. Donc, une seule source fiable tu ne peux pas, dès la première fois, te fier à ce qu’elle te dit et publier une histoire sur ça. Il faut aller chercher d’autres témoins et, surtout, ce qui est important, c’est d’aller voir aussi la personne sur qui on écrit pour avoir sa version de l’histoire. »

JAC : Est-ce qu’un journaliste peut, de nos jours, se contenter de faire de l’écriture sans aller toucher au monde des multimédias?

É.T. : « Oui, je dirais que la plupart de mes journalistes font juste de l’écriture. On ne fait presque pas de vidéos dans La Presse+ parce qu’on s’est rendu compte que nos lecteurs ne voulaient pas les regarder. Donc, dans les médias écrits, ce qui est important, c’est de savoir écrire. »

Alors, c’est tout pour cette entrevue, j’espère qu’elle vous aura été informative et vous aura permis de vous intéresser un peu plus au monde du journalisme. L’équipe du Journal d’Armand-Corbeil tient à remercier Éric Trottier d’avoir répondu à nos questions et de nous avoir permis de vivre cette expérience à La Presse. Si vous désirez en savoir davantage sur ce média, je vous invite à lire l’article de Gabrielle Hurteau à ce sujet.

 

 

Virginie Lessard


Source des photos :

Image mise en avant plan (logo de La Presse +) :

Éric Trottier : http://www.lapresse.ca/actualites/dossiers/inspiration-2014/201501/01/01-4832000-une-grande-cuvee.php

Les nouveaux locaux : http://a49montreal.com/en/portfolio/la-presse/

 

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