Gabrielle Hurteau

Les favoris et découvertes de l’hiver 2017-2018

Depuis trois semaines déjà, c’est le printemps. C’est donc pourquoi je vous reviens avec les favoris de l’hiver 2017-2018 et non d’un mois en particulier! Nous nous sommes dit qu’on allait en avoir plus de cette façon et que le contenu allait être plus diversifié. J’espère que vous allez apprécier ce nouveau concept!

Les Bijoux Dhyaan, Mylène Charland

Ces magnifiques bijoux sont faits au Québec et reliés à une bonne cause. Leur création permet d’offrir à des personnes en difficulté la possibilité d’occuper des emplois adaptés. De plus, la production contribue au développement économique local.

 

 Le cours de langage Python, Mohamed Adam Kamal

C’est un cours complet de programmation en langage Python sous forme de vidéo : la formation semble très complète et permet de comprendre les fondements de la programmation en général.

 

La série Heroes, Paul Vézina

C’est une série de science fiction complexe, où un peu partout dans le monde, des individus découvrent qu’ils possèdent des pouvoirs comme la régénération, l’invisibilité et la maîtrise du temps. Ces derniers s’en servent pour faire le bien et le mal.

 

Queer Eye, Roxanne St-Hilaire

C’est une télé-réalité diffusée sur Netflix où on retrouve la Fab Five, Antoni Porowski, Tan FranceKaramo BrownBobby Berk et Jonathan Van Ness qui ont chacun une spécialité. À l’aide de cette dernière, ils «transforment» des hommes, et ce, surtout de l’intérieur dans le sens qu’ils leur apprennent à être plus confiants.

 

Émile Bilodeau, Marc Michaud

C’est un jeune chanteur de 20 ans dont le style musical est le folk engagé. Il est un peu comique avec une grande sensibilité et présente son premier album avec une belle intensité.

 

Soupe opéra, Élodye Barré

C’est par leur chandails, par leurs macarons, par leurs sacs et par leurs autocollants qu’ils passent des messages en lien avec le féminisme et le végétarisme. Ils étaient présents au Festival végane de Montréal à l’automne 2017. Leurs produits ne sont pas encore en vente ailleurs que dans des événements, mais une boutique en ligne est en préparation.

 

Le Google Home, Kathy Martel

C’est un genre de mini ordinateur qui se contrôle par la parole. On peut « lui demander » de faire des recherches sur internet, de faire jouer de la musique, de faire jouer une émission sur votre télévision, etc.

 

Chandelle KAYO – Collection Érable, Gabrielle Hurteau

C’est une assez grande chandelle vendue au prix de 25$ chez KOZY. L’odeur d’érable qu’elle diffuse est bien représentée par la boîte, qui est identique aux contenants de sirop d’érable qu’on trouverait à l’épicerie. De plus, c’est un produit fait à la main par des artisans du Québec.

 

Gossip Girl, Virginie Lessard

C’est une série télévisée qui est destinée aux adolescents et qui est de retour sur Netflix depuis peu. On y voit la vie de jeunes adolescents faisant partie de l’élite de Manhattan. La série mélange drame, amour et humour et contient six saisons.

 

Le thé anti-stress, Pénélope Beauchemin

Ce thé anti-stress au magnésium calme et détend les muscles endoloris. Il suffit de mélanger une cuillère à thé du produit en question avec de l’eau bouillante.

 

Voilà! C’était l’avant dernière édition des favoris écrite par moi-même cette année : je n’en reviens pas! Partagez-nous ce que vous avez découvert de votre côté cet hiver.
Élodye Barré

Sources:

Bijoux Dhyaan : http://dhyaan2016.wixsite.com/lesbijouxdhyaan

Python : https://www.youtube.com/watch?list=PLrSOXFDHBtfHg8fWBd7sKPxEmahwyVBkC&v=HWxBtxPBCAc

Heroes : https://frpnet.net/haberler/dizi-haberleri/heroes-dizisi-geri-donuyor

Queer Eye : https://www.youtube.com/watch?v=GZMrivD2Aok

Émile Bilodeau : https://www.youtube.com/watch?list=PLt06FY-HqpN1oeUbpEG68jeG2NapdgwfL&v=xFa9x_jF21E

Soupe opéra : https://www.facebook.com/SoupeOperaaa/photos/a.506638466366116.1073741828.503356036694359/506640769699219/?type=3&theater

Google home : https://www.youtube.com/watch?v=r0iLfAV0pIg

Chandelle Kayo : https://www.lebonsiropderable.com/produit/chandelle-a-lerable/

Gossip Girl : http://www.instyle.com/news/gossip-girl-s-100th-episode-airs-tonight

Thé anti-stress : https://ca.iherb.com/r/natural-vitality-natural-calm-the-anti-stress-drink-organic-raspberry-lemon-flavor-16-oz-453-g/5124/?p=1?p=1

 

La journée barcamp, la technologie en milieu scolaire

 

Quand on envoie un groupe d’élèves dans une école inconnue à la recherche d’apprentissages technologiques, la surprise est au rendez-vous, que celle-ci s’avère être bénéfique ou pas. Lors du BarCamp 2018, qui avait lieu à l’école Jean-Baptiste-Meilleur, les élèves membres du JAC furent invités à couvrir l’événement. Armés de nos dictaphones, nous sommes partis, et nous avons visité les lieux, d’une conférence à l’autre, en prenant en note chacun des éléments et détails que nous pouvions apercevoir.

Le barcamp est une journée qui a pour but de « faire la promotion de l’intégration des technologies en situation d’enseignement et d’apprentissage par des acteurs du milieu. C’est aussi de favoriser une intégration des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) dans les pratiques et de favoriser l’engagement scolaire des élèves. » Cette rencontre est réservée aux enseignants et désire les initier aux technologies pédagogiques, afin que leurs jeunes puissent utiliser la technologie pour parfaire leurs connaissances et apprendre davantage. Chaque enseignant inscrit se voit distribuer une liste d’ateliers, séparés en blocs de cinquante minutes, auxquels il doit s’inscrire. Les blocs présentés touchent tous de près ou de loin à la technologie, que ce soit l’usage d’Office 365, la classe inversée, les enjeux de la technologie dans nos salles de classe ou même la robotique. Les enseignants du primaire et du secondaire se rassemblent et assistent aux ateliers qui, selon eux, sauront enrichir la présence de la technologie dans leur milieu scolaire. Le barcamp présentait près de 40 ateliers, dont 26 animés par des enseignants de la Commission Scolaire des Affluents.

« Faire la promotion de l’intégration des technologies en situation d’enseignement et d’apprentissage par des acteurs du milieu. C’est aussi de favoriser une intégration des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement) dans les pratiques et de favoriser l’engagement scolaire des élèves. »

Anne-Sophie Letellier

Une des figures importantes présente lors de l’événement est Mme Anne-Sophie Latellier, adjointe de recherche à la Chaire de recherche du Canada en Éducation aux médias et droits humains. Elle fit le mot de bienvenue du barcamp, en plus de présenter un atelier intitulé « Citoyenneté numérique & éducation aux médias », dans lequel elle aborde la définition d’un média en comparaison aux TICE, en plus de la définition de la citoyenneté. Son atelier tournait principalement autour de l’éducation en lien avec les médias, notamment sous l’angle des avantages que l’éducation aux médias peut apporter aux individus en société. En plus de tous les ateliers présentés, sur place se trouvait le « salon des exposants » où se trouvaient près d’une quinzaine d’exposants venant présenter leurs organismes et activités en lien avec la technologie. On pouvait voir entre autres le Créalab et Ma Carrière Techno. Nous avons eu la chance d’effectuer des entrevues avec certains d’entre eux.

Tout d’abord, nous avons pu nous entretenir avec Anne-Sophie Letellier de la Chaire de recherche en Éducation aux médias du Canada. Selon elle, la recherche documentaire et l’éducation aux médias permettent au monde scolaire de mieux se servir des technologies dans l’enseignement. La Chaire travaille pour aider les enseignants et les élèves et vise un renforcement de l’utilisation des médias dans les écoles en permettant un tout qui est formateur. Une journée comme le barcamp va donc dans le sens de ce que la Chaire cherche à promouvoir en leur permettant d’observer la manière dont la technologie est utilisée pour encourager de plus en plus l’utilisation de celle-ci. Elle soutient que la Chaire cherche à valoriser une utilisation responsable des outils multimédias et espère voir les ressources dans ce domaine augmenter dans le futur. Une priorité pour Mme Letellier est le respect des droits de la personne dans son utilisation de la technologie, en offrant une éducation aux jeunes pour qu’ils puissent en faire une utilisation responsable. Au lieu de bannir l’utilisation des téléphones en classe, par exemple, elle expliquait qu’il serait plus logique d’effectuer une sensibilisation auprès des élèves et du personnel enseignant, afin de démontrer la bonne manière de s’en servir. Si le jeune comprend qu’il est préférable d’utiliser la technologie de façon pédagogique en classe, il est beaucoup plus avancé, selon elle, que s’il ne peut pas s’en servir du tout. Elle déplore le fait que les gens ne prennent pas le temps de s’interroger sur les technologies. À son avis, non seulement il faudrait savoir les utiliser, mais également les comprendre pour contrer la désinformation du monde informatique. De plus, une bonne connaissance du monde des médias et de son fonctionnement permet une meilleure cybersécurité pour les utilisateurs. Bref, selon elle, une utilisation responsable de la technologie se trouve dans le questionnement et la distance critique envers celle-ci pour permettre de faire des choix informés et éclairés.

Ensuite, nous avons échangé avec Éric Ladouceur, le coordonateur des services de la commission scolaire. Selon lui, cette deuxième édition du barcamp représente un franc succès, puisque le nombre de participants a doublé et qu’il y a l’ajout du salon des exposants qui n’était pas présent l’an dernier. Il souhaiterait la tenue d’une troisième édition avec une ampleur encore plus grande. Selon lui, cette journée est utile, car les technologies de l’information sont un incontournable dans le monde scolaire et permettent d’augmenter les réussites des jeunes en favorisant un apprentissage dynamique. Cela vient permettre aux enseignants d’en apprendre plus sur cette nouvelle manière d’enseigner et, selon lui, la commission a un retard à ce niveau qu’elle peut rattraper avec un événement comme le barcamp. À son avis, les enseignants qui ont la chance d’échanger entre eux peuvent permettre de plus en plus l’intégration des technologies dans les écoles. Il affirme que la technologie est un domaine qui évolue constamment et que, dans le futur, on pourrait peut-être voir l’apparition de deux barcamp par année, tant ils sont formateurs. Selon lui, les technologies ont leur place dans le monde de l’éducation, car elles augmentent la productivité et facilitent le travail tout en permettant de nouvelles stratégies d’apprentissage. Bien entendu, tout doit se faire de manière pédagogique pour permettre la réussite. Il faut viser à montrer la bonne manière de se servir des outils informatiques aux élèves et non les interdire, à son avis. M. Ladouceur croit que la clé d’une bonne utilisation des médias se trouve dans la sensibilisation et la prise de conscience chez les jeunes. Selon lui, une utilisation responsable de la technologie, c’est une utilisation qui permet de développer des passions et de faire de nouveaux apprentissages sans entrer en conflit avec les droits des hommes. Bref, pour lui, on doit se servir de la technologie pour susciter de nouveaux intérêts chez les gens.

 

 

Nous nous sommes également entretenus avec Daniel Forest, le directeur général adjoint de la commission scolaire et Luc Moisan, directeur adjoint des services éducatifs de la commission scolaire. Selon eux, la journée barcamp est une excellente initiative et l’ajout, pour cette deuxième édition, du salon des exposants est une très bonne idée. Il s’agit d’un événement positif qui permet d’apporter une nouvelle façon de se servir de la technologie dans un cadre éducatif. Ils ne croient pas qu’on devrait interdire l’utilisation des cellulaires en classe, mais plutôt informer les jeunes sur la manière de bien s’en servir. De plus, à leur avis, si on enseigne comment on peut l’utiliser à des fins pédagogiques, les élèves auront moins tendance à s’en servir autrement en classe. Selon eux, une utilisation responsable ne nuit pas aux autres et n’empêche pas d’avoir de bonnes relations avec les gens qui vous entourent. Bref, si vous ne pouvez pas respecter ces principes, vous devriez revoir votre utilisation de la technologie.

Avant d’aller visiter le salon des exposants, nous avons échangé avec Julie Beaupré, conseillère pédagogique en informatique au primaire et une des organisatrices de l’événement avec Steve Létourneau, conseiller pédagogique en informatique au secondaire. Mme Beaupré pense que la journée barcamp est inspirante et permet aux enseignants d’innover dans leurs méthodes en allant chercher de nouvelles idées. La différence avec l’an passé est l’augmentation du nombre d’ateliers et de participants, qui a pratiquement doublé, ainsi que l’ajout du salon des exposants. Elle souhaitait apporter de nouvelles idées aux enseignants pour qu’ils puissent changer leur pratique en y intégrant les technologies, dans le but d’enseigner avec des méthodes modernes aux jeunes. Selon elle, la technologie a sa place dans le monde de l’éducation et les professeurs doivent savoir s’en servir. Bien entendu, le risque que le jeune en fasse une mauvaise utilisation est toujours présent, c’est pourquoi on doit leur montrer comment bien s’en servir pour qu’il puisse l’utiliser pour développer de nouvelles compétences et acquérir de nouvelles connaissances. À son avis, c’est le rôle de l’enseignant de montrer le potentiel pédagogique que peut avoir la technologie à ses élèves. Selon elle, une utilisation responsable de la technologie est possible lorsqu’on utilise le bon outil, au bon moment, de la bonne manière, pour aller chercher l’information qu’on veut pour bien la communiquer, dans le but d’effectuer la tâche qu’on veut accomplir. Bref, pour bien se servir des technologies, il faut d’abord les connaître.

Étant donné qu’il s’agissait de la grande nouveauté de cette deuxième édition, nous ne pouvions pas faire autrement que d’aller visiter le salon des exposants. Nous avons pu rencontrer plusieurs personnes et visiter divers kiosques tous fort intéressants. Voici le compte-rendu de trois de nos visites.

De gauche à droite : Virginie Lessard Renaud Boisjoly et Marc Michaud

Tout d’abord, nous avons visité le kiosque de Studyo qui était tenu par Renaud Boisjoly. Studyo est une compagnie qu’il a fondée pour aider les élèves à s’organiser. Il s’agit d’un gestionnaire de tâches et de temps, supportant n’importe quel horaire, qui permet à l’élève de prendre ses propres décisions et de planifier lui-même son emploi du temps. Cela lui permet une bonne organisation de leur temps, tout en ayant le contrôle de son temps. Contrairement à l’agenda papier, Studyo permet aux jeunes de voir tous les travaux qu’ils doivent effectuer à long terme sur une ligne du temps interactive. Grâce aux notifications, il est facile de se souvenir de tout ce qui doit être effectué, en diminuant les risques d’oublier de faire quoi que ce soit. Les enseignants peuvent eux aussi bénéficier de cet agenda en ligne, puisqu’il existe un module conçu pour eux. Un autre avantage se trouve dans le fait que n’importe qui, consultant votre agenda, pourra le comprendre, car il est toujours bien organisé, bien écrit et soigné. Visuellement, étant donné que chaque tâche correspond à une icône, il est facile pour les utilisateurs de se repérer pour savoir quoi effectuer. Selon M. Boisjoly, une utilisation responsable de la technologie permet d’accomplir quelque chose d’une façon motivante sans faire de tort à quiconque durant le processus.

Ensuite, nous sommes allés voir le kiosque de GénieMob tenu par Évelyne Drouin. Il s’agit d’une association d’artistes et d’ingénieurs collaborant avec des adolescents pour réaliser des ateliers de création pour des enfants du primaire. Prenant pour intermédiaire la technologie, notamment par l’assemblage de circuits électroniques, ils cherchent à faire ressortir l’inventivité des petits participants, allant jusqu’à leur offrir une aide pour créer et faire aboutir leurs propres projets. Si cette belle organisation vise à susciter l’intérêt des plus jeunes pour la création et les technologies, elle permet surtout à des enfants trop souvent marginalisés (possédant, par exemple, des troubles de comportement ou d’apprentissage) d’évoluer et de communiquer avec des jeunes de leur âge dans un milieu sécuritaire et sain, prompt à leur développement. Mme Drouin, une artiste connue dans le milieu sous le pseudonyme de « Dj Mini », est la fondatrice de GénieMob. Nous avons eu la chance de lui poser quelques questions afin de découvrir quel regard elle pouvait bien porter sur la technologie et sur ce qu’elle pouvait apporter à la jeunesse et à la société en général. Elle nous a répondu qu’une utilisation responsable de la technologie était écologique et créative, qu’il fallait donc promouvoir la réutilisation de pièces, que ce soit à des fins utilitaires ou artistiques. Toujours selon elle, l’existence sur le marché d’appareils entièrement préconçus ne devrait pas rendre réticents à l’apprentissage et à la découverte par expérimentation.

Dans la même suite d’idées, cette fois visant directement les jeunes adultes, nous avons visité le kiosque du Créalab tenu par Ismaël Bellil. Cette organisation a pour objectif, comme GénieMob, d’encourager la créativité et le développement personnel en exploitant les possibilités offertes par les nouvelles technologies. En plus de cela, les adolescents ont la possibilité de se rejoindre dans ce centre de création numérique pour socialiser, discuter ou simplement passer du bon temps. Le Créalab est autant un lieu de divertissement, d’interaction et d’échanges, qu’un milieu favorisant l’apprentissage et la découverte. Concrètement, l’endroit offre un service public d’« assistance à la création » et met des outils numériques à la disposition des adolescents qui souhaitent, par exemple, faire du montage vidéo, programmer (ou même jouer) à un jeu vidéo, réaliser une composition musicale, un film, tout cela sans dépenser le moindre sou! Des frais n’entrent en ligne de compte que lorsque l’utilisateur repart avec un produit dit « consommable » : l’utilisation de l’imprimante 3D, notamment, ne demandera rien de plus que de couvrir le coût du plastique ayant servi à l’impression de l’objet voulu. Lorsque nous avons questionné M. Bellil, qui est chef de section au Créalab, sur ce qu’était, selon lui, une utilisation responsable de la technologie, il nous a répondu qu’il fallait garder en tête l’impact environnemental de ce que nous produisons, en prenant pour exemple l’imprimante 3D utilisant du plastique pour fabriquer des objets. En plus de cela, il a affirmé qu’il y avait toute une réflexion éthique et sociale à avoir durant la réalisation de certaines créations. Cela serait, en effet, nécessaire si l’on souhaite veiller au respect des autres et à la propagation d’idées saines pour, au final, avoir un impact aussi positif que possible sur la société moderne.

Finalement, la journée barcamp est une bonne manière pour les enseignants de s’informer sur les technologies et la façon dont ils peuvent s’en servir en classe. Il s’agit d’un événement bénéfique pour eux dans le sens où il permet de faire avancer le monde de l’enseignement pour le rendre plus moderne.

 

UNIS pour un monde meilleur

 

 

Le 22 février, alors que des adolescents gloussaient devant une vidéo animée dans laquelle on présente des célébrités telles que Shawn Mendes, Ed Sheeran et Demi Lovato, le décompte s’amorçait, la Journée Unis était sur le point de démarrer, le mot clic #JournéeUnis remplaça rapidement les visages populaires sur l’écran qui remplit la scène du théâtre St-Denis. La salle était pleine à craquer d’étudiants venant de partout à travers le Québec. Accompagnés par William Desmarais, Virginie Lessard et Pénélope Beauchemin, nous écrivions à l’arrache les dernières modifications dans l’horaire d’entrevue. Assis au fond de la salle, nous nous préparions à assister à l’événement le plus inspirant pour la jeunesse du Québec : la Journée Unis.

Nous avons étés accueillis par une panoplie d’acteurs du changement en débutant avec le co-fondateur de Me to WE (UNIS), Craig Kielburger. Celui-ci partageait incessamment son message, c’est à dire que l’on n’est jamais trop jeune pour changer le monde de près ou de loin. «Les gens disaient qu’on était trop jeunes pour faire une différence», avoue-t-il aux spectateurs, en parlant de lui et de ses camarades de classe lorsqu’il décida de s’impliquer activement dans sa communauté et de devenir un acteur de changement. Le but de sa conférence était de rappeler aux jeunes qu’ils ont un pouvoir, et ce, à tous les jours de leur vie. «Vous êtes une génération qui croit à une inclusion et en un monde meilleur.» Il rappelle le pouvoir de la jeunesse en mentionnant toutes les actions réalisées par les jeunes dans la dernière année. Notamment, les actions des jeunes participant au mouvement UNIS ont permis à 200 000 élèves à travers le monde d’aller à l’école, plus d’un million de personnes ont eu accès à l’eau potable et 15 millions de repas nutritifs ont été servis dans des régions de famine. Craig nous rappelle, en terminant sa conférence que «les nouvelles nous laissent croire qu’il y a beaucoup de problèmes, mais ensemble, on peut changer la Une des journaux».

Suite à l’apparition de Craig, les animateurs, Maripier Morin, Nicolas Ouellet, Elliot et Rebecca Miville-Deschênes nous présentaient les thèmes qui nous affectaient tous, à l’échelle locale. La panoplie d’acteurs de changement qui suivait cette intervention partageait tous un désir : rappeler à la jeunesse qu’elle est en contrôle plus souvent qu’autrement. Une enseignante, Ingrid LeFort, invitée à s’adresser au public, s’est intéressée aux enseignants, qui, eux aussi, avaient leur mot à dire dans le futur des jeunes qu’ils côtoient à tous les jours. Elle les invitait à participer au mouvement UNIS avec leurs élèves pour assurer une pérennité auprès du mouvement. L’intervention fut suivie d’une vidéo présentant le projet UNIS à l’école. Celui-ci «permet aux jeunes de passer à l’action localement et internationalement.»

 

« Est-ce que vous savez ce que j’ai retenu de toutes mes aventures? Ce que j’espère que vous garderez en tête après vos grandes aventures? L’amour du prochain. Être un voyageur, […] ça fait ressortir le meilleur des gens. Même dans les pires endroits. »

– Alexandre Trudeau – Réalisateur, journaliste et auteur

Ensuite, Stéphanie Vermette-Tremblay présentait le mot-clic créé par TELUS le #AuDessusDeÇa. Elle mentionnait aux jeunes présents que «tout le monde ici peut contribuer à mettre un terme à la cyberintimdiation». Elle fut suivie par Olie Pullen, une jeune activiste de 15 ans, qui lutte pour les droits des enfants transgenres. Elle aborde l’importance de l’ouverture d’esprit en mentionnant une statistique effrayante. Effectivement, «le tiers des jeunes transgenres ont déjà tenté de s’enlever la vie.» Ennuyée à l’idée de toujours avoir à justifier son identité, notamment lorsqu’elle passe aux douanes, elle s’empresse de s’exclamer : « [Les jeunes trans sont] obligés d’expliquer pourquoi on se sent différent. Est-ce que, moi, je peux juste être moi? Mon corps, ça ne regarde personne d’autre».

Après une vidéo sous-titrée en français présentant le mouvement UNIS contre la faim, une représentante de Ford nous présentait l’implication de la compagnie grâce à laquelle 600 000 livres de nourriture ont été fournies à des familles dans le besoin partout au Canada.

Une courte pause, puis Maripier Morin reprend la scène pour faire un hommage au Père Emmett  Johns «Pops», décédé plus tôt cette année, fondateur de l’organisme «Dans la rue». L’organisme fête sa 30e année d’existence cette année. Celui-ci compte désormais près de 70 professionnels et 150 bénévoles qui ont aidé des centaines de personnes en situation d’itinérance, spécialement Alexandre Bulon, qui fut invité à l’événement. «Je pense que je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui si ce n’était pas de l’organisme», mentionne-t-il. Alexandre termine son hommage en mentionnant qu’à ce jour, il «y a encore du monde dans la rue».

Présentée par Elliott, Emanuelle Saulnier-Leclerc monte sur la scène pour présenter son forum traitant des pistes d’autogestion. La jeune fille, diagnostiquée à l’âge de 16 ans avec un trouble bipolaire de type 2, affirmait que les soins de santé psychiatrique n’étaient pas adaptés à ses besoins aux connaissances d’elle-même et de sa santé mentale. C’est pourquoi elle a créé le forum «vivre avec». Elle nous rappelle que «y’a pas de méthode miracle ni de recette magique pour aller mieux» et qu’éventuellement «on va tous devoir, un jour ou l’autre, apprendre à prendre soin de nous.»

Petite pause vidéo, présentant le mot-clic #MakeWhatsNext, suivie par Laurence Nerbonne, musicienne de Gatineau, pour la deuxième fois. Ensuite, on présenta les voyages culturels EF qui invitaient les jeunes à partir en voyage humanitaire.

Jasmin Roy foula la scène, honoré de pouvoir participer à l’événement. «C’est un privilège, dans une société, de pouvoir porter un message.» Il aborde une étude réalisée par Harvard pendant plus de 75 ans qui révèle que ce qui rend l’être humain heureux, «c’est la qualité des relations sociales». Il en a également profité pour encourager les jeunes à participer à l’événement du 11 avril prochain, «L’école en rose» qui a pour but de démontrer publiquement le soutien des élèves et de l’école dans la lutte contre l’homophobie. Tyler La Salle foula ensuite la scène, suivant l’idée de M. Roy, mentionnant que 80% des cas d’intimidation se produisent devant un public.

Oumar Touré, centre-arrière des Alouettes de Montréal, expliquait aux jeunes présents dans la salle que le travail d’équipe était beaucoup plus important que le mérite personnel. Dans cet élan, il prononça une des phrases les plus remarquables de la journée : «Si vous voulez aller vite, allez-y seul. Si vous voulez aller loin, allez-y ensemble.»

Les minutes suivantes furent passées à encourager la jeunesse à participer au mouvement gouvernemental jeunesse mis en place par le cabinet du premier ministre Justin Trudeau. La représentante sur place invita les jeunes à visiter le site web de l’aile jeunesse.

Émilie Nicolas, co-fondatrice du mouvement Québec Inclusif, avait un mot à dire quant à l’histoire qu’on lui a présentée dans les livres d’école. Alors qu’un jour, elle visitait la première maison habitée au Québec, elle découvrit alors que sur la plaque, nulle part n’était indiqué le nom d’Olivier le Jeune, le premier esclave noir installé en Nouvelle-France. «Cette partie de l’histoire avait été complètement effacée». «Pourquoi cette préconception [que les communautés non blanches viennent] d’ailleurs? Pourquoi sommes-nous toujours perçus comme nouveaux, comme exotiques alors que notre communauté est là depuis plus de 400 ans?» Son message fut très encouragé, notamment par les enseignants d’histoire des différentes écoles présentes au théâtre St-Denis. «C’est à vous de voir ce que nous avons en commun, mais aussi nos différences pour ce qu’elles sont, c’est à dire non pas un problème, mais une force.»

Après une pause gastronomique, Alice Morel-Michaud ramenait les jeunes à la réalité, en clarifiant que malgré toutes les belles initiatives présentées aujourd’hui, on n’est pas obligé de sauver des ours polaires pour faire une différence. «Peut-être que je ne sauve pas les ours polaires, mais j’essaie à ma façon de créer un monde dans lequel j’aime vivre.»

« Jusqu’au jour où j’ai entendu Emma Watson dire : […] Si ce n’est pas moi, alors qui? Si ce n’est pas maintenant, alors quand? Et à ce moment-là, j’ai compris que ce n’était pas grave si la façon dont je changeais les choses n’était pas monumentale, ne sauvait pas tous les ours polaires ou n’empêchait pas directement les politiciens de passer certaines lois. L’important, c’est que je fasse quelque chose. »

Alice Morel-Michaud – Youtubeuse et comédienne dans Junior Majeur et L’heure bleue

La Capitaine, Véronique Jacques, se servit de sa voix, non pas pour promouvoir les Forces Armées Canadiennes, mais plutôt pour promouvoir l’inclusion : «Au collège militaire, j’étais doublement minoritaire : j’étais une femme et j’étais francophone.» Elle affirmait que le genre ne devrait jamais être un obstacle et que de se battre pour la représentation et l’égalité est une bataille qui vaut la peine d’être menée.

 

« La génération UNIS me donne l’espoir d’un monde meilleur. Vous passez à l’action pour offrir à ceux dans le besoin l’accès à l’éducation et à l’eau potable. Vous contribuez à l’autonomisation des femmes partout dans le monde. Ensemble, je sais qu’on peut aider tous ces enfants et toutes ces femmes à avoir un meilleur avenir. »

Capitaine Véronique Jacques – Officier de génie de combat des Forces armées canadiennes

Djamilla Touré, co-fondatrice de la plateforme web SAYASPORA visant à «promouvoir l’entrepreneuriat des femmes africaines et la jeunesse de la diaspora africaine.» Le site web est très impressionnant et donne une voix aux jeunes Africaines, qui sont constamment définies par la couleur de leur peau.

Alexandre Trudeau, voyageur professionnel, encourageait ensuite les jeunes à visiter le monde tel qu’il est réellement. «Le voyageur doit apprendre à être seul». Par l’initiative d’UNIS, son message promeut les voyages, les expériences, l’ouverture d’esprit. Ces mots ont encouragé plusieurs jeunes à prendre part aux voyages étudiants annoncés par leur école. «Oh my god, moi aussi, je veux faire ça», pouvais-je entendre quelques rangées plus loin.

L’événement prit fin avec Mélissa De La Fontaine qui venait promouvoir un mode de vie Zéro Déchet. Alors que la planète est en péril, il est de plus en plus important de réduire notre consommation de déchets, explique l’ambassadrice du mouvement au Québec. Comme Alice Morel-Michaud plus tôt, la dame rappelle qu’un petit geste peut faire une grande différence. «Ce que j’ai accompli, vous pouvez tous l’accomplir. L’objectif, c’est de tendre vers un mouvement zéro déchet au mieux de nos capacités.»

C’est ainsi que se clôtura la Journée UNIS, événement sûr de marquer la jeunesse, d’année en année. Des articles supplémentaires sur le sujet furent écrits par Pénélope Beauchemin et Virginie Lessard, qui offrent individuellement un compte-rendu des entrevues réalisées auprès de présentateurs lors de l’événement et une critique de la journée en général en comparaison à celle de l’année dernière.

 

Gabrielle Hurteau

La Presse: média du public

Le 23 février dernier, des journalistes du Journal d’Armand-Corbeil se sont rendus dans les bureaux de La Presse afin de les inspirer et de les pousser à continuer d’écrire, que ce soit pour le Journal, ou par pur plaisir personnel. Ayant été une des journalistes invitées à l’événement, la visite m’a ouvert les yeux sur une situation qui m’intrigue particulièrement. Voyez-vous, La Presse Plus, la plateforme où se trouve la majorité des dossiers de fond, des nouvelles détaillées, tout comme les articles centrés sur la famille et le bien-être, est disponible uniquement sous la forme d’une application adaptée au format tablette. Aucune trace de l’application sur un cellulaire et sur le site internet de La Presse Plus et une simple plateforme pour guider les gens dans l’utilisation de l’application sur tablette. Est-ce un choix judicieux, que de limiter leur contenu à une partie de la population ? 

 

La tablette, un produit pas si vendeur

 Selon une étude réalisée en 2016 présentée par cefrio, une entreprise étudiant les habitudes électroniques des Québécois, 51% des Québécois possèdent une tablette, alors que 58% possèdent des téléphones intelligents, et 81% possèdent des ordinateurs. À la lumière de ces faits, l’utilisation unique de la tablette pour promouvoir La Presse Plus s’avère être une incohérence, voire même une grosse perte d’argent. De plus, on observe que le marché des tablettes électroniques est en stagnation au Québec, comme on peut le lire à la page 10 du rapport. Effectivement, seulement 8% de la population considère changer ou faire l’acquisition d’une tablette électronique dans les 12 prochains mois. Avec l’obsolescence programmée qui rôde, on peut facilement envisager que les propriétaires de tablettes électroniques ne dépenseront pas leur argent sur le prochain iPad. 

statistiques-numeriques-canada-utilisation-du-mobile

Une étude présente les possessions d’appareils électroniques des canadiens en 2017

 

Un média de consommation

L’étude mentionnée plus haut aborde aussi une réalité économique troublante. La citation, trouvée à la page 9 du document, aborde les difficultés économiques qui peuvent expliquer le fait que 9% de la population ne possède aucun de ces appareils : «On observe que près d’un tiers des personnes ne possédant aucun de ces appareils ont un faible niveau d’étude ainsi près d’un quart ont un faible revenu familial (inférieur à 20 000 $). Le prix des appareils est probablement un frein important pour ce segment de la population.» Effectivement, lorsqu’on consulte les sites de ventes populaires tels qu’Amazon et eBay, les tablettes les plus vendues sont aux alentours de 100$, sans les frais de transport. Les familles moyennes en 2015 au Québec avaient environ 1 280$ pour les dépenses diverses, et là, on parle des familles faisant plus de 68 000$ par année. Avec tout ça, on observe donc que quiconque n’ayant pas l’argent nécessaire pour s’acheter une tablette décente n’a pas accès à l’information, que ce soit l’article présenté par Isabelle Audet sur la jeunesse, un dossier auquel des jeunes ont participé, mais qu’ils n’ont pas pu lire, si leurs parents ne faisaient pas partie des 51% ayant accès à une tablette. J’ai contacté la journaliste en question, demandant s’il y avait une alternative à la situation, et à ce jour, la réponse tarde à venir. 

Bref, La Presse fait de son information une sorte d’exclusion sociale, étant donné le pourcentage à peine majoritaire d’utilisateurs de tablettes. En excluant les utilisateurs de téléphones intelligents, ils ciblent les familles ayant suffisamment de revenus pour faire l’acquisition d’une tablette, donc, par le fait même, l’acquisition d’autres produits publicitaires trouvés partout à travers l’application. C’est un geste simple, qui a pour but de cibler le public consommateur, mais qui a aussi pour effet de diminuer l’accessibilité de l’information, comme quoi il faut être riche pour être éduqué. 

 

Gabrielle Hurteau

Le message au-delà du mamelon

 

Le mouvement Free the Nipple vit un moment magique depuis quelques années. Avec les t-shirts The future is Female, les boutiques montréalaises qui se lancent dans les vêtements non-genrés, sans parler des marches pour les femmes – qui ont lieu depuis longtemps, mais qui attirent de plus en plus de foules depuis la sortie publique d’allégations d’agressions sexuelles contre des personnalités publiques, autant ici qu’en Europe – on voit définitivement une avancée idéologique, au niveau de la condition sexuelle de la femme. Si Balance Ton Porc fut la devise pour 2018 en France, la réforme féminine est devenue celle de tous. On voit le mouvement prendre de l’envergure alors que le rôle de la femme est redéfini. À quoi bon un soutien gorge ? Pourquoi la censure du mamelon féminin ? Les femmes du XXIe siècle imitent les femmes des générations précédentes, et mettent feu à leurs soutiens gorge, cette fois, de manière plus figurative.

Un édito qui explique bien

Le principe du mouvement est vraiment simple. Comme indiqué dans le nom, c’est un mouvement qui revendique la libération sexuelle de la femme. Les membres du mouvement accusent le double standard visible sur Instagram, Facebook, sur toutes les plateformes médiatiques, en fait. Un mamelon, ça n’a pas de genre, non ? Est-ce le gras autour qui détermine sa place sur les réseaux sociaux ? Lili Boisvert, dans son éditorial vidéo pour la chaîne Sexploranous parle d’où vient cette idée du sein comme un objet de sexe chez la société occidentale.  Dans celle-ci, elle aborde l’origine de la pudeur, et du choc entre les deux hémisphères du monde par rapport au sein. Elle l’explique sous l’angle des hommes, qui jusqu’à récemment, étaient soumis aux mêmes régulations quant à la démonstration de mamelons sur la sphère publique. Ils n’avaient pas le droit de se baigner sans haut de corps, de peur de se faire arrêter. Elle démontre historiquement la route à l’émancipation masculine du sein, en terminant par mentionner que le progrès chez la femme, ça se fait mille fois plus lentement.

Un événement au gré du vent

Au cours de mes recherches, j’ai découvert que le dimanche suivant la journée de l’équité féminine – qui a lieu le 26 août de chaque année – tous les humains de la Terre sont encouragés à participer au mouvement « Go Topless », qui promeut l’équité sexuelle et corporelle. C’est ainsi qu’annuellement, on peut voir des seins nus sur le plateau Mont-Royal, près des tam tams, et que partout à travers le monde, ces mêmes manifestations sont visibles.

#mamelon

Sur Instagram, la page revendiquant le mouvement la plus populaire s’appelle @genderless_nipples, et tout ce qu’on y voit, ce sont des mamelons, sans genres. C’est revendicateur, mais ça démontre l’absurdité de la norme. D’ailleurs la page Instagram a souvent été critiquée, pour finalement être bannie, puis réinstaurée par les gérants du réseau social.

OK, mais… moi?

Un des commentaires qu’on voit souvent, dans ce mouvement, c’est que certaines personnes ne peuvent pas se permettre de vivre leurs vies sans soutien gorge. Certaines personnes ont une poitrine trop proéminente, d’autres ont des maux de dos chroniques ou même tout simplement peu de tonus au niveau du tissu corporel. Un sein, ça se tient pas tout seul, et pour certain.e.s, ça ne se tient pas, tout simplement. Toutes ces personnes se sentent souvent laissées de côté par des mouvements de la sorte. Cela dit, l’organisme Free The Nipple est sensible à la réalité de tout.e.s, et comprend que par pudeur ou par prudence, le soutien gorge a raison d’être dans la vie de certain.e.s. Leur site web encourage les membres, qu’ils vivent la vie sans brassière ou qu’ils adorent leurs corsets, à participer de diverses manières à la libération sexuelle des femmes.  En portant simplement un petit X noir sur un t-shirt, là où on pourrait imaginer un mamelon, les membres encouragent de manière silencieuse et respectueuse un mouvement qui leur tient à coeur. Avec un rouleau de « duct tape », il est possible de s’impliquer, sans jamais avoir à se dénuder.

Au final, le mouvement Free The Nipple revendique un code social absurde, et c’est ce qu’il y a de beau, dans le geste. Concrètement, j’ignore si un X sur un t-shirt a changé la vie de quelqu’un, j’ignore si l’impact fut celui désiré. Ce que je sais, c’est que le geste choque. Qu’une femme se dénude par revendication, ça choque. Qu’un mamelon ne porte pas d’identifiant, ça choque. La mentalité de la chose, c’est que l’absurde doit être combattu par l’absurde. Peut-être te diras-tu désintéressé.e par le mouvement, personne ne t’en tiendrait rigueur. Cela dit, un mouvement du genre a pour but d’encourager les gens à revendiquer l’absurdité dans leurs vies. Si toi, tu trouves ça illogique qu’on considère le Cégep comme l’option ultime après le secondaire, si tu trouves ça absurde que des enfants travaillent pour faire tes vêtements, si tu trouves ça absurde qu’il n’y ait pas de slush à la cafétéria, tu peux faire quelque chose pour changer ça. L’absurdité a besoin d’être remise en question, et peut être que c’est ça, le message, au-delà du mamelon.

 

Par Gabrielle Hurteau

La puissance au féminin

Au Journal, on aime ça faire les choses d’avance. C’est pourquoi dès février, on s’est mis à parler de la journée de la femme, qui a lieu le 8 mars de chaque année. Pour l’occasion, on a demandé à plusieurs journalistes d’écrire sur une femme inspirante de leur milieu, une femme qui aurait changé, de près ou de loin, leur vie. Pour ma part, bien que j’aie souvent été entourée par des femmes de pouvoir, des femmes qui se démarquaient, le choix a été facile. Il était évident que je me devais d’écrire sur l’enseignante de français et responsable du département de correction du Journal, Kathy Martel. Elle a eu un impact sur ma manière de voir les choses,  spécialement depuis notre entretien du 19 février. J’ai beaucoup apprécié son discours, et j’ai la conviction d’avoir fait le bon choix quant à la femme inspirante dans ma vie. Alors que d’autres sont allés chercher leur inspiration dans leurs familles ou bien au niveau de l’idolâtrie, j’ai préféré choisir une femme que je côtoie souvent, presque tous les jours, même. L’équipe du Journal a su grandir et s’améliorer grandement depuis l’arrivée de cette femme, son ajout a non seulement été bénéfique pour la structure et la qualité du journal, mais aussi au niveau plus personnel. D’avoir un modèle comme elle dans notre quotidien, ça encourage fortement la réflexion. Elle est l’incarnation du pouvoir et de la puissance des femmes, de la passion de l’enseignement. Mon grand-père, pédagogue de profession, dit souvent qu’«un bon enseignant ne devient pas bon avec le temps, il est né bon». Kathy est, à mon avis, de ces bons enseignants. Le 19 février dernier, je me suis rendue dans un local, lors d’une de ses récupérations, et je me suis assise avec elle, le temps d’un sandwich pas de croûte.

Je la connaissais depuis déjà un an, étant donné notre participation dans le Journal, mais je l’ai aussi eue comme enseignante de français en première secondaire. Durant les quatre années séparant nos interactions, son influence sur ma vie est un peu restée dans l’oubli, probablement parce que j’avais vu des dizaines d’enseignants depuis mon secondaire un, et que c’est difficile de se souvenir de l’influence de chacun d’eux sur nos vies. J’avais «oublié» toutes les choses qui avaient fait en sorte que dès ma première journée d’école au secondaire, je suis sortie de ma classe de français avec un défi, une confiance aveugle en l’enseignement que j’allais recevoir. Depuis longtemps déjà, je cherchais en mes enseignants une qualité supérieure, et en Kathy, j’ai été servie. En la revoyant chaque mardi depuis le début de cette année scolaire, j’ai appris à voir une autre facette de cette femme, qui en somme, a été un des éléments clés de mon parcours à l’école Armand-Corbeil. Même en cinquième secondaire, alors que je ne voyais plus possible l’option d’être mise au défi par mes enseignants, Kathy refait surface, au meilleur moment possible. Elle arrive, déplaçant chacune des molécules d’air qui l’entoure, d’un pas rapide, et soudainement, tout prend son sens. Elle savait où elle s’en allait, et je savais que je voulais la suivre.

Lors de notre entretien, je lui parlais de son métier, de son implication dans l’école et de l’image qu’elle projetait dans son milieu. Elle m’expliquait que dans ses débuts, obtenir le respect de ses élèves était difficile, parce qu’elle mettait beaucoup d’emphase sur la discipline. Au cours de son parcours en enseignement en première secondaire, elle a appris à modifier sa relation face à la discipline, face à ses élèves. «C’est donnant-donnant, tu sais, si je les respecte, ils vont me respecter. Ils savent ce que j’attends d’eux. Je suis quand même tenace, dans la vie, et s’il faut que je demande le silence pendant dix minutes, je vais le faire.» Sans avoir abordé la question directement, j’ai pu observer son dévouement à son métier. Dès mon arrivée, elle travaillait déjà sur les questions d’un examen en lien avec la pièce de théâtre qui a retardé notre entretien d’une quinzaine de minutes. À peine sortie de l’autobus, son écran d’ordinateur s’ouvrait pour révéler une liste de questions en cours de préparation. Elle avouait d’ailleurs passer quelques-unes de ses soirées et de ses fins de semaine à travailler sur les projets dans lesquels elle est impliquée. «Ce que j’aime du secondaire un, c’est qu’ils sont plus «malléables», plus réceptifs. Ils rient de mes blagues, ils ont l’humour facile. Avec eux, je fabrique des couronnes et des trophées, ils sont les rois des homophones, les rois des participes passés, je les couronne…» Il est évident qu’elle aime son métier, et qu’elle y met beaucoup du sien.  Elle adore sa matière, ses élèves, ses collègues, son école. Elle est fière des gens qui l’entourent, et c’est réciproque auprès des gens qui la côtoient à tous les jours. D’ailleurs, les gens à qui j’ai parlé à son propos ont tous exprimé aimer la confiance et l’assurance qu’elle dégage, la gentillesse et la franchise avec lesquelles elle affronte les défis du quotidien. Quand j’observe Kathy s’impliquer de manière incessante, quand j’entends par la bande qu’elle travaille sur le Journal tard le soir, quand elle vient me voir pour me parler d’un de mes articles, quand je vois la rapidité à laquelle les textes sont corrigés, la quantité de temps qu’elle met dans son travail, des couronnes jusqu’aux rencontres privées avec des élèves, je vois le genre de personne que j’ai envie d’être.  C’est un art que de se dévouer, ça prend un énorme talent pour se promener à travers la foule en dégageant suffisamment de respect et de confiance pour faire en sorte que les gens se tassent pour éviter de nous pousser. Kathy Martel réussit cet exploit avec brio, selon moi.

Ce que je retiens le plus de sa personne, c’est sa franchise, son honnêteté. Une fois mon dictaphone rangé, elle a répondu plus ouvertement à une question que je lui avais posée pendant notre rencontre. Je lui demandais quel serait le conseil qu’elle donnerait à une personne aspirant lui ressembler. «C’est bizarre, je n’essaie même pas vraiment, je fais juste être qui je suis, et je présente mon avis et mes opinions sans excuses. (…) Je pense que le conseil que je donnerais, c’est d’être honnête, avec les autres, mais aussi avec soi-même. Des fois, ça ne fonctionne pas et il faut être honnête avec soi-même pour éviter de répéter les mêmes erreurs tout le temps». Je pense sincèrement que des femmes comme Kathy, il en faut à la pelletée. Lors de l’entrevue conduite, j’ai vu une femme calme, ouverte et douce, je l’ai connue comme une enseignante aux exigences claires et précises, que l’on ne voulait pas décevoir, je la vois dans le cadre du Journal comme une figure d’autorité indéniable. On veut que Kathy aime notre travail, qu’elle soit fière de nous. Elle apporte une structure et une confiance qui nous donnent envie de la suivre. «Je ne dégage peut-être pas cette assurance-là dans d’autres sphères de ma vie (…), mais je reste authentique avec mes opinions et mes valeurs, peu importe dans quelles circonstances, que ce soit dans l’école ou après les heures de cours». Kathy Martel est la preuve qu’on peut trouver des modèles dans les gens qui nous entourent, que les plus grandes qualités se trouvent parfois déjà autour de nous, que les gens qui valent la peine d’être connus ne sont pas nécessairement inaccessibles et millionnaires. Parfois, c’est une enseignante de français dirigée par la caféine et la passion, et en toute franchise, je pense qu’on a beaucoup plus à apprendre de femmes comme elle que de n’importe quelle célébrité du moment. Elle est simple, honnête, et c’est tout à son honneur.

 

Par Gabrielle Hurteau

Parler d’amour

Quand on parle d’un couple, on oublie parfois que les gens à l’intérieur du couple sont une entité à part entière, également. Il est facile de déduire que la personne que nous fréquentons voit la vie d’une manière similaire à la nôtre, surtout si une preuve du contraire n’a jamais été présentée. On veut tous croire que nos partenaires sont pareils à nous sur plusieurs points. On peut facilement deviner leur affiliation politique sans même en avoir déjà parlé, on peut s’imaginer quelle est sa couleur préférée même si la question n’a jamais été abordée. C’est donc facile de déduire que la personne qu’on aime va aimer les mêmes choses que nous, en terme de démonstration d’affection. Ce qu’on observe en étudiant le travail du docteur en philosophie Gary Chapman, dans son livre «The five love languages» (Les cinq langues de l’amour), publié pour la première fois en 1992, c’est que les gens expriment leur amour de différentes manières, et que chaque individu a sa préférence. Les cinq langages évoquées dans le livre sont:

  • les mots d’affirmation
  • le temps de qualité
  • les cadeaux
  • le dévouement
  • le contact physique

MOTS D’AFFIRMATION

Les mots d’affirmations consistent en l’acte de partager avec son partenaire ou un être cher une pensée, un encouragement ou des mots réconfortants. C’est de prendre le temps de souhaiter bonne journée à chaque matin, de se dire «je t’aime», d’être sincère le plus souvent possible par rapport à son amour pour la personne. C’est de dire «merci», d’exprimer sa reconnaissance, tout simplement. Certaines personnes vont prioriser cette méthode d’expression, car elles valorisent la sincérité des mots d’une personne.

 

TEMPS DE QUALITÉ

Assez simple à expliquer, le temps de qualité, c’est de prendre le temps, peu importe à quel point on est occupé. C’est d’appeler son grand-père ou d’aller boire un café avec son être aimé. Juste de se déconnecter, de s’asseoir et de faire quelque chose ensemble peut être très bénéfique pour quelqu’un qui se sent validé lorsqu’on lui accorde une attention particulière.

 

LES CADEAUX

De recevoir un cadeau, ou de le donner, fait sentir à la personne que de l’effort a été mis, pour eux. Ils se sentent valorisés par l’idée que tu puisses avoir vu quelque chose qui t’as fait penser à eux, et que tu l’as acquis dans le simple but de leur faire plaisir. De savoir qu’une personne a pris le temps et l’effort de faire, d’acheter et de chercher un cadeau peut faire sentir à certaines personnes l’amour qu’on éprouve pour eux. Non seulement ça, il peut aussi arriver que ces cadeaux soient une représentation visuelle et symbolique de l’amour.

LE DÉVOUEMENT

C’est l’acte d’enlever à quelqu’un une tâche ou une situation désagréable, dans le simple but de leur faire plaisir. C’est de faire la vaisselle, de faire son lavage, n’importe quelle tâche que l’autre apprécierait ne pas avoir à faire. En le faisant de bonne volonté, la personne est reconnaissante et a l’impression d’être entendue, validée, aimée. De rester à l’écoute et de rendre service peut souvent être très symbolique pour certaines personnes.

LE CONTACT PHYSIQUE

De savoir qu’une personne est là, près de nous, peut avoir un effet très calmant. Pour certains, tenir la main, jouer dans les cheveux de l’autre ou même une simple étreinte a pour effet de créer un sentiment de valorisation. Tu crées un contact physique, relativement intime, avec la personne, et celle-ci se sent aimée, parce que tu lui accordes une attention sous la forme d’un geste physique. On donne rarement des câlins aux étrangers dans le métro, alors quand on reçoit un contact physique, on se sent validé, et aimé.

 

La morale de cette histoire, c’est qu’au travers de ces cinq langages, il est fort probable que notre partenaire ne priorise pas les mêmes gestes d’affections que nous. Qu’ils préfèrent le dialogue aux cadeaux, contrairement à nous, qui adorerions être l’heureux.se récipiendaire d’une forme d’affection enveloppée. On est tous différents et on accepte tous l’amour sous une forme différente. Souvent, ce qui solidifie un couple, c’est le fait de savoir que la personne nous démontre son amour selon nos préférences, et nous, en retour, démontrons le nôtre de manière à plaire ses préférences. Quand on aime quelqu’un et qu’on désire lui faire plaisir, il est primordial que ses préférences soient mises de l’avant, même si ça implique de vider le lave-vaisselle plus souvent.

La culture du viol

Gabrielle Hurteau, éditorialiste

Si je te parle de pression par les pairs, sais-tu c’est quoi?

Selon le dictionnaire de Cambridge, la pression par les pairs, c’est la «forte influence d’un groupe sur ses membres, qui les incite à agir comme tout le monde».

C’est ce qui fait que tu joues à « vérité ou conséquences » avec tes amis même si personne n’a vraiment envie de faire les conséquences. Quand le groupe devient la société, ça s’appelle la pression sociale, qui porte la même définition. C’est ce qui explique pourquoi tout le monde semble soudainement faire l’acquisition de souliers Nike ou Adidas. C’est pour ça qu’une femme va accepter de rentrer à la maison avec un homme, malgré le fait qu’elle a tout sauf l’envie de se déshabiller. C’est la pression sociale qui fait en sorte que les gens ont peur de dire «arrête», ou même, plus simple «non». Dans le cas de la sexualité, on parle de pression sexuelle. Ce qui différencie la pression sexuelle de la pression sociale, c’est que parfois, le groupe qui opprime, ça peut être juste une personne. Un humain, qui met de la pression à un autre être humain. Ça peut sembler plus simple, vu comme ça, de dire non à une seule personne, dans une fête, qui vous touche un peu trop à votre goût. Mais quand la personne qui te touche a environ quatorze têtes de plus que toi, qu’elle te serre un peu trop fort et qu’elle te fait peur, ta voix intérieure se met un peu à trembler, disons. Évidemment, tu tenteras de t’en éloigner, tu vas peut-être même lui sortir la phrase «S’cuse moi, mais je suis lesbienne» pour éviter qu’il tente de te charmer plus longtemps que nécessaire. Malheureusement pour toi, la culture du viol va lui avoir enseigné quelque chose de très important : «Si je t’évite, c’est parce que je te veux». On sait tous que lorsque quelqu’un est intéressé, il va faire tout en son pouvoir pour passer le moins de temps possible en ta compagnie.

Le blogue d’Emma : https://emmaclit.com/2017/11/27/cest-pas-bien-mais/

La culture du viol part de l’idée que l’homme est dominant et que la femme est soumise. Culturellement, et ce, depuis des siècles, la femme a été vue par plusieurs communautés comme une machine à bébé(s). On allait même parfois jusqu’à couper le testicule gauche des hommes, car la croyance disait que celui-ci était la cause de la présence des femmes. C’est pourquoi aujourd’hui, si un homme tente de complimenter une femme dans le train, à 8 heures du matin, celui-ci a le droit de se plaindre et d’exprimer publiquement son mécontentement si elle lui répond «Je ne suis pas intéressée». Elle n’avait pas nécessairement envie de se faire complimenter. C’est de faire la déduction que la femme désire constamment l’autre personne, même si celle-ci n’a émi aucun signe d’intérêt, qui est signe de la culture du viol. Elle devrait être contente de se faire dire qu’elle est belle.  Elle aurait tout simplement dû accepter son invitation, mais sans jamais y répondre. Comme ça, l’homme en question aurait pu la traiter de tous les noms qu’il désire dans le confort de son salon, plutôt que devant des dizaines de passagers, coincés dans le train. Évidemment , il est important de nuancer et de dire qu’une femme interpellée dans le train ne pourrait pas automatiquement s’écrier être une victime de harcèlement. Il n’est pas nécessairement négatif de tenter de séduire une autre personne. Seulement, si celle-ci te dit «Merci, mais non merci», tu peux juste l’accepter, même si ton ego est heurté, faire ton bout de chemin, et continuer ta vie, tranquillement. Le harcèlement vient en compte quand on prend le refus comme une offense personnelle, et qu’au lieu de garder sa frustration pour soi, on la projette à l’autre, insinuant qu’elle devrait se sentir mal. La culture du viol crée une mentalité où la victime a constamment tort. Elle est responsable, parce qu’elle aurait dû se laisser soumettre sans réfléchir au désir inexistant qu’elle éprouve pour cette personne. C’est une relation de chasseur et de chassé, dans plusieurs cas. Il m’évite, alors je vais le suivre. C’est une forme de violence. Avec la culture du viol, ce sont des interactions primates et sauvages qui dominent, pas le respect.

En bref, la culture du viol affecte tout le monde. Elle résulte du fait qu’une personne priorise ses désirs sexuels et romantiques au respect de la personne avec qui il veut développer ses désirs. Ne vous sentez pas mal de faire la cour, n’arrêtez surtout pas de séduire, c’est grâce à la romance que nous sommes arrivés sur terre. Gardez seulement en tête cette règle simple : «Non, c’est non».

 

Un journal à l’écoute, c’est possible?

Gabrielle Hurteau, journaliste

Le journalisme est un art biaisé. On ne le dira jamais assez. Que ce soit des présentateurs de radio-poubelle, des éditorialistes, des reporters sérieux, des caricaturistes, des bulletins de nouvelles : les nouvelles sont manufacturées et choisies spécialement pour le public, mais celui-ci n’est jamais vraiment consulté. En vérité, le consommateur de nouvelles a peu de pouvoir sur ce qui est écrit. Un journaliste a pour but de rapporter une nouvelle, mais il a la liberté de choisir quel sujet il présente et sous quel angle. Jamais il n’existera un article impartial. Ça n’est jamais arrivé et ça n’arrivera jamais. De dire que le journalisme a pour but l’information, c’est d’omettre une grande part de vérité. Le journaliste choisit ce que le public veut voir, et donc a aussi en tête l’impact que l’article aura sur lui. C’est pour ça qu’au Québec, il n’existe que peu d’articles par rapport à la condition palestino-israélienne. Parce que personne ne veut écrire à ce propos, et donc personne n’a accès à l’information.  C’est également pourquoi toutes les grandes chaînes  d’information se concentrent sur le budget de Valérie Plante. C’est pour ça que les gens crient à l’injustice. Parce que tout le monde en parle, à sa manière, sous son angle, et on se perd, dans la tornade d’informations.

Oui, ok, ses taxes augmentent malgré la promesse qu’elle a faite de ne pas faire bouger son pourcentage de taxes, mais pourquoi? Pis, c’est bien, ou c’est mal ? Pour se faire une idée, il faut regarder  chaque article attentivement, parce que d’un journaliste à l’autre, des informations sont omises: on dirige l’idée du public dans une certaine direction à notre guise. Rares sont les journalistes qui vont écrire sur des sujets sous un angle qui ne correspond pas à leur opinion sur le sujet. Moi-même, j’en suis coupable. Je te sors une petite morale à la  fin de chaque article et je ne m’en cache pas. Malgré les biais, tout le monde s’entend pour dire que le journalisme et la collecte de nouvelles est cruciale. Mais si le journalisme a des failles, à qui doit-on se référer? Est-ce qu’il y a moyen de redonner aux lecteurs le pouvoir de tout voir ?

Par Bayo : https://www.francopresse.ca/2017/03/27/le-journalisme-dhier-a-aujourdhui/

La une 

À mon avis, la une est une idée nocive à l’authenticité du journalisme. C’est une présentation qui dirige les utilisateurs vers des articles que le journal estime importants, qu’il estime valant la peine d’être lus. Même si je suis flattée quand on me dit:

« Gabrielle, ton article va être mis à la une du journal cette semaine »

je commence à questionner la valeur de cette présence? Est-ce que mon article est lu parce que le sujet est intéressant, ou simplement parce que celui-ci est dans les choix que le lecteur a, dès son arrivée sur le site. Pourquoi est-ce que le Journal de Montréal publie à chaque jour une version digitale de sa couverture de journal? Pourquoi ces articles-là plus que d’autres? Pourquoi c’est toujours la victoire des Canadiens, un scandale politique quelconque pis, dans le coin, en tout petit, une mention sur le fait que la planète est en train de mourir? Pourquoi tous les journaux accordent-ils de l’importance aux mêmes sujets, toujours et constamment? Quand le journal choisit lui-même ce qui paraît à la une, il dirige l’attention du lecteur vers des endroits spécifiques, et ça nuit à l’authenticité du journalisme, qui a pour but de faire valoir chaque nouvelle avec la même importance.

La spécialisation 

Quand un.e journaliste se spécialise, ce qu’il dit, en gros, c’est « voici ce qui m’intéresse et je vais traiter uniquement de cela, parce que ça m’intéresse et que je m’y connais ». En soi, d’avoir des journalistes expérimentés, c’est absolument bénéfique, car on assure que ceux-ci ont une connaissance générale du sujet, qu’ils savent de quoi ils parlent. Mais parfois, cette spécialisation crée un phénomène d’élite. Le journalisme déduit que tout le monde sait de quoi il parle, alors il va décrire son article avec des termes compliqués, qu’il ne  prendra pas la peine de vulgariser, il va faire référence à des événements que tout le monde est censé savoir, ce qui fait en sorte que quelqu’un n’ayant aucune information sur le sujet n’a pas les connaissances nécessaires pour comprendre l’article sans faire des dizaines de recherches supplémentaires. Juste comme ça, le journaliste a transformé un public intéressé en un public désintéressé, en réduisant l’accessibilité de son contenu. Des fois, c’est bien, d’avoir le point de vue d’une personne qui n’est absolument pas informée à propos d’un sujet, parce qu’elle va devoir mettre doublement d’efforts pour comprendre une problématique, et va pouvoir partir au même point que certains de ses lecteurs, et ensuite, divulguera son information de manière à ce que personne d’autre partant à son niveau n’ait besoin de faire les recherches qu’elle a faites. Que le journaliste soit aussi le public, ça permet une accessibilité qui se perd.

La cohésion

Quand ton journal a une opinion, c’est mauvais signe. Si personne n’écrit des articles dans le Journal de Montréal contredisant un article publié par le Journal de Montréal, on instaure l’idée que le Journal est en cohésion, que tous ses  journalistes ont le même point de vue sur le sujet, qu’ils ont tous le même vécu et la même opinion. Que tous les journalistes sont convaincus que tous les aspects de l’article ont été présentés, qu’il n’y a rien d’autre à dire. Ça crée un profil de journaliste, et ça, c’est négatif. Si tous tes journalistes sont anti-Trump, féministes, jeunes, qu’ils votent pour les mêmes partis politiques, qu’ils s’identifient tous au même côté de l’échiquier politique, le journal en entier devient biaisé du même côté. Chaque article de nouvelle écrit devrait être présenté sous deux angles différents, avec deux biais différents. Il faut que la même nouvelle soit présentée avec les deux côtés de la médaille en tête, pour arriver à obtenir une nouvelle fiable et solide.  C’est ce qui fait qu’un journal est impartial. Quand tu montres les deux côtés de la médaille, c’est comme ça, que tu crées un journal qui se tient, qui est crédible et qui informe.

Le pouvoir au public 

Mis à part les commentaires, auxquels les journalistes ne répondent jamais, le public, il est où ? Il lit ce qu’on publie, mais n’a pas le pouvoir de choisir ce qu’il veut lire. Pas de boîte de suggestion, pas de lettres ouvertes écrites par le public dans les journaux, même si c’est le lecteur qui donne une raison d’exister aux journaux, celui-ci n’a pas de pouvoir. Il faut absolument changer ça. Un journaliste qui est à  l’écoute de son public saura mieux cibler ce qu’il veut, ce qu’il ne comprend pas, ce qu’il voudrait consommer. Présentement, les grands  journaux considèrent leurs auditoires comme un algorithme, une statistique, sur laquelle ils se basent pour éternellement publier le même genre de contenu, sans jamais diversifier celui-ci.

Bref, chers lecteurs, sachez que vous détenez du pouvoir. Vous manipulez les statistiques, vous avez une section de commentaires ouverte, vous avez droit de demander à ce qu’on vous montre de l’information qui vous interpelle. Le nombre de lecteurs importe peu, c’est ce qui est lu qui compte. Vous méritez une information complète, et j’espère sincèrement, en tant que journaliste comme en tant que consommatrice, que nous arriverons à créer et à recevoir du contenu qui s’adapte à nous, de qualité, et que notre esprit critique se développera suffisamment pour permettre un journal de qualité, une information complète, à l’abri des biais. Je vous souhaite que les journaux vous incluent et que vous vous sentiez écoutés par ceux-ci.

La gentrification : qu’est-ce que c’est?

 

Le terme «gentrification» fait son apparition pour la première fois en 1964 lorsque Ruth Glass, sociologue allemande, s’en sert pour définir l’invasion de la classe moyenne dans les quartiers résidentiels de la classe plus pauvre. Le dictionnaire Larousse qualifie la gentrification d’une «tendance à l’embourgeoisement d’un quartier résidentiel». Ces deux concepts vont bien de pair. En gros, la gentrification est un terme qui explique quelque chose de simple : l’investissement financier.

 

Par exemple, tu arrives dans un quartier moins fortuné de Montréal. Souvent, les propriétaires des appartements et des immeubles s’y étant installés vont demander un loyer moins cher, étant donné la pauvreté des gens habitant le quartier. On appelle ça, en terme actuel, un «ghetto». Une espèce de communauté appauvrie, vivant à l’écart du reste du monde. Les écoles sont moins bonnes, les hôpitaux sont plus éloignés, on n’y retrouve aucune grande compagnie, pas même une épicerie de nom. Les gens se forment une mini communauté avec des dépanneurs locaux, des épiceries gérées par des gens de la région ainsi que de petites entreprises de vêtements. Aucun magasin de grande surface à proximité. Cette inexistence de grandes compagnies à proximité du quartier a pour effet de diminuer la valeur des maisons, car elles sont toutes dépourvues d’avantages urbains, qui ajoutent à la qualité de vie d’un résident. C’est à ce moment que la gentrification fait son apparition. Les maisons ne valent pas grand chose, donc pour un acheteur, c’est facile de faire l’acquisition de la propriété et de la rénover. Par exemple, l’acheteur d’un immeuble d’appartements peut offrir un montant supérieur à la valeur de la maison pour inciter le propriétaire à vendre. Une fois que celui-ci aura accepté, l’acheteur pourra rénover tous les appartements, ce qui ne lui coûtera pas si cher, étant donné que la propriété lui a coûté une fraction du prix normal. Dès que les appartements sont rénovés, le nouveau propriétaire peut mettre sur Kijiji l’annonce de son immeuble parfaitement rénové, avec un loyer moins cher que celui d’un immeuble compétiteur se trouvant sur le Plateau. Par contre, si le prix du loyer des locataires environnant peut être de 500$ par mois, celui de l’immeuble rénové sera plus cher, peut-être 700$ par mois. C’est moins cher que sur le Plateau, mais plus cher que partout ailleurs dans le quartier.

Plus les acheteurs investissent dans un quartier avec une faible valeur immobilière, plus le quartier sera sujet à l’urbanisation. L’arrivée d’un Starbucks permettra l’augmentation de la valeur du quartier tandis qu’un  investissement dans l’école permet une meilleure scolarisation. L’ajout de membres plus fortunés à une communauté appauvrie crée une stimulation économique du secteur, ce qui permet aux propriétés de prendre de la valeur, étant donné que les immeubles sont rénovés. La valeur est d’autant plus haussée que de grandes entreprises se sont installées à l’intérieur du quartier.

Par contre, ça crée aussi une «ghettoïsation», chez les membres de la communauté qui sont déjà peu fortunés. L’augmentation de la valeur du quartier signifie une chose : tout coûte plus cher. Un propriétaire d’un immeuble dans un quartier gentrifié sera obligé d’augmenter le loyer de ses locataires, étant donné que la valeur de la propriété, même si personne ne l’a rénovée, va augmenter. Cette augmentation est due au fait qu’elle côtoie des propriétés valant plus cher, et comme le propriétaire n’a pas les moyens de couvrir l’augmentation de la valeur immobilière, il va répartir celle-ci entre ses locataires. Un loyer qui valait 500$ par mois peut monter à 575$, malgré que les gens résidant à l’intérieur des appartements n’ont pas le 75$ supplémentaire par mois.   Un épisode de la saison 5 de l’émission américaine «Shameless» parle de gentrification sous l’angle des membres d’un quartier pauvre au sud de Chicago. Malgré le langage vulgaire présenté, cet épisode présente la réalité de ce qui se passe avec les gens moins fortunés lorsque le phénomène de gentrification se présente. En bref, quand le loyer augmente, les gens originaires du ghetto ne peuvent soudainement plus payer, donc ils sont obligés de déménager dans des ghettos encore plus éloignés, encore moins salubres et encore moins urbains. L’arrivée d’un Maxi anéantit les épiceries locales, les gens perdent leur gagne-pain, même chose si Couche-Tard remplace le dépanneur du coin. Les gens qui habitaient le ghetto sont expulsés de chez eux.

 

 

Finalement, la gentrification, autant ça permet à un quartier de fleurir économiquement, autant ce ne sont pas les membres originaires du quartier qui bénéficient des avantages de cette floraison. Lorsque viendra le temps pour vous de vous trouver un appartement, soyez bien conscients des effets de la gentrification sur les communautés qui vous entourent. Encouragez les entrepreneurs locaux, que ce soit des épiceries, de la vente de biens et services, des dépanneurs, des équipes de soccer qui ne sont pas associées à Tim Hortons. En stimulant l’économie locale, peut-être pourriez-vous contribuer au ralentissement d’un phénomène ayant comme effet la diminution de la qualité de vie de vos voisins.

css.php