Éditorial

L’identité de genre est une construction sociale

Oui, le genre n’existe (presque) pas. Tout comme plein d’autres choses : la virginité, la supériorité blanche, l’argent, la hiérarchie sociale. Mais constructions ou non, on vit dans une société (surprise!), donc ces choses semblent très réelles. Ces constructions affectent notre perception des autres et de nous-même, tout en nous faisant douter de notre valeur en tant que citoyen.ne. On rejettera une jeune fille car elle n’est pas vierge, on exclura un couple d’amis de nos soirées car iels n’ont pas beaucoup de sous, on ne trainera pas avec une certaine personne car iel n’est pas populaire et j’en passe. On base nos jugements quotidiens sur des piliers de bois qui sont plus ou moins stables, sans se questionner du pourquoi de leur existence.  

Mais bon.  

Même si beaucoup de personnes non-binaires savent que le genre est une construction sociale, cela ne les empêche pas de se définir hors de la binarité F et M. Pourquoi ? 

Parce qu’au fond, on s’en fout. 

 

And what about it? 

 

Le genre est un spectre, un peu comme un arc-en-ciel. C’est fluide également, il peut varier d’année en année, de mois en mois, de semaines en semaines ou de jours en jours. Les nombreuses personnes non-binaires qui peuplent la Terre, en s’affirmant publiquement, ont laissé le confort que la binarité nous offre tous.tes derrièreJe parle beaucoup des conséquences négatives de cette construction sociale dans mon texte, mais pour certaines personnes, la binarité est un point de repère, quelque chose de familier : cela ne fait pas d’elleux de mauvaises personnes ! Il faut seulement se rappeler que tout le monde n’est pas cis et que tout le monde n’est pas familier avec la communauté LGBTQIA2+ non plus. Je crois que se rappeler que tout le monde ne pense pas comme soi est important, pour ne pas rester pris.e dans une pièce à échos, à toujours entendre des opinions semblables aux nôtres. Cela étant dit, ne te sens jamais obligé de rester silencieux.euse face à un débat dans lequel tu souhaites prendre parole ! Communique ton opinion, haut et fort, même si personne d’autre dans la pièce n’approuve tes idées 

Donc je te comprends, ça peut être un peu dur de suivre tes proches non-binaires si iels sont genderfluidmais je te jure que ce n’est pas compliqué. La communication est la clé ! L’adaptation peut être difficile au début, mais avec le temps, tout se place. Comme le genre est un spectre, ne pas assumer le genre d’une personne en la voyant physiquement va de soi. C’est pour cette raison que demander les pronoms d’une personneen la rencontrant est primordial. Tu apprendras à mieux connaitre cette personne en plus de connaitre son nom sans avoir de small talk qui ne semble plus finir. 

Alors pourquoi n’est-ce pas la norme ? 

Parce qu’il y a tout plein de gens venant de milieux différents qui n’acceptent pas cette réalité. Non, les personnes transphobes ne sont pas juste des mononcles baveux en bedaine avec une bière à la main. Il y a les TERFS, trans exclusionnary radical feminists. Un très bon exemple serait J.K. Rowling, l’autrice de la série Harry Potter. Elle s’est prononcée à multiples reprises publiquement sur son compte Twitter, pour traiter les femmes trans comme « ne représentant pas l’expérience féminine biologique ». Ou encore quand, en partageant une publication sur la précarité menstruelle, elle s’exclama que « seules les femmes peuvent avoir des menstruations, je ne comprends pas pourquoi on dit les personnes ayant des menstruations! »  Si tu ne comprends pas la nuance de ses propos, de la manière inclusive, on dit « les personnes ayant des menstruations » pour inclure les personnes qui menstruent, mais qui ne s’identifient pas comme étant femmes. Par exemple, moi j’ai des menstruations, mais je ne m’identifie pas comme étant femme.  Ce n’est pas aussi transparent comme transphobie que Trump par exemple, mais c’est tout de même de la transphobie. On pourrait décrire J.K. Rowling comme étant une adversaire passive. Elle va avoir des propos transphobes, mais elle ne dira jamais qu’elle est transphobe et fière, par exemple (ce qui peut être le cas d’adversaires plus actifs, comme observé dans des groupes d’extrême droite.). La saga littéraire a une grande valeur sentimentale pour plein de gens dans ma communauté, donc à ce moment-là, on peut se demander si on devrait séparer l’œuvre de l’artiste. Tout cela vaut son propre débat, mais je recommanderais l’article sur le sujet du Journal!

 

Devrait-on dissocier l’œuvre de l’artiste ?

 

Parfois, on peut se sentir comme si nous ne méritions pas d’humanité, comme si nous avions le monde à dos. Mais c’est faux. Nous sommes forts.es, intelligents.es, passionnés.es. Nous méritons nos droits. Nous méritons notre humanité. Nous méritons nos vies. Des vies longues et prospères, remplies de joie et de simplicité. Nous méritons de vieillir, d’enterrer nos adelphes car iels ont été rattrapés par le temps, non par une voiture de police. 

Pis les rôles de genre, eux ? à

Vu qu’on sait à présent que l’identité de genre est une construction sociale, les rôles de genre peuvent sembler encore plus ridicules. Si tu ne le savais pas déjà, les rôles de genre sont des choses qu’on attribue à un côté ou à l’autre de la binarité. Par exemple : les robes c’est pour les filles, les camions c’est pour les garçons, etc. Tu peux comprendre que pour certaines personnes non-binaires, ces choses n’ont aucune importance, vu que notre genre peut être à un bout ou l’autre du spectre, dans le milieu, partout ou pas du tout ! Tu l’auras peut-être deviné, mais les rôles de genre sont également des constructions sociales, ne remontant pas plus loin qu’à la mort de la monarchie française. Effectivement, avant cela, les hommes portaient bien souvent des robes. Marie-Antoinette, étant très influente du côté de la mode en France, a popularisé le rose pour les femmes, trouvant la couleur ravissante et féminine. Plein d’évènements comme celui-ci ont construit peu à peu ces normes sociales. Allant de la tenue vestimentaire jusqu’à la possibilité d’avoir un emploi ou encore un compte de banque. Savais-tu qu’avant la colonisation de l’Amérique, dans plusieurs communautés autochtones, certaines personnes s’identifiaient comme étant 2 spirits ? C’est encore le cas aujourd’hui d’ailleurs, le chiffre 2 dans l’appellation de la communauté LGBTQIA2+ est présent pour cette raison. La binarité des genres n’est apparue en Amérique qu’après la colonisation. C’est également pour cette raison que la solidarité entre les communautés BIPOC (Black, Indigenous and People of coloret la communauté LGBTQIA2+ est primordiale. Sans les communautés BIPOC, les droits civils des personnes faisant partie de ma communauté n’auraient jamais été accordés. Sans Marsha P. Johnson, Sylvia Rivera ou encore Stormé DeLarverie, nous n’aurions pas de droits.  

Quelles sont les conséquences de ces constructions sociales ?             

       

J’en avais déjà parlé dans mon article précédent, mais l’espérance de vie des personnes trans en Amérique est réduite de presque 75%. Le risque de perdre la vie en étant une personne trans BIPOC est encore plus élevé. On peut donc dire qu’une des conséquences de ces constructions sociales est le taux de mortalité beaucoup plus élevé que la moyenne des personnes trans.  La peine de mort pour homosexualité qui est encore présente dans plus de 70 pays, l’itinérance des personnes LGBTQIA2+ rejetés.es par leur communauté et j’en passe. Les conséquences de l’identité de genre et son importance dans nos jugements va au-delà d’un simple vernis à ongles ou d’un hashtag.  

J’avoue aimer le vernis à ongles. J’avoue partager beaucoup (énormément) de publications Instagram sur beaucoup de sujets qui me passionnent. J’avoue partager des hashtags parfois, voulant montrer mon soutien pour une certaine cause, mais n’ayant pas nécessairement les moyens financiers pour aider. Mais je ne pourrai jamais me contenter de cela. 

« Politics doesn’t interest you because you have no interest in changing a world that suits you so well. » 

-Enola Holmes, 2020 

(Le monde politique ne t’intéresse pas, car tu n’as rien à gagner en changeant un monde qui te privilégie.) 

  

Pourquoi est-ce important de respecter les pronoms de quelqu’un ? 

J’ai souvent croisé des personnes qui ne comprenaient pas l’importance de respecter les pronoms d’une personne.  

« Ce ne sont que des pronoms ! Je ne me fâche pas quand quelqu’un me dit monsieur à l’épicerie : ça peut arriver à tout le monde, je ne comprends pas le problème. » 

Si tu es une personne cis, tu ne comprendras probablement jamais le sentiment qui nous habite quand quelqu’un ne respecte pas nos pronoms. Un mélange de colère et de tristesse avec une touche de doute. Cette émotion qui nous submerge dans ces moments nous fait du mal.  

Si tu es une personne cis, on n’a probablement jamais douté de ton identité. On ne t’a jamais demandé si tu étais sûr.e, si ce n’était qu’une passe ou encore si tu n’étais pas possédé.e par un démon (oui, il y a des vraies personnes qui disent ce genre de choses.). Notre identité, notre validité en tant qu’êtres humains respectables est constamment remise en question par des personnes qui ne sont pas concernées. 

On n’a jamais douté de ce qui t’habite, de ce que tu es.  

Alors dis-moi : ce virus, ce n’est pas si le fun hein ? 

Je te comprends. Moi aussi je trouve l’adaptation difficile. 

Mais si tu es capable de faire tes cours sur un ordinateur dans l’ombre d’une pandémie mortelle mondiale, je crois que tu es capable de bien genrer ton ami.e. 

 

Donc voilà, j’espère que tu as appris une chose ou deux. À la prochaine ! 

Jo (iel/il) 

 

 

 

 

 

La surutilisation du papier dans les écoles

Sans surprise pour personne, les plus grands utilisateurs de papier au Québec sont les écoles. Je pense qu’il est temps de réduire la quantité incroyable de papier retrouvé en classe. Qu’il est temps de prouver que le papier est trop utilisé dans les établissements scolaires, qu’il a des effets nocifs sur l’environnement et que l’informatique devrait être priorisée. 

 

 

Premièrement, pour vous prouver que le papier est trop utilisé dans les écoles, j’ai mesuré la masse de tous les documents que j’ai reçus du début de l’année scolaire jusqu’au 1er décembre, ce qui représente un période de trois mois. La masse obtenue après avoir posé ma pile sur la balance est de 1755 grammes, ce qui équivaut à 351 feuilles amassées. Ça ne s’arrête pas là, car je n’ai pas compté les cahiers Canada, les cahiers d’exercices, l’agenda et les examens qui ne nous reviennent pas. Cependant, cette année n’est sûrement pas la plus représentative, puisque certains enseignantont eu l’excellente idée de nous envoyer leurs documents exclusivement via la plateforme TEAMSSi vous ne trouvez pas que mes données sont impressionnantes, jetez plutôt un coup d’œil à celles de la commission scolaire de Rouyn-Noranda. En 2018, dans un article de Jean-Marc Belzile à Radio-Canada, elle affirme qu’on y imprime en moyenne plus de 23 000 copies par jour et on estime un total de 6 millions par an 

 

 

Deuxièmement, le papier a des effets nocifs sur l’environnement, par exemple : son industrie, qui se situe dans le top 10 des plus polluantes au Québec, est responsable de 40% de la déforestation, mais je vais m’abstenir d’énumérer les conséquences de la déforestation, sinon ça va virer à la pente fatale. De plus, les produits chimiques utilisés pour sa fabrication et son blanchiment peuvent polluer l’eau et créer des ruissellements toxiques. Il n’est pas si mauvais que ça, le papier, parce qu’il se recycle, vous me dites, et je confirme : vous avez totalement raison. Malheureusement, certaines personnes trouvent acceptable de tout mettre aux poubelles au lieu de trier et ne me méprenez pas, je sais bien que le papier se décompose facilement, le problème est quen se décomposant, il émet des gaz à effet de serre. 

 

 

Finalement, réduire ou même éliminer le papier à l’école ne serait pas une catastrophe, car nous avons accès à la technologie informatique. Pour cet argument, laissez-moi vous présenter une alliée inattendue : la crise sanitaire de 2020. La seule chose pour laquelle elle a été utile, c’est pour nous prouver que la technologie informatique est très pratique au niveau scolaire. Le document électronique comporte beaucoup d’avantages : il se partage et se récupère facilement, en plus de ne pas se détériorer. Ne serait-il pas merveilleux que l’agenda désorganisé de quelques-uns de mes camarades de classe ne ressemblent pas à un sandwich à la viande fumée trop rempli? Je peux déjà entendre un contre-argument d’enseignants « C’est impossible d’écrire des petites notes dans la marge. » Chers enseignants, si vous sélectionnez un bout de texte (celui auquel vous voudriez ajouter une note) et appuyez sur « nouveau commentaire » ou si vous cliquez sur l’icône « commentaires » dans la barre d’outils sur Word, le problème est réglé.  

Pour conclure, les établissements scolaires devrait réduire leur consommation de papier, surutilisé et nocif pour l’environnement, pour favoriser la technologie informatique. Je pense que le pire dans tout ça est que quelques enseignants se rendent compte que leur comportement envers leur consommation de papier n’est pas bonne puisque j’ai entendu plusieurs fois : « Ce n’est pas écologique, mais faites-le sur l’ordi et remettez-le papier. » Dans le futur, peut-être que les habitudes néfastes ne seront pas complètement parties, mais peut-être que le papier fourni à l’école sera non-blanchi.  


 

Par Auralie Goudreault 

 

L’enfance de Donald Trump

Donald Trump est issu de l’union entre Fred Trump et Mary MacLeod et naît le 20 janvier 1946 à New York City. C’est un homme controversé, misogyne et raciste. Voici d’ailleurs plusieurs commentaires qui le prouvent :

«C’est une truie. Elle parle comme un chauffeur routier 

Commentaire proféré en 2006 visant l’actrice Rosie O’Donnell. 

« Regardez-moi cette tête. Qui voterait pour ça? » 

Commentaire visant son ex-rivale aux primaires républicaines, Carly Fiorina.

Trump et ses parents en 1992

Son père était agent immobilier et entrepreneur. Il a amassé une grosse somme d’argent en construisant des appartements abordables dans le Queenoù il habitait d’ailleurs avec sa famille,  à Staten Island et à Brooklyn. Mais revenons-en à son fils.

Trump est complètement à gauche

Enfant, Trump débordait d’énergie ce qui déplaisait à ses parents. Ils l’ont donc envoyé à l’école militaire, espérant qu’il ait « une bonne correction ». Ils avaient espéré que leur fils canaliserait son énergie pour en faire quelque chose d’utile.  

Toutefois un détail me titille dans le « ils » …  

Fred Trump était probablement le modèle de son fils, car celui-ci est à son image. En effet, le père est tout aussi raciste et sexiste que son enfant. Donc, je ne pense pas que la mère de Donald, Mary MacLeod, avait son mot à dire. Elle devait être effacée, se contraignant aux choix de son mari. 

Mais revenons-en à l’école militaire. Donald Trump a appris pendant ces cinq ans plein de choses, dont l’intimidation. Pendant ces années, il a effectivement brutalisé ses camarades. Suivait-il l’exemple de ses « enseignants » qui l’ont un jour giflé? Plusieurs compagnons de classe ont dénoncé des années plus tard que Trump les plaquait et les forçait à s’impliquer dans des bagarres.  

Cet ancien président narcissique n’a toutefois pas eu une enfance si facile. Lorsqu’il était jeune, sa mère a eu une maladie. Alors qu’il n’était qu’un bambin, sa mère souffrait d’une grave maladie.  Certains pensent, hypothétiquement parlant, que vient de là son irrespectueux comportement envers les femmes. Sa nièce, Mary Trump, a émis cette hypothèse dans un documentaire : 

« Donald, qui se trouvait alors à un point crucial de son développement infantile, a essentiellement été abandonné par sa mère. Il n’est peut-être pas capable de faire pleinement confiance aux femmes. Il peine à établir des liens profonds avec elles, si ça ne lui est pas carrément impossible, car il n’a jamais réussi à le faire avec sa mère. » 

 Un témoignage troublant, qui révèle la nature réelle de la relation mère-fils que partageaient ces êtres complexes. Ce fils est d’ailleurs incapable de raconter comment sa mère lui témoignait son amour. Plusieurs personnalités dont Mary Trump semblent penser que Trump et sa mère avaient une relation froide. Il n’était pas proche de sa mère, il lui en voulait, en quelque sorte. 

 

Marc Fisher, coauteur du livre, Trump revealed, affirme que cette relation considérablement influencé les relations de Trump avec ses conquêtes 

Mais, il n’y avait pas que sa mère qui ait façonné ce personnage. Fred Trump était un homme strict et exigent, bref, le genre de père qui, à cette époque, lisait le journal en fumant un cigare ou pestait contre l’évolution du droit de vote des femmes. L’influence de son père joue un rôle dans la personnalité de Trump. Leur père s’adressait à ses fils en les poussant à se dépasser, à être un tueur. Ces mots terrifiants ne font pas référence à des meurtres, mais à la compétition. Éliminer les autres, être le meilleur, voilà l’éducation malsaine que Trump et ses frères recevaient chaque jour. Mary Trump a d’ailleurs confié lors d’un reportage que son père, Fred Trump Junior avait subi énormément de pression de son père. De plus, Fred Junior, n’ayant pas envie de reprendre l’entreprise de son père, avait été donc humilié toute sa vie par celui-ci.  

 

Maintenant, avançons un peu dans le temps. Donald Trump, à 25 ans, désirait surpasser son père en popularité et argent. Il a donc trouvé un moyen pour qu’on le remarque, pour qu’on se souvienne de lui. C’est donc pour cette raison qu’il a entretenu des relations amicales avec l’avocat Roy Cohn. Cet avocat notoire a eu un impact positif sur la carrière de Trump. Ils ont collaboré en rénovant entièrement l’hôtel Commodore. Il arnaque tout le monde en prétendant être meilleur qu’il ne l’était véritablement. Malheureusement, son stratagème fonctionne et il arrive à ses fins. Sa carrière monte par la suite en flèche. Depuis sa défaite, le 3 novembre dernier, il s’humilie superbement en tentant de récupérer son poste. Et si son désir de réaliser le rêve américain, d’être l’homme le plus riche au monde cachait en réalité une vulnérabilité bien enfouie causée par la pression colossale que son père lui faisait subir? Ses nombreux commentaires désagréables tout autant répugnants et injustes les uns que les autres cacheraient donc quelque chose de plus tendre, voire humain? Certains diront : peut-être, mais ça lui donnerait un peu trop de crédit!  

En 1978 lors de la construction de l’hôtel Commodore.

Après tout, qui pourrait croire qu’un cœur de pierre dissimulerait une âme fragile? Aujourd’hui, il refuse de lâcher prise, d’admettre sa cuisante défaite. D’autant plus cuisante, lorsqu’on se dit que plusieurs présidents ont réussi à obtenir deux mandats. C’est un coup dur pour l’orgueil.  

Pour finir, j’espère que Donald John Trump saura un jour tirer sa révérence (comme les autres présidents avant lui) en toute paix, sagesse, humilité et peut-être même avec une once de culpabilité pour les actions regrettables qu’il a commises.  

 

Par Raphaëlle Lacasse

Pourquoi est-ce que ça siffle dans mes oreilles?

Je me rappelle qu’en troisième secondaire, dans le cours de sciences, nous avons parlé d’acouphènes, des bruits parasites dits inexistants tels des sifflements, des bourdonnements ou des cliquetis. Ce que l’enseignante nous disait était que ces sons fantômes se développent généralement chez les personnes âgées, cependant, à sa grande surprise, plusieurs de mes camarades de classe se sont plaint des mêmes symptômes.  Dans ce texte, vous pouvez trouver les causes, les conséquences et les solutions de ce problème.  

 

Les causes 

Premièrement, il y a la détérioration des mécanismes de l’audition qui touche souvent les personnes âgées. Deuxièmement, la biologie, il est prouvé que les hommes ont plus de chances de souffrir du trouble. Et troisièmement, l’exposition excessive au bruit, c’est pour cela que les personnes les plus à risques sont : 

  • Les travailleurs en milieu industriel, ce n’est pas une coïncidence s’ils portent souvent des coquilles anti-bruit ou des bouchons ; 
  • Les camionneurs, un douze roues, ce n’est pas ce qu’il y a de plus silencieux; 
  • Les soldats en zone de conflit, comme dans les films quand une bombe explose et qu’on entend un sifflement ; 
  • Les musiciens, après avoir été à une pratique de l’harmonie, j’ai cru devoir célébrer les funérailles de mes oreilles ; 
  • Et ceux qui écoutent de la musique ou des vidéos à un volume élevé avec des écouteurs, ces derniers représentent bien notre tranche d’âge, vous ne trouvez pas?  

 

 

Pour la suite, concentrez-vous sur le dernier énoncé. 

Aux États-Unis, en 2013, le nombre de cas d’acouphène est évaluée à 7,5 % chez les 12 à 19 ans, ce qui correspond à environ 2,5 millions de jeunes. La majorité qui en souffrait avaient une audition normale et l’acouphène était souvent augmenté par l’exposition à la musique forte. 

Vous voyez, l’oreille interne est tapissée de milliers de cellules auditives qui sont si fragiles qu’une fois détruites, elles ne se régénèrent pas. Une exposition régulière à un nombre trop élevé de décibels (unité de mesure du niveau sonore) entraîne des dommages permanents aux cellules auditives à la longue. Il peut arriver aussi qu’une exposition unique à un son violent tout près de l’oreille provoque une atteinte irréversible des cellules auditives, comme à l’exemple donné pour les soldats. 

 

Les conséquences 

À part les bruits typiques entendu par ceux touchés, l’acouphène peut occasionner du dérangement, de l’anxiété, de l’irritabilité, des troubles de sommeil. Il peut mener à un diagnostic de trouble émotionnel anxieux ou, rarement, de dépression chez les adolescents. Les difficultés de concentration sont plus fréquentes pour les 14-15 ans (jusqu’à environ 66,9 % des cas). Dans les cas que j’ai pu étudier en secondaire 3, le bruit en continu était si dérangeant que certains essayaient de l’enterrer en écoutant leur musique encore plus fort, ce qui ne peut qu’empirer le trouble. 

 

Les solutions 

Bien sûr, il faut éviter de s’exposer inutilement et trop souvent à des volumes sonores très élevés ou même moyennement élevés. J’ai remarqué que plusieurs compagnies de téléphone intelligent ont ajouté des avertissements concernant les troubles auditifs. Par exemple, LG émet un message disant « l’écoute prolongée à volume élevé peut endommager l’ouïe » tandis que Samsung change la  (voir image ci-dessous) quand le niveau de décibels devient trop grand. En cas où les acouphènes se sont déjà emparés de vous, réduire et gérer son stress et son anxiété serait une bonne idée puisqu’ils sont des éléments aggravants, donc on recommande de pratiquer la relaxation, la méditation, le yoga, une activité physique, etc. 

 

 

Pour conclure, baissez le volume de votre musique et réduisez votre stress, car il est important de prendre soin de soi, surtout quand on est si jeune et qu’il nous reste beaucoup de temps.  J’espère que vous comprenez le message que j’essaie de faire passer en écrivant ce texte. À la prochaine. 

 

 

Par Auralie Goudreault 

 

Bibliographie :  

Petite réflexion sur la liberté

Depuis peu, je me rends compte que tout est subjectif; des choses les plus futiles jusqu’aux plus importantes, simplement parce que l’être humain traite chaque information selon ses propres expériences, valeurs, idéaux et j’en passe. Effectivement, plusieurs facteurs peuvent affecter la réflexion d’un individu, tels que ses préférences, ses émotions, voire ses traits de caractère. Les meilleurs exemples pour illustrer mon point sont sans doute les mots; malgré leurs sens universels, dont la plupart sont décrits dans un dictionnaire, chacun y apporte sa propre signification. Imaginez le terme maison; quelqu’un pourrait dire que c’est un endroit où l’on vit, tandis qu’une autre personne pourrait décrire ce lieu comme un havre de paix, son chez-soi. Cela s’éloigne quelque peu de la définition initiale, qui se résume à «bâtiment d’habitation»quoique ceci était un terme simple. Le mot maison fait partie du vocabulaire que se doit d’apprendre à bien orthographier un enfant de première année du primaire. Essayons avec quelque chose d’autre; que diriez-vous d’autonomie? Certains l’associeront directement à l’indépendance, l’autosuffisance et la débrouillardise, alors que d’autres la relieront à la connaissance de ses défauts, de ses qualités, de ses limites, bref, à la capacité dimaginer de soi-même un portrait qui soit fidèle. Voici ce qui démontre bien, à mon avis, que tout n’est question que d’interprétation. 

 

Pourtant, lorsqu’il est question de valeurs, il peut s’avérer complexe de communiquer quand deux personnes n’ont pas une vision accordée de ce qu’elle représente. On voit partout autour de nous ce genre de désaccord, que ce soit dans la vie courante ou dans les médias; par exemple, la récente remise en question de ce qu’est la liberté d’expression, son importance et ses limites. Plusieurs autres débats quotidiens sont créés par des interprétations et des visions différentes de valeurs, priorités ou toute autre chose qui puisse représenter un enjeu dans la vie de tous les jours. 

 

 

Je dois avouer avoir réfléchi à quelque chose en particulier; la liberté. Sept lettres, trois syllabes, un mot dont l’orthographe est banale, qui, certes, possède un sens, à mon humble avis, des plus poétiques. Le dictionnaire du Petit Larousse lui a trouvé treize définitions différentes, relatives à l’état d’une personne, aux conditions politiques, à des droits, etc. Pour moi, la liberté est le terme qui exprime le choix de se livrer à soi-même, tout en prenant conscience des risques, mais surtout de la sensation de pouvoir et de responsabilité qu’elle procure; « La liberté commence où l’ignorance finit.», Victor Hugo. 

 

Un de mes professeurs ma un jour enseigné que la liberté d’un individu s’arrêtait où celle des autres pointait le bout de son nez, dans le sens où nous sommes libres de nous déplacer, mais dès que se présente le terrain privé appartenant à quelqu’un, nous n’avons pas le droit de s’y aventurer. Voici un autre exemple; chacun a droit à la vie, donc l’enlever à quelqu’un est un crime. Bien que cette démonstration soit plus radicale, je dirais même sadique, elle est justifiée et défend la même conclusion. Bien sûr, ce n’est pas parce que ça s’avère être véridique que ce soit un résumé fiable et complet.  

 

 

Pourtant, je me surprends à penser que la liberté a un double tranchant; car après toute référence à la liberté vient un moment où l’on doit assumer ses actes et paroles. Comme dirait l’oncle Ben, dans Spiderman; « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités».  Ici, l’on parle bien évidemment de contrôle de soi, non seulement pour ne pas abuser de nos pouvoirs, mais aussi pour en faire bon usage.  Par exemple, dans un débat, nous sommes libres d’exprimer notre avis, mais il y a certaines normes sociales à respecter, soient la politesse, la courtoisie, l’amabilité et d’autres encore. Voici un phénomène que j’ai affectueusement prénommé la cage sociale… Pourquoi? Simplement parce qu’on rajoute des contraintes morales, donc certaines valeurs à respecter en société, mais ne voyez-vous pas le piège? Qui dit valeur dit interprétationS, le ‘’s’’ étant d’une importance capitale, puisqu’il signifie que plusieurs visions se forgent de leur côté, créant ainsi un bric à brac immense lorsqu’elles se confrontent; ainsi se développent des débats, des clans et tout ce qui s’en suit. 

 

Une des façons les plus efficaces pour se sortir d’affaire serait de piétiner son égo et de tenter de se mettre à la place de l’autre afin de s’imprégner de son point de vue, et de pouvoir mieux reconnaitre les besoins de l’autre, ce qui assurerait un compromis juste et équitable. Pourtant, on croit que faire preuve d’empathie est inutile dans ce genre de conflit, car aux premiers abords, on assume que notre opinion est déjà validée grâce à la liberté de penser; certes, ce n’est guère une justification valable. Voilà pourquoi il faut faire preuve d’ouverture d’esprit, prendre le temps de réellement écouter les arguments de l’autre, ses idées et son interprétation. Ainsi finit par en découler une preuve de liberté d’expression; chacun a pu s’exprimer de manière égale et ils ont bénéficié des mêmes droits.  

 

Nous vivons dans un monde bourré de nombres, de statistiques et ça s’avère pratique, nous nous basons sur eux pour trouver comment rendre notre mode de vie meilleur. Ces temps-ci, on croit pourtant voir notre mode de vie se détériorer, non seulement par les nombreux cas d’infections et de décès, mais surtout par notre liberté qui semble disparaitre. Si l’on tente de représenter à quel point nous sommes libres en ces temps pitoyables, je dirais que notre liberté est réduite et que ça crée certaines tensions dans la société. Oui, je trouve que c’est abominable de se retrouver aussi ‘’coincé’’ dans une période de temps qui semble s’éterniser, et je suis la première à m’en révolter; s’il y a bien une chose que j’apprécie du Québec et du Canada, c’est la liberté que nous possédons!  

 

Cependant, j’ai gardé en tête que la crise que nous traversons est difficile pour tous, et que pour regagner cette liberté, il va falloir se battre, sans relâche, continuer à endurer le port du masque en classe, tenter d’éviter les contacts et investir du sien dans le respect de chaque règle sanitaire… non pas seulement pour retrouver notre liberté, mais aussi pour l’avoir méritée 

 

Par Marianne Lachance

LE QUEERBATING, C’EST QUOI ?

La semaine dernière, je regardais mon fil d’actualité sur Instagram quand j’ai vu plusieurs personnes partager une photo de Jay Du Temple, ce dernier portant une robe.  

Des mentions, des commentaires admiratifs, il en pleuvait.  

 

“Si innovateur !” 

“Merci de montrer l’exemple à nos enfants.” 

“Le roi de la destruction des rôles de genre !” 

 

J’ai effectué un rictus plutôt agacé, mais me suis retenu.e de faire un commentaire, croyant que je serais le.la seul.e à être frustré.e de la chose. 

Puisles jours suivants, j’ai vu plus d’une publication qui dénonçait son action. J’ai alors compris que mon agacement n’était pas isolé. Un mot est apparu alors : le queerbating. Qu’est-ce que c’est ? C’est ce que je vais essayer de t’expliquer, tout en donnant mon avis aucunement neutre. 

 

C’EST QUOI LE PROBLÈME ? 

Comme je l’ai dit précédemment, Jay Du Temple, animateur d’Occupation Double depuis quelques années maintenant, a pris la décision de mettre une robe pour animer l’émission de téléréalité la semaine dernière. Les acclamations venant du public n’ont pas tardé à suivre sa publication Instagramva voir de toi-même, je t‘en prie 

 

Donc. 

Que Jay porte une robe, ça peut paraitre révolutionnaire d’un point de vue extérieur.  

Le problème, ce n’est pas la robe, le maquillage ou le vernis à ongles. Au contraire, c’est bien que Jay se sente à l’aise dans son milieu pour s’exprimer à travers son habillement. 

Ce qui me dérange, c’est le crédit que les gens lui attribuent, parce que Jay est loin d’être la seule personne à porter des robes, mettre du maquillage et porter du vernis à ongles. 

Non, Jay ne déconstruit pas les rôles de genre à lui seul. 

Non, ce que Jay a fait, ce n’est pas innovant. 

 

C’EST QUOI, LE QUEERBATING ? 

Volontairement ou pas, Jay imite des pratiques inventées et popularisées par la communauté LGBTQIA2S+, dans le but d’attirer, parmi les téléspectateurs, les personnes queers. 

Mais tu t’en doutes bien, Jay n’est pas le seul à utiliser cette technique dans le milieu. 

Le queerbating, c’est quelque chose que nous connaissons tous.tes un peu, mais dont on ne connait pas nécessairement le terme. 

Un très bon exemple de queerbating est quand des séries télés sont vantées pour leur diversité, se disant super inclusives représentant les minorités les plus démunies. Puis tu t’installes confortablement sur ton canapé, ouvre ton téléviseur, regarde un épisode, un autre, encore un autre… Pour découvrir que la représentation, elle dure trente secondes, dans le sixième épisode et que la personne queer, c’est la sœur de l’ami de l’oncle du personnage principal. 

 

Non, ceci n’est pas de la représentation juste, désolé.e de péter ta balloune. 

 

Le but de ces producteurs est alors atteint : attirer les personnes queers vers ces produits, pour capitaliser sur leur manque de représentation dans notre société. Ces séries et films sont, pour la vaste majorité, produits par des personnes qui ne font pas partie de la communauté LGBTQIA2S+. 

 

COMMENT DEVRAIT-ON LE PRENDRE ? 

Personnellement, je n’aime pas être représenté.e dans les médias par des personnes qui ne font pas partie de ma communauté. Je sais que je ne suis pas seul.e, à trouver ce genre de pratiques pathétiques. Par contre, je sais également que plusieurs personnes de ma communauté n’y voient pas de problèmes.  

Des productions faites par les Queers, pour les Queersil y en a. 

Je ne prends pas les actions de Jay Du Temple comme étant vilaines, je crois sincèrement que ce n’était pas son intention. Par contre, que ça ait pris Jay Du Temple, un homme cishétéro et blanc pour “normaliser” ces pratiques, ça me frustre ! 

 

NON, CISGENRE ET HÉTÉRO NE SONT PAS LA NORME 

Quand j’ai aperçu les commentaires de sa publication Instagram, je suis resté.e perplexe face à plusieurs réactions, dont une s’étant inscrite en caractères gras dans ma tête : 

 

 

 

“Merci Jay, de normaliser le vernis à ongles pour les petits gars. La prochaine fois que mon enfant me demandera s’il peut en mettre, je n’hésiterai pas à lui dire oui ! 

 

 

 

Ce commentaire m’a mis la puce à l’oreille, pour être très honnête. 

Donc, quand des personnes LGBTQIA2S+ se mettent du vernis à ongles, des paillettes sur les yeux et des robes, est-ce autant révolutionnaire que quand Jay le fait ?  

Est-ce que tu vas sentir que ça devient plus normal ? Est-ce que tu vas t’exclamer de la même manière que quand Jay l’a fait ? 

Impliquer que ça ne devient normal que quand les personnes cisgenres et hétéro le font, c’est impliquer que ces groupes de personnes sont la norme. 

Je ne vais pas te mentir, c’est encore la norme dans notre société. Mais c’est une norme qu’il faut qu’on déconstruise. Parce quêtre cisgenre et hétéro, c’est le paramètre par défaut qu’on applique à un étranger, jusqu’à preuve du contraire. 

 

DONNER CRÉDIT AUX BONNES PERSONNES 

Il est capital de reconnaitre la communauté d’où viennent ces tendances. Il est capital de donner autant d’importance aux personnes à l’origine de la culture qu’aux personnes qui se l’approprient. Il est capital d’inclure ces communautés invisibilisées, dans toutes les sphères de notre société, qu’il y ait des caméras qui tournent ou pas. 

 

Il est capital de se souvenir de l’histoire de la communauté LGBTQIA2S+, de l’enseigner dans nos écoles, en montrant du respect pour ces personnes. 

 

Au moins 350 personnes transgenres à travers le monde ont été assassinées cette année. En ce 18 novembre, nous en sommes à la 324e journée de cette année 2020. Ceci est sans compter les personnes qui ont survécu aux agressionsen gardant de grandes cicatrices émotionnelles.  

Nous ne pouvons pas nous contenter de porter des robes durant des émissions ou sur des pages couverture de magazines, de mettre des paillettes sur nos yeux durant les tapis rouges et de mettre du vernis à ongles en allant à l’école. 

 

 

QUE FAIRE POUR Y REMÉDIER ? 

En parler autour de soi, c’est la moindre des choses. La prochaine fois que tu rencontres quelqu’un, demande-lui quels sont ses pronoms.

Informe tes amis, ta famille. Informe-toi, lis des articles de journal (comme celui-ci !), des livres écrits par des personnes queers, regarde des documentaires.

Notre meilleure arme contre les LGBTQIA2S+phobies, c’est l’éducation. 

 

Jo Brouillet (iel, il) 

Les jupes à Armand-Corbeil

Dans les dernières semaines, vous avez probablement vu plusieurs garçons se promener en jupe dans l’école. Vous avez peut-être même entendu ou lu dans les médias à propos de ce mouvement. En effet, à travers le Québec, des adolescents ont porté des jupes à l’école. Ils n’ont pas fait cela seulement pour le plaisir, mais pour dénoncer des pensées et des actes.

 Tout a commencé lorsque, le 2 octobre 2020, Tom Ducret-Hillman a publié une vidéo et des photos sur Instagram à ce sujet. Dans sa publication, on pouvait voir Tom et son ami portant des jupes. En lisant les commentaires qu’il avait écrits en dessous de la vidéo et des photos, on peut comprendre que Tom a réalisé cet acte pour prouver que le code vestimentaire ne fait aucun sens. De plus, on peut comprendre qu’il souhaite prouver que les vêtements n’ont pas de genres et pour dénoncer l’hypersexualisation des femmes.

 Par la suite, le mouvement est devenu populaire lorsque, le 4 octobre 2020, Guillaume Déry a publié une photo de lui et de plusieurs garçons portant des jupes. Cette photo a fait le tour du Québec et a récolté plus de 87 000 mentions « j’aime »! Dans les commentaires de sa publication, il dénonce l’hypersexualisation des femmes. Il affirme aussi que ce n’est pas de la faute des filles si les garçons passent des commentaires ou exécutent des actions inappropriées.

 À Armand-Corbeil, plusieurs personnes se sont mises en jupe ou en robe le 7 octobre 2020. Lorsque j’ai parlé à des garçons qui s’étaient vêtus de la sorte, j’ai été très étonnée, car la plupart des actions ou paroles négatives qu’ils avaient reçus venaient des élèves. Les finissants à qui j’ai parlé se sont fait dire par les surveillantes qu’ils étaient beaux et qu’ils étaient gentils de s’être mis en jupe. Cependant, lorsqu’on entend ce qu’ils se sont fait dire par leurs camarades, on retrouve plus d’aspects néfastes. Ils ont reçu des commentaires négatifs et déplacés, ils se sont sentis jugés par des regards et, le pire de tout, ils ont entendu qu’ils n’étaient pas des vrais hommes. C’est la preuve que ce mouvement n’est pas seulement à propos de changer le code vestimentaire, mais aussi de changer les mentalités.

De droite à gauche : William Chérard-Pham – Édouart Dalphond – Noah Legault

Cela était pour les garçons. C’est important de préciser cela, car certaines filles ont aussi pris la décision de se mettre en jupe ou en robe cette journée-là. Cependant, elles ont reçu une réponse tout à fait différente des surveillantes. Une d’entre elles raconte son expérience sur Instagram. Alors que Marie-Jeanne Ouellette, élève de secondaire 5, marchait dans les corridors sur l’heure du midi, elle s’est fait avertir. Vous pourrez le deviner, parce que sa jupe était trop courte. Elle raconte que malgré le fait que sa jupe lui arrivait à la mi-cuisse, ce qui est conforme au code vestimentaire, une surveillante a insisté qu’elle était trop courte. En parlant aux garçons, ces derniers m’ont assuré qu’ils ne s’étaient pas fait avertir. Preuve que nous avons encore du chemin à faire.

 Pour en revenir à Tom Ducret-Hillman, le 7 octobre, il a publié une photo à propos du mouvement sur son compte Instagram. En commentaire, Tom demande à tout le monde de ne pas traiter ce mouvement comme une tendance. Et de continuer à porter la jupe. Il précise qu’il ne demande pas aux gens de la porter à tous les jours, mais de seulement incorporer la jupe dans leur garde-robe. Il continue en disant que nous devons éduquer les autres à avoir un esprit plus ouvert et à tous se respecter peu importe qui nous sommes. Il finit en mentionnant que nous devons continuer à nous battre pour changer les mentalités.

Tout cela signifie que c’était bien de porter la jupe, mais que si nous voulons faire un changement concret, nous devons continuer à poser des actions. Nous devons continuer à montrer que ces injustices et ces mentalités n’ont pas leur place. Nous devons continuer à nous battre pour ce en quoi nous croyons.

Éliza Nadeau

Source :

https://www.lesacdechips.com/2020/10/06/des-garcons-quebecois-mettent-une-jupe-pour-aller-a-lecole-pour-protester-contre-des-mesures-sexistes 

Marie-Jeanne Ouellette, Thomas Lahaie, Mika Daoust, Alexandre Tremblay, Felix Parent, Mathieu Lapointe, Zachary Hébert

Le compte Instagram de Tom Ducret-Hillman et de Guillaume Déry

La quarantaine pour moi

Il y a environ un mois, nous avons accueilli une tortue à la maison; un mâle de trois ans que nous avons appelé Tam-Tam.

Ma mère m’a raconté au début de la quarantaine, alors que nous lavions l’espace de vie de notre cher animal, qu’elle se demandait comment c’était de rester encabané toute la journée dans un aquarium, comme le faisait Tam-Tam. Dès son arrivée, elle s’est questionnée sur le sujet. Elle trouvait que c’était une drôle de coïncidence qu’un mois après son questionnement, nous, ses enfants, puissions tenter l’expérience.

 

 

Au moment où elle me disait ça, je me sentais triste et en colère; je n’avais plus le droit de voir mes amis et toute ma routine qui me semblait idéale s’écroulait. L’école me manquait, mes intégrations sociales me manquaient, et même mes devoirs me manquaient tant l’ennui s’était emparé de moi.

Je ne trouvais pas ça drôle du tout et j’ai couru jusqu’à ma chambre pour aller m’y réfugier. Une fois un peu calmée, je me suis plongée dans une réflexion des plus profondes à propos de cette histoire de tortue et de question… J’en suis finalement arrivée à comprendre un message, une métaphore.

Tout comme nous avons lavé l’habitat de Tam-Tam, je devais nettoyer ma vie. C’est alors que j’ai compris qu’épousseter mon stress, jeter mes problèmes à la poubelle, trier mes mauvaises habitudes pour qu’elles se transforment en de bonnes choses pour moi et balayer mes pensées négatives étaient un projet dans lequel je voulais m’investir pendant tout ce temps. J’étais fière d’avoir réalisé tout ça, mais il restait encore un petit bémol; j’ignorais comment procéder.

J’ai donc fait le point de la situation afin d’y voir plus clair; je passais tout mon temps livrée à moi-même et à l’énergie débordante de mon petit frère. J’avais quelques activités qui auraient des chances de m’occuper comme tricoter, écouter de la musique, parler à ma grand-mère au téléphone, cuisiner, et bien sûr, ramasser ma chambre.

J’ai finalement trouvé la solution: tenter de développer des qualités en pratiquant ces occupations!

Par exemple, en tricotant, j’essaie d’être très attentive et minutieuse pour éviter les erreurs, et donc de recommencer. Écouter de la musique m’inspire et m’aide à rester concentrée, alors j’en ai écouté le plus souvent possible. Cuisiner me donne le sourire, car ma famille adore mes gâteaux et voir les gens que j’aime de bonne humeur me remonte le moral. En ramassant ma chambre, je développe ma patience, parce qu’honnêtement, c’est long et très ennuyeux de faire le ménage dans une pièce aussi bordélique que la mienne.

À présent, je vois le confinement comme une opportunité de prendre du temps pour moi et de me détendre. Je tire le meilleur de chaque situation et je reste positive et sereine. Est-ce que mes amis, l’école et les devoirs me manquent toujours? Bien sûr… Cependant, ça ne m’empêche pas de m’ouvrir à de nouvelles activités et de rester le plus heureuse possible.

 

Par Marianne Lachance

Le Brésil menacé par une marée noire

Il n’y a pas longtemps, des marées noires se sont déclarées le long des plages de l’État de Bahia, au Brésil, et c’est une véritable catastrophe selon bien des scientifiques. Parmi ces gens se trouve Mariana Thevenin, une océanographe, qui a d’ailleurs fondé avec des amis le groupe Gardiens de la côte, mobilisant ainsi plusieurs centaines de bénévoles pour nettoyer le littoral de ses trop nombreuses galettes de pétrole.

 

 

Des milliers de personnes sont venues d’elles-mêmes pour ramasser le pétrole, la plupart ne disposant même pas du matériel de protection nécessaire, ce qui fait que certaines se sont sans doute ramassées à l’hôpital. D’ailleurs, des images-choc ont été dévoilées, dont la photographie d’un jeune garçon sortant de l’eau souillée, les bras et les jambes recouverts de pétrole. Sur une autre photo, on peut y apercevoir un bénévole tentant tant bien que mal de nettoyer le pétrole étendu sur ses jambes.

 

De plus, il est important d’agir pour l’économie de tout le nord-est brésilien, qui est une région pauvre qui dépend grandement du tourisme. Un propriétaire d’auberge s’est même mis à pleurer en voyant tous les dégâts causés par les marées toxiques d’hydrocarbure, dont plus de 1000 tonnes ont été recueillies.

Malgré toutes ces informations troublantes, les galettes de pétrole dans les mers du Brésil ne suscitent pas encore la même émotion internationale que les feux de forêt en Amazonie. Toutefois, certains spécialistes considèrent que c’est tout aussi préoccupant. L’une d’entre eux, Anna Carolina Lobo, responsable du programme de protection des océans du Brésil, estime que les côtes mettront au moins une vingtaine d’années à s’en remettre, donc que l’impact économique pour la pêche et le tourisme est énorme.

Même si le ministre de l’Environnement assure que le gouvernement a pris les mesures adéquates dès le début, il a fallu 41 jours pour que le plan d’urgence national prévu pour cette situation soit mis en place. Cette semaine, environ 5000 militaires ont été mobilisés, mais ce beau déploiement a eu lieu plus de 50 jours après l’apparition des premières galettes sur les plages.

Le ministre de l’Environnement a même insinué qu’un navire de l’ONG pourrait être à l’origine de cette catastrophe, où plusieurs dizaines de tortues, d’oiseaux et de dauphins sont morts. Il pourrait y avoir d’autres mortalités animales, car les marées se dirigent maintenant vers une zone de migration de baleines. En plus de tout cela, il s’agit d’un pétrole à forte densité, ce qui le rend plus difficile à repérer, car il s’écoule au fond de la mer. C’est un désastre environnemental sans précédents, dont l’impact naturel sera visible durant des années encore.

Si l’on veut éviter que cela se reproduise au Brésil ou n’importe où, il est primordial d’agir, et de manière radicale. Ces marées se dirigent maintenant vers une zone de migration de baleines. Nous devons trouver un moyen de substituer le pétrole par un autre carburant avec une empreinte écologique considérablement moins importante, et ce, pour tous les moyens de transport. On doit, partout à travers le monde, apprendre de nos erreurs (de négligence, surtout) pour que cet événement ne se reproduise plus jamais. Chaque pays doit, à sa façon, prendre des initiatives pour éviter toute catastrophe écologique et les graves répercussions qui s’en suivraient. Pour le bien de notre planète et des générations futures, nous nous devons de changer nos habitudes de vie, et rapidement.

 

Par Sofia Pelletier

 

 

 

Devrait-on dissocier l’œuvre de l’artiste ?

Le 25 octobre 2019, Éric Lapointe fut accusé de violence conjugale envers sa femme. Le lendemain de l’éclat du scandale et de l’annonce de sa démission de son rôle de juge à La Voix, plusieurs radios, comme 96.9 CKOI et Rythme FM, ont cessé de mettre les chansons du rockeur québécois en ondes. Ses vidéoclips ont également été temporairement retirés des différentes chaînes et plateformes de Stingray. Donc, la question se pose, doit-on ou non dissocier l’œuvre de l’artiste ?

Un débat ouvert

Éric Lapointe n’est pas le seul artiste à avoir été banni de la radio cette année. On peut se rappeler les scandales entourant Michael Jackson. Ce dernier, accusé de pédophilie (en 1993 et en 2005), a été reconnu non coupable, bien que l’affaire soit nébuleuse. À la suite de la sortie du film Leaving Neverland (sorti en 2019, 10 ans après la mort du chanteur),“(…) certaines stations de radio québécoises ont décidé de ne plus diffuser les tubes de la légende sur leurs ondes. Les auditeurs des stations du groupe Cogeco Média, notamment CKOI, Rythme et The Beat, n’entendent donc plus depuis lundi matin (4 mars) Beat It, Billie Jean ou encore Black or White” a expliqué le journal en ligne Paris Match le 5 mars 2019. Cette décision a fait, évidement, le mécontentement des fans ultra-fidèles de cet artiste qui l’adoraient, malgré ses multiples accusations. Devant ces deux cas, nous avons deux options, soit nous prenons en compte que l’œuvre et l’artiste ne font qu’un et que, dès que l’artiste commet un faux pas, nous devons directement bannir son œuvre et arrêter de l’écouter ; soit on continue d’apprécier le talent de l’artiste même s’il n’a pas un comportement “acceptable”.

 

 

Des opinions opposées

Comme le dit Rebecca Makonnen, journaliste de Radio-Canada par rapport à Jackson : “C’est la première fois que je dissocie l’œuvre de l’homme”. Elle exprime que son attachement aux chansons de cet artiste est très important, c’est pourquoi il serait impensable pour elle d’arrêter de les écouter du jour au lendemain. Sa déclaration vient en contradiction avec les radios qui ont cessé de diffuser la musique de compositeurs ayant des comportements inacceptables. En effet, Simon Delisle, journaliste pour le Journal de Montréal, mentionne que “ (…) pour [lui], il est impossible de dissocier l’œuvre de l’humain. [Il] ne [dit] pas que la musique de Michael Jackson, ou que les films de Kevin Spacey sont mauvais, loin de là. [Il dit] simplement [qu’il n’est] plus capable de les apprécier.” Il exprime, avec des airs de nostalgie, ses souvenirs bordés par les compositions de ce roi de la POP. Malheureusement, maintenant que le film Leaving Neverland a fait sa grande première, la honte et le dégoût habitent cet homme lorsqu’il écoute les chansons de “ce monstre”, qui, selon lui, a “violé, dans tous les sens du terme, tant de valeurs humaines [qu’il] chérie.” Voilà donc deux positions bien opposées… Devons-nous privilégier les valeurs véhiculées? La créativité des artistes? Les deux? Devons-nous apprécier le talent sans tenir compte de sa source? Devons-nous considérer que l’oeuvre EST le créateur?

 

Finalement, malgré toutes mes lectures et réflexions, le débat reste entier pour moi… Je crois bien que tout n’est pas noir ou blanc. Mais qu’en est-il de vous ?

Maya Rioux, la fille qui jongle avec le cœur et la raison

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