8 septembre 1914, Paris, France

J’étais assis sur une banquette donnant sur un restaurant cinq étoiles. Je me dis, avec plaisir, qu’il valait mieux que les Français s’occupent tout seuls de la bataille de la Marne…

 

Je me suis levé pour prendre une petite marche à travers la « ville lumière ». Pourtant, si je devais m’attendre à une ville florissante de monde et de joie, ce fut plutôt une ambiance d’incertitude et de peur face aux envahisseurs allemands. Qu’importe, c’est comme ça dans toutes les villes d’Europe…

 

Depuis le 5 septembre, trois armées allemandes avaient pris d’assaut le dernier rempart allié devant Paris, soit la Marne. La 1ère armée était située à l’est, la 4e au nord-ouest et la 3e au centre. Les 6 et 7 septembre, deux divisions britanniques surprirent les forces allemandes en perçant leurs lignes.

 

Cependant, les Anglais manquaient maintenant cruellement d’hommes et le corps armé britannique était trop loin pour leur venir en aide.  Mais voilà que nous risquions de se faire incorporer dans la 4e division britannique.

 

Au loin, on entendait les coups de canons des Allemands. Ils pouvaient atteindre Paris à tout moment.

 

François Melville m’accrocha et me fit signe d’aller en vitesse au QG. Ça devait être important…

 

Dans la salle de conférence, tous les soldats de la division étaient assis et semblaient franchement impatients. Quand Sir John French apparu devant. J’avais soudain une crainte face à notre possible insertion dans les forces britanniques et je n’étais pas le seul…

 

– Messieurs, dit French (avec le caractéristique accent anglais). Nos forces ont été dévastées dans les derniers jours et nous avons un besoin urgent de nouveaux renforts. C’est pourquoi je vous demanderais de bien d’accepter de nous venir en aide et d’aller assister les Français au nord…

 

– Sauf votre respect commandant French, que faisons-nous après ?

 

–  Caporal Caron vous serez replacé avec vos troupes dans les armées canadiennes le temps qu’ils puissent débarquer en France.

 

Je ressortis les épaules lourdes, car notre entrée au combat se ferait beaucoup plus tôt que ce qu’on avait prédit.

 

Tout en prenant un raccourci jusqu’au campement, j’entendis deux soldats britanniques parler des forces canadiennes.

 

–  Il paraît qu’il va les envoyer, demain à l’aube, sur la 1ère armée. Il veut que les allemands perdent le contact entre leurs propres armées…

 

On risquait de voir un peu plus d’action que prévu…

 

 

Clément Jannard

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