Émile Riopel

Un flashmob qui impressionne

Que s’est -il passé dans les corridors de notre école?

 

Qu’est-ce que ces élèves pouvaient bien faire?

 

 

Il y maintenant 3 semaines, les élèves de secondaire 5 du programme art dramatique se sont livrés à nous, hors de leur classe, hors de leur salle de spectacle, l’Espace Public. Mais pourquoi donc? Pour se mettre en danger et quitter le confort de leur classe, mais surtout pour venir ébranler notre quotidien. Tous les acteurs ont utilisé le flashmob pour y arriver. Le Larousse nous offre cette définition.

 

Flashmob : Rassemblement éclair d’un groupe de personnes en un lieu donné (généralement public), dans le but de concrétiser une action convenue au préalable sur Internet.

 

Dans notre cas, l’action convenue a été organisée en classe. Je faisais partie de ces élèves qui ont participé à ce projet. Je crois que malgré la définition ci-dessus qui explique globalement ce qu’est le flashmob, chacun peut s’en faire une, y trouver une plus grande signification. Pour certaines personnes, dont moi, c’est une forme de méditation pour relâcher un trop-plein. Personnellement, c’est une expérience que je vais multiplier, restez à l’affût.

Mais encore une fois, pourquoi ?

 

Tout simplement car nous sommes tous plongés dans une vie scolaire structurée. 7h45, tu rentres dans ton cours, 9h sonne, tu en sors jusqu’à 14h15 et ainsi de suite, 5 jours par semaine, de septembre à juin. J’ai remarqué qu’au cours de mes 4 dernières années à Armand-Corbeil, ce quotidien m’était trop familier, commun, trop quotidien. C’est pourquoi les performances sont là: pour créer d’autres formes qui ont croisé votre regard, qui l’ont accroché, pour modifier le cours de votre journée, pour vous choquer. Plusieurs vont dire que certaines de ces prestations n’avaient aucun sens, aucune utilité. En réalité, c’est ce que je trouve magnifique et unique avec ce genre de création. Chaque individu peut y amener une signification, en prenant le temps d’y penser. Il y une liberté de s’imaginer pourquoi ces gens sont attachés sur des chaises ou encore pourquoi un masque de Shrek ? Il y a la possibilité de réfléchir à une histoire propre à chacun, d’y trouver un sens, car c’est dans le non-sens qu’on se retrouve le mieux.

 

Vous n’êtes pas blasés par cette routine ?

 

Vous savez ce quotidien qui se ressemble trop comme les stations de métro. Tsé là, ce genre de quotidien…

 

Tu n’es pas encore sûr de comprendre ?

Attends un peu…

 

Imagine un arbre qui pousse dans une terre en santé, dans un environnement stable avec un beau soleil et aucun nuage. Cette arbre-là va grandir, mourir et se multiplier. Ses confrères vont répéter l’expérience et une forêt va apparaître de tout ça. Maintenant, imagine ce même arbre qui pousse dans une terre en santé, mais qui pourrait être malade, dans un environnement stable, mais qui pourrait être troublé par orage, l’ombre, l’éclair, la tornade, la pluie et même la faune. Eh bien, cet arbre va grandir, mourir mais selon ce qu’il aura vécu, sa forme sera différente, unique et la même chose arriva aux autres générations.

 

 

Voilà, tous les « mais » qui mouvementent la vie des arbres, ce sont ces évènements, ces flashmobs, ces performances qui vous tourmentent, qui vous amènent à réfléchir et qui vont, je l’espère, marquer vos souvenirs.

 

Par Émile Riopel

De Gravel à Corbeil – De fructueuses racines

 

 

Il y a plusieurs années

Des hommes ont tenté

Dans une société matricée

Des hommes ont inventé

Habités par le sentiment de tout changer

Une nouvelle manière de jouer la comédie, le drame sur scène

Avec cette recette au goût prononcé, ils voulaient créer contraste avec les traditions à saveur basique

Ils voulaient se libérer des principes fastidieux, briser des chaînes

Ils ne s’en attendaient peut-être pas, mais ils allaient créer un concept tout à fait unique

 

Il y a environ quarante ans, Robert Gravel et Yvon Leduc ont créé

Dans un Québec qui s’immergeait, dans une révolution d’une étonnante tranquillité

L’improvisation qui depuis, parcourt les décennies, le temps

Qui s’adapte, s’accommode à ce qui coule dans chacun de nous, dans notre sang

 

Grandement inspirée du sport national, le hockey, donc les bandes de bois égratignées, la patinoire

L’arbitre zébré ou encore le cri strident du sifflet

L’idée s’est répandue à travers tout le territoire

Aussi vite qu’une épidémie de poux

Aussi vite qu’un pompier enfilant son gilet

L’apparition de ce jeu de l’imprévu n’était qu’un début, qu’un simple avant-goût

 

Puis ce sport du hasard a pris place dans toute la francophonie

Celui-ci s’en modela une belle et d’importance

Enfin, elle pouvait faire voyager les esprits de par sa fantaisie

Enfin, l’improvisation pouvait se faire entendre de par sa résonance

Et tout doucement, elle a été comprise, saisie, elle était autre qu’hérésie

 

Il y a environ quarante ans, une équipe est née dans notre école

La Lipac, la ligue d’improvisation de la polyvalente Armand-Corbeil, une des premières équipes d’improvisation au niveau secondaire

Naturellement, elle ne sera pas la dernière, les autres vont suivre, avoir son équipe était nécessaire

Puis une erreur d’impression, de communication, fit changer son nom, la Lipac devint l’Impact et ce fut définitif

Cette confusion amènera une signification encore plus grande pour le collectif

« Si ç’a de l’impact, c’est que c’est sûrement d’Armand-Corbeil »

Tout était en place, ces jeunes n’attendaient que le décollage du dirigeable

Qu’on les laisse aller sur scène et qu’ils bricolent

Afin qu’ils se sentent plus légers que l’air comme l’hélium

Et qu’ils donnent vie à leur écusson, à leur jersey d’un rouge vif

 

Durant une autre décennie, le Choc a été créé pour agrandir la grande famille d’Armand-Corbeil

À l’Entracte, dans notre ruche remplie d’alvéoles qui contiennent nos défaites, nos victoires

Telle la coupe Champlain qui fut remportée quatre fois, en 2006, 2010, 2013 et en 2018

Ces alvéoles, j’ai les ai marquées de nos souvenirs, de notre pollen comme une abeille

Qui à tous les soirs fait résonner ses ailes, ses cordes vocales dans l’Entracte et jusque dans les corridors

Qui à tous les soirs rend hommage aux pionniers de ce sport national qui me rend si fier

C’est une fierté, une chance pour nous de pouvoir s’exprimer sur les planches

L’improvisation est une perle de notre patrimoine culturel

Elle devrait être au même niveau de toutes activités parascolaires

Mais malheureusement, elle reste parfois sous les ondes qui sont ressenties dans le silence

Je ne veux pas créer une relation conflictuelle

Mais la culture, l’art font partie de nos vies depuis l’âge de pierre

Et il n’y aucun endroit, aucun support pour montrer ce qu’on acquiert

Notre école vieillit et ses souvenirs restent pris dans nos alvéoles

Mais j’ai envie de les partager, de vous montrer la passion qui nous anime

De vous montrer, dans les moments opportuns, nos auréoles

J’ai envie de réanimer le cœur de l’improvisation, de remettre la puissance dans la machine

J’ai envie qu’on voie autre qu’un groupe de jeunes qui déconnent

J’ai envie qu’elle rayonne jusque dans les océans les plus profonds

J’ai envie que ceux qui m’entendent, que ceux qui me suivront

Offriront un spectacle avec tout ce qu’ils ont sous forme d’énergie, avec toute leur passion

Et j’ai envie qu’ils crient haut et fort qu’ils sont joueurs d’improvisation

 

Je vous invite, je vous incite à venir nous voir

J’espère vous avoir donné l’envie de par cette histoire

J’espère vous avoir donné l’envie de participer au spectacle

J’espère vous avoir donné l’envie de faire partie du clade, de la grande ruche.

 

Par Emile Riopel

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