1°C, l’effet papillon

C’est quoi, un degré Celsius de différence ? Ça change quoi, 28 ou 29 degrés à l’extérieur ? C’est quoi le changement entre 32 et 33 degrés Celsius à la piscine ? En fait, ça semble être une différence des plus minimes. Le corps humain ne la perçoit même pas. Seuls certains animaux, comme le serpent, le peuvent. Alors un degré… on s’en soucie peu, nous qui ne sommes pas des scientifiques. Mais pour eux, que la température planétaire augmente d’un degré, c’est grave. Qu’aux pôles, la température se rapproche un degré à la fois du point d’accélération de la fonte, c’est majeur.

 

À bien y penser, un degré devient très important.

 

Cette situation démontre l’effet papillon. Comme le battement d’ailes d’un papillon peut tout changer, un degré Celsius peut faire fondre les glaciers et nous faire perdre une source qui pourrait fournir de l’eau douce, faire monter le niveau de la mer, engloutir des villes, décimer des populations, créer des tsunamis et des typhons… De fil en aiguille, tous ces phénomènes peuvent s’enchaîner, et ce, parce que la température planétaire a augmenté d’un degré. Parce que l’on n’aura rien fait.

Réveillons-nous!

Bien sûr, ça n’a aucune importance pour nous que le petit village côtier en Inde dont on n’entend jamais parler soit submergé ou que la petite ville à proximité de l’Océan Boréal, en Norvège, où vivent quelques centaines de gens, soit englouti par l’eau. Ce à quoi on ne pense pas, c’est que Montréal pourrait très bien disparaître si le niveau du fleuve St-Laurent montait avec importance. Ou encore Terrebonne.

Rappelons-nous que notre planète n’est pas surnommée la planète bleue pour rien. Il y a plus d’eau que de terre, et cette eau pourrait tout submerger. Nous ne serions qu’épaves, que cités englouties, que souvenirs fanés et oubliés au fond d’une mer infinie, entourés par les poissons, les mammifères marins, les planctons et les végétaux aquatiques, bibelots éternels trônants dans les fonds et témoignant d’un passé où l’on n’a pas su agir à temps, où nos réflexes étaient gravement en retard.

 

Des mesures ont déjà été mises en place, et continuent de l’être.

Les voitures électriques, l’énergie renouvelable, le compostage, le recyclage, la récupération… Le club environnemental organise même des collectes de piles, de stylos, de goupilles et plus. On tente de dire « Go ! C’est maintenant qu’on arrête la pollution. C’est maintenant qu’on se mobilise tous », mais le départ tarde malgré le signal qu’on fait entendre. On hésite, on se demande si on peut faire plus sans vouloir trop en faire. On ne sait plus, avec tous les changements, ce qui est bon, ce qui ne l’est pas, ce qui ne l’est plus.

On en parle et on en entend tellement parler qu’on se perd. Qui doit-on écouter ? Les scientifiques ? Entre eux, ils se contredisent, ne s’entendent pas, démontrent des résultats basés sur des études qui vont à l’encontre de celles de leurs collègues… On en vient à se demander si l’on est impuissant devant une si grande lutte. La vérité, c’est que l’on a toujours le choix. En s’informant, on constate que oui, on peut aider, on peut contribuer. Les repas végétariens, le covoiturage, ça fait une différence.

Carburer à l’énergie électrique, ou même se déplacer avec une voiture hybride, ça fait partie des moyens. Réduire son empreinte écologique, sa consommation de produits dérivés du pétrole, privilégier les produits biologiques et locaux, c’est bon pour l’environnement. Deux minutes par jour, pour trier les restants de son assiette, ce n’est pas beaucoup comme prix pour permettre à une autre génération de vivre dans un environnement propre, sain, beau. 5 dollars de plus pour des fraises du Québec biologiques, ce n’est pas très cher pour que les futurs enfants, nos enfants, puissent respirer l’air frais et non pollué du dehors, pour qu’ils puissent voir un champ recouvert de fleurs ou une forêt où on retrouve des écureuils, des castors, des ours, des renards et des loups. Qu’ils puissent observer un cerf broutant, aux aguets, et non pas mort intoxiqué.

 

Le signal, c’est maintenant.

À présent, le départ.

 

Par Amélia Gélineau

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